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HamsterPsycho
147 abonnés
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4,5
Publiée le 21 novembre 2017
Génial film sur la nature humaine et la vie en communauté, ses petites réflexions philosophiques sur l'ombre et la lumière, ses scènes cultes et ses acteurs convaincants. Un jalon du patrimoine cinématographique français.
Un excellent film noir dont le fil conducteur est devenu notoriété publique. D'abord fait divers, puis transformé en long métrage, le Corbeau a surtout souffert d'une époque inadéquate pour son sujet à sa sortie en salle. En effet, la délation étant le principal thème qui sème la zizanie dans ce village, on peut facilement comprendre que le contexte de la seconde guerre mondiale en France n'était pas idéal. Celà étant, le film a bénéficié avec son réalisateur d'une reconnaissance à juste titre après. L'intrigue est suffisamment bien menée pour que nos d8outes ne fassent que se porter naturellement de tel à tel personnage avant le verdict qui prend vraiment de court. Avec un film de cette époque, on s'attend volontier à une version simplifiée et naïve, mais il en est rien, on ne peut que patauger dans la semoule avec cette incompréhensible histoire de lettre anonyme à l'instar du principal visé Dr. Remy Germain incarné par l'impeccable Pierre Fresnay.
Film maudit qui manqua de peu de stopper net la carrière à peine fleurissante d'Henri-Georges Clouzot, Le Corbeau dépeint un tableau très dévalorisant pour la France. Injuste que le pays libéré pointa du doigt ce film comme étant une diffamation envers le peuple Français (déni de culpabilité sans doute) car Clouzot attaque au contraire un déficit de moralité qui s'applique à toute société civilisée. Le village qui semble tourner rond avec chacun des habitants gardant un secret ne pouvait qu'exploser lorsqu'un diffamateur anonyme les dévoile au grand jour, conduisant la population grégaire à la paranoïa collective et la haine tant pour le responsable que pour les victimes mises à nues, le climat de suspicion allant même jusqu'à provoquer un déchaînement de violence dont les mauvaises rumeurs sont les catalyseurs suffisant pour être déclenché. Le fameux Corbeau bien qu'étant le responsable n'est rien de plus qu'un dénonciateur des facettes sombres de ses concitoyens, dissimulé mais les manipulant à sa guise à se retourner les uns contre les autres, les affirmations n'ont pas besoin d'êtres avérées puisque la fascination naturelle de tout être humain pour le doute est suffisante pour faire paniquer tout le monde. Rien d'étonnant en ce qui concerne les conséquences du film à sa sortie, qu'il s'agisse d'un tableau difficile à accepter pour un pays sortant à peine d'une période grise similaire ne pouvait de toute évidence que provoquer les mêmes réactions dénoncées. Un chef-d'oeuvre qui aura mis à nue l'hypocrisie de ceux à qui il s'adresse, s'adressait et s'adressera encore et encore.
clouzot est réputé pour faire des films montrant le coté sombre de la nature humaine. ce film en est l'exemple type. un corbeau qui envoie des lettres denonçant les secrets des gens provoque haine mefiance et medisance dans un village. ce film developpe parfaitement la psychologie des gens et montre le coté sombre de chaque personnage. cela provoque une ambiance pesante, glauque tout le long du film. magnifique dans toute sa noirceur
En 1943, dans la France sous occupation allemande, Henri-Georges Clouzot réalise Le corbeau, un film produit par la Continental-films, une société allemande de production de films français voulue par Joseph Goebbels et dirigée par Alfred Greven. À sa sortie en salle en octobre de la même année, le deuxième long-métrage du réalisateur connait un beau succès public mais coalise autour de lui un large front d’opposition « rassemblant » le régime de Vichy, celui de l’Allemagne, la résistance française et les instances catholiques. Déplumé sans ménagement, Le corbeau pourrait alors apparaître comme un oiseau de mauvais augure pour son auteur. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Inspiré des lettres anonymes de Tulle, un fait divers des années vingt, Le Corbeau nous plonge dans une petite ville de province où une série de lettres anonymes sont envoyées à plusieurs personnes par un mystérieux corbeau. spoiler: Le médecin par exemple, est accusé d’avoir une liaison et de pratiquer des avortements. Tourné en 1943 durant l’occupation allemande, le film est une commande de la Continental dont les capitaux sont allemands. Le film fût mal accueilli par la presse française, car les personnages ont tous un côté sombre et quelque chose à se reprocher. Pourtant, Le Corbeau est un film policier haletant qui rejette la faute à tout le monde. D’un point de vue cinématographique, nous ne pouvons que saluer le génie d’Henri-Georges Clouzot à nous faire croise à la culpabilité d’innocents. Ressortie en 2017 en version restaurée, le film ose s’attaquer aux méchancetés des personnages pour mieux nous surprendre dans l’enquête. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Le genre de film qui fait devenir patriote à la france ! Parfait, beau, une intrigue bien ficelée.. Même si j'ai deviné au bout de 15 minutes qui était le corbeau, Clouzot a plus d'un tour dans son sac à main, vous verrez si vous le voulez. Seul bémol, Pierre, articule mon vieux!
Un manque de rythme durant les trois-quarts du film, ce qui fait quand même beaucoup, le scénario manquant de consistance alors que le fait divers d'origine offrait quelques pistes supplémentaires.
Un film qui a 70 ans et qui comme le dit l'expression n'a pas pris une ride. Le corbeau est un thriller campagnard qui joue très bien avec ses personnages plein de défauts mais qui paraissent tous extrêmement humains. J'ai trouvé le côté délation, curiosité de ce qui se passe chez le voisin et l'opinion populaire qui juge absolument remarquables dans ce film, c'est cet aspect qui le rend encore aujourd'hui très vivace. La mise en scène de Clouzot est remarquable, c'était et cela reste un très grand film.
Malgré sa réalisation vieille France et un rythme un peu lent dans sa première moitié, malgré ses dialogues ampoulés, Le Corbeau distille avec une habileté certaine l'atmosphère délétère et paranoïaque instillée par un volatile "anonymographe" délateur, sournois et obsessionnel...
Comme un jeu de piste qui se rétrécit et perd le nord, les soupçons vont et viennent, sautent d'une cible à une autre pour y revenir éventuellement ; les acteurs, tous excellents, attirent ou repoussent les conjectures du spectateur lui-même qui se prend au jeu, élabore des théories afin de débusquer enfin l'affreux individu maître-chanteur... car en son bec Maître Corbeau tenait non pas un camembert mais une lettre diffamante...
Comme de coutume lorsque la vérité éclate, on se rend compte qu'oon avait parié sur le mauvais chameau, la preuve d'un scénario diablement bien ficelé.
Un sommet de l'art cinématographique et à tout point de vue. Le scénario est très habile dans sa forme, multipliant les fausses pistes et les retournements de situations en étant d'une intelligence rare dans sa forme (critique du manichéisme, appel à la compassion). Sur le plan de la réalisation on atteint la perfection, les cadrages sont fabuleux, la photo magnifique, certains ont parlé d'expressionnisme, sans aller jusque-là l'esprit de M. le maudit n'est pas si loin. Le film possède un sens du rythme assez remarquable chaque scène ne durant que le temps nécessaires. La scène de l'enterrement est anthologique Quant à la direction d'acteur elle est fabuleuse, Fresnay est bon (ça nous change de son rôle dans Marius), Larquey trouve sans doute son meilleur rôle et Ginette Leclerc crève l'écran.
Tourné en pleine occupation française, produit par la Continental Films – la société financée par Goebbels – ce portrait au vitriol d'un village hexagonal valut à Henri-Georges Clouzot de nombreuses accusations de trahison, qui lui collèrent à la peau bien après la Libération. Aujourd'hui, Le Corbeau ne peut qu'être considéré à sa juste valeur de chef d'œuvre absolu. Critique acerbe de la faiblesse des comportements humains, le film dépeint le délitement total de tout un village frappé par les agissements d'un auteur de lettres anonymes nauséabondes, mettant à nu la fragilité des équilibres régissant une communauté, et n'épargnant personne dans sa médiocrité : hommes, femmes, notables bien établis, petites gens. Comme à son habitude, le cinéaste distille jusqu'au bout un suspense des plus habiles. La mise en scène est somptueuse et le jeu d'acteurs – Pierre Fresnay, Ginette Leclerc, Pierre Larquey, Micheline Francey en tête – superbe. Absolument génial.
Chef-d’œuvre de méchanceté et de misanthropie, ce film, je trouve, a mal vieilli mais reste une belle introspection dans la noirceur de l’âme humaine. Réalisation minutieuse, maîtrise sidérante des noirs et blancs et interprétation de haut vol de la part de tous les acteurs en font un modèle du cinéma français.
Le cinéma français regorge de pépites, le "Corbeau" en est une. Formidable métaphore sur l'occupation, ce chef-œuvre a une vision profonde et très critique de la société de l'époque. Clouzot parvient à donner de multiples significations à des propos d'apparences anodines, un coup de force dans une époque de censure. La photo est maitrisée, les acteurs performants et le scénario costaud. Du cinéma que l'on aime !
A revoir ce film, déception: scénario alambiqué, décors improbables (la chambre de Ginette Leclerc, le bureau de Pierre Fresnay, l'église, l'enterrement, etc. et puis surtout le jeu assez exaspérant de Fresnay dont la voix théâtrale et métallique est insupportable. On est loin de "La grande illusion" . Les personnages sont très artificiels, particulièrement celui du "corbeau". Il y a dans tout cela un côté tape à l’œil auquel Clouzot n'a pas souvent échappé..