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    Mauvais sang
    note moyenne
    3,9
    432 notes dont 52 critiques
    19% (10 critiques)
    15% (8 critiques)
    27% (14 critiques)
    19% (10 critiques)
    8% (4 critiques)
    12% (6 critiques)
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    52 critiques spectateurs

    stebbins
    stebbins

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    5,0
    Publiée le 28 avril 2009
    L'un des plus beaux poèmes cinématographiques qu'il m'ait été donné de voir. Une réussite à tous les points de vue : des dialogues délectables, un Denis Lavant sublime, une Juliette Binoche intense, un scénario simple mais profond, des cadrages inspirés, des mouvements de caméra suscitant rapidement la transe, une mise en scène composite ainsi qu'une musique propice à la déchirure. Chez Leos Carax, on n'en finit pas d'être surpris : son Mauvais Sang mélange les genres, les registres et les courants artistiques avec une aisance déconcertante. Possédant la puissance visuelle d'un film muet et l'éloquence du cinéma parlant, cette perle bohémienne respire la poésie d'un bout à l'autre. On pense parfois au cinéma de Bresson, dans cette manière de disséquer les gestes et les détails les plus singuliers. Nullement ennuyeux, jamais sec ni poussiéreux, Mauvais Sang est donc un authentique chef d'oeuvre. Décidément, on peut dire que Leos Carax est un artiste intégral, l'un des cinéastes les plus impressionnants du cinéma actuel. Sublime, tout simplement.
     Kurosawa
    Kurosawa

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    5,0
    Publiée le 9 mai 2014
    Pour commencer, il faut dire que "Mauvais sang" est un film absolument génial, un chef-d'oeuvre à la grammaire cinématographique inimitable et bouleversante. Parce que le deuxième film de Leos Carax se vit plus comme une expérience sensitive hors du commun qu'il ne se visionne simplement. A partir d'une idée extraordinaire (un virus qui contamine ceux qui font l'amour sans s'aimer), s'en suit une vague d'émotions, de regards et de mots d'une puissance renversante. Car "Mauvais sang", ce sont à la fois les lèvres humides de Juliette Binoche, le regard mélancolique de Michel Piccoli, la douceur de Julie Delpy et évidemment, au milieu, l'exceptionnel Denis Lavant. Le visage renfrogné, l'esprit rebelle, le boxeur qui frappe dans le vide (façon de lutter contre lui-même), ou encore le ventriloque qui parle plus avec son cœur qu'avec sa bouche, Lavant éblouit par son talent et son implication dans un rôle inoubliable. Enfin, derrière la caméra de ce film à la fois poétique, dynamique et enchaînant les séquences époustouflantes de sensualité et de sensibilité se trouve un cinéaste rare et indispensable, un artiste hanté par l'équilibre des mots et de l'image, et à la recherche de la beauté ultime qui donnerait à son oeuvre toute sa signification. Cette beauté, Carax l'a trouvée. Sublime !
    chrischambers86
    chrischambers86

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    4,0
    Publiée le 1 mai 2012
    "Mauvais Sang", c'est surtout un film qui passe plus par le regard que par les mots...A seulement vingt-six ans, Leos Carax, qui fait partie de ces cinèastes prècieux et rares, tourne une histoire d'amour onirique, qui dègage une formidable ènergie romanesque et qui deviendra par la suite un classique instantanè! Dans cette histoire où des gangs rivaux se disputent un vaccin, Denis Lavant - promu hèros caraxien - tombe amoureux de Juliette Binoche, qui traverse le film comme une fulgurante somnambule, tandis que la lumineuse Julie Delpy, ange à moto, et Michel Piccoli, braqueur sur le retour, entament une danse diaphane dans ce ballet de visions poètiques sur l'amour moderne! Rècompensè par le Prix Louis Delluc 1986, une oeuvre lyrique et culte pour un superbe hommage à la bande dessinèe et au cinèma muet! Excellente B.O...
    Ciemonde
    Ciemonde

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    4,0
    Publiée le 20 mars 2013
    Chaque film de l’inespéré Carax est une symphonie. Une partition risquée et délirante sur laquelle les notes volent dans tous les sens. Il clame amour et humanité. Sa technique est brute et très française. Où sont mes mots ? Où est mon habituel raisonnement drastique ? Je les ai perdus. Ses œuvres, libres de toutes contraintes, mes les ont volé. Les Amants aimaient, les moteurs priaient. Mauvais sang est noir. Mauvais sang est rance, rouge, amère, jaune, décédé, bleu... Mauvais sang est chaud. Mauvais sang est pâle comme la mort. Mauvais sang est une réalité proclamée imaginaire. Comme les années de prison mal digérées par le protagoniste premier, Mauvais sang est un pavé. Un bloc de béton trop gris et trop gros qui nous reste sur l'estomac. Un goût pâteux et amère qui nous stagne dans l'univers buccal. Le film est imparfait mais il est beau...et laid. Ce mutique Leos est un magicien. Ses créations sont perturbantes, presque laborieuses à observer. Mais ce qui en reste après est bien plus fort que le déplaisir occasionné. On se souvient, on sait se souvenir et on se souvient bien. On aspire le sel de nos larmes (celles qui ont été et celles qui auraient pu être), on consomme une joie attendrie, on analyse une vérité utopique et on est effarés devant une jeune fleur à peine née et déjà fanée... On adore se rappeler sa liberté. Non ce n'est pas la complexité d'une morale Kantienne, lourdingue de mots creux et infinis. Ici c'est simple, c'est pur. Sous la chaleur d'une comète mystérieuse se trouve l'une des plus belles courses effectuée. Le ventriloque soliloque, se tape l'estomac douloureux, danse et fait de beaux sauts périlleux. Dans une nuit aux étoiles falsifiées, sur fond de David Bowie, on respire. Et nous aussi, nous voulons courir, nous voulons rire. Carax est un poète de l'après. Il absorbe notre présent et nous confère l'impression de perdre notre temps. Je l'ai haï sur le moment. Puis je n'ai plus su. Maintenant je sais et je lui dis merci.
    Noistillon
    Noistillon

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    4,5
    Publiée le 27 mai 2012
    On a trop facilement ramené Mauvais Sang à un pur hommage au cinéma de Jean-Luc Godard. Certes, on retrouve l'opposition rouge-bleu si chère au cinéaste franco-suisse ; oui, la coiffure de Binoche ressemble à celle de Karina dans Vivre sa vie ; oui, le film s'ouvre effectivement sur la voix de Grodard. Mais, finalement, ce qui prime, c'est le style de Leos Carax, qui réinvente complètement la grammaire cinématographique. Le film est extrêmement énergique, beaucoup plus émotionnel qu'intellectuel (césure avec Godard) et recèle de purs moments de beauté (le début avec Delpy, Denis L'avant qui court avec la musique de Bowie, certaines scènes avec Binoche). Chef d'oeuvre.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    4,0
    Publiée le 28 février 2012
    Si Leos Carax a ma sympathie même si je n'aime pas forcément tous ses films, c'est quand même quelqu'un qui a des idées de cinéma, et qui en a pleins, ses films me semblent bien influencés par la nouvelle vague française, c'est l'inverse d'un cinéma classique, ici il joue avec le montage, la voix off, la mise en scène, et c'est réellement plaisant de voir un film jouer de la sorte avec tout ça pour créer ce que l'on pourrait appeler de la poésie. Et le film offre alors des purs moments de beautés, que ça soit entre Denis Lavant et Binoche (à l'époque où elle ne faisait pas encore n'importe quoi) ou entre Lavant et Delpy au début du film. Et Carax se paye même le luxe de filmer Piccoli en une sorte de gangster. Le film propose une véritable atmosphère, une ambiance de fin du monde, avec la comète qui passe à proximité de la Terre, la chaleur qui règne, les acteurs torse nus, l'impossibilité de dormir, et cette maladie qui court, touchant les gens qui couchent sans amour. Quelque part c'est extrêmement mélancolique. Et il y a plus encore, il y a ces monologues intérieurs, qui arrivent par moments à être vraiment sublimes, je pense au début à la scène de rupture. C'est vraiment un film passionnant et qui n'entraînera pas tout le monde dans son univers un peu spécial, mais pourtant il y a à dire. Il manque malgré tout, peut-être un peu petit quelque chose pour en faire un véritable chef d'oeuvre, mais pour moi on a vraiment là un film qui montre que le cinéma c'est juste sublime.
    JimBo Lebowski
    JimBo Lebowski

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    4,5
    Publiée le 9 septembre 2014
    Deuxième film du jeune réalisateur français Leos Carax en 1986, il a 26 ans, et va déjà se révéler comme un cinéaste à part entière, "Mauvais Sang" est une œuvre particulièrement incroyable dans le sens où le rapport à l'image est sans pareil. On ressent délicatement cette poésie visuelle et narrative, car ce film est avant tout extrêmement sensitif, de part sa photographie magnifique, sa musique à différents tons et l'univers propre au réalisateur. Carax fait également preuve d'un sens de la mise en scène d'une intransigeance frôlant la perfection, que ça soit pour la folie gesticulante de Denis Lavant ou la beauté quasi sacralisée de Juliette Binoche, des plans reviennent en mémoire, notamment la bagarre avec Piccoli, les courses effrénées de Lavant ou ce final incroyable. La caméra se montre imprévisible, elle peut devenir incontrôlable d'une minute à l'autre, et ce qui m'a vraiment plu c'est cette approche plastique, du fait de jouer avec les couleurs et la matière, de littéralement modeler l'image, la technique et l'esthétisme sont tellement poussés à de nombreux moments, cette façon de proposer et de mettre en œuvre une telle singularité cinématographique avec tant d'audace pour un si jeune âge, que ça tient presque du génie. Le scénario lui est totalement surréaliste, une histoire d'amour impossible sous fond de tentative de vol de l'antidote d'un virus étrange qui affecte les couples faisant l'amour sans s'aimer, peut être une sorte d'allégorie du VIH, mais ce qui importe c'est vraiment cette sensibilité, ces silences, ces soupirs, ces dialogues alambiqués, les acteurs sont au service de l'univers unique de Carax, on est limite dans un comic-book sombre et très créatif. "Mauvais Sang" est sans nul doute un long métrage trop sous-estimé dans l'histoire du cinéma français, tout comme son réalisateur, Leos Carax fait preuve d'une maîtrise pleine de maturité pour son jeune âge, un talent hors norme, marchant sur les traces des plus belles heures de Godard. Un film majeur !
    Critik D
    Critik D

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    5,0
    Publiée le 16 septembre 2014
    Je découvre vraiment Leos Carax et pour l'instant j'apprécie beaucoup ce qu'il réalise. J'avoue avoir préféré ce dernier à "Holly Motors" mais seulement parce que j'ai mieux compris "Mauvais sang" et avec plus de facilité. Leos Carax est toujours énigmatique avec ses personnages mais on en apprend sur eux au fur et à mesure que l'histoire se déroule devant nos yeux. Avec un jeu, une mise en scène et une réalisation des plus imprévisible et un tantinet cachotière.On est donc plongé dans l'histoire d'Alex qui rejoue malgré lui et son refus l'histoire de son père. Pensant s'intégrer pour se donner les moyens de se sortir de son passé. Il est cependant toujours rattrapé par ce dernier. Amoureux éperdu de Lise, il va pourtant la quitté pour son rêve de vie meilleure. Il rencontre alors Anna, pour qui son amour se révèlera sans réciprocité... Les décors du film sont tout aussi particulier que l'univers pour lequel ils ont été construit. Denis Lavant est très convaincant et son jeu m'a vraiment conquise. Juliette Binoche est magnifique, une vraie poupée de cire, démontrant une sensibilité sans pareille et qui pourtant faire preuve d'une force insoupçonnée. Vraiment un très beau film que je vous recommande, en revanche suivez bien sinon vous risquez de décrocher assez vite. Pour ma part je vais continuer à m'intéresser à la filmographie de Leos Carax.
    CineRepertoire.free.fr
    CineRepertoire.free.fr

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    3,5
    Publiée le 9 janvier 2015
    Après Boy Meets Girl (son premier long-métrage), Leos Carax confirmait son originalité et son talent avec ce film unique, situé au carrefour improbable d'influences diverses : Rimbaud (dans le titre et dans quelques dialogues), Cocteau (qui "n'est pas mort"), Hergé et son Étoile mystérieuse, Hugo Pratt (qui tient dans le film un petit rôle de gorille), David Bowie et son Modern Love (pour une formidable course folle), Prokofiev et son lyrisme classique, Chaplin pour les références au muet et au burlesque, Godard pour la liberté de ton, le film noir pour ses gangsters, ses femmes inaccessibles, ses mauvais destins... Avec tout cela, Carax brode une fiction à sa façon, erratique et poétique, à la fois irréaliste et inscrite dans son temps (via l'évocation du sida, dont il propose toutefois une interprétation critiquable...). Il joue au jeu de la vie et de la mort, de l'amour et du désir, en ouvrant le champ d'un nouveau romantisme noir et en faisant preuve d'une nouvelle inspiration esthétique : mise en scène singulièrement chorégraphiée, cadrages très graphiques et parfois renversants, multiples variations de lumières et de focales, utilisation de couleurs récurrentes (le rouge et le bleu dans des décors noirs et gris décadents)... Il y a peut-être trop d'artifices stylistiques, un certain maniérisme visuel et verbal qui a tendance à anesthésier l'émotion. Mais une telle créativité laisse assez admiratif, d'autant qu'elle est encore "canalisée". On peut largement préférer ce Leos Carax "première période" (dans une filmo qui va jusqu'aux Amants du pont Neuf, son film suivant) au Leos Carx d'après, plus ou moins égaré dans des trips confus voire abscons (Pola X, Holy Motors).
    Kloden
    Kloden

    Suivre son activité 61 abonnés Lire ses 617 critiques

    3,0
    Publiée le 2 décembre 2014
    Avant toute autre chose, il faut je crois signaler combien Mauvais Sang, avant tout grand succès générationnel d'un jeune cinéaste qui criait à nouveau tout ce que son âme n'arrivait plus à contenir, remet en lumière la pauvreté artistique de ce qui satisfait l'actuelle majeure partie du jeune public français. A t-on aujourd'hui cédé à la morosité ambiante, aux matraquages commerciaux constants, à un certain formatage des esprits, ou bien est-ce Leos Carax qui parvient si bien à déverser son incontinence dans Mauvais Sang, idéalisant l'image d'une jeunesse qui rêverait de tout vivre, tout explorer. Au moins, voilà la preuve de la facilité de l'univers expressionniste de Carax à imprégner la rétine et les sentiments. Il faut dire que le cinéaste se donne les moyens, utilisant chaque élément visuel, sonore, chaque idée chaque moment comme autant d'éléments filmiques, générant une poésie des mots et des images aux sommets vertigineux. Dommage que l'étrangeté de son anti-naturalisme ne soit pas accompagné qu'un petit quelque chose de plus lorsque l'intensité retombe, conduisant à quelques temps faibles pas aidés par une certaine redondance vis à vis de Boy Meets Girl - pas étonnant, celui-ci faisant également partie d'un triptyque complété par Les amants du Pont-Neuf. Bien que cela n'empêche pas Mauvais Sang de demeurer très souvent une oeuvre extrêmement inspirante, qui fait croire comme peu d'autres aux possibilités d'envoûtement du cinéma, j'en attendais encore un peu plus.
    Top of the World
    Top of the World

    Suivre son activité 31 abonnés Lire ses 50 critiques

    5,0
    Publiée le 10 juin 2016
    Deuxième long-métrage de Leos Carax, "Mauvais sang" est une oeuvre unique, somptueuse, inoubliable. C'est un polar, une parabole sur le Sida, une histoire d'amour(s) contrarié(s): Lise aime Alex qui aime Anna qui aime Marc. Amour contrarié donc, et amour moderne, comme le chante si bien Bowie. Bouleversant surtout, tant le romantisme et le lyrisme incandescents du film touchent au sublime. Sa poésie, elle aussi, émerveille: poésie des dialogues, des images, de la bande-son et des ruptures qui s'opèrent entre eux. Tout cela est saisissant. Les acteurs ne le sont pas moins. Ils sont magnifiques et magnifiés par la caméra de Carax qui, tel un peintre, prend le temps de leur donner du relief, de saisir leurs contours. On retient surtout l'imposant Michel Piccoli, la douce Juliette Binoche et le fiévreux Denis Lavant qui joue Alex/Langue Pendue: un être multiple, adulte et enfant, bagarreur et amoureux, qui parle avec le ventre et la bouche. Carax, indispensable auteur du cinéma français, est lui aussi un artiste total, réunissant plusieurs arts en un seul pour nous offrir cette merveille de grâce et de richesse.
    twain81
    twain81

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    5,0
    Publiée le 21 novembre 2008
    Un véritable OVNI dans le cinéma français. Chef d'oeuvre d'émotion, la preuve même que le cinéma est art. Binoche sensationnelle, Lavant émouvant... tout est parfait...
    educomix@bluewin.ch
    educomix@bluewin.ch

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    5,0
    Publiée le 26 juillet 2008
    C'est assez marrant de lire "Hugo Pratt" dans le casting, certain plans semblent sorti d'un de ses album! Denis Lavant à une gueule incroyable qui incarne parfaitement ce gosse devenu adulte trop vite, ce "tendre précoce" hyperadapté à cet univers d'adultes malfaiteurs. Carax réalise un très beau film qu'il signe avec une touche personnelle d'une rare originalité... des dialogues magnifiques des prises de vues très travaillées, chaque plan séquence s'inscrit dans un patchwork dont les couleurs et les contrastes donnent à l'ensemble harmonieux et passionnant du début à la fin à condition de se laisser surprendre par un genre nouveau!
    max6m
    max6m

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    1,0
    Publiée le 23 septembre 2009
    Dès le 1er plan de "Mauvais sang", on sent qu’on va s’ennuyer. Contrairement à ce que pourrait nous laisser imaginer le résumé du film, "Mauvais sang" n’est pas un polar noir sous forme de parabole futuriste sur le SIDA. Cet aspect-là du scénario n’est que très vaguement abordé, ce qui n’est pas forcément un mal. Mais alors, de quoi nous parle "Mauvais sang"? De pas grand-chose. Le film tend plutôt vers le film d’ambiance, cette ambiance de romantisme désespéré qui donne au métrage ce gentil petit charme désuet des années 80. Si le film pouvait peut-être fasciner une frange d’ados qui, entre "Terminator" et "Subway", voulait se donner une certaine posture intello-auteuriste, "Mauvais sang" ne garde aujourd’hui plus guère d’intérêt. Carax s’y essaie au cinéma, filme une succession de scènes inintéressantes comme autant "d’idées" avec lesquelles il tente de composer un film: les petits tours de passe-passe de Lavant, le visage angélique de Binoche, une course sur les trottoirs sur fond de musique rock, et beaucoup de dialogues rébarbatifs sur les difficultés d’aimer, les dures conditions de vie dans les prisons, etc, etc, etc… Carax, qui découvre ici le cinéma, varie aussi les supports, sans raison apparente, filmant certaines séquences en noir et blanc. Il joue parfois de l’accélération, surtout quand les personnages courent (sacrée trouvaille!), et fait quelques coupures sèches au milieu des longs échanges verbaux, comme pour réveiller notre attention. En résumé, il fait mumuse, et tout le film apparaît comme un vaste prétexte pour se servir d’une caméra. Pour se consoler, on se rappelle un autre film, réussi celui-là, "Trois jours" de Sharunas Bartas. Et on comprend mieux pourquoi Carax aime tant le cinéaste lituanien: celui-ci a fait une œuvre d’art sur la misère et l’errance, là où lui n’a fait que jouer au poète torturé, ne parvenant en réalité jamais à dépasser le stade de la posture "no future" que se donnent parfois les ados vaguement neurasthéniques.
    Gourmetdefilms
    Gourmetdefilms

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    1,0
    Publiée le 8 septembre 2013
    J'avoue que je n'ai regardé que la 1ère 1/2 heure tant elle confirmait mon à priori sur ce film ennuyeux dont la jaquette était déjà inquiétante. Même la présence de Michel Piccoli qui m'a amené vers ce film ne sera qu'une trop maigre consolation. Bref encore du cacaCarax snob à réserver aux fans de Robert Wellson et de son "dernier homme".
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