Deuxième long-métrage pour Jim Jarmusch, après Permanent Vacation (1980). Stranger than Paradise (1984) est le genre de film qui gagne à ne pas être connu, du à son inaccessibilité (j’entends par-là, le fait qu’il soit « vide » au niveau de la mise en scène, tourné en noir & blanc et où pendant la première demi-heure les dialogues sont rares). Bien qu’il ne se passe pas grand chose dans ce film, on est bizarrement captivé par cette histoire d’immigrés Hongrois. Le naturel des acteurs y étant pour beaucoup, ainsi que les dialogues, souvent directs ou francs. Ce road-movie contemplatif est riche en humour, en plans-séquences ou par ailleurs, les « cut » sont quasi-inexistant face aux nombreux « noir » très présents entre chaque plans. Filmé en caméra fixe durant presque toute la durée du film, Jarmusch nous étonne dès la première minute, pour au final, nous satisfaire complètement. Rappelons tout de même que son film à décroché lors du 37ème Festival de Cannes en 1984, la Camera d’Or !
16 173 abonnés
13 133 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 12 avril 2011
Rèvèlation au festival de Cannes 1984 avec ce road-movie au ton insolite! Avec son style nonchalant et surrèaliste, à des lieux de toute structure narrative classique, "Stranger Than Paradise" a stupèfait plus d'un spectateur lors de sa sortie en salles, tant qu'il reprèsentait un nouveau genre en soi! "Mystery Train" est peut-être le plus accessible, mais "Stranger Than Paradise" reste le mètrage sur lequel Jim Jarmusch continue de construire sa carrière! Une scène culte: lorsque le trio s'en va au bord d'un lac et que le brouillard est tellement dense qu'ils ne voient pas plus loin que la rambarde de la jetèe! Une date dans l'histoire de la nouvelle vague amèricaine avec une superbe photographie en noir & blanc de Tom Dicillo...
C'est bien avec ce film qu'on se rend compte que "tout" ne se situe pas forcement dans l'action ou les dialogues. Les acteurs sont fabuleux, on ne peut être que charmé par la cool-attitude eternelle de John Lurie et par l'amour que Jim Jarmusch porte envers eux. Une vraie beauté.