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Eowyn Cwper
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3,0
Publiée le 3 janvier 2019
Tirant décidément sur l'autobiographie, Chaplin s'inspire de lui-même dans ces années 1960, comme si sa pompe à renouvellement miraculeux commençait d'être défectueuse. Remarquons que cela lui donne un certain regard pour l'actualité, et une légitimité qu'il semble de plus en plus prompt à revêtir : fort d'un âge de 67 ans que peu de cinéastes avaient encore atteint, il est fort bien placé pour parler d'une époque qui a beaucoup changé : les immeubles new-yorkais lui paraissent incroyables au point qu'il nous les fait voir comme diablement modernes. Il immortalise aussi une avance économique américaine dont on a perdu la teneur exacte aujourd'hui : tel qu'il nous montre les États-Unis, on a l'impression de reconnaître ce que sera la France 15 à 20 ans plus tard.
Hélas, les yeux qu'il pose sur un monde où la presse et la publicité sont devenues reines ne sont pas aussi alertes que son corps de roi. Il danse et compose toujours, mais en fait d'une comédie telle qu'il nous la promet, c'est un amusement, une œuvre certes distrayante mais où le rire est suffisamment rare pour nous rendre simplement mélancolique.
Son incarnation d'un roi trouve aussi difficilement ses marques, et finit par se figer dans sa vigueur grâce à l'attachement, mais pas grâce la qualité d'écriture : démarrant dans des airs de vagabond, il devient successivement une parodie de sa condition puis, sur le tard, la digne figure dont il semble qu'il aurait vraiment voulu faire la nature du rôle.
Il est presque dommage de trouver si facilement de quoi dénigrer Un Roi à New York, comme si le simple fait que Chaplin ne sût plus être en avance le mettait en retard. Pourtant, non. Il semble même qu'il a fini par maîtriser totalement le mérite de la délégation : l'ambassadeur Oliver Johnston est un personnage aussi fameusement réussi que régulier, de même que Michael Chaplin, bien qu'on sentît les endroits où son père l'a dirigé, épice le film de l'arôme encore rare d'un excellent enfant acteur.
Et puis que diable ! Cette prospection dans une Chasse aux Sorcières dont Chaplin a vraiment souffert (on se rappelle du côté autobiographique) ne cesse d'être plaisamment orchestré : qu'on ait à sourire, grincer, réfléchir ou admirer, on reste somme toute bien occupé avec son visionnage. L'humour y est peut-être bien un faire-valoir : il fait valoir la peine d'être obligeant.
Charlie Chaplin critique ici la société des médias. Le film n'a pas beaucoup d'humour et est vite ennuyeux. On voit l'opulence dans laquelle vit le roi déchu sans réellement comprendre sa célébrité ni l'intérêt des américains pour lui. La chasse au communiste est encore d'actualité, les publicités sont représentées et finalement, le film n'est qu'un léger plaidoyer du nucléaire utilisé pour les particuliers plutôt que pour la bombe. Très moyen.
Toutes les œuvres de Charlie Chaplin sont bâties à partir des composantes d’une critique sociale. Ici c’est notamment le maccarthysme qui est en jeu ainsi que la perversité des médias. Des sujets qui ont touché de près le légendaire cinéaste au point de l’amener à couper les ponts avec la société américaine. Ce n’est pas l’intérêt du contenu qui fait défaut dans Un roi à New York, mais la mixité des genres. Chaplin y trimbale quelques tics de son personnage de Charlot créé à l’ère du muet et cela détonne avec la facture plus moderne. Plusieurs mises en situation, qui auraient probablement été hilarantes en pantomime, perdent leur effet comique dans une dynamique de jeu plus réaliste et moins distancié. La séquence en cour qui montre Shadov en train de viser les membres du tribunal avec un boyau d’arrosage est lourde de sens et drôle en soi, mais dans l’univers où il est plongé, le spectateur se demande davantage qu’est-ce le réalisateur a bien pu fumer pour imaginer une telle scène. Comme si le clownesque y laissait de sa pertinence et de se son percutant en se trompant d’adresse. Il faut dire que la faiblesse du montage ne contribue pas à donner du rythme à l’histoire et du punch aux gags. En revoyant ce film 60 ans plus tard, on applaudit le message et le caractère dénonciateur de Chaplin que le temps n’avait pas réussi à modérer. On se lève de notre siège avec le désir de re-visionner ses chefs-d’œuvre du passé et en réalisant à quel point le troisième millénaire le manque royalement.
Il s'agit d'un super film, à la fois drôle et cinglant, Chaplin y dénonce avec intelligence les dérives de "l'american way of life". Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde dans ce film que je ne connaissais absolument pas dans la filmographie de Chaplin : à voir!
Pas le meilleur de Charlie Chaplin, on prend cependant un malin plaisir de se plonger dans les mésaventures du roi Shahdov qui s'exile à New-York pour échapper à une révolution. Bon, le pitch s'efface rapidement pour une succession de péripéties qui dénoncent le maccarthysme, la société de consommation, l'individualisme et j'en passe... Forme d'écho à l'un de ses premier film "Le Kid", Chaplin offre un divertissement honnête mêlant moment de nostalgie avec des scènes sans dialogues, moment dramatique et humoristique. Le film souffre cependant de quelques longueurs qui n'enlèvent pas le sentiment d'avoir assisté à un bon film. Une oeuvre originale, fraîche disposant d'une bande son excellente. Un dernier tour de piste pour Chaplin et s'en va... Une réussite !
Cette comédie tardive de Charles Chaplin est une légère déception pour le fan que je suis. Et pour cause, Un Roi A New York n'est pas l'œuvre la plus marquante de ce grand cinéaste. Chaplin règle ses comptes avec le maccarthysme qui avait fait de lui un artiste indésirable aux États-Unis quelques années plus tôt. Mais cette vengeance prend le pas sur la cohérence du long-métrage qui se retrouve scindé en deux parties distinctes. La première est une succession de scénettes brocardant les dérives de la société américaine de manière sacrément prémonitoire (agitation permanente, publicité omniprésente, violation de la vie privée...). La deuxième, plus politisée, raconte les déboires d'un jeune américain dont les parents sont suspectés d'être des communistes, faisant ainsi écho à la vie du réalisateur. Le propos est acerbe, mais on est loin de la maestria à laquelle Chaplin nous avait habitué: certains gags tombent à plat et l'ensemble manque de subtilité. Le début de la fin?
Avant-dernier film de Charlie Chaplin et même le dernier où il se met en scène, "Un Roi à New York" nous fait suivre le roi Shahdov, qui s'exile aux USA suite à une révolution dans son pays, mais il va assez vite se retrouver sans sous... Le problème avec Charlie Chaplin, c'est qu'il nous a tellement habitué à des grands films, qu'on est toujours un peu déçu lorsqu'on découvre ce qui est juste un bon film venant de lui. A partir d'un scénario bien écrit, il nous livre une satire et critique des Etats-Unis et notamment politiquement et socialement. Lui-même viré parce qu'il avait commis comme crime d'avoir des pensées politique de gauche (décidément, quelle belle terre de liberté les USA), il critique notamment le Maccarthysme, la télévision, la chirurgie ou encore le monde du spectacle en général, à travers quelques scènes et trouvailles brillante. Malheureusement, si il y a bien quelques scènes plutôt marrante, on est assez loin des plus belles heures de Chaplin, ce qui n'était pas un problème pour "Les feux de la Rampe" car ce dernier était d'une très grande richesse émotionnel (entre autre), ce qui n'est pas forcément le cas ici, on n'a donc pas de génie ni du côté comique, ni du côté émotionnel et finalement on se retrouve juste avec un bon film, intelligemment écrit, attachant par le côté très personnel doublé d'une satire contre la société US. Un film audacieux et réussi, avec pas mal de belles trouvailles et si ce n'est pas le plus mémorable de ses films, ce serait bien dommage de s'en priver.
Un Chaplin sans grand intérêt du point de vue humoristique. Les gags sont d'une lourdeur qui n'a d'égal que le jeu théâtralisé des uns et des autres, Chaplin en tête. En clair, on s'ennuie. "Un roi à New York" souffre en outre d'un problème de rythme évident, la fin arrive de façon bien trop abrupte. L'aspect symbolique s'avère autrement plus intéressant. Chaplin règle ses comptes avec la société américaine dans son ensemble, ce qui ne manque de pas saveur. Là encore, les ficelles sont toutefois trop grosses et le martellement du message anti-américain peut finir par lasser.
C’est parce qu’il est lui-même un roi de la comédie injustement destitué et qu’il a des comptes à régler avec la société américaine, et en particulier à ses institutions qui l’ont poussé à l’exil, que ce retour de Charlie Chaplin cinq ans après Les feux de la rampe réussit à se montrer des plus pertinents malgré son humour qui ne réussit pas à retrouver son efficacité de la grande période du muet. Tourné intégralement en Grande-Bretagne, Un roi à New-York porte un regard cinglant sur ce qu’est devenue l’Amérique, c’est-à-dire un pays en proie aux médias de masse et à la paranoïa maccarthyste, avec un ton presque aussi sarcastique qu’il avait su dénoncer Hitler une douzaine d’années plus tôt. Le comique burlesque de la pantomime de Charlot a cependant laissé place à une mise en scène plus théâtrale, ce qui a laissé de cette avant-dernière réalisation un gout de déception à beaucoup de ses fans.
Un roi à New York est un Chaplin plutôt méconnu. C'est aussi un de ses films les plus personnels avec les feux de la rampe. Bien sûr Chaplin n'incarne pas son personnage de charlot et on ne peut comparer ce film avec ses grands films. Un roi à New York est une satire de l'Amérique des années 50 empreinte de maccarthysme. Chaplin a été une des célèbres victimes de la chasse au sorcières (comme Orson Welles et Bertolt Brecht) et a été forcé de s'exiler. Il critique la société américaine (la pub, l'éducation, le cinéma, le rock 'n' roll et même la chirurgie esthétique) mais il le fait avec finesse et subtilité. La dernière scène particulièrement drôle vaut vraiment le coup d’œil, j'ai l'impression que le roi lave symboliquement la commission des activités anti-américaines de ses pêchés que les États Unis reconnaitront d'ailleurs 20 ans plus tard quand le film de Chaplin sera autorisé au public.
Cette satire du capitalisme aux États-Unis à l'époque de Chaplin et vu par lui-même est très drôle, et bien sûr quelque peu personnelle. Les gags y sont aussi bons bien que plus légers que dans ses Charlot, et sont très efficaces. On peut voir qu'en plus d'avoir du talent d'acteur, il en a aussi pour la réalisation, et on se rend compte a quel point c'était un artiste complet.
D'accord ce n'est certainement pas le meilleur film de Chaplin mais tout de même "Un roi à New York" démontre l'implication totale de son cinéaste profondément humaniste dans son sujet, dénonçant aussi bien le maccarthysme dont il a été lui-même victime que la société de consommation américaine qui assomme à grands coups de publicité et qui assassine la notion du spectacle. Chaplin sait donner son avis sans être lourd ou trop moralisateur, saupoudrant son film de trouvailles humoristiques (la tirade d'"Hamlet", le moment où il ne doit pas rire sous peine de faire craquer son lifting ou encore la scène dans l'ascenseur) tout en faisant passer son discours qui n'est pas toujours subtil mais qui sait taper là où il faut à une époque où ce qu'il critique est d'actualité (souvenez-vous "Le Dictateur"). On appelle ça du talent et ça vaut largement un coup d’œil.
Un film pas forcément très réussit qui est le prétexte à une tribune contre la maccarthisme et une Amérique vendue aux marchants de soupes, ce qui est louable mais pas très drôle. Reste la tirade d'anthologie "to be or not to be".
Chaplin a fait mieux mais Un Roi à New York reste du grand cinéma, du beau cinéma dénonçant l'intolérance mais sans aucune lourdeur ni moralité trop poussée ; Chaplin a toujours su parfaitement éviter un côté donneur de leçon et pompeux qui peut agacer. L'humour est bien au rendez-vous dans Un Roi à New York, Chaplin nous concocte quelques situations comiques fort tordantes et il incarne un roi sans royaume bien sympathique qui avec ses yeux d'étranger voit une Amérique pas forcément idéal sur tous les points.