Le Corbeau
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143 critiques spectateurs

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marc sillard
marc sillard

10 abonnés 199 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2024
Pour voir des allemands en uniforme dans des films français, il faudra attendre la Libération et, plus tard, "la traversée de Paris" d'Autant-Lara. Ce qui frappe ici c'est l'agressivité et la qualité des dialogues, que les protagonistes encaissent sans broncher. Belle brochette de super acteurs : Larquey, Seigner, Bertin, Fusier-Gir, Balpêtré, Roquevert, ... Et, bien entendu, Pierre Fresnay, parfait dans son rôle de médecin comme s'il avait fait ce métier là toute sa vie, et à la diction parfaite ce qui est utile car la bande son est fatiguée. Son idylle contrastée avec l'ex "femme du boulanger", Ginette Leclerc, volage et sexy puis amoureuse, est comme un rayon de soleil dans ce noir de corbeau. Entre la pose de ventouses sur l'abdomen féminin et la familiarité du couple après consommation de l'acte, il n'y a pas de transition. Avec Pierre Niney et Virginie Efira, aujourd'hui, cela ne se passe plus comme ça. Film noir mais avec passages humoristiques : enfants dissipés, discours grandiloquent du sous-préfet, rombières caricaturales, cérémonies religieuses moquées,... Le corbeau accuse le docteur Fresnay d'être un avorteur, ce qui était un reproche violent à cette époque. Le personnage joué par Fresnay dit "je ne suis pas croyant" et fait preuve d'une certaine distanciation sociale à cet égard, soulignée par sa jeune amie enceinte de ses oeuvres. Le haut clergé français a dû davantage tiquer que les pontes de la Continental. Tout ça super bien filmé, avec effets d'ombres chinoises, loupiotes qui se balancent, caméra agile et intelligente,... Bref, un bon film, vu à la télé ce soir, merci à eux.
Nathalie
Nathalie

3 abonnés 60 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 décembre 2024
Un Chef d'Oeuvre que je conseille à tous, et surtout aux jeunes, oui ce film à plus de 80 ans mais le succès et la qualité sont toujours présents.
Une soirée à tous les vrais cinéphiles, un film à posséder également et impérativement dans sa vidéothèque !
Kincaid
Kincaid

6 abonnés 544 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 décembre 2024
Un film vraiment vieillot, au format carré, noir et blanc et bande son quasi inaudible. L’histoire n’est que moyennement passionnante. Comme une mécanique qui se déroule et puis voilà…
Redzing

1 451 abonnés 4 915 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 août 2024
Dans une petite ville lambda, un mystérieux "corbeau" envoie des dizaines de lettres anonymes. Mêlant mensonges grossiers et révélations fracassantes, elles visent en particulier le docteur Germain, l'accusant de procéder à des avortements clandestins. La frénésie va bien vite s'emparer de la ville...
"Le Corbeau" est une remarquable peinture au vitriol de la population française, et en particulier des notables ! Corps médical, clergé, élus, fonctionnaires, commerçants : tout le monde en prend pour son grade.
Le film est sombre, incisif, et très intelligemment écrit de A à Z. Jusque dans ses dialogues qui ne manquent pas de mordant, allant du second degré à l'humour noir. Et son enquête qui tient en haleine, avec un dernier quart très riche en rebondissements, incroyablement moderne.
Henri-Georges Clouzot peut en outre s'appuyer sur de truculents personnages, qui vont vite contribuer à faire s'envenimer les choses. Pierre Fresnay en médecin sec, entravé par un passé trouble. Ginette Leclerc en croqueuse d'hommes malsaine. Ou Pierre Larquey en psychiatre amusé, pour ne citer que les principaux.
Le réalisateur se montre accessoirement inspiré. Jouant régulièrement avec les ombres, les regards accusateurs des habitants, ou les mouvements de ses personnages.
"Le Corbeau" est une vrai réussite du cinéma français, qui malheureusement coûtera cher à Clouzot. En effet, entre son label (production Continental, compagnie financée par les Allemands), son portrait peu glorieux de la population, et l'utilisation de délation, procédé fréquemment utilisé sous l'Occupation, les communistes y virent un film de propagande nazi. A la libération, Clouzot sera mis au ban et le film interdit ; il faudra quelques années pour que les choses se tassent...
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

93 abonnés 4 268 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2024
Des lettres anonymes circulent qui accusent le docteur Germain (Pierre Fresnay) d'être un avorteur. Bientôt de nombreuses autres lettres, bien informées, se propagent dans le village, n'épargnant aucun de ses notables dont les turpitudes sont dénoncées.
Ce fait divers provincial aurait pu faire l'objet d'une anecdotique intrigue policière concluant par l'identité révelée du mystérieux et malveillant corbeau. Mais, si la découverte de l'anonymographe, comme il est nommé, n'est pas indifférente, c'est la brutalité et la noirceur de l'étude de moeurs, son ironie aussi, qui caractérisent le film de Clouzot tout autant qu'elles identifient, désormais, un film de Clouzot. Dans un village bientôt livré au soupçon généralisé et à la vindicte, les lettres du corbeau et les personnages stigmatisent les tourments et les secrets, sordides ou pas, des habitants, et du genre humain par extension suivant le désillusionnement du cinéaste, à qui on reprocha de donner une image désespérante de la France et des Français au moment-même où le régime de Vichy visait au redressement moral de la population.
Clouzot ne souhaite pas tant accabler ses congénères que de dénoncer l'hypocrisie sociale et infirmer une idée manichéenne de la nature humaine. Il n'est pas de bons et de méchants, juste des êtres ambivalents, comme devra le concéder lui-même l'intransigeant et ombrageux docteur Germain (un personnage peu courant pour l'époque par sa brusquerie) après une jolie et imagée leçon philosophique dispensée par son confrère Vorzet (Pierre Larquey)
Fresnay est entouré de nombreux seconds rôles - spoiler: parmi lesquels une vamp nymphomane, une adolescente insolente et curieuse
- qui illustrent tous, sexualité comprise (pas fréquent non plus pour l'époque), nos vicissitudes.
Orno13
Orno13

26 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2023
Étant un grand admirateur de hg clouzot, les diaboliques et le corbeau sont mes films préférés de ce realisateur.
Tout est réussi et surtout le scénario et les dialogues très bien construits.
On est happé par l histoire et surtout on se languit de savoir qui est ce corbeau qui met la pagaille dans ce village où les faux-semblants sont de légion.
Christophe R
Christophe R

1 abonné 27 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2023
Le film explore brillamment les thèmes de la suspicion, de la morale et de la culpabilité dans une petite communauté. Clouzot utilise une mise en scène sombre et une atmosphère oppressante pour immerger le spectateur dans un récit complexe et troublant. Les performances des acteurs sont exceptionnelles, contribuant à l'ambiguïté et à la tension du film. Cependant, certaines critiques soulignent des éléments narratifs un peu obscurs, ce qui peut laisser certains spectateurs avec des questions sans réponse. Dans l'ensemble, Le Corbeau reste un incontournable du cinéma français, captivant et provocant.
Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

26 abonnés 858 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 septembre 2023
« Orgueilleux... Depuis qu’il souffle sur la ville un tourbillon de haine et de délation, toutes les valeurs morales sont plus ou moins corrompues. Vous êtes atteint, comme les autres. Vous tomberez, comme eux. »

Accusé à la libération d’avoir collaboré avec l’occupant nazi, Henri-Georges Clouzot fut lavé de tout soupçon peu de temps après. On lui reprochait, outre d’avoir travaillé avec la Continental, société de production sous capitaux allemands, d’avoir, à travers ce Corbeau, donné une mauvaise image des Français et des Françaises, sujet soi-disant repris par la propagande allemande pour justifier l’invasion de la France. Rien que ça. De nombreuses années durant, d’ailleurs, son film sera boudé tant par la droite catholique pour son apologie (pourtant très discrète) de l’avortement et par la gauche communiste pour sa noirceur. En vérité, la seule chose qu’on puisse reprocher à ce film, c’est la coiffure bavaroise de Micheline Francey.

Celle-ci donne la réplique à un fidèle de Clouzot, le fabuleux Pierre Fresnay, en médecin froid et distant. Autour d’eux, on retrouve une galerie de personnages savamment interprétés, Ginette Leclerc en nymphomane hypocondriaque, Pierre Larquey en doyen du corps médical et psychiatre blasé, Héléna Manson en infirmière aigrie, Noël Roquevert en directeur d’école naïf, Liliane Maigné en jeune peste de 15 ans pourtant déjà postière, Louis Seigner en médecin jaloux et Antoine Balpêtré en médecin chef alcoolique.

Le génie de Clouzot, scénariste et dialoguiste, avec Louis Chavance futur scénariste de Cayatte, c’est la tension qu’il fait monter au fil de la narration, opposant ses personnages au gré des dénonciations calomnieuses, laissant planer le spectre de l’indicible dans une pesante ambiance morale, jusqu’à nous plonger nous-même au coeur de la paranoïa collective. Il faut bien le talent des acteurs et actrices ainsi que l’humour noir des dialogues pour percer le pessimisme assumé de son récit, froid et implacable.

Sa palette technique et sa maîtrise parfaite des jeux d’ombres, elles, préfigurent le renouveau du cinéma d’après-guerre, d’Hitchcock à Melville en passant par Carol Reed.

En deux films seulement, Clouzot s’impose comme un génie du suspense et de la noirceur humaine. Le nombre de chefs d’oeuvre qu’égrène sa filmographie en atteste.
Andrew Person
Andrew Person

4 abonnés 107 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 juin 2025
Clouzot filme d’un œil de maître les sentiments, les regards, les tensions intimes, bien plus que l’enquête elle-même. L’intrigue devient prétexte : ce qui l’intéresse, c’est la pression sociale, la peur, l’hypocrisie. Mais à force de se détourner du fil policier, le film laisse le spectateur dans une expectative un peu vaine, jusqu’à une fin efficace, mais tardive.
Et surtout : quel dommage que la lumière ne soit pas davantage travaillée ! Dans un récit qui évoque autant le conflit entre ombre et lumière, la photographie reste trop sage, trop plate. On attendait des contrastes expressifs, on n’a que de l’éclairage fonctionnel.
Isaac L
Isaac L

12 abonnés 121 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 septembre 2022
J'ai trouvé que le Corbeau, de Henri-Georges Clouzot était un bon film français. Il y a beaucoup de suspens et de tensions : n'importe qui peut être le Corbeau. L'arrivée de ces lettres permet de mettre en lumière tout les défauts, les secrets et la noirceur des habitants. Tout cette communauté va alors être prise dans un cercle vicieux, dans lequel tout le monde accuse tout le monde.
La mise en scène est de bonne qualité et les acteurs ; en particulier l'autorité de Pierre Fresnay et la suavité philosophe de Pierre Larquey.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 340 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 août 2022
Je ne saurais pas dire ce qui m'a plu dans le Corbeau, mais j'ai franchement passé un bon moment devant. L'enquête et le suspens autour de l'identité du Corbeau dure tout le long et c'est passionnant à suivre, et les dialogues sont très bien écrits. Un bon film qui n'a pas pris une ride, je recommande.
Patjob
Patjob

43 abonnés 757 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juillet 2022
Le film se déroule dans une ville Française d’avant-guerre, avec son ambiance et ses rites, mais par son « Une petite ville, ici ou ailleurs » apparaissant sur le premier plan du film, Clouzot indique que les comportements qui seront montrés, sont eux, universels. Premier plan qui se termine sur le cimetière, affirmant d’emblée la présence constante de la mort dans le film, qui s’ouvre sur celle d’un nouveau-né et se clôt sur celle d’un vieillard. Entre temps, le réalisateur, à partir d’une situation inspirée d’un fait divers authentique, aura montré les tourments et turpitudes du genre humain. Le regard de Clouzot est lucide, désabusé, presque cynique, à l’image de son personnage central Germain, ce qui produit un grand film noir. Mais il est en même temps compréhensif et nuancé, apportant relativité, complexité et intelligence. La narration est impeccable, et plusieurs scènes restent dans les mémoires, par leur puissance narrative ou symbolique (la scène de la procession funéraire qui enjambe la lettre anonyme, la scène de la lettre tombant dans l‘église, contredisant le sermon en cours, la scène -mythique- de l’ampoule qui se balance, oscillation entre ombre et lumière, entre vérité et mensonge, entre bien et mal). Un immense film du cinéma français, auquel ne manque qu’une once d’émotion.
Sandy06
Sandy06

9 abonnés 120 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mars 2022
Ca, c'est du vrai cinéma ! L'intrigue nous tient en haleine jusqu'à la fin; Les personnages sont bien étudiés et bien joués. un chef d'œuvre quoi !
Olivier G.
Olivier G.

4 abonnés 59 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2021
Que dire, vrai chef d'œuvre, Pierre Fresnay est magnifique en homme pétrit de rectitude morale plongé dans un univers où règne la haine, le mensonge et la discorde. Les notables ne jouent plus leur rôle. Le maire ne mobilise pas ses concitoyens, il semble au contraire craindre leurs réactions et ne prend aucune décision. Le magistrat n'enquête pas, il cherchent des coupables faciles pour apaiser la foule. Le sous-préfet est vite déplacé, pour sa plus grande satisfaction. Les médecins en nombre ne soignent plus (excepté Pierre Fresnay). La police est aux abonnés absents. Lorsque la foule est présente (église, enterrement), elle est tenue à distance même si son hostilité reste palpable. La pression ne fait qu'augmenter et annonce l'orage révolutionnaire. Les délations se propagent et se multiplient au rythme accéléré d'une contagion virale.
Mais en même temps le réalisateur nous propose de beaux portraits de femmes, premières victimes de ces délations. Les révélations du corbeau mettent à nues des vérités qui distillent des parts d'humanité, les masques tombent. Les liens amoureux se révèlent et s'affermissent au milieu de la tempête. En fin de compte qui est donc ce mystérieux corbeau si bien renseigné ?
Signalons enfin que la mise en scène est au niveau du scénario et de la qualité de jeu d'acteurs. C'est un joyeux rare issu d'une période sombre de notre histoire, ceci explique peut-être cela …
vivaBFG
vivaBFG

23 abonnés 1 627 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2021
Magnifique! Un chef d’œuvre du film noir, tellement réaliste, imprégné de l'âme humaine, de ces travers et de toute une époque.
A voir par tous les amateurs de films noirs mais aussi de films psychologiques.
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