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il_Ricordo
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5,0
Publiée le 27 août 2009
On ne cite de Jean-Luc Godard que trois films : A bout de souffle, Le Mépris et Pierrot le fou. Il y a une raison à cela, ce sont les plus abordables pour un cinéphile (du moins pour les deux derniers), et d'une richesse visuelle inégalée. Pierrot le fou, est, à mon sens, le film le plus poétique et le plus exaltant de tout le Cinéma français. Le couple mythique d'Anna Karina et Jean-Paul Belmondo représente l'idéal de liberté et de sincérité de tout spectateur dont le film ravive la verve poétique et romanesque. Pierrot le fou n'est pas sans évoquer Arthur Rimbaud, jusqu'à cette conclusion rêveuse et impérissable : "Elle est retrouvée. Quoi ? - L'Éternité. C'est la mer allée Avec le soleil."
De film en film, Jean Luc Godard a réinterprété de nombreux genres toujours avec un style très personnel à la fois cohérent et déstructuré, à travers lequel le réalisateur n’a cessé de faire exploser les codes de la narration qui s’apparentent souvent chez lui à un collage d’impressions.
Pierrot le fou est souvent présenté comme l’œuvre la plus représentative du cinéma de Jean Luc Godard. On y retrouve ainsi, son amour du cinéma américain ou du polar, mais aussi une démarche très intellectualisée où la forme sublime d’avantage le fond de l’intrigue. Celle-ci dans ce film poétique et subversive, révèle à travers les pérégrinations des deux personnages principaux, une histoire d’amour entre deux marginaux qui se complaisent à vivre au jour le jour, en dehors de toute normes sociales ou morales.
Ferdinand a quitté sa femme et ses enfants, pour suivre Marianne dans des aventures ou l’inconnu, et n’aspire qu’à goûter à un semblant de liberté auprès de celle qu’il aime. Malgré tout si Marianne lui permet de vivre selon son désir de liberté, celle-ci reste hermétique aux aspirations artistiques et poétiques de son compagnon et le manipule.
Si la marginalité du couple est filmée, de même que les collages de la narration son sciemment désordonnés, on peut y trouver dans Pierrot le fou, les références visuelles ou littéraires du cinéaste et les allusions au contexte de l’époque, que le réalisateur exprime à travers des messages subversifs à l’encontre de la politique française de l’époque, l’américanisation de la France , l’idéologie américaine, le capitalisme et l’action des américains au Viet Nam.
Il n’est pas étonnant alors qu’à sa sortie, ce film fut donc censuré par une interdiction au moins de dix – huit ans, pour cause d’anarchisme intellectuel et moral. Cependant si ce film divisa la critique à l’époque, il a été vivement défendu par des personnalités telles que Françoise Giroud ou Louis Aragon. Néanmoins, malgré la présence de Jean-Paul Belmondo, qui de
Mon film préféré de Godard. S'il n'est pas aussi abouti cinématographiquement que Le mépris, il offre beaucoup au spectateur. Comme souvent chez Godard, c'est l'histoire d'un couple qui n'arrive pas à être sur la même longueur d'onde. Comme souvent, ils sont réunis par leur volonté de sortir de la société asceptisée. Et en particulier comme dans Le mépris (qui illustrait les craintes de JLG quant à son couple avec Karina), l'homme pense (et écrit) pendant que la femme, végétale, cherche à vivre, tout simplement. Anna Karina est splendide dans ce film, sans être toutefois aussi émouvante et fraiche que dans Vivre sa vie. Par contre Belmondo est culte. Entre anarchie intellectuelle, métacinéma, répliques cultes et mise en scène qui retourne les habitudes du spectateur, le film mérite son statut de film culte. Peut-être le seul Godard qui ne paraisse jamais artificiel, bien que les digressions soient nombreuses.
Découvrez la descente en enfer de cet homme posé et cultivé que l'amour à rendu fou incarné par un Belmondo loin de son rôle récurrent d’aventurier cascadeur. Godard y signe l’un de ses plus beaux films grâce à une maitrise parfaite de sa réalisation expérimentale, et donc aussi folle que le héros, décomposant totalement le récit entre un road-movie criminel et une romance délurée. L'histoire en tant que telle n'a pas grand intérêt mais sert de prétexte à une multiplication des idées de mise en scène. Les images étincelantes et le rythme lent sont les arguments, tout à fait compréhensible, des détracteurs de ce symbole éternel de la nouvelle vague.
Il y a quelque chose de pédant, comme d'habitude chez Godard, dans sa manière de citer, d'utiliser la littérature et la musique classique. Autrement c'est d'une jeunesse, d'une inventivité, d'un anti-conformisme enthousiasmant, comparable à "A bout de souffle" (ne serait-ce qu'à cause du genre utilisé et détourné) mais en plus abouti. Belmondo et A. Karina sont au meilleurs de leur forme, la prestation de Devos est d'un décalage irrésistible. Quand la "Nouvelle vague" méritait pleinement son appellation.
Dans l'absolu, c'est vrai que "Pierrot le Fou" pose une question essentielle qu'il serait injuste de lui retirer : qu'est-ce que l'art? Et bien justement pour moi, l'art ce n'est pas ça! Godard manie en effet de manière curieuse les genres, aussi bien polar à certains moments que road-movie, évoquant aussi bien la musique que la peinture, certaines scènes s'avérant ainsi des plus savoureuses, d'autres à la limite de l'ennui. On peut il est vrai être charmé par cette déconstruction totale, cette liberté dans un récit qui se construit au fur et à mesure de l'imagination des personnages, mais il est pourtant en conséquence de pouvoir ne serait-ce qu'un seul repère, une seule certitude. Tout cela est bien sur voulu, et Godard sait l'amener avec un réel talent, mais on a vraiment du mal à pouvoir se captiver pour tout cela, et ce même si certains dialogues entre Jean-Paul Belmondo et Anna Karina sont particulièrement savoureux. "Pierrot le Fou" fait ainsi partie de ces films qu'il faut avoir vu, gardant un intérêt profond à bien des aspects (les dernières images sont d'ailleurs particulièrement réussies), mais pour lequel on n'a pourtant un peu de mal à être fasciné à l'arrivée.
On doit ici saluer la présence salutaire de Belmondo sans qui rien n'aurait pu combler le vide scénaristique de "Pierrot le fou" qui lui offre sans aucun doute son plus grand rôle. On regarde le film comme une bande dessinée très (trop) colorée dénonçant des sujets comme la société de consommation ou la guerre, de manière pertinente certes, mais on est très loin de la qualité narrative et scénaristique de "A bout de souffle".
Si Godard a eu une importance majeure et incontestable dans l'évolution du cinéma international en tant que cinéaste de la "Nouvelle Vague", force est de constater que Pierrot le Fou n'en est pas pour le moins un navet. Hormis une qualité d'image splendide et un très bon jeu de Belmondo, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. La mise en scène a de nombreux accrocs, volontaires ou non, les faux raccords et les erreurs de montage ne pardonnent pas. Le rythme est inutilement long: pour masquer un scénario famélique ? Ce dernier en plus de comporter des dialogues dépassant souvent le stade de l'absurde (mention spéciale aux dialogues entrecroisés en voix off) a énormément vieilli, ce qui fait que cette "odyssée", qui a pu surprendre ou choquer lors de sa sortie, ne possède presque plus aucun intérêt, si ce n'est retranscrire un état d'esprit qui règnait en France à ce moment-là, et qui annonçait les évènements de mai 68. Mais bon, bien maigre consolation face à tant de défauts...
Evidemment c'est du Godart, donc ca ne peut pas plaire a tout le monde.........mais quelle poésie et quelles couleurs se dégage de ce film. C'est comme un vent de liberté... 4 étoiles pour cette poésie et ce road movie, décousu,mais beau a regarder.