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Eowyn Cwper
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2,0
Publiée le 30 avril 2020
Rien à voir avec la fenêtre sur cour d’Hitchcock : le suspense de Chambre avec vue ne monte pas plus haut que l’angoisse de commettre un impair en bonne société. Interprétation littérale du roman qui l’a inspiré, le film apporte les promesses du cinéma, essentiellement visuelles, & ne commet pas le moindre faux pas en matière de décors & de costumes.
Il a costumé les dialogues aussi, néanmoins : les lignes ne vont jamais ensemble, décollée les unes des autres dans une négligence d’autrui qui redonde avec les intonations compassées de personnages qui surjouent – oui, les personnages ; leurs acteurs ont avant tout la responsabilité d’en faire les diapasons constants d’une bourgeoisie que rien ne perce, pas même les forts sentiments ni les libres penseurs. On est, au sens le plus strict du terme, dans la “bonne” société. Rien d’autre ne doit exister. Donc elle est “bonne”.
On a beau croire au démarrage lent, c’est tout le film qui s’étire dans cette bonté molle d’une foule de gentilhommes & femmes qui ne se supportent pas – & que le cinéaste faillit à faire tenir au-dessus de leur propre superficialité.
Pour éviter de voir des tares partout où l’œuvre ne voulait que relater les corollaires de son sujet, on essaye de reconstruire le propos, qui doit être là, quelque part sous les monceaux de jolis mots, l’exploitation de protagonistes forts (des bourgeois érudits, ça fonctionne toujours en théorie), l’hypocrisie, les non-dits : les mensonges de la jeune Bonham-Carter, qui font l’objet d’intertitres récurrents essayant bizarrement de reconstituer des chapitres romanesques éparpillés, sont sûrement la clé de voûte d’une œuvre destinée à la maturité, ou à l’inverse le signe avant-coureur de l’écroulement de quelques bonnes mœurs ou le début d’une prise de conscience. Hélas, rien de tout ça : potins & bonne éducation auront de bout en bout la main mise sur une histoire engluée qui pas une seconde ne suspend le huis-clos social.
Donnant une vision étroite d’hommes & femmes “du monde” qui ne connaissent rien de ce dernier, le film offre une vue aussi piètre que la fameuse chambre dans une mixture de fait-exprès & d’incréativité ; on aurait pu comprendre s’il nous avait au moins laissé ouvrir la fenêtre.
Film revu, 10 ans plus tard, dans sa version remastérisée, avec beaucoup de plaisir. Bien sûr que ces vignettes empreintes de la culture des castes si propre à l'Angleterre British sont bien étranges aux sans-culottes que nous sommes ... mais quelle leçon de cinéma, quel casting, quelle composition de tableaux enchanteurs, quel chef opérateur ! Une leçon de cinéma. Encore faut-il prendre le temps de suivre James Ivory.
Certainement le plus faible film de James Ivory; bien en dessous de "Les vestiges du jour", "Chaleur et poussière" ou "Retour à Howard ends". Certes la petite aristocratie anglaise est bien croquée, mais le film dans son ensemble est une bluette sans grand intérêt. Evidemment Helena Bonham Carter est épatante; à elle seule, elle justifie la vision de Chambre avec vue.
Un beau drame romantique britannique en costumes comme on les aime. Le casting est un concentré de talents comme on en trouve peu, l’atmosphère de la campagne anglaise et italienne fait des merveilles et le scénario est d’une grande finesse (probablement puisée dans le roman qu’il adapte), avec une façon intéressante d’associer le désir à un lieu, en l’occurrence l’Italie. C’est plein de petits détails irrésistibles et d’amour pour les personnages, même les plus antipathiques. Cela dit, le film a les défauts de ses qualités et sa délicatesse peut parfois ressembler à un manque de souffle. Entre une mise en scène relativement statique, une reconstitution historique et un casting qui font très « théâtre », et un découpage en chapitres très littéraire, le résultat est certes beau et émouvant, mais pas toujours très cinématographique.
Le romantisme mielleux du début de film est rapidement balayé par une passion finalement avouée, jouée admirablement par les protagonistes dans une délicieuse atmosphère so british! J'ai adoré!
J'étais déjà habitué avec James ivory à ces films mélodramatiques sur l'aristocratie anglaise illustrés par la nuance et la reconstitution historique. Fidèle au style, ce film ne déroge pas à la règle. Bien joués,bien filmés, beau costumes et beau décors mais l'histoire pff.... Agréable mais trop académique pour moi.
Un film qui a du charme grâce aux décors, aux dialogues, au jeu des acteurs et à l'ambiance 1905 bien transcrite, telle une peinture. Il ne se passe pas grand chose voire rien du tout, donc fuyez si vous n'aimez pas ce genre là.
La comédie de mœurs, genre anglais s'il en est. Évidemment, avec James Ivory, on est en plein dedans ! L'histoire d'une jeune anglaise de la haute au début du XXème. Elle tombe amoureuse du gars qu'il faut pas mais se marie avec celui qu'il fallait, le tout avec moult descriptions des usages de l'époque, autant de carcans pour cet esprit libre. L'image est belle, notamment les scènes italiennes, les décors et costumes soignés. On suit avec intérêt les turpitudes du personnage d'Helena Bonham Carter (excellente comme toujours) et on se délecte de la prestation décalée de Daniel Day-Lewis (méconnaissable !). Le défaut ? Trop, vraiment trop de parlotte. Cela alourdi un film qui aurait pu être une très bonne comédie enlevée. A voir en VO, of course, pour la richesse musicale des accents.
Décidément James Ivory restera un os pour moi ! J'aime beaucoup les films d'époque mais avec lui ça coince !! Autant j'ai aimé Maurice et Retour à Howard Ends mais là non ! C'est trop ennuyeux ! Je n'ai pas accroché dès le départ et ça n'a été qu'en s'empirant ! Les personnages sont agaçants et pas attachants du tout, les convenances trop présentes et malgré des décors soignés c'est trop chiant !!! Le pire que j'ai vu de lui je pense !! Dommage c'est toujours excitant sur le papier avec Ivory mais devant son écran c'est trop laborieux !
Je ne suis pas trop fan de ce type de films d'habitude, mais j'ai adoré Chambre avec Vue, que j'ai vu et revu avec toujours le même plaisir. Helena Bonham Carter est sublime, tout comme les paysages. De plus, le film contient beaucoup de séquences humoristiques très réussies.
Autant on pouvait encore apprécier « Retour à Howards end » pour l’histoire et le côté classique british, autant là on est trop sur le poids des convenances, de la politesse, de la bienséance, de l’éducation… Déjà que vu de son pays c’est chiant, alors avec la pseudo aristocratie anglaise c’est vraiment lourd. Surtout là il n’y a que ça, et si on l’enlève il n’y a plus d’histoire. Celle-ci d’ailleurs est très convenue, trop connue, tout comme la trame, ce qui rajoute un côté sans surprise qui finit de faire décrocher. Et pour achever le tout on ressort avec une impression de longueur qui s’étire, plombée par un rythme très lent et qui ne décolle jamais, bref ça endort. Bien sur le fait que ce soit un film romantique ne me le rend pas plus sympathique, mais là encore (alors que c’est tout le propos) on ne ressent pas les émotions, on ne voit pas ce qui amène l’amour et l’attirance entre les 2 qui s’ignorent sans cesse… Une fois passé ces écueils plus que trop importants on observe de bonnes choses : des acteurs biens dans leur partition (Daniel Day Lewis notamment, inhabituel dans ce rôle, un des 1ers pour Helena Bonham Carter)sauf Julian Sands trop terne et fade, une musique dans le ton (Puccini), une mise en scène bien compréhensible, des dialogues et des costumes d’époque, des décors sympas… Pas mal de bons éléments en somme, presque une reconstitution historique tant le détail est travaillé, mais insuffisants pour relever le niveau plombé d’un long métrage à réserver aux fans de classicisme anglais.
Film vu par hasard avec un peu d'appréhension aux premières images. Les acteurs jouent très bien, la photographie est sublime, un beau travail d'écriture. Un film qui fait du bien.
Film très léger de James Ivory qui s’il n’a pas la force de « Retour à Howard End » ou des « Vestiges du jour » s’avère être un très bon cru. Ivory qui est pourtant américain n’a pas son pareil pour dépeindre la haute bourgeoisie anglaise du début du siècle. D’importantes colonies anglaises se retrouvent en villégiature dans des pensions entièrement dédiées aux sujets de sa majesté. C’est à Florence qu’une jeune femme accompagnée de sa gouvernante fera la connaissance d’un fils et de son père. La relation entre les deux jeunes gens se nouera autour de la chambre avec vue que leur cèderont les deux hommes, galanterie oblige. Tout le propos du film partira de ce petit incident heureux pour suivre les deux tourtereaux de Florence au Sussex dans le long et douloureux parcours qui les mènera jusqu’à l’amour. Entre les deux étapes nous auront vu bien des scènes bucoliques et un Daniel Day Lewis surprenant en jeune dandy maniéré incapable de retenir cette jeune femme pleine de vie. On s’amuse beaucoup à suivre tout ce petit monde emmené par la pétillante Helena Bonham Carter fiancée depuis et égérie de Tim Burton.
J'ai totalement, absolument, définitivement adoré ce film. Les acteurs sont extraordinaires: Helena Bonham Carter, comme a son habitude est stupéfiante, Julian Sands est si charmeur, Daniel Day-Lewis est tellement coincé, il entre tellement bien dans la peau de Cecil, Et Maggie Smith est absolument superbe!! L'histoire est drôle, belle et extraordinairement touchante. Ce n'est pas un film trop triste, ce que j'ai aimé parce que je n'avais pas trop envie de verser des litres de larmes, donc ce film m'a parfaitement plu. Tout est magnifique dans ce film, notamment les paysages : Ah! L’Italie, l'Angleterre, que des pays de rêves! Ce film est une pure merveille!