Le dernier film réalisé par Elia Kazan et le premier que je voie de lui. Le sujet et l'interprétation sont en or. Le casting est fabuleux mais l'on regrette que le film soit plus une histoire d'amour qu'une grosse satire de l'industrie hollywoodienne.
Un casting impressionnant pour un résultat finalement décevant. On s'ennuie, surtout dans le dernier tiers qui ressemble à un chemin de croix avec, dans le rôle de Jésus, Robert de Niro. L'intrigue manque de rythme, de rebondissements. Les temps morts sont trop nombreux. Le personnage incarné par de Niro est plus qu'antipathique, on en vient à se réjouir des merdes qui lui tombent sur le coin de la gueule. Les scènes intimes sont en revanche excellentes, largement au-dessus du niveau du film érotique de TMC du vendredi soir. On regretterait presque qu'elles ne soient pas plus nombreuses.
Casting de stars à l'interprétation, à la musique et à la réalisation, pourtant Le dernier Nabab est pénible à regarder. Trop récent pour convaincre maintenant que le cinéma est au sommet de sa forme narrative, pas assez ancien pour susciter de la nostalgie. On voit là la différence avec, par exemple, un film comme Chinatown qui ne vieillira jamais. Ce film est surtout desservi par une musique épouvantable, sans doute le plus mauvais score de Maurice Jarre. Les "rushes" années 40 sont vraiment ratés. La seule séquence convaincante est celle avec Nicholson.
Un scénario de Harold Pinter d’après un roman de Francis Scott Fitzgerald… voilà des lettres de noblesse peu communes pour cet ultime film d’Elia Kazan prenant pour cadre l’Hollywood mythique des années trente. En tête d’une interprétation somptueuse (Robert Mitchum, Jeanne Moreau, Jack Nicholson entre autres), Robert De Niro est grandiose. Son interprétation d’un producteur typiquement fitzgéraldien, aussi mégalomane que fragile (inspiré d’Irving Thalberg) aux prises avec ses démons dans un débat interne à la limite de la folie est une performance hallucinante. Pour mieux interpréter ce personnage ambigu, diaphane mais habité d’une force intérieure impressionnante, l’acteur a d’ailleurs perdu volontairement près de vingt kilos. La mise en scène de Kazan, virtuose autant que lyrique, offre dans des plans fulgurants des échappées vers ces refuges de l’âme, vestiges de l’enfance inabordables autrement qu’en songe, chers à l’auteur de Gatsby. Un film crépusculaire et visionnaire qui suscite à la fois le rêve et la réflexion et qui sera finalement le testament d’un grand cinéaste, en dépit de ses errements idéologiques.
Excellent De Niro, très jeune déjà il en impose. Et ses partenaires aussi, je suis tombé sous le charme de Cécilia Brady. (magnifique Theresa Russel) Un beau film sur le Dernier producteur tout puissant à Hollywood.(avant Bruckheimer bien sur..)
Un très beau film bien que très classique finalement. De Niro est accompagné par une pléiade d'acteurs tous plus bon les uns que les autres. On regrette un peu d'ailleurs le faible temps de présence de Donald Pleasence et de Jack Nicholson.
Une bio correcte faite avec des moyens décents qui narre un milieu cruel ou seuls les independants et les plus taluentueux ont quelque chance de reussir, et il faut bien reconnaître que le jeu de T.Russell est proprement renversant.
Robert de Niro, Robert Mitchum, Jack Nicholson, Jeanne Moreau, Tony Curtis, Donald Pleasance bref une pléiade de stars pour relater une histoire se passant à Hollywood, c'est ce qui s'appelle vouloir placer la barre très haut. Et le résultat est vraiment prodigieux. Comment ne pas tomber sous le charme de cet univers où ne se côtoient que des personnes riches et bien habillées vivant dans des décors de rêves et dont le principal souci est d'engager des actrices en leur faisant passer un test de chair? Elia Kazan montre bien le train de vie de ces producteurs de cinéma qui profitent du système, de leur pouvoir et de leur influence pour imposer leur choix. Mais le film, sous ses apparences de dénonciation d'une institution de luxe qu'est le cinéma, veut également montrer comment un homme glacial et impitoyable qui peut s'envoyer toutes les filles qu'il désire est attiré par une femme désintéressée par le milieu du cinéma. Le film distille donc le portrait psychologique du personnage principal magistralement composé par Robert de Niro qui petit à petit va sombrer dans une atmosphère dont il se croyait entièrement protégé. Elia Kazan évoque dans son dernier long-métrage ce que l'on appelle plus communément de nos jours les femmes fatales. Le bouleversement psychologique du protagoniste est vraiment intéressant parce qu'il est très bien exploité, voir cet homme au départ parfaitement équilibré, bien coiffé, autoritaire, intraitable, qui possède tous les pouvoirs, sombrer dans l'alcool, la tristesse, la mélancolie et la violence. Le réalisateur élabore et signe un film véritablement virtuose où brillent tous les acteurs engagés, chacun ayant droit à leur scène pour démontrer leur immense talent qu'on leur connaissait déjà. "Le Dernier Nabab", film testament d'Elia Kazan, vient clore une carrière flamboyante et il serait dommage de limiter ce film comme étant seulement le dernier d'un réalisateur de grand talent car sa valeur vaut que chaque vrai cinéphile s'y intéresse.
Grande et belle satire du monde du cinéma hollywoodien de la part du grand Elia Kazan avec comme toile de fond une histoire d'amour entre Ingrid Boulting et Robert De Niro. Réalisation soignée et irréprochable avec de grands acteurs au rendez-vous : Nicholson, Tony Curtis. Même si ce n'est pas le plus grand film d'Elia Kazan, ce dernier sort par la grande porte...
Quel dommage pour un aussi grand réalisateur, qui plus est un de mes cinéastes favoris, de finir sa carrière sur un tel ratage. Cette adaptation d'un roman inachevé de Francis Scott Fitzgerald est plutôt fidèle mais manque cruellement de conviction et aussi de rythme. Ce n'est pas le tout de réunir des grands comme Robert Mitchum, Dana Andrews, Ray Milland, Jeanne Moreau, Tony Curtis, Anjelina Huston, Jack Nicholson ou Donald Pleasance pour ne citer que cela, mais ils donnent tous l'impression d'être tous mal employés. La comédienne qui interpréte la femme dont le personnage principal tombe amoureux n'est pas du tout convaincante tout comme les rushes des films projetés, qui sont censés faire années 30 mais qu'ils ne le font pas du tout. Le seul interêt de voir ce film est la très belle et très convaincante interprétation de Robert De Niro qui tient tout l'intérêt du film sur ses épaules.
Si l'on ne reconnaît pas forcément la patte d'Elia Kazan durant toute toute la durée du film, "Le Dernier nabab" n'en demeure pas moins l'un de ses films qui arrivent à vous marquer durablement, réussissant même à se faire envoutant par moment. Mais n'allez surtout pas croire que l'oeuvre se limite à un simple exercice de style sans fond. Bien au contraire, le milieu du cinéma décrit par Kazan arrive à se faire passionnant, désabusé certes mais qui n'en demeure pas moins fascinante. A ce titre, le personnage de Robert De Niro, inspiré du grand producteur Irving Thalberg, s'avère tout aussi passionnant car aussi touchant parfois que presque cruel à d'autres, ne nous laissant jamais de sentiments bien tranchés à son égard. Le réalisateur va même jusqu'à s'offrir quelques scènes évoquant La Nouvelle Vague, à l'image de la relation entre Stahr et son amie, totalement inattendu et dont l'élégance nous laisse pantois. Et même si l'ensemble n'est pas sans quelques longueurs et que l'on pourra toujours émettre de ci de là quelques réserves, la réussite n'en demeure pas moins au rendez-vous. Beau et marquant.
Pour son dernier film, Elia Kazan s'appuie sur un casting exceptionnel (dont le jeune Robert DeNiro qui nous y offre une superbe prestation) et un scénario peut-être classique mais filmé avec de splendides images pour dénoncer le capitalisme qui régnait déjà dans les studios hollywoodiens dans les années 30. Le scénario, mêle habilement les rouages de l’industrie cinématographiques et la rencontre amoureuse de son personnage, que l’on dit inspiré par Irving Thalberg, le célèbre producteur des studios MGM, qui lui n’était pas veuf. Cette attaque acerbe faite contre la toute-puissance des majors sur le 7ème art est, malgré son rythme inégal, une belle conclusion à l’œuvre de ce réalisateur de génie.