Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 octobre 2013
Bette Davis et Joan Crawford. 2 grandes actrices d'Hollywood rivales (paraît-il) se trouvent réunies pour incarner deux soeurs ennemies dans ce thriller psychologique bluffant. Disons-le d'emblée: ce qui fait de ce film un classique est principalement la prestation offerte par ces deux actrices. Bette Davis incarne à la perfection la Baby Jane Hudson, ancienne enfant star qui souffre d'un profond blocage émotionnel et se comporte comme l'enfant qu'elle n'est plus depuis longtemps. Joan Crawford est Blanche Hudson, star montante du cinéma qui voit sa carrière s'arrêter le jour où, à la suite d'un accident, elle perd l'usage de ses jambes et se retrouve totalement dépendante de sa soeur à la santé mentale plus que fragile. La photographie de ce film contribue grandement au climat angoissant de ce film, mais aussi à façonner la perception que le spectateur se fait des deux protagonistes principales (on peut penser notamment au visage de Jane Hudson dans les dernières séquences par opposition au reste du film). Bette Davis est l'une des rares actrices pouvant demeurer parfaitement convaincante en se comportant comme une enfant de six ans et sa prestation est absolument époustouflante, en parfait contraste avec le jeu sobre mais tout aussi remarquable de Joan Crawford. A voir impérativement.
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 mars 2024
Une mise en scène millimétrée avec des personnages réussies. Les deux personnages principaux sont excellents dans leur rôle significatif que ce soit la victime totalement perdue ou la tortionnaire psychopathe qui s'avère assez effrayante. Sans oublier le scénario dans un style de drame psychologique parlant d'une sorte de démotion. Après l'oeuvre connaît des longueurs et s'avère vieillissante.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 780 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 juillet 2013
Contons la vie des sœurs Hudson. La jolie Baby Jane remporte en 1917 un vif succès dans les cabarets avec son numéro de claquettes et de chansons niaises qui conviennent parfaitement à un public apeuré par l’entrée en guerre des États-Unis. Favorisée par un père qui lui passe tout, Baby Jane « gagne l’argent », comme elle le dit elle-même, et ne prête guère attention à sa sœur Blanche, jalouse et mal aimée. Vingt ans plus tard, la tendance s’est inversée : Blanche est devenue une star des studios sur la côte est, tandis que Jane, envieuse et hystérique, peine à démontrer aux producteurs un talent qu’elle n’a pas. Alors que les deux femmes rentrent d’une soirée, Blanche est paralysée dans un accident de voiture. Il est alors clair que Jane était au volant : acquittée pour manque de preuves, tout le monde se doute qu’elle a voulu assassiner sa sœur pour la punir d’un succès qui ne l’a pas touchée. Le film commence réellement lors du dernier saut temporel : Jane (Bette Davis) et Blanche (Joan Crawford) sont vieilles. La première s’occupe avec cruauté de la deuxième, enfermée dans son fauteuil roulant depuis l’accident. Tous les déclics du film, toutes les chevilles du drame étant liées au divertissement, c’est la rediffusion des grands succès de Blanche à la télévision qui provoque définitivement la folie de Jane qui, par culpabilité et par jalousie, entre dans un cercle infernal de violence et de torture.
Hué lors de sa présentation devant le public Cannois en 1962 ; ce film choqua par la violence extrême, peu habituelle à l’époque, qu’il donne à voir. Aldrich usa du casting pour renforcer cette tension à l’écran. En effet, les deux rôles titres sont tenus par la dernière star rescapée de l’âge d’or du muet (Joan Crawford) et la jeune égérie des 40’s (Bette Davis) et surtout deux rivales. Robert Aldrich va exploiter leur haine mutuelle à outrance pour organiser ce huis clos effrayant. Là, la fiction et la réalité se sont retrouvées. Les producteurs ne misaient pas un sou sur ce casting d’actrices vieillissantes et plus du tout à la mode. Et pourtant. Aldrich ne voulait pas filmer deux stars, mais deux haines, deux corps vieillissants dans la vie, torturés, humiliés à l’écran. Et grâce à leurs performances, il parvint à réaliser un film terrifiant, sur une vieillesse dont la cruauté n’est pas seulement naturelle, mais également construite par une société du spectacle désœuvrée. De fait, le film est porté par l’interprétation dantesque de Bette Davis - qui en fait des tonnes en vieille harpie ayant gardée son âme de petite fille à papa et de Joan Crawford, d’une classe extraordinaire. Seule Bette Davis fût nommé aux Oscars avec ses rires machiavéliques, son visage d’enfant lorsqu’elle se rappelle de sa gloire passée,… Maquillée grossièrement, outrageusement, Bette Davis est terrifiante dans ce mélange de naïveté et de fureur qu’ont les fous. A l’instar de Jack Nicholson dans Shining, Bette Davis sombre un peu plus dans la démence dans chaque scène et devient de plus en plus irrésistible avec ce jeu d’une grande cruauté et d’un cynisme sans égal.
Aldrich montre là un affrontement psychologique aussi tendu qu’un thriller. La tension monte crescendo en se demandant à quelle ignominie peut encore se livrer Jane. Les cloches recouvrant le repas de Blanche tout autant anxiogènes pour nous que pour elle. Aldrich décide aussi de nous livrer une parabole sur le monde du spectacle en tirant à vue sur l’industrie du spectacle et sur son caractère destructeur, il montre les dégâts occasionnés par la célébrité, forcément éphémère.
Mais ce film souffre aussi de quelques faiblesses qui le rende trop simpliste voir irréaliste. Concernant le caractère prévisible : les dialogues trop appuyés sur l’histoire des rats, la mise en scène trop suggestive autour de la femme de chambre laissant derrière elle le marteau,… Concernant le caractère simpliste : on comprend difficilement comment ce couple en est arrivé là ; surtout lorsque l’on voie à quelle vitesse se détériore leur relation.
Avoir tout de même pour la puissance de feu de ces deux comédiennes dans un film fascinant, angoissant et émouvant toujours aujourd’hui à cause de son jusqu’au-boutisme qui choqua beaucoup de gens à l’époque. Redécouvrez d’urgence ce jeu malsain entre deux poupées brisées par la vie et la jalousie. Le choc est garanti
Guillaume836076
Guillaume836076

100 abonnés 126 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 juin 2013
Ce film est avant tout un duel entre deux actrices, toutes deux stars de l'âge d'or du cinéma hollywoodien. Robert Aldrich a volontairement choisit Bette Davis et Joan Crawford pour incarner les deux soeurs. Il exploite, ainsi, la réelle animosité et jalousie qui existait entre ces deux monstres sacrés qui ont eu un plan de carrière radicalement différent: l'une, Joan Crawford, qui a bâti sa réputation sur un physique très avantageux, mais qui n'a pu montrer réellement ses talents de tragédienne à partir de "Mildred Pierce" (1945) a un moment où la carrière de Bette Davis, au physique moins facile, semblait marquer le pas, sauf avec "Eve" (1950) -encore une histoire de rivalité entre actrices. Toute la dramaturgie du film et la direction d'acteur s'appuie sur cette véritable compétition psychologique entre les deux actrices. Je n'aurai pas voulu être sur le tournage qui a dû être éprouvant !
Aldrich porte aussi un regard lucide sur divers aspects des mécanismes de le système de starification des grandes majors américaines, toutes puissantes dans les contrats qui les liaient à leur tête d'affiches.
Au travers, du personnage de Baby Jane (Bette Davis), il critique aussi l'exploitation de parents peu scrupuleux prêt à utiliser leurs enfants en projection de leur propre ambition de réussite sociale.
C'est aussi une analyse psychologique intelligente, poussée à son paroxysme, de la complexité des rapports entre deux soeurs que l'on a poussé l'une contre l'autre dès leur enfance et qui restent prisonnière d'un schéma dont elle ne sont pas responsables, mais qu'elles ont alimenté tout au long de leur vie, car elles n'avaient pas d'autres mode d'emploi que de se haïr prodigieusement. Dans le fond, leur relation est indéfectible, l'une a toujours besoin de l'autre pour exister, ou pour parvenir a exister telle qu'elle s'imagine au travers du regard projeté des parents, puis du public par la suite. Il est question du désir de reconnaissance chez les deux soeurs, que les parents n'ont pas su regarder telle qu'elles étaient. D'où cette demande insatiable du désir d'être regardé et aimé par un public, réparation d'un manque d'amour véritable des parents.
Baby Jane, dans sa folie tyrannique, cherche à tous prix à retrouver cette reconnaissance perdue dans le regard des autres et du public, sans avoir conscience qu'elle n’était que l'expression du désir de réussite du père et qu'elle n'avait pas du tout de talent. Alors que Blanche (Joan Crawford), a pu véritablement, elle, s'imposer par sa beauté et son talent, mue par la véritable ambition de surpasser cette soeur "reconnue" pour enfin obtenir cette reconnaissance à son tour, qu'enfant elle n'a pas reçue. Forcément s'installe des rapports sado-masochiste entre les deux soeurs. Jusqu'au moment où l'une commettra l'irréparable pour "arrêter" de subir les humiliations de l'autre. Paradoxalement, cela ne fait qu'intensifier la violence et renforcer le lien entre les soeurs, car elles ne savant pas "s'aimer" autrement.
D'ailleurs, lors d'une des dernières scènes, Jane, dans un moment de lucidité, dit à sa soeur Blanche qu'elles auraient pu s'aimer normalement comme dans une relation saine entre deux soeurs. Si seulement...
A cet égard, le twist final laisse pantois spoiler: et sème de nombreux doutes dans l'esprit du spectateur; Au final nous a t'on vraiment révèle la vérité. Est ce que Blanche, ne pousse pas jusqu'au bout son sens du sacrifice, ne cherche t'elle pas à protéger Jane d'une souffrance radicalement destructrice ?

Un suspense quasi-hitchcockien mâtiné d'un regard à la Bunuel, malgré quelques longueurs. Mais surtout une véritable performance des actrices, qui ont du en baver au sens propre comme au figuré, malgré l'outrance du personnage de Bette Davis, voulu par Aldrich, car "Baby Jane" reste comme l'un des personnages de femme les plus terrifiants de l'histoire du cinéma à ce jour.
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mai 2013
Un film tendu, incroyablement bien joué et absolument sublime. Ce véritable chef d’œuvre du cinéma, trop méconnu est toujours oublié par les nombreux classements "des meilleurs film de l'histoire". Et pourtant, il devrait y tenir une place de choix. Aldrich est un véritable orfèvre et réalise un film étourdissant avec une maîtrise absolue. La réalisation est parfaite et participe largement de la tension omniprésente qui accompagne le spectateur tout au long de ces deux heures de pur plaisir. Le cinéaste filme les deux héroïnes avec une justesse confondante et a des idées de plans toutes plus enthousiasmantes les unes que les autres. Le scénario est également machiavélique et se déroule à un rythme juste parfait. Quel suspense !!! Quel thriller !!!! La bande originale est également pour quelque chose dans la tension de ce film. Et last, but not least, quel pied de suivre ces deux mythes du cinéma mondial. Gena Rowlands est bouleversante, et Bette Davis réalise ici un numéro inoubliable. Sa folie, sa perversité, mais aussi son immense mélancolie font de ce rôle un des plus complexes, mais aussi un des mieux incarnés jamais vus. SUBLIMISSIME !!!!
ferdinand
ferdinand

17 abonnés 453 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2013
Ereinté par la critique à sa sortie, ce film est bien meilleur que sa réputation... C'est ss doute l'un des meilleurs films d'Aldrich, cinéaste à la réputation surfaite (Kiss me deadly, The big knife, El perdido). Le scénario est bon, les actrices formidables, surtout Bette Davis qui bénéficie d'un rôle plus intéressant que Crawford, et qui ne recule devant rien dans le vieillissement glauque et la caricature. Tout ça filmé dans la meilleure tradition expressionniste, noir et blanc contrasté, éclairages... Ce film vous accroche jusqu'à la fin.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 mai 2013
Rien n'est plus difficile que de s'attaquer à l'un de ses films favoris, ce qui est mon cas. Mais cependant, comment rester objectif devant un tel film ?

Car "Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?" est une œuvre comme on en voit que trop peu souvent. Huis-clos prenant dès les premières minutes, porté par l'interprétation exceptionnelle de deux légendes du cinéma (Joan Crawford et Bette Davis), il est aussi une réflexion sur la gloire, la célébrité, la descente aux enfers de ceux qui ont toujours vécu dans la lumière.

Combat permanent de deux sœurs, l'une atteinte physiquement (paralysée des membres inférieurs à la suite d'un accident), l'autre atteinte psychologiquement (alcoolique et dépressive), il s'agit là en effet d'un suspense total, de chaque instant, d'une course contre la montre face à une spirale infernale que chacun des personnages pressent inévitable.

Difficile également de ne pas se rappeler de "Misery" (postérieur) et de l'excellent "Boulevard du Crépuscule" (antérieur) devant ce film, devant le destin d'un être captif d'un autre, rongé par les remords d'une célébrité finie et qui entraînera finalement son basculement dans l'irréel et la cruauté la plus totale.

Un chef d'œuvre, à voir sans attendre ! 5/5
Ryce753
Ryce753

32 abonnés 431 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 septembre 2012
Honnêtement, ce film est vraiment bien foutu!! Suspens, tension, scénario attrayant jusqu'à la fin, acteurs jouant superbement leur rôle (mention spécial pour Bette Davis qui est assez impressionnante) et surtout son atmosphère unique très sixties, presque claustrophobe. Ce film, vu sa date de sortie, n'a pris aucune ride et bien des réalisateurs actuels devraient en prendre de la graine vu les qualités filmiques de ce "Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?". Encore un classique américain à ne louper sous aucun prétexte.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2012
Voilà ce qui ressort de la machine à rêves hollywoodienne par Robert Aldrich : où comment la haine de deux sœurs se jalousant finit par prendre le pas sur la raison. Entre Bette Davis, la névrosée sadique et Joan Crawford la paralytique, "Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?" est le "Boulevard du crépuscule" de Wilder en version violente et non-censurée. Nous plongeant rapidement dans une ambiance glauque et malsaine, Aldrich met en scène un duo d'actrices inoubliables (qui pour la petite histoire se détestaient vraiment), maquillées outrageusement et cabotinant avec talent pour nous offrir de remarquables prestations, chacune étant très bonne dans son registre même si la palme revient à Bette Davis, incroyable de méchanceté mais se révélant également infantile sur la fin, nous offrant un personnage troublé et complexe. Sans jamais tomber dans le ridicule malgré son sujet et certaines scènes qu'il comporte, le film se révèle être une peinture au vitriol d'Hollywood et de ses vedettes déchues, Crawford et Davis étant bien placées pour jouer ces rôles, quasiment le leur poussé à l'extrême.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 5 juillet 2012
Drame psychologique qui rappelle "Sunset Boulevard" ( actrice célèbre oubliée en quète d' un retours au premier plan, montée dans la folie du personnage principale), le film ajoute à cela le thème de la jalousie fraternel .
La mise en scène d' Aldrich ( qui réalisa par la suite "Les 12 salopards") exploite très bien le cadre presque unique du film .Les deux actrices sont parfaites dans leurs roles.
Seule petit défaut: les scènes "choc" sont très téléphonées :
spoiler: la séquence ou Jane amène le plateau du déjeuner à sa soeur, et s' en va en ajoutant qu' elle a vu des rats dans la cave . Gros plan sur le visage angoissée de Blanche, musique derrière... et bien évidemment que voit elle en soulevant le couvercle du plat ? .... Un rat, étonnant non ? (comme dirait Desproge)

Le film vaut aussi pour la forme de mise en abime des 2 actrices : stars d' avant guerre sur le déclin et qui se détestaient dans la vie réelle
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 juin 2012
Dans ce film c'est le scénario et les jeux de actrices qui sont magnifiques.

Vu et revu
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 avril 2012
A l'écran, c'est la Crawford et la Davis qui s'affrontent. Quelques décennies de carrière, deux monuments du mythe hollywoodien qui se croisent pour la première fois sur le plateau de tournage du même film. Baby Jane raconte aussi leur histoire, celle de deux femmes qui se sont imposées dans le royaume machiste des studios hollywoodiens avant d'en être rejetées, mais qui savent se servir de gants de boxe. Baby Jane parle évidemment de leur rivalité, une haine cordiale née des années auparavant. Première dans les starting-blocks, Joan Crawford est une des seules stars rescapées de l'âge du muet. Elle cotoie quelques une des grandes vedettes de la MGM lorsque Davis commence à se faire remarquer à l'écran. Ni l'une, ni l'autre ne sont conventionnelles. Crawford impose un personnage, se façonne un look (sourcils dessinés, épaulettes de l'espace), rayonne en bitch ou en victime. Davis, dont le physique est aux antipodes des doux visages adorés par les boss des studios, jouera la transformation, la composition, actrice acharnée dont l'envie déborde à l'écran. Lorsque la MGM, des années plus tard, remercie Miss Crawford, celle-ci tourne Le Roman de Mildred Pierce pour la Warner. Un scénario d'abord refusé par la reine de la maison, Bette Davis. Cette dernière n'est d'ailleurs pas dupe des entourloupes de Crawford qui tente de se la mettre dans la poche à coups de chocolats et de jolies roses. Mais Crawford gagne l'Oscar et la bisbille est née, renforcée par leur voisinage forcé dans le même studio: il ne peut y avoir qu'une souveraine.

Qu'est-il arrivé à Baby Jane? et son grand ring de catch est donc le terrain rêvé de toutes les anecdotes vachardes. Les coups que Bette Davis donne à Joan Crawford sont distribués avec tant de zèle que cette dernière doit être rafistolée sur le plateau. Au jeu de la plus maline, Crawford n'a pas dit son dernier mot, glissant des briques dans ses poches pour les scènes où Davis doit, courbée, la porter et la trainer. Résultat: une hernie et la balle au centre. La discorde s'étend loin des feux des projecteurs, jusque la moindre des broutilles. Mariée à un ponte de Pepsi, Joan Crawford tente de placer son produit gazeux dès qu'elle le peut, si possible à l'image. Davis, elle, fait livrer des distributeurs Coca Cola sur le plateau. Pendant ce temps, Bette ne sait pas qu'elle porte une vieille perruque utilisée sur un ancien tournage pour la tête... de Joan. Le 8 avril 1963, lors de la cérémonie des Oscars, Bette Davis attend fébrilement qu'on ouvre l'enveloppe désignant la meilleure actrice. Excitation renforcée par l'absence, parmi les actrices retenues, de Joan Crawford. Cette dernière s'est néanmoins proposée pour récupérer en son nom l'Oscar d'Anne Bancroft, absente, si celle-ci gagne. Lorsque Bancroft est annoncée, Crawford, triomphante, passe à côté de Davis, dépitée - "excuse-moi, j'ai un Oscar à recevoir". Mais le chef d'oeuvre de Robert Aldrich n'est pas qu'un joujou à ragots, et constitue également un sommet cinématographique dans les carrières respectives des deux comédiennes.

Un rouleau compresseur. Plus habitué ces derniers temps à l'atmosphère virile des westerns et des films de guerre, Robert Aldrich shoote ses comédiennes dans un affrontement psychologique aussi tendu qu'un thriller, tirant son mélodrame sur les terres du film d'horreur (les scènes finales dans la maison gothique où Jane, au chevet de sa soeur, est éclairée comme un fantôme). Baby Jane joue la Norman Bates en jupon, toquée en robe d'enfant, coeur sur la pommette et Mytosil étalé sur la figure, tandis que Blanche est une sorte de Madame Bates, maman très chère comme momifiée dans son fauteuil roulant, tandis qu'une image de sa splendeur passée trône au-dessus de son lit. Une dizaine d'années plus tôt, Gloria Swanson, possédée, réclamait chez Billy Wilder son gros plan à Mr De Mille. Qu'est-il arrivé à Baby Jane? marche un peu comme un Sunset Boulevard dément et grand-guignol sur les mythes hollywoodiens évanouis, dans ce long métrage où défilent des images d'anciens films de Bette Davis ou de Joan Crawford, puis vient le déclin tragique - qu'est-il arrivé à la poupée blonde pour qu'elle se transforme en monstre travelo? Quand l'une s'éteint, abandonnée sur la plage, l'autre entame une danse macabre, enfermée dans son cercle, tandis que la foule ébaubie observe une créature d'un autre temps. Le film, bien que hué à Cannes, est un triomphe public. Aldrich prépare la suite, davantage ancrée dans la série B, Chut, chut... chère Charlotte, et compte bien réunir à nouveau ses deux stars. Las, Crawford, malade, déclarera forfait, laissant sa place à Olivia de Havilland. Qu'est-il arrivé à Baby Jane? restera la seule confrontation entre les deux légendes, temple enflammé au culte immortel.
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2012
Magnifique huis clos orchestré avec une jubilation non feinte par un Robert Aldrich au sommet de son art,"Qu'est-il arrivé à Baby Jane?"(1962)est surtout célèbre pour sa confrontation légendaire entre deux grandes stars sur le retour qui se détestaient,et qui purent se cracher tout leur fiel au visage dans ce grand guignol.Bette Davis,54 ans,y incarne une ex-enfant star qui a sombrée dans la folie,depuis que sa soeur l'a remplacée sous les feux de la rampe à l'adolescence.Mais depuis ce temps,Joan Crawford,57 ans,voit son personnage cloué dans un fauteuil roulant,à la merci de sa soeur vengeresse.Dès la fin du premier quart d'heure,l'ambiance est irrespirable,et il en sera de même tout du long.A l'image de "Boulevard du Crépuscule",ce classique montre d'anciennes gloires du show-business blindées de névroses,et désireuses de retrouver les lumières.Ou comment Hollywood broie ce qu'il a autrefois chéri.Bette Davis,yeux globuleux,maquillage de maquerelle,est effrayante,autant dans sa dinguerie,que quand elle se comporte comme une gamine avec sa robe anachronique.Joan Crawford,plus en retrait,y est parfaite de fausse vulnérabilité et de fausse prévenance.Le récit est parsemé de révélations chocs,et le final sur la plage de Malibu,inoubliable.La déviance est telle qu'elle a fait évoluer l'aigreur dans les scrips ultérieurs du cinéma américain.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 juillet 2016
Thriller psychologique qui rappelle fortement un autre chef d'oeuvre, "Boulevard du crépuscule" de B. Wilder. Sauf que là, la confrontation est différente puisqu'elle est fraternelle. Les 2 sœurs se livrent un duel cruel, sournois et sans pitié. La gentille sœur(J. Crawford, sublime et toute en retenue) subit la jalousie de son aînée, enfant star déchue et qui a vécue dans l'ombre de sa cadette, devenue, elle, une actrice confirmée. B. Davis occupe l'écran avec une présence folle, imposant sa tronche de folle et sa perversité n'a que rarement été égalée depuis. Lumière et cadres sublimes, suspense constant, tension irrespirable, R. Aldrich s'imposait alors comme un maître du film noir, explosant les conventions hollywoodiennes. La fin possède là encore quelques similitudes avec le classique de Wilder mais il s'en démarque toutefois dans de nombreux points et demeure l'un des plus réussis de l'histoire du cinéma. Parfois un peu longuet certes mais ce rythme est nécessaire pour mener le récit à bien. D'autres critiques sur
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 février 2012
Ce chef d’œuvre semble répondre à la question « Qu’aurait donné SUNSET BOULEVARD s’il avait été tourné par Hitchcock ? ». En effet Robert Aldrich y filme avec une maitrise des codes propres aux meilleurs films d’horreur la déchéance tant physique que psychologique d’anciennes stars hollywoodiennes en les poussant vers une folie meurtrière impressionnante. Son aspect dramatique provient de la relation fratricide entre ces deux sœurs maladivement jalouses l’une de l’autre et interprété avec brio par Joan Crawford et Bette Davis dont l’intensité du jeu est proportionnelle à la haine que se vouaient ces deux stars. La virtuosité de la mise en scène fait monter le suspense au point de rendre terriblement prenant chacun des rebondissements de cette magnifique descente aux enfers.
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