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3,5
Publiée le 27 avril 2013
"Avec "L'anglaise et le duc", Eric Rohmer a choisi d'utiliser la vidèo et plus prècisèment du beta numèrique! Un support imprimant à vie la rètine du spectateur et donnant le plus de poèsie à l'image, le plus de chatoiment, de picturalité! Bref, une oeuvre aux techniques et procèdès visuels qui n'a jamais ètè vu en ce dèbut de XXIe siècle! La technique, il y en a dans ce film politique contemporain où l'espace des tableaux (rues, ponts, places, immeubles) ètait projetè au sol par un rayon laser (non pas le rayon vert) puis matèrialisè par des repères (fond vert) qui permettaient tous les dèplacements! A l'ècran, le rèsultat est bluffant! Et puis nous avons là l'histoire non seulement des èpreuves d'une femme (magnifique Lucy Rusell) mais de son regard! il est donc naturel qu'un metteur en scène comme Eric Rohmer veuille profiter de l'aubaine d'avoir eu sous la main un tel texte, un parti pris formel qui, à la fois facilite la lecture et multiplie notre puissance esthètique! Avec un budget de 40 millions de francs et une distribution de qualitè, c'est donc une oeuvre d'art à ne pas manquer...
Avec " L'anglaise et le duc ", on est conquis.Conquis car on ne s'attend pas du tout à un film comme ça venant de Rohmer. Ayant subi précédemment la niaiserie de la série des contes,je m'attendais à tout sauf ça. Le film parait long en soi mais il ne l'ai pas vraiment. Il se détache des autres par son caractère émouvant et son jeu d'acteur,d'un très haut niveau. Pour sa réussite, Rohmer doit beaucoup à Lucy Russell. Néanmoins, grâce à une mise en scène impressionnante et une maitrise totale de l'esthétique, des longueurs subsistent. " L'anglaise et le duc " demande beaucoup de concentration, la vision particulière du réalisateur en ce qui concerne l'art se retrouve dans ce film. Les discussions pseudo-philosophiques des personnages font une nouvelle fois partie prenante de l'œuvre. Mais on est pas déçus et on prend une claque quant à la qualité artistique dont fait preuve le film. Les décors, les costumes sont parfaits. On s'incline aussi devant l'idée du film ( apologie de l'aristocratie )
Ce film d'Eric Rohmer comblera tous les amateurs de l'histoire de la France révolutionnaire. De part un jeu des acteurs décalé et subtil et ainsi qu'une mise en scène originale et soignée, Eric Rohmer nous fait re-découvrir à travers l'histoire de cette anglaise et de ce duc tout ce que cette période a pu apporter de sanglant et d'injuste. Un film à voir et à revoir.
Toute la valeur morale et historique du film tient sur l’affirmation de Rohmer (relayée à l’unanimité par la critique), de la fidélité de l’œuvre aux écrits. Valeur à relativiser cependant, tant la tendance sentimentaliste au témoignage individuel dans la retranscription de l’histoire collective est discutable, et tant le texte original est truffé d’erreurs. Le film adopte donc le point de vue moral de l’aristocrate anglaise Grace Elliott, qui entretenait des relations d’amitiés avec le roi, ainsi qu’avec le duc d’Orléans, malgré certains clivages politiques. Par cette vision subjective, Rohmer nous montre les horreurs de la Grande Terreur et cherche à poser la question intéressante: quel prix à payer pouvons-nous tolérer au nom de la Liberté? Mais problème, un survol rapide des Mémoires de Grace Elliott montre que le cinéaste, malgré ses dires, n’est pas fidèle aux écrits, mais arrange et manipule constamment le texte dans un sens clairement idéologique. Et alors tout l’édifice du film s’effondre. Par exemple, pour nous rendre plus juste Grace Elliott, Rohmer nous la montre initialement favorable aux idées progressistes de la Révolution. Cela est totalement démenti par les écrits, dans lesquels Grace Elliott ne se cache pas d’être une farouche monarchiste, vouant une haine à la Révolution dès juillet 1789. Et les exemples de manipulations de ce type sont nombreux. A noter cette omniprésence de la violence implicitement sexuelle des révolutionnaires (totalement absente du livre) qui en fait tous des violeurs potentiels, transformés en animaux dénués de langage, profondément idiots, et à la nature clairement criminelle. Rajouté à ces falsifications idéologiques une certaine obscénité sociale (le "bon" peuple est celui des domestiques ayant adopté les valeurs de l’aristocratie), "L’anglaise et le duc" doit être jugé pour ce qu’il est vraiment: un film au radicalisme idéologique virulent (et non assumé) qui est comme un non respect honteux à la complexité du passé.
Si le film adopte sans doute un point de vue assez original ( celui des aristocrates nantis ); Il oublie celui des révoltés contre cette autorité bleue parfois un peu trop égalitaire, ainsi que de ces multiples insurgés de tout bord nés de cette fameuse Révolution ! - & de toute façon grands oubliés de l'Histoire... - : Du Rohmer type.
"L'anglaise et le duc" est un très bon film. Une très bonne adaption des mémoires de Grace Elliott, qui met autant ses acteurs (dont la rareté font sa richesse) que l'histoire au premier plan. La réalisation est minime, et pourtant la direction d'acteurs est parfaite. Les dialogues sont dits avec une grande justesse. Les acteurs sont aidés par le rythme particulier donné au film: on prend le temps de "dire" les choses. Ce qui n'enlève rien à la tension qui règne en filigranne pendant tout le film. C'est un travail de précision impressionnant (décors, costumes, travail de la langue française, photographie, effets spéciaux de recréation du Paris sous la révolution) et qu'on aimerait retrouver plus souvent dans un film. Peu de fioritures pour beaucoup d'effet.