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Avec l'excellent «Down By Law», «Stranger Than Paradise» est sans aucun doute ce que Jim Jarmusch a su faire de mieux. Sorte de «Jules et Jim» filmé par un Wenders américain, sublimée par la perfection des cadrages et de la photographie, cette histoire simple et saugrenue n'en est que plus touchante, surtout que les interprètes s'avèrent inoubliables dans leurs rôles de paumés oisifs et nonchalants. A ce titre Jarmusch n'a pas son pareil pour filmer le désoeuvrement, avec ce qu'il faut de réalisme crasse et de poésie décalée. Ou plutôt « n'avait » : «Coffee and Cigarettes» montrera par la suite les limites de son cinéma, versant de plus en plus dans la branchitude « rock'n'roll » et l'autosatisfaction. Mais pour ce qui est du lauréat de la Caméra d'Or 1984, difficile de lui reprocher quoi que ce soit. L'épure du montage et de la mise en scène, soulignée par ces plans quasiment fixes qui s'achèvent inlassablement dans le noir, est plus que bienvenue. Certes, ce film est avant tout esthétique et ne recèle pas d'autant de richesse qu'un «Alice dans les Villes». Malgré tout l'harmonie de la forme (et sa beauté!), la simplicité de l'ensemble, sa sincérité ou encore sa naïveté font de «Stranger Than Paradise» un long métrage tout à fait réussi et digne d'intérêt. Parfait reflet de l'absurdité et de la vacuité de la vie, il n'en demeure pas moins réjouissant par ces touches d'humour qui viennent ça et là briser le silence et la contemplation, tout en lui conférant un charme certain. Dans la droite lignée de la Nouvelle Vague française et du cinéma de Wim Wenders, le second long métrage de Jarmusch ravira les amateurs du genre! [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 19 mai 2012 à 14h38 Signaler un abus
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