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The Barber : l'homme qui n'était pas là
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cocolapinfr
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5,0
Publiée le 9 novembre 2016
Incroyablement réussi, la mise en scène est plus que maîtrisée avec un travail extrême sur chaque plan aussi banale puisse-t-il paraître (exemple simple: le détective qui marche vers la gauche à contre courant des passants, image de la recherche dans le passé). Autant de petits détails réfléchis qui permettent de se rappeler que le cinéma est un art et n'est pas une simple histoire de jolis effets spéciaux. On a droit à une palanquée d'acteurs tous plus exceptionnels les uns que les autres qui sont naturellement etrouvés dans les autres réalisations des 2 frères (pensée à John Polito qui est parti il y a peu de temps). The man who wasn't there est un savant mélange de cynisme et d'absurde propre au style des frères Coen et rappellant fortement Burn After Reading. Les dialogues sont formidables, tantôt imprévisiblement drôles, tantôt fins et instructifs. Ce film m'a tout simplement redonné goût au cinéma.
Ce qui est bien avec les Frères Coen c'est qu'ils font prendre des sentiers au spectateur que celui-ci n'aurait pas idée d'emprunter autrement et sans qu'il se pose de question, on suit tout simplement... Donc on suit ce film sans ennui, sans réfléchir ce qui s'avère au fond un pamphlet ironique contre la peine de mort, de savourer le noir et blanc velouté, les dialogues fluides, les personnages décalés, les rebondissements imprévisibles, le jeu des acteurs, le ton mélancolique de l'ensemble baigné dans du mélancolique Beethoven. A noter une mémorable Scarlett Johansson qui ne m'a jamais autant troublante érotiquement sous des airs de fille sage. Une oeuvre étrange, bizarrement apaisante, qui se regarde comme une sorte de songe éveillé.
Un très bon thriller des réalisateurs et scénaristes Joel & Ethan Coen (Prix de la mise en scène Festival de Cannes 2001).La mise en scène et les dialogues sont très épurés, la photographie noir et blanc surprend un peu au début puis se fait vite oublier pour ne plus manquer du tout. Le jeu des acteurs est excellent avec dans le rôle principal Billy Bob Thornton , Ed le coiffeur ténébreux. Frances McDormand, est comme toujours brillante dans l'interprétation du personnage (peu à son avantage) de Doris la femme d'Ed. Notons enfin la présence remarquée de Scarlett Johansson qui est Rachael, la pianiste de 17 ans à l'époque. Le scénario des frères Coen nous réserve bien des surprises ; il est, comme à l'habitude, superbement travaillé. Il nous conte une histoire dramatique d'un coiffeur, un homme ordinaire comme vous et moi, marqué par le destin puis le remord. Le pitch de ce film se déroule en "famille" : Dans les années 50, à Santa Rosa, petite ville de Californie, Ed est coiffeur (second fauteuil). Il travaille avec Franck, son beau-frère et propriétaire du salon. Sa femme Doris est comptable, elle travaille pour Big Dave le patron d'une gallérie de prêt à porter. Ed soupçonne sa femme de le tromper avec son patron. Tout se passe à peu près bien jusqu'a ce qu'un client du coiffeur lui propose une association dans une affaire de nettoyage à sec, un investissement de 10.000$. Ed n'a pas l'argent mais il va se débrouiller...
Une mise scène magnifique, récompensée à Cannes, un Billy Bob Thornton excellent, mais à part ca... pas grand chose. Les autres personnages ne sont pas aussi savoureux que d'habitude, et le scenario manque un peu de peps. Les deux frères nous ont habitués à mieux.
De leur début en 1984 avec « Sang pour sang » à « The barber » en 2000, les frères Coen ont navigué dans les eaux troubles du film noir qu’ils ont brassées assez fréquemment pour parvenir à réaliser des films au sein desquels leur ton iconoclaste contribue à raviver un genre très codifié depuis sa décennie de gloire située entre 1942 et 1952. « The Big Lebowski » sorti en 1991 demeure la plus belle démonstration de cette faculté des deux frères à jouer les bernard-l'hermite à travers une comédie déjantée proposant une relecture tronquée sauce hippie du « Grand sommeil » d’Howard Hawks (1946). Juste après le très picaresque "O'Brother", version revue et corrigée du « Ulysse » d’Homère rythmée au son des hymnes blues et country de l’Americana, ils se livrent avec "The barber" à une épure en noir et blanc lorgnant du côté de l’esthétique léchée d’« Assurance sur la mort » de Billy Wilder (1944) où de « L’ombre d’un doute » d’Alfred Hitchcock (1943) (le film est censé se dérouler à Santa Rosa en Californie comme « L’ombre d’un doute »). Ed Crane (Billy Bob Thornton) coiffeur de son état tout droit sorti des romans de James Cain qui inspirèrent quelques-uns des plus grands films du genre noir ("Le facteur sonne toujours deux fois", "Assurance sur la mort", "Mildred Pierce", "La griffe du passé"), est la quintessence du quidam moyen comme les croquait le père du roman noir. Le titre original du film « The man who wasn’t there » (L'homme qui n'était pas là) traduit plus justement la synthèse des personnages de James Cain que symbolise Ed Crane. Petites gens qui n'ayant pas le droit au bonheur se fracassent à vouloir sortir de leur condition. Ed Crane n'existe certes pas mais il pense sacrément et souvent à haute voix, spectateur lucide et résigné de sa propre vie. Son discours est tellement atone que l'on pense à tous ces loosers expliquant post mortem au spectateur à l'aide de flashes-back la trajectoire extraordinaire (hold-up mirifique, usurpation d'identité, femme fatale...) qui les a menés jusqu'à devoir lui parler de l'au-delà (" Boulevard du crépuscule", Assurance sur la mort"). Rien de tout cela ici, Crane n'ayant qu'à nous offrir le spectacle de sa pauvre vie. Son histoire à lui se fera chemin faisant au gré des opportunités qui révéleront chez le coiffeur un cynisme qu'il ignorait sans doute lui-même.spoiler: Sa femme le trompe, il fera chanter son amant pour pouvoir s'offrir une occasion de sortir du rang qui est le sien via une douteuse affaire de nettoyage à sec proposée au détour d'une coupe par un prévaricateur à postiche homosexuel (Jon Polito). Une sortie de route non préméditée sans doute générée par l'éternel rêve américain qui porte à croire que la fortune est au coin de la rue. De fil en aiguille la mécanique rapidement improvisée va se dérégler jusqu'à la mort d'un homme sans que Crane perde son imperturbable mine de Droopy. La construction pernicieuse de l'intrigue par les frères Coen spoiler: apporte de multiples rebondissements où chacun est accusé du meurtre qu'il n'a pas commis sans que personne ne soit néanmoins pur comme une blanche colombe . La phase de procès qui s'ensuit avec l'entrée en scène d'un ténor du barreau fantasque joué par Michael Badalucco, acteur récurrent des deux frères ("Miller's Crossing", "O'Brother») apporte un peu de fantaisie à une intrigue qui suit son bonhomme de chemin comme écrite sur les rails d'un fatalisme social indépassable. Ed Crane pas plus ébranlé que ça par ce qui lui tombe sur la tête, même si quelques cauchemars remplis de soucoupes volantes viennent encombrer ses nuits, voit l'étau se resserrer sur lui comme souvent chez les héros de James Cain. Un vague espoir de cornaquer spoiler: une jeune pianiste (Scarlett Johansson) qu'il juge à tort prometteuse sera le chant du cygne d'un nouveau destin à peine entrevu . Héros d'un film noir aux rêves modestes, Crane symbolise peut-être aux yeux d'Ethan et Joel Coen le déterminisme social habilement caché par le capitalisme derrière le miroir rutilant de l’ « american dream » chargé de vendre du rêve en trompe l’œil. Œuvre la plus radicale et la plus désespérée tant sur le fond que sur la forme du duo, il n'est pas étonnant que le film n'ait pas eu un franc succès commercial, n'étant plus désormais célébré que par les inconditionnels de leurs auteurs. On ne peut bien sûr conclure sans évoquer la prestation De Billy Bob Thornton, acteur relativement méconnu qui réussit ici la prouesse de faire exister un personnage sans quasiment aucun effet de jeu. Jouer du Bresson chez les frères Coen, drôle de défi !
Excellent film. Les frères Cohen nous livre une fois de plus une oeuvre d'auteur de grande classe. Du scénario à la mise en scène, en passant par le jeu des acteurs, tout est presque parfait. C'est le tableau de la vie normale d'un homme blasé par la vie. Dans son monde, la notion de vérité et de justice sont très subjectifs. Comme dans notre monde. À voir et à revoir.
Ce que l'on aime dans un film des Coen, c'est que le personnage principal subisse le sort de l'arroseur-arrosé. Donc, forcement, on a adoré Miller's Crossing, puis Fargo et enfin cet excellent The Barber. Ce dernier est une véritable satire de la justice, bénéficiant d'une réalisation parfaite grâce à un sublime noir et blanc, et d'un scénario assez intelligent pour être apprécié. On s'attache agréablement à ses personnages, mais le seul reproche qui me vient à l'esprit à son sujet est le fait que la narration y est trop présente, et que cela apporte un certaine lenteur au film.
Les frères Coen n’avaient pas réussi avec O’Brother à faire un film à la hauteur de l’excellente doublette Fargo – The Big Lebowski de 1996 à 1998. The Barber en est-il le digne successeur ?
Alors que les frères Coen cherchaient à faire un vrai film noir et non plus une comédie macabre comme leurs trois précédents films, force est de constater qu’on arrive dans une période où leurs films ne marchent plus aussi bien qu’avant. En effet, on peut considérer The Barber comme le début de la descente de la carrière des deux frangins du Minnesota. Abandonnée la tendresse envers les débiles qu’ils présentaient dans leurs films, ici les personnages sont tous des salopards qui méritent totalement ce qui leur arrive. Impossible alors pour le spectateur de rire avec les frères Coen ou même de s’investir émotionnellement dans une histoire d’une froideur infinie. C’est très dommage car le film est remarquablement bien mis en scène. Tout se répond parfaitement et la photographie est absolument magnifique. De plus, les acteurs sont franchement excellents : Billy Bob Thornton est génial, Frances McDormand et Scarlett Johansson sont vénales à souhait et Tony Shalhoub est parfait en excellent avocat. Le film offre même une belle apparition d’Adam Alexi-Malle.
The Barber est un bon film, sans aucun doute. Mais c’est surtout un film si froid qu’il est impossible de s’attacher aux personnages, ce qui est assez dommage.
"The Barber, l'homme qui n'était pas là" est le neuvième film des frères Coen, sorti en 2001. Il raconte l'histoire de Ed Crane (Billy Bob Thornton), coiffeur mélancolique image même du "monsieur tout le monde", se retrouvant impliqué dans une affaire d'adultère qui tournera au drame, sous fond de meurtre et d'extorsion. Ce film est un très bel hommage au film noir hollywoodien des années 40-50, avec une photographie d'un noir et blanc somptueux, magnifiant chaque scène (certaines sont très abouties visuellement, notamment la partie onirique de la prison vers la fin). La réalisation est impeccable, les frères Coen ont toujours leur style inimitable prouvant également qu'ils sont bien les maîtres incontestés de la mise en scène. Le casting est vraiment de qualité avec un Billy Bob Thornton froid et imperméable toujours une cigarette au bout des lèvres, un charisme assez remarquable, revisitant le mythe de l'acteur classe de l'âge d'or du polar noir; a signaler également la toujours excellente Frances McDormand, le regretté James Gandolfini, les habitués Badalucco et Polito ainsi que la jeune Scarlett Johansson dans le rôle de la Lolita. L'intrigue et les rebondissements sont bien présents pour attirer l'intérêt du spectateur même si il reste par moment assez difficile d'accès et un peu déroutant, par exemple je n'ai pas compris l'allégorie de la soucoupe volante, je cherche encore le rapport avec les thèmes abordés dans le film (l'existentialisme et le système judiciaire) ou bien est ce juste contextuel à l'époque du récit (affaire Roswell), mais ça ne manque pas de charme, ça donne un petit côté série B fantastique. "The Barber" est un film purement coenien, une belle vision de l'objet cinématographique pure et un formidable hommage aux grandes heures hollywoodiennes.
Prix de la mise en scène ex æquo avec "Mulholland Drive" de David Lynch au festival de Cannes 2001, "The Barber : l'homme qui n'était plus là" des frères Coen (bien que Ethan Coen ne soit pas crédité) nous emmène en 1949 dans une petite ville de Californie, suivre un coiffeur Ed Crane qu soupçonne sa femme de le tromper avec son patron. Tout va changer lorsqu'il va rencontrer un client qui lui propose de faire fortune et il va commencer à rentrer dans des jeux de manipulations et de chantages. Hommage aux films noirs de l'âge d'or Hollywoodien (avec un Billy Bob Thornton rappelant par moment le géant Humphrey Bogart, du moins fumant autant) mais sans jamais tomber dans la caricature et la lourdeur, avec une superbe photographie en noir et blanc et une mise en scène maitrisé et élégante. L'écriture est de qualités, que ce soit au niveau du scénario qui nous offre plusieurs rebondissements bien pensés et surprenant et un suspense tenant de bout en bout, des dialogues ou bien la galeries de personnages fascinantes qu'ils mettent en scène et notamment celui de Ed, sombre, solitaire et complexe. Emmené par un très grand Billy Bob Thornton, les interprétations sont impeccables, à l'image de Frances McDormand ou James Gandolfini. Un film brillant, tragique, sombre et fascinant.
Esprit films noirs hollywoodiens des années 40 mais sinistre sans le moindre humour, fût-il noir, ni le moindre grain de folie. Film lent, très très lent. Billy Bob Thornton pour lequel je n'ai pas une passion de manière générale, affiche la même et unique expression du début à la fin et plombe complètement l'ambiance du film. Un scénario plutôt pas mal, une photo superbe mais on sort de là complètement flippé. Pour moi, les frères Coen peuvent d'un film à l'autre, passer du chef d'oeuvre à la prise de tête la plus totale.
Un film élégant et épuré des Frères Coen, à l’esthétique et à la mise en scène totalement maîtrisées. La photographie en noir et blanc est superbe et renforce l’aspect tragique de l’intrigue. Le personnage principal, énigmatique et sans émotion, campé par Billy Bob Thornton fascine et l’ensemble des interprétations s’avèrent impeccables. Seul, le rythme, parfois un peu plat et lent, dessert le film. Un bon polar au récit fataliste, sombre et sans concession ! Un bel hommage au film noir !
The Man Who Wasn't There (titre infiniment plus évocateur que The Barber) est le film le plus épuré des frères Coen. Un long-métrage sans concession, fataliste jusque dans les tréfonds de son âme. Tandis que la mise en scène se fait discrète, jamais démonstrative, l'emploi d'un noir et blanc de toute beauté renforce l'aspect tragique de l'intrigue et les sonates de Beethoven accompagnent parfaitement la longue déchéance du personnage principal. En résulte une œuvre pudique et bouleversante à la fois. Billy Bob Thornton interprète avec brio cet antihéros laconique, que des années de routines ont rendu spectateur de son propre destin. Un film assez difficile d'accès et parfois inutilement lent, mais qui renferme le meilleurs du cinéma des frères Coen.