Stranger Than Paradise
Note moyenne
3,7
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63 critiques spectateurs

5
17 critiques
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16 critiques
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12 critiques
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LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 657 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 mai 2026
Les 3 personnages sont attachants, le film a un charme esthétique certain. A part cela il ne se passe presque rien, et le dénouement est relativement décevant. Le film est pionnier dans la sublimation de l’Amérique profonde, ce que n’a jamais su faire la France.
Cadreum
Cadreum

61 abonnés 784 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 décembre 2025
Qui est le film ?
Deuxième long métrage de Jim Jarmusch, Stranger Than Paradise s’inscrit dans un moment où le cinéma indépendant cherche encore ses formes, coincé entre la tentation de l’imitation et le refus frontal des modèles dominants. Le film suit Willie, immigré hongrois installé à New York, sa cousine Eva qui débarque d’Europe, et Eddie, ami sans qualité particulière. Mais parler de trajectoire serait déjà trop dire. Rien ici ne progresse vraiment. Le film filme l'histoire d’un temps qui s’étire, d’un monde qui n’oppose aucune résistance, d’une Amérique traversée sans jamais être habitée. L’ambition du film est là. Observer des personnages qui se déplacent sans cesse, mais sans que rien ne bouge réellement.

Par quels moyens ?
Le premier geste de Jarmusch est formel. Le noir et blanc granuleux, pauvre, assèche. Chaque plan est isolé, séparé du suivant par un noir franc. Ce découpage rigide transforme le temps en blocs fermés. On ne glisse pas d’une scène à l’autre. On y est jeté, puis retiré. Les plans sont souvent longs, fixes, sans événement notable. Regarder la télévision, manger, marcher, attendre. Ces gestes ne sont ni dramatisés ni commentés. Ils s’accumulent. Peu à peu, le film fait sentir le poids du temps lorsqu’il n’est orienté vers aucun but.

Les dialogues participent de cette économie. Les personnages parlent peu, souvent à côté, parfois pour ne rien dire. L’humour naît de cette inadéquation constante entre les mots et les situations. Les répliques tombent à plat et c’est précisément là qu’elles agissent. Elles révèlent des individus incapables de formuler un désir clair, encore moins un projet.

Le personnage de Willie incarne cette stagnation. Figé à New York, il a renoncé à toute projection. Eva occupe une place singulière dans ce dispositif. Perçue comme étrangère, elle est pourtant la seule à conserver une capacité minimale de projection. Mais le film refuse ce schéma. Leur relation n’est ni conflictuelle ni harmonieuse. Elle est plate, presque indifférente. Jarmusch filme cette absence de tension comme un état stable et confortable.

Le déplacement vers Cleveland semble d’abord ouvrir une possibilité. Changer de ville, changer de décor. Mais très vite, le film démonte cette illusion. La neige, les maisons ternes, les rues vides prolongent exactement la même expérience intérieure. Le voyage ne produit aucun effet. Le problème n’est pas le lieu. C’est l’incapacité à investir le réel. Où que l’on aille, on transporte le même vide.

La partie floridienne pousse cette logique à son point d’absurdité. Le paradis promis est là, en apparence. Soleil, palmiers, plage. Mais la mise en scène reste inchangée. Plans fixes, cadres rigides, dialogues atones. Le décor ne sauve rien. Il devient presque ironique. Jarmusch refuse l’exotisme. Le changement de paysage souligne la vacuité de cette expérience.

Quelle lecture en tirer ?
Stranger Than Paradise est un film qui regarde l’Amérique par son envers. Non pas comme un territoire de promesses déçues, mais comme un espace où la promesse a cessé d’être formulée. Les personnages ne rêvent pas d’un ailleurs meilleur. Ils dérivent, par inertie, dans un présent sans aspérité. Le film ne dénonce rien frontalement. Il constate une fatigue. Ce qui frappe, c’est la douceur de ce constat. Jarmusch ne méprise jamais ses personnages. Il les observe avec une distance sèche, parfois amusée, souvent mélancolique. Il ne cherche ni à les sauver ni à les condamner. Il accepte leur flottement comme un état possible du monde moderne.
David D.
David D.

44 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 novembre 2025
Du noir et blanc utilisé à merveille. Un film poétique, légèrement drôle et des scènes courtes tout en retenue avec des jeux sur les silences. Du grand Jarmusch !
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 septembre 2025
Peindre le désoeuvrement habilement risque de transmettre cette lassitude, cette langueur, ce désarroi au spectateur... Or, Jim Jarmusch, outre l'ennui qui occupe les jours monotones de personnages (même les secondaires) assez peu enclins à véritablement modifier leur existence, dénonce l'apparence illusoire du rêve américain, laissant miroiter une vie meilleure, une variété de paysages, une pluralité de possibles alors que la même vacuité semble régner partout, ce que la mise en scène souligne par la similitude entre de ternes décors ainsi que par la froideur des protagonistes, comme blasés ou résignés. Une sorte de purgatoire déprimant...
berdj aghassian
berdj aghassian

80 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 2 février 2024
Je recommande ce film à tous ceux qui ont envie de voir deux paumés, tellement copies conformes qu'on a du mal à distinguer l'un de l'autre, ne rien foutre pendant une heure et demie. A tel point qu'on est surpris de voir qu'il y'en a un qui enlève ses chaussures avant de se coucher... Et je ne vois pas ce que la photo du DEAD MAN (qui n'était pas meilleur) avec Johnny Depp vient faire là dedans...
Silencecatourne12
Silencecatourne12

1 abonné 1 critique Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 novembre 2023
Stranger than Paradise s'est déjà tout Jarmusch. Une sorte de road-movie en noir et blanc brut, divisé en trois parties, où l'on suit trois paumés à la recherche d'un lieu où ils pourront être épanouis. Formellement et dans les thèmes abordés, il y a déjà beaucoup d'obsessions de l'auteur américain. De long travelling. Des plans superbement composés, sans coupe qui dure et qui laisse les personnages vivre. Un enchainement de scènette et une bande son jouant un rôle important. Un style particulier qui tapera dans l'œil du jury de cannes de l'époque puisque Jim Jarmusch remportera la caméra d'or. Prix qui récompense les premiers longs métrages. Stranger than Paradise est un film minimaliste, mais qui dégage une grande poésie et qui marquera l'envolé d'un grand cinéaste unique.
Hotinhere

791 abonnés 5 474 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 septembre 2023
L’errance bohème et mélancolique mais un peu vaine de trois marginaux attachants, en marge de l’American Dream. 3,25
Louise BLM
Louise BLM

6 abonnés 19 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 octobre 2023
Peut on dire d'une scène délibérément longue que c'est une longueur ? Peut on dire d'une scène qui montre l'ennui qu'elle est chiante ? en tout cas c'est svt le cas
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 340 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 29 mars 2022
Comme d'habitude, je n'accroche pas du tout avec le style de Jim Jarmusch. Pourtant réputé pour être l'un de ses meilleurs films, j'ai quand même trouvé Stranger than Paradise ennuyeux et beaucoup trop long. Ça parle beaucoup trop pour ne pas dire grand chose. Ce n'est pas du tout mon style.
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 897 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 octobre 2021
Voilà un jalon important à connaitre dans le parcours atypique de Jarmusch. Voici un film anti-action par excellence et anti image d'épinal del'Amérique " terre d'espoir et de réussite ou tout un chacun peut avoir sa chance". Voilà un noir et blanc faussement désuet sur fond de tube lancinant "I put a spell on you", en complète opposition avec ce qui se passe à l'écran. A force d'images banales, celles de Jarmusch risquent de nous coller à la rétine, comme celles de Paterson. Voici une illustration de la désillusion, de l'errance entre deux garçons et une fille, en route vers l'impasse de la Floride. En véritable indépendant, JJ n'en fait qu'à sa tête, et cultive l'originalité de sa démarche. DVD 1 - octobre 21
Ykarpathakis157

6 196 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 juin 2021
Comme d'habitude Jim Jarmush ne communique rien mais rien du tout au public. Il n'y a pas un rire il n'y a pas un sourire il n'y a pas une émotion il n'y a pas une impression ou un sentiment. Il n'y a rien et je ne peux même pas dire que c'est ennuyeux car il n'y a est rien sur quoi discuter. Si je dormais pendant le film rien n'a changé dans ma vie mes pensées mes émotions absolument et définitivement rien. Ce n'est pas le pire film que j'ai vu car Coffee & Cigarettes et Down by Law sont encore pires. C'est difficile à croire mais pourtant ils le sont. Qui est le réalisateur de ces deux autres films le même que pour celui-ci c'est une étrange coïncidence...
Musomuse
Musomuse

12 abonnés 237 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mai 2021
Un film qui m'a un peu touché mais qui est quand bien en dessous de ce que je connais de Jim Jarmush. Ce film m'a parut plat. Je ne sais pas, j'ai compris ce qu'il voulait me dire mais il ne m'a pas fait ressentir grand chose. Je me suis dit que c'est un film froid. Et je crois que c'est presque la meilleur façon d’appréhender ce derniers.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mai 2021
Excellent film NB, contre-pied du road-trip habituel avec pour comparses deux loseurs - machos désabusés manquant de savoir-vivre - et une jeune immigrée hongroise déjà blasée. Il nous conduit des moches quartiers de New-York à Miami, en passant par la Pennsylvanie et la ville de Cleveland (Ohio), filmée sous un froid glacial. La vie est difficile et l’ambiance est pesante, morne, faite d’espoir déçus - ou pas exprimés -, de rendez-vous manqués, de sentiments réfrénés ou de rares étincelles qui font toutes chou-blanc. Un film tout en finesse, un film d’auteur, scandé par le pathétique « I put a spell on you » (Je t’ai jeté un sort) de Jay Hawkins. A voir absolument.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2019
Dans ce film à la photo noir et blanc très belle et à la mise en scène soignée, Jim Jarmusch nous embarque dans les histoires tragicomiques de trois marginaux dans les États-Unis des années 80. Entre New York, l’Ohio et la Floride, ces compères involontaires vont tacher de se sortir de l’état d’ennui perpétuel qui les hante, bien loin des imageries obligées du rêve américain. Puissant de mélancolie douce.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mars 2019
Un film incroyable, il faut vraiment le voir pour croire à son existence. En lisant son scénario, il a tout pour être d’un ennui abyssal. Comment intéresser le public avec ça ? C’est juste la magie du cinéma et le talent de Jarmusch qui expliquent ce petit miracle. En le voyant, ce film dégage un charme particulier mais intense. On se sent immédiatement bien et très intrigué par ces 3 personnages que l’on aimerait aider tout en sachant, pour en avoir connu pris isolement, que c’est impossible. L’ennui n’est pas contagieux, il permet la compagnie mais c’est une lourde tare pour réussir sa vie. ‘’Stranger than Paradise en est un constat et un témoignage. L’étonnant, c’est justement en tant que spectateur de ne jamais s’ennuyer un seul instant en leur compagnie alors qu’ils sont quasiment identiques. Le fait d’être trois, dont deux hommes et une femme modifie aussi notre perception dans le bon sens, il ne multiplie pas l’ennui par trois mais lui trouve des excuses et l'attenue. Nous sommes au cœur de l’humain avec Willie, Eva et Eddie, trois acteurs musiciens ce qui n’est pas le fait du hasard. Ajouté à cela, une mise en scène de grande classe raffinée et subtile, un noir et blanc nuancé de gris, des poses au noir accompagnées de sonorités permettant l’évasion.Nous avons une partie de l’explication du pouvoir attractif de Stranger than Paradise. C’est un film important pour tout cinéphile qui veut toujours progresser dans ses connaissances.
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