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    Petit Pays
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Petit Pays" et de son tournage !

    Adaptation d'un roman

    Petit pays est adapté du roman du même nom écrit par Gaël Faye, auteur-compositeur-interprète et rappeur. Publié en 2016, l'oeuvre, qui est inspirée du vécu de son auteur (qui a fuit son pays natal du Burundi pour la France à l'âge de 13 ans en raison de la guerre civile et du génocide des Tutsis au Rwanda) s'est écoulée à plus d'un million d'exemplaires. A noter que le précédent film d'Eric Barbier, La Promesse de l'aube, était lui aussi une adaptation d'un roman (écrit par Romain Gary). L'écrivain se rappelle de ce qui l'a intéressé dans le livre de Gaël Faye :

    "Pour ma part, je n’ai pas hésité trop longtemps et ce qui m’a décidé à accepter le principe d’une adaptation, ce qui m’a motivé, c’était de constater que nous n’existions pas dans le cinéma mondial, dans l’imaginaire du public. Quand je dis « nous », je veux dire cette région du monde, mon pays d’origine. Le Burundi, le Rwanda, c’est une terre inconnue. Ne surnagent que des clichés : la violence et la guerre. On ne connaît pas les gens, on ne connaît pas l’intimité de ce qu’ils vivent et pensent. Il était important que cette histoire existe dans un film pour cette raison-là. Le cinéma est beaucoup plus puissant et plus populaire que la littérature dans cette optique : faire en sorte qu’un monde soit reconnu."

    Expérience douloureuse

    Si Gaël Faye a assisté à une partie du tournage, le romancier a vécu la première projection du film comme un moment violent. Il se souvient : "Ce fut d’autant plus dur que le film a fait remonter des souvenirs de ma propre vie. À la sortie de la première projection, je n’avais rien à dire à Éric parce que j’avais besoin de digérer…"

    Non-professionnels

    90 % des gens que l'on voit dans Petit pays n’avaient jamais joué de leur vie. "Quand on rencontre des Rwandais, on se rend compte que leur manière d’être est très particulière. Sans généraliser, il y a dans le pays, une manière de se parler, de se saluer, d’intervenir dans une conversation, qui est unique", raconte Eric Barbier.

    Authenticité

    La plupart des acteurs qui apparaissent dans Petit pays ont amené leur propre histoire dans le film. Par exemple, les hommes qui jouent les voyous des gangs de Bujumbura sont des jeunes que Eric Barbier et que sa directrice de casting Didacienne Nibagwire ont trouvé dans le camp de réfugiés burundais de Mahama. "Ce sont de jeunes Burundais qui ont eu maille à partir avec le gouvernement de leur pays avant de s’enfuir. Ces jeunes connaissaient la violence de la rue, la violence des manifestations et cette vérité qu’ils dégagent est perceptible dans le film", confie le metteur en scène.

    Isabelle Kabano Yvonne

    Isabelle Kabano incarne Yvonne, la mère de Gaby, une femme déchirée prenant une attitude désinvolte. La comédienne précise : "Yvonne fuit la réalité depuis toute jeune. Elle se marie à un muzungu comme on appelle les Blancs là-bas. Tout le monde autour d’elle pense qu’elle a gagné le gros lot et qu’elle est la femme la plus heureuse du monde. Elle fait la fête parce qu’elle veut jouer un rôle. Elle fait des enfants qu’elle n’assume pas parce qu’elle ne supporte plus leur père. Elle a un mari qui n’arrête pas de lui rappeler qu’elle a de la chance de vivre avec un muzungu. Elle est dans le déni par rapport à ce qui se passe dans son pays natal. Quand elle voit finalement la réalité en face, elle n’y arrive plus. Elle n’existe juste plus."

    Un document précieux

    L’histoire de Petit pays se passe il y a 25 ans : il s'agit donc d'un film d’époque ancré dans une réalité historique, mais Eric Barbier s'est heurté au fait qu’il y avait très peu d’archives ou d’informations sur le Burundi de cette période. Le cinéaste a en revanche visionné Gito, L'Ingrat réalisé par Léonce Ngabo, qui est un long métrage burundais tourné en 1992 et coproduit par la France. Il s'agit du seul film qui a été réalisé au Burundi à cette époque-là ! Il se rappelle :

    "Ce film de fiction représentait pour moi un document précieux sur les années 1990. C’est un film que j’ai regardé sans cesse parce qu’on voit les voitures, on voit le centre-ville de Bujumbura, on voit les cafés, on voit les cabarets. Il me permettait d’attraper une atmosphère et des images. Il faut dire aussi qu’on était confronté à une autre difficulté : le contexte politique a fait qu’il nous était impossible de tourner au Burundi et que nous avons dû reconstituer les décors de Bujumbura au Rwanda. C’était d’autant plus difficile que le Rwanda est un pays qui a énormément changé en termes d’architecture et d’infrastructures."

    Se mettre en retrait

    Jean-Paul Rouve joue le père de Gaby, un personnage complexe et ambivalent d'expatrié français au Rwanda. Le comédien explique qu'il s'est mis, dans le film, en retrait, pour insister sur le fait que c'est vraiment le personnage de Gaby qui est au centre de l’histoire. Il explique :

    "C’est lui que l’on suit. Mon rôle est secondaire mais il est très intéressant. Car qui sont ces gens-là, qui, comme mon personnage, vivent en Afrique ? Comment se placent-ils dans ce monde ? Ils se mêlent à leur environnement mais, en même temps, il y a un fond de colonialisme évident... Qu’est-ce que c’est ce mélange de respect et de condescendance ? La condescendance du Blanc en Afrique... D’ailleurs, je trouve que quand on est là-bas aujourd’hui, on peut ressentir ce parfum-là. Il existe toujours. Il y a une ambiguïté ou une ambivalence dans mon personnage qui est intéressante à jouer. Il fallait le construire avec ses contradictions ; dans son rapport à sa femme notamment. Il l’aime et il supporte en même temps mal ses insatisfactions. Quand elle dit qu’elle aimerait vivre à Paris, il a un peu de mépris vis-à-vis de ce désir. Il y a une petite voix chez lui qui lui dit qu’elle devrait déjà être contente d’être mariée avec un Blanc."

    Plus brutal que le livre

    Eric Barbier a réalisé le film de telle sorte que les spectateurs aient davantage conscience que tous les événements dramatiques qui se sont déroulés en 1993 et 1994 au Burundi sont très ramassés dans le temps. "Il se passe cinq mois entre le coup d’État au Burundi qui met le pays à feu et à sang et le début du génocide des Tutsis au Rwanda. La fiction condense la narration de ces drames dans un temps très court, qui donne l’impression que le film est plus brutal que le livre, bien que la majorité des scènes violentes soient extraites du roman : le coup d’État, la nuit de peur avec sa soeur, les coups de feu, la violence des gangs, le lynchage", explique Eric Barbier. Gaël Faye ajoute :

    "
    La grande différence avec le livre est dans la concentration de l’action. Ce qui m’est d’ailleurs revenu, c’est l’état de tension dans lequel j’ai vécu. J’avais presque oublié cette tension et le film m’a rappelé une certaine réalité de la situation dans laquelle je me trouvais : tous les jours amenaient son lot d’angoisses avec le bruit de la guerre qui devient comme une musique de fond."

    Les enfants

    Djibril Vancoppenolle, qui joue Gaby, et Tao Monladja, qui incarne Gino, ont eux aussi découvert cette histoire en faisant le film et ils posaient beaucoup de questions à leur partenaire Isabelle Kabano. Cette dernière se rappelle : "Quand on était hors du tournage, je continuais à être la maman et je leur racontais ce qui s’était passé au Burundi et au Rwanda. Des fois, j’oubliais qu’ils n’étaient pas les miens pour de vrai". Jean-Paul Rouve poursuit au sujet des interprètes de Gaby et Ana (Delya De Medina) : 

    "C’est compliqué les enfants au cinéma : c’est tout ou rien. Djibril est naturel, juste, et très mûr. Il comprend la technique du cinéma, il comprend les contraintes. Il sait ce que c’est de trouver une place, refaire une prise. Il est surdoué ce gamin. La petite Delya qui joue ma fille est incroyablement touchante. C’était plus délicat avec elle parce qu’elle est plus jeune. Elle pouvait prendre pour elle les émotions du personnage. Il y avait des scènes difficiles où elle devait pleurer, des scènes dans le noir où l’on entend les bruits de la guerre. Elle était impressionnée et émue, forcément. Il fallait faire attention."
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