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inspecteur morvandieu
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4,5
Publiée le 2 mai 2026
Le film est l'accusation fondamentale de l'armée et d'un système militaire que Sidney Lumet développe plus particulièrement dans la seconde partie où se dévoilent plus manifestement le cœur du sujet et son origine théâtrale. Le soldat qu'interprète Sean Connery n'est pas nécessairement un rebelle dans l'âme mais il conteste le pouvoir absolu que confère dans certaines situations l'uniforme d'un gradé, ce quasi droit de vie et de mort, d'asservissement, que s'arroge une poignée d'officiers sadiques, sans doute convaincue que la hiérarchisation des rapports garantit l'impunité. Le phénomène est d'autant plus aigu que les victimes sont des soldats punis et, à ce titre, peu de chose pour l'encadrement. La première partie du film évoque dans un camp disciplinaire perdu dans le désert la châtiment physique et moral infligé aux prisonniers, punitions cruelles parmi lesquelles la fameuse colline de sable à gravir inlassablement. A ce moment, le film est plus spectaculaire que dialectique ou théorisé. Mais, en explorant de façon plus pointue les attitudes, notamment de soumission, de chacun des compagnons de cellule du caporal Roberts, Sidney Lumet multiplie les points de vue, donne toute son acuité au sujet et une forte intensité dramatique grâce auxquelles il dépasse les stéréotypes.
Avec La Colline des hommes perdus, Sidney Lumet enferme ses personnages dans un espace carcéral où l’autorité devient instrument de brutalité. Sean Connery incarne un soldat réfractaire, figure de résistance face à un système oppressif. Le film frappe par sa mise en scène sèche et son climat étouffant, mais peut parfois sembler insister lourdement sur sa démonstration. Lumet privilégie la tension et la confrontation directe, au détriment de nuances plus subtiles. Reste une œuvre puissante et engagée, mais dont la frontalité limite légèrement la portée.
Le réalisateur Sidney Lumet filme le calvaire de cinq soldats anglais punis pour des crimes divers et envoyés dans un camp de prisonnier libyen pour y purger leur peine. Eprouvant pour les nerfs tant la torture physique et psychologique subie par ces hommes sous la houlette d’un sous-officier sadique est restituée de façon étouffante à l’écran. Dénonçant l’abus de pouvoir de l’autorité hiérarchique, le mépris de l’ordre militaire pour la dignité humaine.
Il n'y a ni scènes de conflit armé, ni flingues et fusils, ni balles et cartouches, et pourtant, "The hill" fait bel et bien partie des essentiels du film de guerre. Dans un quasi huis-clos, défile sous nos yeux une violente charge antimilitariste qui dénonçait les traitements barbares que l'on infligeait au soldat qui, lessivés physiquement et mentalement, se levaient contre l'absurdité de la guerre et de l'Armée de leur pays. Armée Britannique en l'occurrence, mais on peut transposer le propos à n'importe quelle Armée. Film qui, s'il ne peut être considéré comme un chef d'oeuvre (en raison de personnages trop stéréotypés et d'une dernière partie trop braillarde et chargeant inutilement la barque), reste malgré ses faiblesses criantes un incontournable qu'il vous faudra voir une fois, et doté d'une interprétation en tous points remarquable. Le cinéma anglais de cette époque me manque énormément et je ne crois pas être le seul dans ce cas.
Vous prenez la bande de détenus du ”Trou“ de Jacques Becker et un peu de Full Metal Jacket de Kubrick et vous avez ce fabuleux film de Sydney Lumet ”La colline des hommes perdus”.
Une mise en scène irréprochable. Rien que l’introduction avec la vue du camp filmée avec une grue, où on observe tous ces soldats qui sont au travail et qui sont fatigués, anéantis par les ordres de leurs supérieurs. Ce passage est formidable et cela donne déjà le ton du film.
Super bon travail sur l’arrière plan qui est toujours en mouvement, en souffrance. On se croirait presque dans une usine.
Pour conclure, Sean Connery tient, ici, un des ses meilleurs rôles.
Sydney Lumet, malheureusement, beaucoup trop sous-estimé, il mériterait davantage de reconnaissance, il est tout aussi important qu’un Scorsese, un Coppola ou autre.
Bon film US-UK qui se décrit assez facilement en un seul mot : intense. La réalisation est très bonne évidemment. La photographie est superbe et la lumière aussi. On retrouve beaucoup de longs plans mais également de longues scènes. Selon moi, l'adjudant chef et les scènes au sein de la cellule sont les plus intéressantes. Le film est totalement dénué de musique. C'est la première des 5 collaborations entre Connery et Lumet. Tourné dans une région très chaude d'Espagne et produit par MGM.
Oeuvre carcérale choc dans une atmosphère impitoyable et oppressante, servie par d'excellents acteurs et réalisée avec brio par Lumet. Noir et blanc impeccable, plans-séquences superbes, contre-plongées vertigineuses et, étonnamment, très bon doublage VF.
« La colline des hommes perdus » sorti sur les écrans en 1965 est sans doute avec « Network » (1976), le film le plus radicalement engagé de Sidney Lumet. Dans la lignée des « Chemins de la gloire » (1957) de Stanley Kubrick, il propose une critique au vitriol des méthodes de commandement ayant cours au sein de l’armée britannique durant la Seconde Guerre Mondiale, là où Kubrick brocardait avec autant de virulence l’incurie et le cynisme des généraux de l’armée française durant la Grande Guerre. Sidney Lumet a déjà huit films à son actif et vient juste de terminer « Point Limite » dans lequel il retrouvait Henry Fonda pour alerter sur les dangers de l’arme nucléaire dans un contexte de Guerre Froide entre les États-Unis et l’Union Soviétique quand il est sollicité par Sean Connery pour réaliser l’adaptation d’une pièce de théâtre de Ray Rigby (The Hill) inspirée de sa propre expérience dans une prison militaire britannique. Sean Connery qui ne souhaite pas se voir enfermé dans le rôle de James Bond qu’il a déjà endossé à trois reprises a négocié avec EON Production la possibilité de tourner dans les films de son choix entre chaque épisode de la saga. C’est ainsi qu’il tournera à trois reprises sous la direction de Lumet. Dans une prison située dans le désert libyen, l’armée britannique cherche à mater tous les dissidents ou fortes têtes qui pourraient nuire à la discipline aveugle qu’elle attend de ses soldats face à l’ennemi nazi. Il s’agit certes de réadaptation mais aussi et surtout d’intimidation par l’exemple dans le but dissuader les candidats potentiels à la rébellion. Pour ce faire, le commandement choisi à dessein a toute latitude pour atteindre ses objectifs. La porte est donc ouverte en toute conscience à tous les abus. C’est ce que dénonce avec force « La colline des hommes perdus » dirigé par un Sidney Lumet qui ayant fort bien intégré les enjeux, recourt à une réalisation privilégiant les plans moyens ou rapprochés afin d’être au plus près de l’expression des visages et des corps. Sadisme de certains gradés, déni de la part d’autres, humiliation, peur, lâcheté, souffrance, épuisement, homosexualité refoulée ou brimée, tous les travers de la condition humaine décuplés par l’enfermement et la contrainte sont largement exposés et sans ménagement. Lumet n’accorde aucun répit au spectateur formidablement aidé par son chef opérateur Oswald Morris et bien sûr par des acteurs plus vrais que nature, dirigés dans les environs d’Alméria en Espagne sous une chaleur torride. Il faut donc rendre hommage aux Harry Andrews, Sean Connery, Ian Bannen, Ossie Davis, Ian Hendry, Michael Redgrave, Jack Watson, Alfred Lynch et Roy Kinnear troublants de vérité et dirigés par un Sidney Lumet particulièrement investi qui a su trouver le ton juste pour mettre à nu la nature humaine dans ce qu’elle a de plus sombre et de plus vulnérable. On notera la très épisodique présence à l’écran du commandant de la prison qui n’est montré par Lumet que sortant au petit matin de la couche des prostituées qu’il fréquente dans le village voisin, très loin des contingences de la prison qu’il dirige. « Cacher ces horribles choses que je ne saurais voir » sera à coup sûr la réaction de l’encore plus haute hiérarchie de la grande muette quand une « bavure » viendra rompre l’horrible monotonie de ce centre de rééducation inavouable. Si on ne peut qu’être d’accord avec le propos du film, il demeure malgré toutes les bonnes volontés une incapacité de l’homme au fil des siècles et par-delà les progrès sociétaux, techniques et économiques à renoncer au règlement des conflits par la guerre. Vaste problématique.
Voleurs, déserteurs, trafiquants. Tandis que la deuxième guerre mondiale fait rage, les soldats de l’armée britannique ayant manqué à leurs devoirs se retrouvent dans une prison au beau milieu du désert lybique afin d’expurger leurs fautes. La chaleur y est écrasante et une étrange colline trône en son centre. Celle-ci est faite "de sable, de pierres et de sueur – celle des prisonniers" explique le sergent-major Wilson qui règne en maître sur le camp. Comme il le répète souvent, il entend refaire de ses prisonniers de "bons soldats". Il s’agirait donc d’un centre de rééducation militaire plus que d’un centre pénitentiaire ?
Pour mener à bien l’entreprise de "rééducation", le sergent-major s’appuie sur ce qui constitue le principal pilier de l’organisation militaire : la discipline. Ainsi ces prisonniers n’ont-ils pas obéi aux ordres ? s’y sont même opposés, comme c’est le cas pour le sergent Roberts ? Au nom de la sacro-sainte discipline, Wilson aura à cœur de briser toutes les résistances pour faire de ces renégats des animaux bien dressés et parfaitement dociles. Les gardiens n’ont donc jamais recours à la matraque. C’est par des ordres incessants, des punitions aboyées plutôt qu’énoncées, souvent absurdes, que les prisonniers sont soumis à une violence psychologique quasi-intenable, aux pires humiliations. Les insultes, tant racistes qu’homophobes, pleuvent. Les corps sont soumis à rude épreuve et s’épuisent, en même temps que l’ esprit, à monter et descendre en plein Sahara la fameuse colline.
On voit par là que Lumet s’attaque aux fondements de l’institution militaire. Par l’intermédiaire de ses personnages, cinq soldats qui intègrent le camp et vont bousculer l’ordre jusque-là établi, il fait de son film un brûlot profondément antimilitariste. Si Roberts (impeccable Sean Connery) est le meneur de l’équipée, ce n’est pas un hasard : lui n’a rien volé mais il a commis le parjure de désobéir à l’ordre de son supérieur hiérarchique. Pire, il l’a même frappé. Le sergent-major Wilson se fera un devoir de remettre l’insolent dans le droit chemin. Avec finesse, le cinéaste utilise également le code militaire pour appuyer son propos. Si celui-ci est brandi bien haut par le sergent-major pour mettre fin à un début d’émeute, appuyant de cette manière son autoritarisme, ce même code militaire va se retourner ensuite contre lui dans une scène extrêmement poignante où Roberts en récitera plusieurs articles avec rage pour en dénoncer toute l’absurdité. Enfin, il y a ce véritable objet de torture, sur lequel les hommes plient ou se perdent définitivement : la colline.
Faut-il voir en elle la montagne que gravit éternellement Sisyphe avec son rocher ? L’image vient naturellement, mais sans doute pas dans l’interprétation donnée par Camus. La répétition des efforts n’a pas, dans le film, le caractère absurde du mythe : les montées et les descentes n’ont pas d’autre objet que la destruction des hommes. Mais Lumet en fait autre chose qu’un instrument de soumission. La colline n’est pas qu’un élément de scénario ou de décor, elle est aussi un point de vue sur l’ensemble du lieu de l’action. Depuis son sommet, il est en effet possible de mesurer l’ampleur de l’entreprise d’asservissement (on y voit les centaines de rangées de soldats alignés au garde-à-vous en train de cuire au soleil) mais aussi l’isolement dans lequel se trouve le camp : c’est le désert brûlant du Sahara, dont les dunes s’étendent à perte de vue, qui en établit les limites. La "grande muette" bénéficierait-elle d’un espace si bien protégé que les pires exactions peuvent y être commises à l’abri des regards, de la justice des hommes ? Pensons aujourd’hui à ce que fut Guantanamo. La colline a donc également un caractère panoptique assez troublant. Lumet y place la souffrance des soldats brisés par le sergent-major mais aussi le spectateur, témoin omniscient mais impuissant des égarements d’une organisation humaine fondée sur l’obéissance aveugle.
Un camp militaire disciplinaire anglais, planté dans le désert africain. Le sergent major Bert Wilson, dont la devise semble être "faire obéir sans faire périr", se targue de remettre sur le droit chemin un ensemble de "racailles". Des soldats britanniques ayant enfreint le Code Militaire. Sous un soleil de plomb, ordre et discipline règnent sur le camp. L'instrument de torture de ce pénitencier, c'est "la colline", une butte de sable érigée au milieu de la vaste cour du camp. Elle est destinée à mater la résistance des énergumènes les plus récalcitrants par le supplice de l'épuisement. Arrivent sur les lieux, cinq nouveaux détenus. Ils sont confiés au sergent Williams, qui assurera leur surveillance et leur rééducation. Williams, homme borné et sadique, va se charger de faire "connaître" la colline aux cinq novices. Tourné en noir et blanc, souvent caméra sur l'épaule, usant de plongées, contre-plongées, mais surtout de gros plans sur des visages expressifs, Sidney Lumet nous projette au centre de l'action, et le rendu est percutant. On colle au plus près des personnages, et on éprouve une réelle compassion pour quelques-uns d'entre eux, condamnés à reproduire fréquemment le mythe de Sisyphe. La bassesse de certains comportements humains est omniprésente, comme le sadisme, le racisme, ou l'homophobie, et les mensonges, punitions, humiliations avilissements, tiennent lieu de règlement intérieur. Ce film brutal et éprouvant rappelle furieusement la première partie de "Full Métal Jacket. Antérieur au Kubrick, il possède la même portée émotionnelle. Résolument antimilitaristes, ces deux films témoignent surtout de l'abyssale bêtise dont sont capables les hommes. (à noter l'absence de rôle féminin dans les deux films). L'interprétation est parfaite. Sean Connery, bien sûr, mais aussi tout le casting. Mention à Ian Hendry, dans le rôle du pourri intégral qu'on adore haïr. Revu récemment, "La Colline des Hommes Perdus" n'a rien perdu de sa force dénonciatrice. Il demeure pour moi un film majeur dans le genre "carcéral", de par sa maîtrise cinématographique. Mais aussi de par sa condamnation du crétinisme humain, et ce, jusqu'au dénouement.
Un brûlot antimilitariste qui fustige l’autorité avec force et intensité. Le malaise augmente avec le refus d’obéissance qui devient une sorte de rébellion salvatrice. Leur seule façon de rester en vie est la confrontation violente aux supérieurs. C’est fort et sans concession.
Dénonçant l'absurdité d'une obéissance aveugle aux lois militaires, ce drame historique souligne surtout l'avidité de pouvoir de chefs cantonnés dans une prison humiliante où ils évitent tout réel combat face à l'incompétence des uns préoccupés de leur plaisir ou de leur confort et la médiocrités des autres, coupables de racisme ou d'homophobie. Porté par un impeccable casting (notamment un vibrant Ossie Davis et un saisissant Sean Connery) que met en valeur la dynamique mise en scène, le récit distille ses sarcasmes dans de plaisants dialogues quasiment théâtraux, à l'image du décor d'un huis clos étouffant. Malgré quelques éléments attendus, l'intrigue fonctionne grâce aux oppositions psychologiques et phalliques dépeintes dans des jeux de manipulations, d'influences, de traquenards mentaux jusque dans une ultime séquence cruellement ironique. Un cru Lumet grandement maîtrisé.
Film prenant malgré un huis clos carcéral. La soif de pouvoir de certains « petits » poussé à son paroxysme; appelant chez nous spectateur, un besoin de justice. Je recommande
Immersion dans un camp disciplinaire anglais dans le désert libyen durant la Seconde Guerre mondiale. Un Lumet militant et enragé qui dénonce les abus de pouvoir et l’avilissement de l’autorité militaire, porté par une interprétation impeccable, Sean Connery en tête. 4,25