Amen
Note moyenne
3,6
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204 critiques spectateurs

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Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2019
Un film très fort, coécrit et dirigé de main de maître, par Costa-Gavras. Sur des scènes très dures, son scénario, adapté avec Jean-Claude Grumberg, nous montre l'industrialisation de la "purification" nazie. Cela dans l'indifférence des politiques et de l'Église, alliée des allemands pour leur opposition au communisme. Un Drame avec des scènes très dures, méritant amplement la récompense reçue (César du Meilleur scénario en 2003).
Ulrich Tukur est absolument crédible dans le rôle principal de Kurt Gerstein, le lieutenant de la SS responsable des services sanitaires et techniques en charge de la "purification". Il est bien secondé dans cette bonne distribution avec Michel Duchaussoy en Cardinal et Mathieu Kassovitz fantastique en prêtre jésuite.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mars 2019
Amen. est un film de Costa-Gavras qui se voulait sans doute coup de poing, mais qui m'a laissé un peu de marbre.
Le film retrace un point qui n'est pas à mes yeux l'aspect le plus captivant de l'histoire de l'Holocauste, même si montrer l'ignominie de la complicité que l'Église avait tissé avec le régime nazie spoiler: (surtout pour aider les anciens dignitaires à s'expatrier en Amérique du Sud)
est un rappel pertinent.
Le film gère très bien sa manière de montrer l'horreur nazie, tout en suggestion. La scène où Kurt Gerstein se rend compte de l'usage du Zyklon B est parfaite en ce genre, tout comme les plans sur les fumées de cheminée ou les flammes se dégageant des tranchées.
En revanche, j'ai moyennement accroché au pitch, notamment le fait de faire un SS le héros du film. Je sais qu'il ne faut généraliser, mais tout de même, qu'un type aussi droit humainement ait pu faire partie de la frange la plus immonde de l'armée nazie) … et pourtant, ce personnage a vraiment existé.
Côté casting, j'ai trouvé Matthieu Kassovitz très fade et très mou dans ce rôle (mais peut-être est-ce moi qui ait été insensible à son interprétation). À l'inverse, Ulrich Mühe est glaçant en dignitaire nazi abominable et inhumain. Ulrich Tukur est très bien lui aussi.
C'est dommage que le film ne soit au final pas si marquant que ça, car il avait un vrai propos. Même si ça reste indéniablement un bon film.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 21 février 2019
Une réalisation qui me laisse sur la touche avec ce début qui frappe fort contre la porte de l’enceinte des nations unis, ce fut une dénonciation de l’inaction, une réaction tardive de l’église papale face à l’holocauste. Je suis resté dubitative concernant cette histoire vraie, la part sombre de la mise en scène dans les camps d’extermination est marquante, on devine ce que fut caché derrière les douches terrifiantes sans rien montrer d’insoutenable. Ce scénario historique rappelle celui qui ouvrit le bal tragique qu’est « la liste de Schindler », les acteurs sont bons au jeu de l’horreur dans les camps de concentration. Ce cinéma moderne du père joue sur le visuel militariste religieux, pas le meilleur de ses films, cela se lit sur le visage effaré et c’est tout, sa fin convenue concernant l’intention du rôle, le jésuite est l’idéaliste naïf. Musicalement parfait, l’enchaînement du train transporteur de la mort juive est répétitif, ainsi soit décrite l’histoire d’une idéologique criminelle de guerre nazi.
Bernard Bonnejean
Bernard Bonnejean

25 abonnés 74 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mai 2018
Les faits relatés dans ce récit ne sont que trop réels, trop concrets. Ils sont connus, certes, et suffisamment pour que leur négation constitue un crime. Est-ce un argument pour que l’on se contente de leur simple évocation sur un mode abstrait ? Est-on formaliste pour trouver inconvenants ces trains vides aux portes ouvertes qui rappellera aux plus âgés les trains interlude de l’ORTF destinés à combler l’attente lors des pannes techniques ? Ces trains-là, dans le film, sont supposés symboliser le transport par voie ferrée de millions de juifs condamnés à une mort programmée. Ou plutôt, si j’ai bien compris, le voyage du retour des camps une fois les victimes débarquées. Est-ce une intention délibérée de ne pas céder au voyeurisme par pudeur ? C’est possible mais c’est la même raison pour laquelle pendant longtemps on a ignoré et tu les horreurs nazies. Quant au rôle de l’Église catholique, du Vatican et de Pie XII, on conviendra que son traitement est objectif, sérieux à défaut d’être neutre. On entrevoit même dans les paroles prononcées par le pape la possibilité d’une option choisie par politique plus que par lâcheté. Une dernière remarque personnelle : j’ai quand même du mal à comprendre que la SS ait pu engager et garder un ingénieur des mines, militant chrétien anti-nazi, adhérant au parti hitlérien dès 1933, de la SA en 1934, puis de la Waffen-SS en 1941. Spécialiste des appareils de désinfection et des questions d'eau potable, ce qui n’est tout de même pas rien et suppose une absolue confiance de la hiérarchie. Costa-Gavras a fait ce qu’il a pu pour nous présenter Kurt Gerstein comme ce qu’il fut : un personnage historique. Dont acte !
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 344 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2017
Le film est adapté de la pièce de théâtre « Le vicaire » (1963) de l’écrivain allemand Rolf Hochhuth dont c’est la 1ère œuvre littéraire à 32 ans. L’affiche du film a fait polémique lors de sa sortie, représentant un hybride de croix latine et de croix gammée. C’est pourtant le sujet du film, à savoir les relations diplomatiques troubles entre l’état nazi et le Vatican alors que circulent des informations concernant l’existence de camps d’exterminations, d’abord des handicapés mentaux puis des Juifs. Le sujet, grave et douloureux, est vu à travers les yeux d’un lieutenant S.S., Kurt Gerstein (1905-1945), chargé de la désinfection de l’eau pour l’armée puis de la lutte contre les poux dans des camps. Il découvre alors, lors d’une visite sur le terrain, que le Zyclon B sert aussi à tuer les gens. Horrifié, bouleversé, il en parle, en vain, à l’attaché de l’ambassade de Suède à son retour en train puis essaye (car, malgré son uniforme, il est animé d’une foi chrétienne profonde) d’informer le pape Pie XII (pontificat de 1939 à 1958) par l’intermédiaire d’un jeune jésuite, Ricardo Fontana (Mathieu KASSOVITZ) dont le père est un proche du pape. Un film poignant, où l’époque est bien reconstituée (tournage en Roumanie et Italie) et qui n’est pas manichéen, quoi qu’en disent ses détracteurs. Sans oublier la musique d’Arman AMAR dont c’était la 1ère musique de film à 49 ans. .
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 janvier 2017
L'Allemagne nazie soulève de nombreuses questions sans réponses et des faits assez ambigus, notamment via le comportement de divers personnages, souvent citoyens, comme le montrait déjà le puissant Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer.

Si on s'intéresse à Kurt Gerstein, on se rendra compte ici aussi de l'ambiguïté du personnage, un ingénieur chrétien pratiquant, bon père de famille et antinazi... alors qu'il a été membre du parti dès 1933, suivront des entrées et/ou demandes pour être dans la SA, les SS, la Wehrmacht, la Luftwaffe ou encore Waffen-SS. Tout changera d'abord quand il prendra connaissance du programme contre les handicapés mentaux puis surtout le plan d'extermination des Juifs lorsqu'il assistera aux essais du gaz zyklon B. Il tentera, sans réponse, d'avertir les autorités religieuses et le pape Pie XII.

C'est cette personne qui intéresse Costa-Gavras, adaptant une pièce de théâtre pour mettre en avant son destin durant la guerre mais aussi, et surtout, la lâcheté, la faiblesse, la peur et l'attentisme du Vatican, ainsi que de quelques puissances Alliées et surtout les États-Unis, face à l'holocauste. De cette dénonciation, il va en tirer deux portraits humains, d'abord celui de Kurt, dont il s'intéresse uniquement à sa lutte interne et secrète contre le nazisme, puis celui d'un jeune jésuite qui va l'écouter, tenter d'avertir les autorités religieuses qui ont, entre autres, peur de favoriser le communisme s'il y avait dénonciation du nazisme. D'ailleurs, bénéficiant notamment d'une justesse d'écriture (tant dans les personnages que les dialogues), il montre aussi un certain antisémitisme ancré dans les mœurs, avec une connaissance du problème juif et surtout un refus de les accueillir. Bien évidemment, il met aussi en avant l'horreur du nazisme et de nombreux de ses représentants, profitant de leur situation et ne remettant pas en cause leurs actes.

Si Costa-Gavras commet quelques maladresses, se montrant peut-être un peu trop didactique, voire moralisateur, il n'en reste pas moins pertinent et surtout intéressant à plus d'un titre. Il prend le parti pris de surtout s'intéresser à l'humain, évoquant les camps, les massacres et l'horreur du nazisme sans jamais vraiment le montrer à l'écran, préférant user des non-dits, silences et évocations. C'est là d'ailleurs l'une des principales réussites du film, la façon dont Costa-Gavras évoque ce génocide et les horreurs du nazisme, avec intelligence à l'image de ces longs et glaçants voyages en train mais aussi ,et surtout, à travers le visage des protagonistes, de la terreur qui se lit dans les yeux et dans le même temps, ceux des participants actifs à ce massacre.

Il met peu à peu Kurt Gerstein face aux dangers de la trahison secrète qu'il provoque et sa façon dont il tente de retarder et empêcher le génocide, que ce soit à travers les discussions qu'il tente ou les sabotages lorsqu'il doit livrer et/ou vérifier le gaz zyklon B. Les propos sont bien suivi par une mise en scène efficace à défaut d'être vraiment puissante si ce n'est lors du dernier, émouvant et sombre, passage dans un camp, peut être légèrement trop académique, surtout venant du réalisateur de L'Aveu. Il trouve souvent le ton juste, sachant prendre son temps lorsqu'il le faut, notamment pour mieux mettre en avant l'horreur de la situation et l'envie, par les deux protagonistes, de tout faire pour empêcher cela.

La reconstitution est de qualité, assez sobre et immersive tandis qu'il gère bien la narration avec toujours le point de vue de Kurt Gerstein. Il trouve toujours le bon équilibre entre le fond du film, les propos, ce qu'il dénonce et les personnages, leurs évolutions plus on avance dans le récit et la façon dont ils vont réagir aux dangers. Enfin, Amen bénéficie d'une bande-originale adéquate et surtout d'excellents interprètes, que ce soit Ulrich Tukur dans le rôle de Kurt Gerstein, Mathieu Kassovitz, sobre à souhait, dans celui du jeune jésuite ou encore Ulrich Mühe et Michel Duchaussoy.

Si Amen n'est pas exempt de quelques maladresses, ça n'en reste pas moins un film intéressant à plus d'un titre où Costa-Gavras évoque la peur et la lâcheté de certaines autorités face aux crimes nazis à travers deux portraits humains pertinents voire même émouvants.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 6 août 2016
Une histoire plus révoltante que touchante notamment à cause du jeu de Mathieu Kassovitz qui peine à convaincre. Ulrich Tukur est lui plus investi.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 25 mai 2016
Le film est techniquement très bien fait et très bien joué, sauf qu'il promeut une thèse anti-Pie XII qui, historiquement, ne tient pas debout. Même Yad Vashem commence à revoir son point de vue sur l'action de Pie XII.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 17 mai 2016
Historiquement très douteux, et de parti pris, ce film mérite quand même le détour, parce qu'il révèle plus qu'il ne devrait: une incroyable malhonnêteté...Même une fiction se doit de respecter la vérité.. La mise en scène est lourde, et Costa Gavras n'est quand même pas finaud. Les deux acteurs principaux font bien leur job, ils y apportent même une innocence certaine... je me demande si depuis, ils se sont donné la peine de vérifier les sources historiques.
gizmo129
gizmo129

133 abonnés 1 669 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 mars 2016
Amen est un film intéressant sur un personnage méconnu de l histoire à la fois instigateur et dénonciateur de l holocauste ! Le film est long ou du moins parrait long car les dialogues sont souvent à rallonge et de nombreux questionnements sont abordés. Le film évite soigneusement de nous montrer les camps et joue plutôt habilement sur les sous entendus mais ce manque d images ou d actions finit parfois par nous ennuyer. Côté casting, l allemand est excellent, joue juste et fait évoluer son personnage au fil du temps, par contre Mathieu Kassovitz ne m a pas convaincu.
Backpacker
Backpacker

92 abonnés 789 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2016
Franchement passionnant au point qu'on en oublie quelques longueurs, "Amen" convainc rapidement et durablement le spectateur. Le sujet original, le scénario rondement mené mais aussi l'interprétation sans faille y sont pour beaucoup dans cette réussite. Du très grand Costa-Gavras, engagé, percutant, humaniste et audacieux. On en redemande! Ce long-métrage est sans conteste l'un de ses tous meilleurs... après "Z"...
Black-Night
Black-Night

221 abonnés 421 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 février 2016
Amen. est un très bon film. Ma toute première découverte du cinéma du réalisateur Grec, Constantin Costa-Gavras et déjà un film qui me plaît et surtout important. Pendant la guerre, un officier SS tente d'alerter le Vatican du génocide dont les juifs sont victimes. Un pamphlet poignant avec de sacrés prestations. César du meilleur scénario 2003, important succès public et critique à sa sortie, "Amen." est un véritable choc, apparemment dans la même lignée que ces autres grands films politiques.
Adapté de la pièce de Rolf Hochhuth "Le vicaire", le film dénonce la passivité de l'Église catholique et du pape Pie XII face au génocide des juifs. Pour autant, le cinéaste ne charge pas uniquement le Vatican et critique également l'attitude des puissances alliées, informées elles aussi des crimes nazis. Si les autorités religieuses l'ont accusé de fausser la réalité historique et de faire l'amalgame entre catholicisme et nazisme (en raison de l'affiche controversée du film, ornée d'un symbole mêlant croix chrétienne et croix gammée), Amen., notamment grâce à ses deux interprètes principaux, est une œuvre poignante et juste sur la lâcheté.
Très bonne bande son de Armand Amar.
Le réalisateur Costa-Gavras en est ici à son 16ème long métrage, et nous offre une très bonne réalisation et surtout une facilité de mise en scène très plaisante. Le casting est très bon avec Mathieu Kassovitz un peu limite au début je trouve mais qui est ensuite parfait en jésuite naïf et idéaliste, tout comme Ulrich Tukur excellent en officier SS ambigu. Face à eux, Ulrich Mühe, incarne avec subtilité un médecin directeur de camp inspiré du tristement célèbre docteur Mengele. A noter aussi les bonnes présences et prestations de Michel Duchaussoy, Marcel Iures, Sebastian Koch.
Une sorte d’anatomie de la lâcheté que le film nous amène.
Ma note : 8/10 !
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 février 2016
Dans un catalogue de film sur la seconde guerre mondiale, "Amen" tient son rang par l'originalité de l'angle. L'église démasquée aux yeux de tous, complice de crime contre l'humanité. En ces temps troubles, il est intéressant de rappeler que la religion est et restera sujet à conflits moraux et politiques des plus sanglants. Et pourtant elle continue de faire son petit bonhomme de chemin. Costa-Gavras épaissit son récit par des décors monstrueux en carton-patte. La puissance émotionnelle du film est quasi-nulle, l'objectif reste dans la dénonciation. Du coup, film plat.
aldelannoy
aldelannoy

53 abonnés 374 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 février 2016
Contrairement à ce que beaucoup aiment à voir dans ce film, l'en adorant ou le détestant à cause de cela - peut-être à cause de l'affiche, je n'y ai pas vu de condamnation de l'Église. Tout au contraire, ce qui est si difficile dans un film historique, Costa-Gavras sait s'abstraire d'une perspective passionnelle et montre des personnes, jusqu'au plus haut de la hiérarchie vaticane, tentant de faire ce qu'ils peuvent au milieu d'une machine diplomatique implacable qui contraint leur liberté d'action. Malgré cette absence de manichéisme qui aide si souvent des films à exister, celui-ci réussit à nous emmener sur ces chemins si difficiles sans jamais ennuyer.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 février 2016
Amen est pour moi le premier long métrage que je découvre de Costa-Gavras. D'un point de vue purement cinématographique celui-ci est très pertinent, on ne s'ennuie pas, l'intrigue est passionnante, tout les rouages s'enclenche comme il se doit. Les comédiens sont étincelants, Mathieu Kassovitz se démarque un peu plus avec son personnage de Riccardo Fontana. Le problème premier de ce film est plus un soucis historique quand à la véracité de cette histoire ( une pièce à l'origine ), le partit prit - plus qu'à charge - contre l'église est assez contestable dans cette période trouble de l'histoire. Tendancieux donc, mais ce long métrage à le mérite de posé des questions, il y'a matières à réflexions sur les sujets évoqués. Un autre petit désagrément selon moi, sa langue, l'allemand s'y serait mieux prêté.
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