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La Splendeur des Amberson
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Matis H.
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3,0
Publiée le 3 janvier 2017
Mutilé à sa sortie, "La Splender des Amberson" est le second long-métrage de Orson Welles, et, après "Mr. Arkadin", qui vieillit de moins en moins bien dans mon esprit, une déception.
Car si l'on ne peut pas éluder que les coupes de montage se révèlent problématiques, ces dernières ne sont pas l'unique raison de l'échec narratif de l'oeuvre. En effet, le récit de cette famille au sein de laquelle évoluent l'amour et la jalousie ne parvient jamais à impliquer le spectateur. Tout est pourtant là pour offrir une tragédie : deux amours, de deux générations différentes, qui semblent vouer à échouer. Mais le cinéaste ne semble jamais en prendre pleinement conscience et ne fait que traiter tout cela en surface. Les relations semblent donc bien monotones, ne parvenant jamais à passionner, et cela malgré quelques scènes extrêmement belles (Lucy cachant ses sentiments pour George, la première danse entre Eugène et Isabelle), dont l'intelligence dans leurs effets de miroir est parfaitement pertinente.
Malgré cette incapacité à créer l'empathie, Welles parvient tout de même à insuffler l'idée selon laquelle, de la même manière que "Citizen Kane", le dernier drame de l'aristocratie est bien plus sentimentale que économique. Et c'est fabuleux, cela donne un ton très crépusculaire au film dans sa représentation de la fin d'un mode de vie et d'une économie, il aurait cependant fallu que cela soit mis en relief par des protagonistes mieux développés.
Toutefois, Welles oblige, c'est formellement impressionnant. Le long-métrage semble parfois tomber dans un formalisme assez vain qui est sans mal rattrapé par l'aspect novateur de l'oeuvre. Chaque mouvement démontre toute la maitrise du cinéaste, et les jeux sur le noir et blanc qui transforment ses protagonistes en enveloppes exprimant leurs sentiments sans que les apparences n'entrent en jeu. Le long-métrage se révèle donc avoir les mêmes problèmes que "Mr. Arkadin", celui d'être une oeuvre formelle remarquable dans laquelle on ne parvient pas à s'investir, tout en parvenant à développer un propos plus intelligent.
"The Magnificient Ambersons" porte une ambition (mélo)dramatique considérable sans parvenir à la déployer vraiment, malgré une mise en scène souvent remarquable, capable à travers un somptueux noir et blanc de dessiner ses personnages grâce à des effets de contrastes saisissants. Pourtant, le film peine à proposer des scènes émouvantes alors que du point de vue de l'écriture, les deux histoires d'amour possèdent un réel potentiel tragique; on retient tout de même la scène de rupture entre George et Lucy, magnifique dans son intensité et son déroulement (il s'agit pour Lucy de cacher les sentiments qu'elle a pour George) et d'autres moments, tout aussi graves ou plus légers, qui suscitent un intérêt en ce qu'ils nuancent les personnages et construisent des relations entre eux. Mais la distance du cinéaste avec ceux-ci ne permet pas d'être constamment captivé ou du moins impliqué dans cette histoire; on regarde donc le film avec un certain respect, voire avec admiration, mais pas avec passion. En bref, "The Magnificient Ambersons" est un beau film qui touche par intermittence.
Orson Welles est un granc cinéaste et ce deuxième long métrage le prouve une nouvelle fois. "La splendeur des Amberson" est une démonstration de ses talents de metteur en scène. Chaque plan est soigné et les bonnes surprises sont nombreuses. En revanche, l'intrigue m'a nettement moins emballé. Celle-ci, longue à démarrer, manque de piquant et on peine à se passionner pour cette histoire. A voir pour la forme et la technique.
Le film s'apparente à un livre de Balzac. Tout un nœud de personnages autour d'une intrigue familiale. C'est assez compliqué à comprendre. Mais c'est élégant et beau
Encore un film d'Orson Welles qui, malgré une belle et grande fresque mise en scène avec un brio évident, vaste et épique, m'a laissé légèrement sur ma faim. Un long-métrage techniquement grandiose, au discours intéressant et aux personnages fouillés mais ça me prend moins aux tripes que la réputation du réalisateur ne laissait l'entendre.
Toujours sous contrat avec la RKO après son éclatant coup d’essais « Citizen Kane », Orson Welles réalise et écrit l’adaptation du roman « La Splendeur des Amberson » de Booth Tarkington qu’il avait déjà adapté pour la radio en 1939 malgré la marge de manœuvres réduite par le studio, notamment vis-à-vis du montage final (finalement le film fut amputé de 43 minutes et une fin plus « moralement acceptable » a été tourné).
Il nous raconte plusieurs destins liés au clan des Amberson, mais surtout celui d’Eugène Morgan, fabriquant de voitures qui revient dans sa ville natale après 20 ans d’absences et qui va notamment tomber sur Isabel Amberson qui était son amour de jeunesse mais ils ont chacun eu un enfant et ces derniers vont se rencontrer.
Mais cette « splendeur » n’est qu’une façade et la grandeur passée de cette famille n’est qu’une illusion et Welles étudie à travers eux le passage aux valeurs traditionnelles à celle plus modernes (à l’image de l’industrialisation de l’Amérique durant le XIXème siècle) avec plus ou moins de difficultés et d’envies où la famille Morgan représente les nouveaux industriels avec le marché de l’automobile. Il rend les personnages et leur évolution intéressant, que ce soit Engène, qui sera toujours amoureux d’Isabel mais qui va tomber sur George, son fils arrogant, colérique et prétentieux qui va s’y opposer alors que lui va tomber sous le charme de la fille de George. Il donne une dimension mélancolique à son film, que ce soit à travers la grandeur passée de la famille Amberson ou à travers ses destins et les parcours de vies choisies et les échecs des amours mis en scène.
Sans surprise, Welles est techniquement au sommet (plan séquence, profondeur de champs…) et met en scène de belle manière cette histoire classique, la rendant intéressante. La photographie en noir et blanc est superbe et très bien utilisée. Côté interprétation, Welles dirige très bien ses acteurs, que ce soit Joseph Cotten, Anne Baxter ou encore Tim Holt, chacun rentre à merveille dans son rôle. Sans oublier la très bonne bande-originale signée Bernard Hermann.
Un très bon mélodrame romanesque, Welles rend intéressant ses personnages et son histoire même si on peut regretter toutes ces coupures (plus de 100 minutes), comme pour d’autres de ses œuvres…
Si le cadrage a pu inspiré Bergman pour le reste rien de bien réjouissant après un démarrage nerveux qui semblait pourtant de bonne augure. Le scénario reste prévisible et la mise en scène ennuyeuse malgré quelques sursauts.
Après le triomphe artistique de "Citizen Kane",Orson Welles avait les mains libres vis à vis de RKO,mais un concours de circonstances l'engagea sur 3 projets simultanés. A cause de cela,il ne pût peaufiner "La Splendeur des Amberson"(1942)comme il le souhaitait,et laissa son monteur,Robert Wise,procéder à des coupes drastiques(35 minutes supprimées)suivant en cela les directives après des projections-test décevantes. Malgré tous ces obstacles,ce mélodrame en costumes passe bien l'épreuve du temps,aidé par une mise en scène régulièrement innovante et d'une précision d'horlogerie suisse. La scène du bal en est l'exemple frappant avec une caméra mobile captant à la volée des discussions sur différents plans. On retiendra aussi la séquence virtuose de la calèche bloquée dans la neige,ou celle plus sarcastique de la prétendante se moquant ouvertement de l'héritier. Ce dernier est la pierre angulaire de tout le drame se mettant en place. Welles évoque ses souvenirs d'enfance,d'un monde aristocratique qui se meurt,replié sur des considérations de classe futile et emporté par le progrès technique en marche. Le film n'est pas aussi radical qu'il aurait dû être,avec un final trop tiède pour être de Welles...
Il n'est pas logique de dire qu'il s'agit de l'un des meilleurs Welles tout en sachant que le dernier a renier le film après les charcutages effectués par la RKO. Reste le plans, la mise en scène ingénieuse (le début est génial), la lumière, la direction d'acteurs. Cette fresque balzacienne (un peu confuse au niveau des liens entre les personnages secondaires) décrivant l'itinéraire d'un fils à papa trop gâté reste néanmoins très prenante (Ah, cette scène où son ex-fiancée se fout carrément de sa poire…)
Superbement filmé et très intelligent, "La Splendeur des Amberson" est un pur chef-d’œuvre, zigzaguant entre le drame et l'humour, tout en conservant un aspect social et satirique. Le film reflète, par l'intermédiaire d'une chronique familiale, les bouleversements sociologiques ayant touché les États-Unis durant la première partie du vingtième siècle. Bien qu'il n'ait pas eu droit au montage final, Orson Welles montre ici sa virtuosité en adoptant un style oscillant entre classicisme et originalité.
Deuxième entrée dans le cinéma par Welles, ce dernier s'approfondit et s'améliore dans le domaine photographique, soignant le cadrage des plans et la profondeur de champ, et surtout la lumière, élément central qui renforce la dramaturgie. Il n y a que ces critères qui peuvent rendre le film intéressant. L'histoire n'est pas vraiment accrocheuse, le spectateur se perd dans les méandres de la famille Amberson en se demandant qui est qui, on ne sait pas très bien qui est le vrai héros du film, et les enjeux ne sont pas très attractifs. Il y a de ces films qui sont très réussis graphiquement mais dont l'histoire est assez pauvre, ce qui déséquilibre fortement le résultat. Welles signera en revanche ses meilleurs films par la suite.
Réalisé tout de suite après "Citizen Kane", "La Splendeur des Amberson" marque le début des difficultés pour Orson Welles : le film fut coupé au montage par les producteurs et l'échec fut tel que Welles dut attendre un moment avant de réaliser un autre film. Pourtant, cette tragédie familiale est une pure réussite. Grandeur et surtout décadence d'une famille qui n'a plus que les regrets et un peu d'amour, le film reflète parfaitement les conflits entre la modernité et les traditions. En effet, Eugene Morgan, amoureux depuis toujours d'Isabel Amberson, fabrique des voitures et George, le fils d'Isabel est formellement opposé à leur amour et à la modernité, tenant aux valeurs de noblesse de sa famille qui ne sont plus qu'illusions. L'histoire est relativement classique mais brillamment mise en image par un Welles qui laisse tomber la flamboyance de "Citizen Kane" pour quelque chose qui colle au plus près d'une famille se refermant sur elle-même. Le noir et blanc est magnifique et Stanley Cortez a effectué un travail remarquable sur la photographie, dosant les nuances d'ombres et de lumière avec grand talent, illustrant ainsi parfaitement les émotions et états d'esprits des personnages.
Cette saga familiale est menée sur un rythme fou. Orson Welles ne perd pas de temps dans sa narration et les ellipses sont nombreuses et malgré tout le scénario tient la route car les scènes sont toutes très représentatives. La mise en scène est excellente toute en étant plus sobre que dans d'autres films du cinéaste.
Grandeur et décadence d'une grande famille bourgeoise américaine à la fin du XIXe siècle. Ce 2e film de Welles - qui fut mutilé au montage par les producteurs - reste un modèle de mise en scène et d'utilisation du plan séquance, et Welles, un conteur hors pair.