Polar français à l’américaine, porté par sa direction d’acteurs, « Le cercle rouge » distille une action maîtrisée à l’image de son personnage principal le commissaire Matei incarné par un Bourvil, à contre emploi qui s’offre là, un de ses très beaux rôles.
À ses côtés, un Yves Montand, remarquable, comme à son habitude, qui nous offre une des très belle scène du film, lors de son delirium tremens.
Aussi une alchimie indéniable avec le couple Gian Maria Volonté - Alain Delon qui fonctionne à merveille.
Notons aussi, la présence de François Perier, un second rôle qui ne s’oublie pas.
Indispensable à tout bon polar, Melville sait capter le monde qui l’entoure et nous dépeindre par l’image une société française variée, aujourd’hui disparue. L’occasion, pour nous, de découvrir cette France de 1970.
Côté scénario, c’est assez invraisemblable. Dommage que l’écriture soit passée au second plan, empêchant le film d’atteindre les sommets.
La scène du casse, économe, est vraiment très bien réussie.
Le secret est d’avoir fait de ce silence ahurissant, l’élément principal du suspens. Aucun dialogue pendant 25mn de film. Et oui ! 25mn sans dialogue ! (Un seul mot est prononcé « Plouvier »). Aucune musique ! seule une bande son renforce cette sensation de silence : tic-tac du réveil, bruit des pas, du diamant sur la vitre, du moteur électrique du système de protection anti-vol. Ce silence c’est l’écrin de la scène. Il fallait oser ! Au final, le spectateur ne voit pas le temps passé, absorbé par la minutie du casse et en même temps par sa fragilité. Tout peut arriver !…
Incontestablement, c’est cette scène qui est le point d’orgue du film et qui en fait tout l’intérêt !