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    La Isla mínima
    note moyenne
    4,0
    2387 notes dont 252 critiques
    répartition des 252 critiques par note
    34 critiques
    115 critiques
    71 critiques
    27 critiques
    4 critiques
    1 critique
    Votre avis sur La Isla mínima ?

    252 critiques spectateurs

    Marcel D
    Marcel D

    Suivre son activité 81 abonnés Lire ses 10 critiques

    5,0
    Publiée le 1 septembre 2015
    Un True detective espagnol, avec une Andalousie muy callente en guise de bayou ! C'est très beau, très bien filmé, très maîtrisé. L'intrigue nous attrape au début et ne nous lâche plus jusqu'à la toute fin. Un contexte historique qui apporte une touche en plus, sans gâcher le plaisir du thriller/policier. Des acteurs qui jouent idéalement bien, sans surjouer... Le même film avec un duo Brad Pitt/Bruce Willis dépasserait les 3 millions de spectateurs !
    rogerwaters
    rogerwaters

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    4,0
    Publiée le 20 juillet 2015
    La isla minima du titre peut être compris comme une métaphore de l’Espagne franquiste, un pays qui est resté replié sur lui-même durant plusieurs décennies et qui apprend progressivement la démocratie en ce début des années 80. Toutefois, les blessures et autres cicatrices sont toujours béantes, les responsables ont été intégrés à la société démocratique et le système d’inégalité sociale est toujours présent. C’est ce que démontre cet exceptionnel polar ibérique qui nous permet de nous replonger dans l’atmosphère de l’Espagne des années 80. On retrouve tout dans le film et tous ceux qui, comme moi, ont connu le pays à cette époque pourront attester de la véracité de ce qui se déroule à l’écran. L’intrigue, sinueuse à souhait, fait la part belle aux silences et autres secrets, indiquant que cette jeune démocratie était encore entièrement imprégnée de totalitarisme. L’ambiance, la beauté des images, la justesse de la musique contribuent à faire de ce polar une œuvre marquante, constat sans appel sur une société espagnole encore incapable de panser les plaies d’une histoire douloureuse.
    Jmartine
    Jmartine

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    3,5
    Publiée le 17 août 2015
    Reprenant ce fameux thème du duo de policiers travaillant sur une même affaire, l’un bon, l’autre mauvais Alberto Rodriguez associe Pedro, plutôt progressiste, qui s’est fait muter pour insubordination, et Juan, aux méthodes douteuses considéré comme un des pires reliquats du franquisme. Ils doivent élucider le mystère de la disparition de jeunes adolescentes, dans une région sauvage, au milieu des marécages , le delta du Guadalquivir …un monde clos, qui vit de petits trafics et où l’après franquisme a du mal à s’installer...la chambre d’hôtel est ornée d’un crucifix portant la photo de Franco…le grand propriétaire reste tout puissant même si le mouvement des saisonniers parvient à arracher quelques concessions...les gardes civils sont plus ou moins de mèche avec les contrebandiers, le procureur couvre le propriétaire…les jeunes filles ne pensent qu’à fuir et à prêter crédit aux promesses les plus douteuses…l’atmosphère est plus ou moins glauque à l’image des marais tantôt écrasés par le soleil, tantôt noyés dans un déluge d’eau…quelques scènes de poursuites sur les levées étroites du fleuve…des images oniriques de vols d’oies sauvages ou de flamants roses prises du ciel…c’est prenant et diablement efficace…pas étonnant que ce film ait razzié 10 Goya, l’équivalent espagnol de nos César..
    Hastur64
    Hastur64

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    3,5
    Publiée le 3 juin 2016
    Ce film espagnol est arrivé en France avec une rumeur des plus flatteuses, soutenue par 10 Goya (les Césars espagnols) rien de moins ! Sans être véritablement impatient de le voir, c'est quand même avec une forte curiosité que je me suis mis devant. On peut dire que, si je n'ai pas été subjugué par ce que j'ai vu, j'ai tout de même été vraiment pris par l'intrigue de ce film à l'esthétique assez superbe. Construit sur le fond historique des premières années de démocratie post-franquisme en Espagne, l'intrigue se révèle un thriller prenant dans une Andalousie dont les marécages et les plaines semi-arides ne sont pas sans rappeler les paysages américains de la Louisiane ou du Texas. On suit deux flics, l'un : jeune loup ambitieux et fervent démocrate, l'autre : vieux routier et ex de la police old-school du temps du franquisme. Parachutés dans un coin paumé du Sud de l'Espagne ils doivent trouver dans une ambiance de secrets et passes-droits le/les kidnappeurs et meurtriers de deux jeunes filles. L'ambiance d'insurrection (due à un mouvement de grève) et de méfiance est vraiment très bien rendue et n'est pas sans rappeler les polars noirs dans des paysages dignes des westerns. Le film prend son temps pour délivrer son intrigue, mais la tension est telle qu'on n'est jamais ennuyé et qu'on reste jusqu'au bout accroché au dénouement de ces meurtres atroces. En somme, on a une réalisation inspirée, une interprétation habitée et une intrigue solide, ce qui offre un long-métrage de grande qualité qu'il serait dommage de rater.
    Roub E.
    Roub E.

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    5,0
    Publiée le 26 août 2016
    Une merveille de film policier. En le regardant j'ai énormément penser à la série True détective pour l'ambiance et la manière de filmer l'Andalousie qui fait penser à la Louisiane de la série, mais aussi au Zulu de Jérôme Salle qui suivait une enquête dans l'Afrique du Sud post apartheid alors qu'ici on est dans l'Espagne après le franquisme. Mais on sent un tel amour pour le genre policier, une telle maîtrise de la mise en scène que si on sent les influences du film il n'en garde pas moins une identité propre fascinante. Le cadre, la photo et la lumière sont d'une beauté saisissante, souvent mises en valeur par une musique Andalouse suave et lancinante. L'enquête elle aussi est passionnante à suivre; on est loin des experts ici tout est question d'observation et de déduction, un travail de fourmis et pourtant on a l'impression que le film n'arrête jamais qu'on est constamment sous tension, une maîtrise du rythme vraiment admirable. Et puis il y a le sous texte sur l'Espagne sortant du franquisme, sur le voile jeté sur ces années sombres et une forme de secret omniprésent qui ne doit pas remonter à la surface. Un film admirable de bout en bout du très très grand cinéma.
    Gérard Delteil
    Gérard Delteil

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    3,5
    Publiée le 17 septembre 2015
    Une ambiance glauque, une photo magnifique et des comédiens impeccables. L'atmosphère de l'après franquisme dans une région pauvre d'où les jeunes ne rêvent que de s'échapper par tous les moyens est bien rendue. La tension reste palpable du début à la fin de ce thriller qui compte quelques morceaux de bravoure, telle la poursuite en voiture qui échappe aux poncifs et carambolages du genre. Ce qui cloche, c'est tout de même le scénario plombé par des incohérences et des éléments peu crédibles et superflus comme le trafic de drogue. Mais, sur le coup, on est tout de même scotché et c'est l'essentiel...
    Kilian Dayer
    Kilian Dayer

    Suivre son activité 66 abonnés Lire ses 516 critiques

    3,5
    Publiée le 8 décembre 2015
    Vendu comme le meilleur film espagnol de l'année bientôt écoulée, la Isla Minima marque surtout de par le rapprochement inévitable avec la première saison du succès HBO, True Detective. Certes, ce n'est pas la Louisiane mais l'Andalousie. Ce n'est pas une série mais un long-métrage. Mais en dépit de la volonté louable d'Alberto Rodriguez d'implanter son récit dans l'Espagne post-Franquiste, d'y inclure les fantômes du passé tous frais de la dictature, le film ne peut résolument pas s'éloigner de ses origines, le polar semi-philosophique, semi-lyrique, semi-métaphorique. Qu'on se le dise, La Isla Minima ne nous ouvre pas les mains. Il s'agira en effet d'aller à la rencontre du récit proposé, de tenter l'approche biaisée afin d'entrer pleinement dans le drame qui se joue à vitesse considérable sous nos yeux. Oui, tout est question ici de point du vue, bien avant d'être un simple récit policier. Les véritables méchants existent-ils? Ne sont-ils pas simplement façonnés par les circonstances? Comme l'avait si bien fait Nic Pizzolatto avec ses deux flics au bout du rouleau, que tout opposaient, les personnages principaux sont ici des individus inclassables, agissant au gré des circonstances. Deux flics issus de générations différentes, l'un ayant servi le régime de Franco, du sang semble-t-il jusque sous les ongles. L'autre est un idéaliste, droit dans ses bottes, d'apparence. Peuvent-ils cohabiter, collaborer, malgré le passé de l'un et les idées tranchées de l'autre? Le confrontation avec le mal, le véritable mal, semble nous dire que oui. Qu'importe le passé, le présent nous confronte à l’inhumanité, à une certaine forme d'horreur. Il est donc temps d'unir ses forces, en dépit de la méfiance, du remord ou tout autres considérations. Peu-importe le passé de l'Espagne, le présent ne tolère pas le meurtre, le viol et l'ignominie qui en découle. La justice possède plusieurs visages, adaptables selon l'époque. Ce postulat est sans conteste l'un des points forts du ce film policier dans la veine des plus curieux d'entre eux. La beauté des paysages andalous, enjôlés de par ces somptueuses vues aériennes, à la vertical du sol, ne peut qu'offrir un contraste intéressant mais jamais effacer la noirceur des propos, une fois encore à la l'image des bayous sur HBO. Il semble même que cet exil dans les terres permet d'alourdir encore la sinistre réalité qui se révèlera aux deux policiers. Ses derniers, incarnés par Raul Arévalo et Javier Gutiérrez, sont toujours justes, efficaces, agissant à l'instinct, à la vitesse de l'éclair, jusqu'à une conclusion au nihilisme probant, un final à la fois logique et surprenant. La Isla Minima offre donc une vision contemplative du polar, déformant à volonté le moule du film policier traditionnel. Si cela est louable, une fois encore le travail d'écriture initial est impeccable, le film souffre pourtant d'un rythme cassant qui contraste avec le propos. Malgré tous ses intérêts, aussi variés soient-ils, le cinéaste semble ne pas vouloir s'attarder et manque parfois de profondeur, de calme, lorsqu'il enchaîne ses séquences. On ne regrettera pourtant pas, de loin pas, d'avoir découvert ce morceau de bravoure venu d'Espagne, nation de cinéma, indiscutablement. 14/20
    Aulanius
    Aulanius

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    3,0
    Publiée le 25 janvier 2016
    Je me devais de voir ce long métrage espagnol qui paraissait avoir un gros potentiel et franchement je ne suis pas déçu. Je me dis même en écrivant cette critique que je ne suis pas assez "gentil" dans mes mots et ma note mais bon, c'est mon côté "sévère". Que dire ? Les acteurs sont vraiment exceptionnels et je pèse mes mots ; la photographie est tout bonnement sublime (les plans de haut son magnifiques) ; le scénario est extrêmement bien ficelé ; le dénouement est parfait, j'en attendais pas moins et je dois même dire que j'ai été plus que surpris (moi qui ne me laisse - presque - jamais surprendre) ; la bande son est pas mal non plus ; etc. Malheureusement, il y a des points négatifs (il en faut, c'est la dure loi du cinéma, entre autre). Déjà, même si ça ne dure "que" 1h45, j'ai trouvé certains passages un peu loin. D'autre part, je regrette que l'enquête se résolve aussi vite par moment (je veux dire, c'est classique, les mecs trouvent toujours les indices qu'il faut, etc). En fait, c'est à peu près tous en défauts mais justement pour moi, pour que ce soit un excellent film, il me faut vraiment ce quelque chose en plus qui fait la différence. Je culpabilise presque d'être aussi dur et pourtant je me demande si ce thriller haletant mérite d'avoir quatre étoiles, quel dur choix ... bref, "La Isla Minima" reste une très bonne surprise et je vous le conseille surtout que j'en avais jamais entendu parlé avant de tomber complètement par hasard dessus ce soir. A découvrir. 13/20.
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 21 juillet 2015
    Ce film nous dépeint une autre Espagne, loin des cartes postales... Une histoire sordide et glaçante où planent mystères et non-dits. La confrontation des deux policiers aux univers différents, magistralement interprétés par Javier Gutiérrez et Raul Arévalo, maintient une tension tout au long d'un scénario suintant le glauque et l'effroyable. Le film mérite largement ces 10 Goyas (équivalent espagnol de nos Césars).
    kal-el 02
    kal-el 02

    Suivre son activité 58 abonnés Lire ses 417 critiques

    3,5
    Publiée le 10 novembre 2017
    J'ai adoré the invisible guest film espagnol est un très bon thriller et la je m'attaque à la isla minima polar espagnol. C'est haletant, pur, maîtrisé, subtil et on ne s'ennuie pas un instant. L'atmosphère poussiéreuse et torride de l'Andalousie ainsi que l'ambiance lourde et oppressante de l'Espagne post franquiste des années 80 sont incroyablement restituées. Bien des gens ont cru y voir des références à True Detective, j'ai pour ma part trouvé ce film plutôt melvillien par sa pureté assez sombre. Un bon polar qui a remporté pas loin de 10 prix en Espagne.
    Sally Ecran et toile
    Sally Ecran et toile

    Suivre son activité 49 abonnés Lire ses 12 critiques

    4,0
    Publiée le 2 janvier 2016
    Sorti cet été après avoir été présenté dans de nombreux festivals, « La isla minima » a été récompensé de nombreuses fois. Lors de la 29ème cérémonie des Goyas, il a remporté 10 prix dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur ou encore du meilleur acteur pour Javier Gutiérrez. Encensé dans certaines compétitions cinématographiques espagnoles et françaises, on se devait de se pencher sur ce phénomène qui a beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie. Et nous ne regrettons pas de l’avoir fait. Tout d’abord, parce que l’époque des années 80 durant laquelle se déroulent les faits est très bien représentée. Perdu au milieu de nulle part, le petit village où se déroulent les faits semble figé dans le temps. Les images proposées, la lumière, les couleurs sont sublimes et nous transportent dans un ailleurs et un autre temps avec beaucoup d’attachement. Ensuite, parce que les thrillers étrangers ont la cote dans notre paysage cinématographique. Après le tandem norvégien du « Département V », c’est un duo espagnol que l’on suivra dans l’enquête de la « Isla Minima » et il n’y a pas à dire, les réalisateurs étrangers savent y faire ! Bien loin de tous les clichés dont ils sont parfois affublés, les films du genre parviennent encore à nous cueillir et à nous surprendre et celui-ci en fait partie. Preuve qu’il ne faut pas être estampillé « made in USA » ou être dirigé par un cinéaste de renommée pour proposer au public une intrigue et une réalisation de qualité. D’ailleurs, là où il fait fort, c’est que le réalisateur laisse peu de place à l’histoire personnelle des deux protagonistes. Si l’on décèle leurs failles et que l’on leur caractère, le reste a peu d’importance. Et ce n’est que tant mieux car cela nous permet de rester focalisé sur l’enquête sans nous perdre outre mesure. Pas de blabla à rallonge, pas d’introspection inutile, on mène l’enquête et on tâche d’avancer malgré les difficultés. En parlant de réalisateur, il s’agit ici de Alberto Rodriguez qui est d’ailleurs loin d’être un novice puisqu’il a déjà scénarisé et mis en scène cinq autre longs-métrages tels que « Le costard » ou « Les 7 vierges ». Si son nom ne nous dit probablement rien, il marquera notre esprit et nous incitera même à nous plonger dans ses autres long-métrages. Invitation que l’on vous fait à notre tour. Bien plus qu’un film policier, « la Isla minima » présente aussi une Espagne post-franquiste qui peine à mettre en place une démocratie stable après avoir connu le fascisme de Franco. Alberto Rodriguez a d’ailleurs eu l’intelligence de marquer cette opposition à travers ses personnages principaux. Il dira de ses héros que "Le premier est mû par la peur de mourir, le second par une ambition dévorante. Pour autant, il n’y a selon moi, ni “ gentil ”, ni “ méchant “ dans cette histoire. L’un n’est pas tout noir et ni l’autre tout blanc, ce serait trop simple. Pour autant, la question que soulève le film est frontale : notre jeune flic, en essayant de passer l’éponge sur les casseroles de son vieux collègue fait-il le bon choix ? Quel avenir pour nous, pour l’idée de justice ? Le compromis est-il la solution ? Et à quel prix ?" En tête du casting, Javier Gutiérrez (Juan Robles dans le film) et Raúl Arévalo (pour assurer le rôle de Pedro Suárez), deux comédiens espagnols confirmés mais inconnus chez nous. Etonnant car leur charisme, leur jeu et leur visage typé se mettent au service du film film avec génie : ils méritent vraiment d’être reconnu au-delà des frontières et espérons recroiser leur route dans d’autres films mieux distribués. L’enquête est lente, on tourne en rond à l’image de ce qui pourrait se produire dans la vie réelle. Ici, aucun effet d’accélération, aucun moyen démesuré pour servir l’enquête : on fait avec les moyens de l’époque et on tente de mettre en lumière toute la vérité, aussi dure soit-elle. Pour accentuer cette dureté des faits, des décors arides du Sud de l’Espagne, que nous trouvions déjà sublimes, à perte de vue. Tout est (bien) pensé et si certaines scènes peuvent choquer un public non averti, nous n’avons pas grand-chose à regretter dans ce film… peut-être la discrétion de sa sorti en salles et en DVD en décembre dernier ? « La isla minima » est véritablement un bon film et vaut la peine que l’on s’y intéresse
    Jean Caupin
    Jean Caupin

    Suivre son activité 47 abonnés Lire ses 25 critiques

    4,0
    Publiée le 4 août 2015
    Si vous avez aimé le 1er opus de True Detective, courez voir La Isla Minima, un thriller aux méandres aussi sombres que sa réalisation est lumineuse ! Les Marais du Guadalquivir Andalous, à l'image du Bayou de La Louisianne, se prêtent avec merveille à la noirceur de cette enquête policière.
    tuco-ramirez
    tuco-ramirez

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    3,5
    Publiée le 6 septembre 2015
    1980 au fin fond de l’Andalousie, deux flics enquêtent sur le double meurtre atroce de deux jeunes filles… lié à d’autres meurtres. Un serial killer rode apparemment dans les méandres du delta du Guadalquivir. Le générique offre des images splendides et angoissantes vues du ciel dignes de Arthus Bertrand. Rodriguez, au-delà d’afficher le potentiel touristique de cette partie andalouse à quelques encablures de Séville, tisse un lien entre les sites de l’action et la psyché tortueuses des personnages. Les paysages aériens ressemblent même beaucoup à un cerveau. Comparé à la saison 1 de « True Detective » pour cette raison, ce film ne parvient pas générer une tension extrême ou alors mystique. On reste donc dans une production académique de bon goût (scénario, mise en scène irréprochables), mais la qualification de thriller est excessive pour un bon polar classique mené par un binôme « good cop » « bad cop ». Loin, avec un sujet semblable, de « Zodiac » de Fincher qui, lui a su, créer un suspense fort. Ces 10 Goyas (Les César espagnols) raflés par ce film en font une référence, mais c’est aussi car il renvoie le pays à sa transition post franquiste difficile. L’équivalent de notre post occupation allemande est traité sans manichéisme. Le pays doit se reconstruire autour de la démocratie tout en y associant une génération corrompu (le bad cop) et une jeune génération incarnant le changement (le good cop). Cette association reflète la difficulté à faire table rase du passé et la nécessité d’une période de transition impliquant les deux générations côte à côte. Intelligent, bien mené, esthétiquement bluffant… mais au contenu trop sage et convenu. Le lien avec le franquisme est aussi un peu trop tiré par les cheveux.
    ninilechat
    ninilechat

    Suivre son activité 54 abonnés Lire ses 335 critiques

    4,5
    Publiée le 1 septembre 2015
    Faut il que la distribution soit nulle pour avoir livré au milieu des nanars estivaux La Isla minima, ce superbe film noir, le meilleur de ces derniers mois? Ca se passe dans l'Espagne (tout juste, à peine...) post franquiste. Et en Andalousie. Mais une Andalousie si éloignée des clichés touristiques qu'il faut se pincer pour y croire! Ce sont des roselières à perte de vue, qui bordent une côte désespérément plate; dans l'arrière pays des champs de céréales cultivés par des paysans pauvres, arriérés, métayers pour de gros propriétaires. Au dessus, des vols d'oies sauvages..... On pense à Mud, forcément (même si pour la densité de l'intrigue on évoquerait plutôt True Detective). Mais on est loin du pittoresque du golfe du Texas: ici, tout est triste, grisâtre, avec un image plutôt crade. Et donc les filles du pays n'ont qu'une idée -fuir! Deux d'entre elles, deux sœurs, ont disparu. Deux flics de Madrid sont envoyés sur place. Très différents. L'un, Pedro (Raùl Arevalo), futur père, est très clean, limite rabat-joie. L'autre, Juan (Javier Guttierez), plus âgé, fêtard et picoleur, spoiler: a un passé trouble. Il aurait appartenu aux milices franquistes . Ils apprennent que dans le passé, deux autres jeunes filles ont déjà disparu; comme les sœurs, elles rêvaient de partir; comme elles, elles avaient dans leurs papiers des documents sur du travail à Malaga. spoiler: L'une est morte, on en est certain: on a retrouvé son pied, arraché sans doute par une hélice de bateau. Les deux flics se heurtent à la méfiance, pour ne pas dire l'hostilité, des paysans. De chasseurs, ils ne sont pas loin de devenir gibiers. C'est que, dans ces marais du Guadalquivir, il y a des trafics de drogue, de tabac. Les gendarmes locaux coopèrent à minima. Le maire n'a qu'un objectif: ne pas déplaire au gros propriétaire et à ses amis. Bref, tous ces gens là ne savent pas que désormais, on est en démocratie.... ou ne veulent pas le savoir. Pourtant les travailleurs agricoles vont oser se mettre en grève! Il y a dans le film d'Alberto Rodriguez, cinéaste, je dois le dire, de moi inconnu jusqu'à présent! une atmosphère glauque, inquiétante, le danger peut venir de n'importe où -et une poursuite de bagnole à quarante km/h en Dyane (que celui qui se souvient de ce qu'était une Dyane lève le doigt!!!), sur ces levées de terre entre les roselières devient plus palpitante qu'un poursuite en grosse américaine dans les rues de Los Angeles.... Souvent, dans l'image horizontalement séparée en deux: le ciel, la terre- passent ces vols de migrateurs, libres, libres comme le rêvaient les jeunes filles. Il faut souligner l'utilisation de quelques vues aériennes sublimes, qui font de l'espace un tableau abstrait, à peine réveillé par le mouvement d'un véhicule -et, bien entendu, le passage des oiseaux. A ne pas rater pour les amateurs de polars lents et subtilement pervers.
    Incertitudes
    Incertitudes

    Suivre son activité 48 abonnés Lire ses 701 critiques

    4,0
    Publiée le 13 octobre 2018
    La Isla Minima est un polar, lent, hypnotique, prenant place dans l'Espagne fraîchement démocratisée mais qui, malheureusement, n'en a pas fini avec les démons du fascisme. L'ombre de Franco est toujours présente. Ses partisans le sont toujours eux aussi même si partis vers d'autres cieux. Aussi, dans ces campagnes désertiques, rien ne s'est vraiment réglé avec la disparition du dictateur. Des jeunes filles meurent. C'est une chose horrible. Mais aussi horrible que soient ces meurtres, ils ne sont que l'arbre cachant la forêt. Derrière les cadavres, c'est de la pauvreté qu'il s'agit. De la misère. Une absence totale d'avenir, d'espoir, pour une jeunesse réduite à quitter les zones rurales, leurs racines, pour pouvoir trouver du travail et donc fuir vers les villes. Mais bon, au-delà du contexte social, l'enquête en elle-même est captivante à suivre à travers ces deux flics mal assortis (ça pique forcément la curiosité de voir la manière dont ils vont interagir entre eux au fur et à mesure que le film avance) pas aidés par une atmosphère chargée de mystère où tout le monde a l'air d'avoir quelque chose à cacher. Je me demande quand même si leur conscience va les laisser en paix ou pas quand on a commis ou eu connaissance de tels actes. Si ça ne finit pas par être trop lourd à porter.
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