La Colline des hommes perdus
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 13 janvier 2022
Voilà un drame extraordinaire de Sydney Lumet. Comme souvent chez lui, il est question de justice et aussi d'injustice. En effet, les prisonniers que nous suivons acceptent leur enfermemant, mais, comme souligné le soldat Stevens "pas être traité comme des animaux". Tout l'intérêt de ce film n'est pas d'être qu'un simple pamphlet antiautoritariste, mais une démonstration de comment l'autorité est à la fois l'essence de l'Armée mais aussi sa perte.
C'est le Sergent Williams qui incarne cette ignoble cruauté du petit chef, dont la seule volonté et de briser. Selon l'Adjudant du camp, la violence de la prison doit seulement casser les "failed soldiers", et les faire marcher droit, en faire de vrais hommes. Mais le zèle de Williams, à faire courir les prisonniers sur la la colline brulante trônant au centre du camp, fini par tuer l'un des détenus. Un duel commence alors entre ces camarades de cellule et l'autorité de la prison, pour faire reconnaître le meurtre. Cette opposition, d'une folle intensité, pousse tous les protagonistes dans leur plus profond retranchement et étale alors tout le caractère névrotique de la pratique militaire dans sa forme la plus rustre (les visages d'une nervosité rare, les ordres et interjonctions qui rythment tout le film harasse le spectateur).

La distribution est exceptionnelle; les rôles, bien que très clichés, sont tenus avec grande finesse par tous les acteurs.
La VO est superbe, tant cette langue anglaise est intense, parfois comique, dans ce cadre aurant militaire que gouailleur. Quand à cette colline, cette "Hill" (titre original) sensée expier mais qui fait somme de toute la souffrance des soldats , elle est magnifiquement mise en valeur par la photographie. On retiendra le travelling d'ouverture, qui justement part d'elle pour sortir du camp (qu'on ne quittera plus jamais par la suite) mais aussi l'arrivée des prisonniers à son pied qui sont alors comme scrutés par le monticule. ​

"The Hill" est jusqu'ici le meilleur film que j'ai pu voir sur la prison, et peut être même sur l'armée et la guerre. Un grand, grand classique.
gimliamideselfes

3 435 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 mai 2021
Bijou !
Je n'ai que rarement été déçu par Sidney Lumet, mais ce film est quand même assez exceptionnel même pour une filmographie de haute volée comme la sienne.
Parce que là il y a tout, un seul lieu, à savoir une prison de l'armée britannique qui enferme ses propres soldats, des acteurs géniaux, Sean Connery en tête bien évidemment, mais Harry Andrews n'est pas en reste non plus et surtout une mise en scène exemplaire qui parvient à te faire sentir le poids des épreuves que doivent traverser les personnages...

Et niveau épreuves il y a bien évidemment cette colline qui donne son titre au film et la manière qu'a Lumet de filmer les hommes qui la parcourent. La premières fois que les héros du film doivent l'arpenter c'est quasiment filmer en plan séquence, où la caméra suit à bonne distance ceux qui sont tête, ils sont d'abord cinq, puis quatre, puis trois, puis deux... on voit les corps de ceux qui n'en peuvent plus marcher au ralenti, s'effondrer, tandis que même les gaillards les plus costauds galèrent à mort... Rien de mieux pour t'en faire ressentir l'intensité : voir les personnages l'éprouver, les voir souffrir et la longueur du plan permet ça. On voit chaque passage en entier, on voit comment ils s'affaiblissent petit à petit...

C'est foutrement bien fait.

Puis bien sûr il y a toute la lutte contre la hiérarchie militaire qui se couvre les uns les autres, qui ne pensent plus, qui ne font qu'obéir et il y a quelque chose de jouissif à voir Connery réussir petit à petit, droit dans ses bottes, à marquer des points...
J'aime beaucoup le traitement de King, soldat noir qui à force d'être victime de racisme décide de rejeter l'uniforme, il montre que l'autorité ne tient que parce qu'on la respecte et qu'on obéit. Le moindre « non » peut commencer à mettre à mal l'engrenage... Mais le film n'oublie pas de montrer que la plupart des gens sont lâches et facilement impressionnables et se laissent malgré tout faire.

Puis, forcément, il y a cette fin aussi cathartique que frustrante...

En tous cas Lumet arrive à nous plonger dans la chaleur de sa prison et dans l'inhumanité du système carcéral avec cette hiérarchie aussi bête qu'incompétente, ce qui la rend dangereuse...
Un pur régal ! Je crois que ça fait longtemps que je n'ai pas vu 2h de film passer aussi vite !

Par contre il y a peut-être un aspect que j'ai pas nécessairement compris, un des gardiens fait des remarques sur l'homosexualité présumée d'un personnage laissant sous entendre qu'il devrait passer à la casserole pour avoir un traitement de faveur... Alors certes il y a plusieurs références à l'homosexualité dans le film, notamment avec le médecin qui examine le pénis du soldat noir, mais disons que je trouve ça surprenant que cette invitation du gardien reste sans suite et ne trouve pas écho plus tard dans le film...
Patsch
Patsch

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 novembre 2020
A l'heure de la disparition de Sean Connery, immense acteur et Écossais hors-pair, et alors que tous les média se focalisent sur LE James Bond, il est important de (re)visionner ce chef d'oeuvre de Sidney Lumet (pas un manchot non plus...) où Sean joue un rôle à contre-emploi (mais solide) dans un pamphlet anti-militariste qui pourrait se passer n'importe où, ou dans n'importe quel contexte carcéral.
Un noir et blanc de rigueur, des caractères forts, un huis-clos qui avait marqué ma jeunesse, et que j'ai revu avec grand plaisir et une approche plus fine récemment.
Gregoire Foulon
Gregoire Foulon

1 abonné 21 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 octobre 2020
Bonjour j'ai actuellement 17 ans j'ai vu ce film enfant, ados et oui je me considère adulte donc avec les trois période et je peux vous dire que dans tout les cas ce film est super il n'a pas une seul ride
C'est un super film voilà
Allez le voir
Redzing

1 451 abonnés 4 915 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2020
En pleine Seconde Guerre Mondiale, un sous-officier tient d'une main de fer une prison militaire, en particulier grâce à une colline artificielle qui lui permet d'épuiser et de briser ses prisonniers. Jusqu'à l'arrivée de cinq nouveaux venus, qui vont perturber les choses. "The Hill" surprend, car on est loin d'un film de stalag où des prisonniers Alliés sont gardés par des Allemands. Ici, des Britanniques sont enfermés par leur propre camp, matérialisé par des sous-officiers rigides et cruels qui cherchent à les anéantir. Le film est ainsi un plaidoyer anti-militariste, et surtout une critique de l'autorité stérile, et des chaînes de commandement. Les acteurs sont en forme, avec en tête un Sean Connery qui cherchait à l'époque à casser son image de James Bond. Mais l'on repère également Harry Andrews, impressionnant en sous-officier qui parvient à tenir les prisonniers sous sa coupe. De plus, la mise en scène de Sidney Lumet est inspirée. Elle joue sur les intérieurs réduits (cellule pour 5, couloirs...), les effets de caméras (plongées et contre-plongées), et des effets de montage percutants pour l'époque. Elle accompagne à merveille un scénario solide, poussant petit à petit chaque personnage à bout. Bref, à la fois film de prison, film de guerre, et drame psychologique, "The Hill" vaut le détour.
Pascal G.
Pascal G.

2 abonnés 61 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 novembre 2019
Film intéressant , qui traite de l'armée et du contrôle de l'esprit par ce que l'on appel "hiérarchie" et de l'emprise que celle ci peur peut avoir sur l'esprit faible et peureux.
Un peut a la "de funes" dans l'avare de molière , certaines personne écrasent leurs convictions et leur personnalité face la "hiérarchie" afin de se mettre sous le parapluie . Ce film le dénonce.
spoiler: Malheureusement la fin n'en est pas a la hauteur...
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 octobre 2019
Après le culte "12 hommes en colère" et avant les mythiques "Serpico" et "Un après-midi de chien" (Mes films préférés avec Al Pacino), " La Colline des hommes perdus" est le 8 ème film de cet Américain aux 48 réalisations. Un Drame de guerre réalisé en N&B par le regretté Sidney Lumet. Un excellent film dont la photographie a été récompensée par les Britanniques avec un BAFTA Awards en 1966. Sidney Lumet nous distille des scènes fortes, des séquences insoutenables de maltraitance militaire dans un camp disciplinaire Britannique.
Cette réalisation nous offre un scénario implacable signé Ray Rigby et une superbe distribution avec Ian Bannen, Norman Bird (le commandant), Ossie Davis dans le rôle de Mr King, et Avec Sean Connery fantastique dans le rôle central.
JoeyTai
JoeyTai

25 abonnés 485 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 février 2018
Quelle claque ce film ! Le scénario est solide, les personnages bien dessinés, et les acteurs qui les incarnent à l'écran sont globalement très convaincants. Le film brasse plusieurs thèmes avec beaucoup de talent : la cohésion d'un groupe soumis à une très forte pression extérieure, la responsabilité que chacun conserve même au sein d'une chaîne de commandement, à quel moment doit-on refuser un ordre... La mise en scène est vraiment bonne, très maîtrisée.
Walter Mouse
Walter Mouse

547 abonnés 425 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 août 2017
La maison des fous avant l'heure. Avares sont les films à dénoncer avec tellement de hargne les pratiques douteuses dans les camps disciplinaires. Sidney Lumet ne remet pas en cause la question d'obéissance qui, comme le reconnaissent tous les prisonniers, est l'élément fondamental de l'armée mais les méthodes exercées par les officiers qui ont une chance sur deux de déboucher à l'aliénation. Sous des températures suffocantes et une agression sonore ininterrompue, le spectateur passe par tous les états de l'énervement: la fatigue, l'étouffement, l'abattement, la colère puis le délire. Filmé majoritairement en courtes focales et près des visages, la mise en scène organique de Lumet intensifie l'effet de perte de contrôle autant en extérieur avec l'ascension de la colline qu'en intérieur dans des geôles étroites. Les détentionnaires en bavent avec leurs supérieurs jusqu'à leur dernière goutte de salive au point qu'on en vient avec incommodité à rire de cette nervosité finale. Asphyxiant jusqu'au bout, La Colline des Hommes Perdus est manœuvré d'une fureur étourdissante nous laissant sans voix et à bout de force. Je n'ai pas de mots pour décrire ça. Tout comme je n'ai plus d'oreilles.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 janvier 2017
ce film montre la cruauté et la stupidité liés à l'absurde d'un camp disciplinaire pour militaires réfractaires en pleine seconde guerre mondiale, où un des dirigeants, certes sévère, essaie d'en refaire des soldats, quand un autre les abrutit tout simplement, un rôle inhabituel pour le tout jeune "James Bond"; dans ce film SIdney Lumet démontre tout bonnement l'absurdité des camps de redressements où les "planqués" ne sont pas forcément ceux que l'on croit!
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 novembre 2016
Sans plus. Beaucoup de films évoquent le sujet des camps disciplinaires et celui-ci n'a rien de bien original. Il ne vaut que pour Sean Connery, les autres acteurs étant bons mais pour la grande majorité, inconnus. Le film traite du racisme avec un africain dans le lot qui joue sur les clichés de l'époque. Je n'ai pas trouvé le film si dramatique ni très drôle. Pas de passage marquant, pour moi. Je préfère de loin les films contemporains. Ici, pas grand chose à apprendre, un peu de discipline par la fatigue et l'usure physique, plus que par l'usure morale.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 avril 2016
Un film éprouvant et très bien interprété sur le thème du sadisme organisé dans un camp disciplinaire de l'armée britannique. C'est un film choc, mais il n'est pas sans défaut, assez caricatural dans le choix du groupe de prisonniers (le dur, le couard, le faible, le juste) certaines scènes ne servent à rien comme la nuit de beuverie entre les deux officiers (il n'y a aucune rapport de cause à effet entre l'alcoolisme et le sadisme) et peut être plus préoccupant, le rôle caricatural et démagogique joué par le prisonnier noir.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 avril 2017
Mon avis---

Avec "12 hommes en colère" et "La Colline des hommes perdus" Sidney Lumet démontre encore une fois le talent exceptionnel qu'il a et d'une filmographie à en faire plus d'un. Ici il a encore réalisé son film de manière magistral, un film coup de poing démontrant l’absurdité des guerres, ce film est à classer parmi les films d'anthologie du cinéma mondial. Ici pas besoin de cellules ni de barreaux pour intensifier la pression et l'action psychologique qui oppressait tous ces détenus, avec "La Colline des hommes perdus" S. Lumet dénonce cet abus de pouvoir et la prétendue « thérapie » à laquelle sont soumis les soldats rebelles à la hiérarchie militaire (dont l'organisation est également dénoncée). Le film est efficace et sans concessions, il donne à Sean Connery un rôle aux antipodes de ses James Bond contemporains, et qu'il a interprété de manière magistrale. Un film percutant qui marque et marqueront tous les esprits. C'est hallucinant comme S.Lumet a su démontrer toute la puissance de son film avec une poignée d'hommes une colline, du sable et plus ou moins deux cents figurants, pour arriver à un film puissant, un peu dans la même réflexion que le magistral film "Johnny s'en va en guerre" de Dalton Trumbo qui lui aussi dénonçait l'absurdité des guerres et toutes ses calamités. "La colline des hommes perdus" est un pur chef-d'oeuvre, un film que l'on n'oubliera jamais: Un Film Culte. Merci Monsieur Lumet.
Danny Wilde
Danny Wilde

133 abonnés 502 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2015
Avec 12 Hommes en colère, ce film est sans aucun doute l'un des meilleurs de Sidney Lumet. Véritable pamphlet antimilitariste et virulent réquisitoire contre les mauvais traitements infligés aux soldats des camps disciplinaires anglais en Afrique du Nord durant la Seconde guerre mondiale, c'est aussi la lutte d'un homme pour conserver sa dignité. C'est surtout une véritable claque cinématographique, un drame intense d'une puissance phénoménale... la mise en scène de Lumet ne fait aucune concession, il filme les visages des acteurs au plus près avec des gros plans saisissants et des contre-plongées, et sa direction d'acteurs est remarquable ; Sean Connery qui était en pleine bondomania, y trouvait là un rôle dramatique important, Harry Andrews campe merveilleusement un rôle ingrat, celui d'un adjudant dévoré par la discipline stricte et brutale, tandis que Ian Hendry dans le rôle du sergent sadique et raciste est excellent ; seul Ian Bannen est le moins laxiste et le plus humain des gardiens. On ne peut s'empêcher de penser que cette armée britannique va à contre-courant du but fixé en croyant "rééduquer" ces gars qui sont avant tout des soldats défendant leur patrie, et c'est pas avec ce genre de discipline stupide qu'ils seront meilleurs pour autant. A signaler l'absence de musique, qui étrangement ne manque pas car on est tellement pris par l'intensité du sujet, qu'elle serait sans doute passée inaperçue. On notera aussi la photo n/b d'une exceptionnelle qualité d'Oswald Morris. Tourné en Espagne où le camp fut reconstitué dans le désert d'Alméria, le film fut présenté au Festival de Cannes 1965 et fut très remarqué. C'est une oeuvre vigoureuse et choc sur un univers d'hommes dans une atmosphère impitoyable parfaitement rendue dénonçant les pratiques inhumaines carcérales. A voir absolument !
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 760 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 septembre 2015
Cette Colline des hommes perdus est à classer parmi les grands films antimilitaristes de l'histoire du cinéma, aux côtés des Sentiers de la gloire, de Johnny s'en va en guerre, etc. C'est aussi l'une des meilleures réalisations de Sidney Lumet, avec Douze Hommes en colère, Network et Le Prince de New York. On retrouve dans ce film de guerre (sans combat) le goût du cinéaste pour décortiquer les systèmes sociaux (ici les codes de l'armée britannique). On retrouve aussi son savoir-faire dans la mise en scène des conflits humains, avec des joutes verbales qui rappellent ses premières amours théâtrales. On retrouve enfin un canevas thématique qui fonde la majeure partie de son oeuvre au cinéma : critique des ordres établis et des garants de ces ordres (pressions, violences), variation autour des notions de droit et de justice, expression de cas de conscience... Dans ce film, Lumet décrit avec dureté et sobriété les conditions d'un univers militaire carcéral à la gouvernance totalitaire. Où s'épanouissent les brimades, les humiliations, les épreuves absurdes à la Sisyphe, entre tortures sadiques et insultes racistes. Où l'on cherche à transformer des hommes un peu trop libres en "jouets mécaniques". Tout cela au nom de l'ordre et de la discipline. Le cinéaste s'appuie sur un scénario solide et des personnages bien caractérisés. Il dirige parfaitement ses acteurs dans un espace restreint (notamment Sean Connery). Visuellement, Lumet joue avec les contre-plongées pour traduire la domination des officiers-tyrans et avec les gros plans pour renforcer les sentiments de peur et d'oppression. Dramatiquement, il fait monter crescendo la tension jusqu'à un dénouement aussi intelligent que cruel, d'une logique implacable. Dénouement-coup de poing, chargé de colère et de désespoir, d'une puissance noire vraiment marquante.
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