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La Colline des hommes perdus
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rogerwaters
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5,0
Publiée le 13 mai 2015
Chef d’œuvre du film antimilitariste, La colline des hommes perdus n’est pas un coup du hasard puisqu’il est signé Sidney Lumet, alors en pleine possession de ses moyens (il vient de dégoupiller des œuvres majeures comme 12 hommes en colère, l’Homme à la peau de serpent et Le Prêteur sur gages). Sublimé par une réalisation expressionniste impeccable, le long-métrage déroule sa mécanique implacable jusqu’à un final bouleversant qui tient du pur génie. Inutile de dire que l’on retrouve ici en germe tout ce qui fera la puissance d’une œuvre comme Full Metal Jacket, bien des années plus tard. En se concentrant sur les rebus de l’armée, le cinéaste donne du poids à des individus qui sont tout sauf des héros. Il fallait oser montrer de simples soldats de cette manière à cette époque. Il prend ainsi le contre-pied de tous les films de guerre qui fleurissaient sur les écrans et anticipe en quelque sorte l’esprit antimilitariste qui allait se développer à la fin des années 60. Le contexte de la guerre du Viet-nam n’est bien entendu pas étranger à la hargne qui se dégage de ce brûlot toujours aussi puissant de nos jours. Indispensable.
Je ne connaissais pas La colline des hommes perdus avant d'avoir cherché sur AlloCiné et d'avoir lu la critique de MDCZJ qui m'a donnée envie de voir. C'est un film de guerre carcéral (donc forcément dénonciateur), qui se passe durant la seconde guerre mondiale...dans un camp de prisonniers anglais (plutôt un camp disciplinaire mais la différence s'arrête au nom) où l'on suit 5 prisonniers victimes de l'autorité excessive du sergent Williams. Parmi leurs punitions, ils doivent monter une colline qui est l'emblème du film (même si je m'attendais à la voir plus souvent). La confrontation entre les prisonniers et les matons va ériger une brillante critique du mode de fonctionnement dépassé de l'armée tout en montrant des hommes basculer dans la bestialité. Les acteurs sont excellents, surtout Sean Connery, qui prouve qu'il peut jouer autre chose que James Bond, la réalisation est excellente ; Sydney Lumet sait tenir une caméra et l'histoire est plutôt bien écrite, avec un début qui présente les personnages, des moments d'émotion et des moments où on a envie, comme les prisonniers, de se révolter, tout ça jusqu'à la fin, où on atteint l'apothéose du film. Par contre, seuls reproches : des personnages un peu caricaturaux et des longueurs. Malgré cela on a un film avec une ambiance froide et oppressante, renforcée par l'absence de BO et par le noir et blanc. Un excellent film encore méconnu, malheureusement.
Un film fort et percutant focalisé sur le conditionnement dans l'armée et la rééducation par les exercices forcés. Le film entièrement tourné dans un camp disciplinaire tient en haleine grâce à des acteurs solides et possédés par leur rôle (le chef sadique, un Sean Connery déterminé et humain). Lumet signe ici une de ses perles avec un vrai travail dans la réalisation.
Après s’être attaqué au système judiciaire, Sidney Lumet va faire un tour du coté de l'armée et de son mutisme. Dans ce camp de redressement, on s'occupe de tous les cas qui s’écartent du droit chemin tracé par l'ordre militaire. Si Lumet met le doigt sur l'un des problèmes présent dans toutes les armées du monde,il met trop de temps à entrer dans le vif du sujet. Toute la première partie qui se concentre sur les méthodes employées pour faire rentrer ces soldats dissidents dans le rang est trop longue. Même si elle ne manque pas d'intensité,le rythme aurait gagné à être raccourcit. Car tout le reste est vraiment bluffant de maitrise,les mouvements de caméra,les plans et l'image sont splendides. Ils viennent accentuer chacune des actions des personnages de la meilleure façon qui soit. Le jeu des acteurs et lui aussi grandement efficace,les hurlements des gradés encadrants est presque aussi traumatisant pour le spectateur que pour celui-ci qui le subit. Le discours du film est un peu moins subtil et moins bien présenté que dans 12 hommes en colère. Mais l'intensité que dégage le film suffit pour le rendre très bon.
''The hill'' a fait sensation à sa sortie en 1965, tout le monde en parlait. A le revoir il garde son coté sauvage et fort et constitue un spectacle prenant dont on sort satisfait. Par contre, coté cinéma ce n'est pas un grand film, le thème à prit largement le dessus sur la forme, les personnages sont presque tous caricaturaux en dehors de Joe Roberts. C'est le grand acteur Shakespearien Harry Andrews qui se remarque d'abord et que l'on gardera en mémoire avec Osie Davis qui lui tient la vedette dans un genre opposé, son personnage de Jacko King étant bien réussi. C'est un scénario complètement farfelu avec des acteurs dont la démarche cadencée fait souvent rire tant elle est grotesque et pourtant il ne faudrait pas, car le propos est dramatique. L'idée est intéressante et bien développée, la fin par contre est contestable. Je n'en ai pas souvent vu de semblable; elle semble dire : voila je vous ai raconté une histoire, je n'ai rien à ajouter, vous avez compris ce que je voulais exprimer, maintenant terminez la comme vous voudrez! Le fait est que les personnages des geôliers sont difficile à tenir des qu'ils sortent de leurs cages protectrices, un accroc sérieux les déstabilise, raison de plus pour aller au bout du raisonnement. La qualité des comédiens joue ici un rôle majeur car l'intérêt ne provient que de leurs réactions, trop souvent Sidney Lumet a négligé sa mise en scène au point même de l'enlaidir. C'est parce que je crois qu'il a fait exprès de la mettre au même niveau que la morale qui règne en permanence sur ce camp britannique installé en Lybie que je lui accorde 4 étoiles.
Si l'on fait fi du contexte et du lieu particulier (à savoir un camp de disciplinaire en Libye durant la seconde guerre mondiale) de ce film, la trame narrative de " La Colline des hommes perdus" ressemble à celle de n'importe quel autre film se déroulant dans un milieu carcéral. On retrouve donc tous ( ou presque) les clichés inhérents à ce genre cinématographique (du méchant maton au prisonnier qui craque) ce qui en fait une oeuvre prévisible d'un bout à l'autre. L'efficacité reste néanmoins de mise et ceci grâce, notamment, un bon casting et une mise en scène solide.
Sur l'absurdité de la guerre et sur le comportement des hommes en ce temps-là, cette guerre, toutes les guerres, on ne compte qu'une petite poignée de films. "Johnny got his gun" de Dalton Trumbo est un de ceux-là. "The Hill" aussi. Il y a du Noir, du roman noir, du film noir, dans cette oeuvre. C'est à dire la Vérité. Cadres et mise en scène auxquels nous sommes sans cesse confrontés accentuent l'effet. La fin n'a pas d'issue : dans le silence, le bruit des serrures qu'on referme. Chef d'oeuvre.
EXCELLENT, très bon film, durée 2h, histoire tout à fait plausible il suffit de lire le livre:"l'épreuve" ou "le bagne de la légion". ressemble un peu au bagne du domaine Saint-Jean de Corte.
Ce film est plutôt réussi, mais ne surprend pas pour autant. Certains passages marquent, sans pour autant être bouleversants. Ce film est encore assez soft dans le genre carcéral
Un film de guerre, un de mes premiers. Je suis loin d’en savoir long sur ce genre, et surtout d’en avoir vu tout les chefs d’œuvres (très nombreux, tout comme chez le western). Mais bon sang, je sais reconnaître quand un film est habité par la flamme cinématographique ! The Hill est un indéniable chef d’œuvre, qui accroche les yeux à l’écran des les premières secondes et qui même une fois le générique de fin terminé nous laisse scotché d’indignation après un retournement de situation final dont je ne veux absolument rien révéler ! Les acteurs sont à leur sommet. Sean Connery époustouflant culmine au dessus des autres qui n’en sont pas moins tétanisant de crédibilité : Harry Andrews en méchant pour lequel on ressent une réelle antipathie, Ian Hendry incarne le sergent Williams qui représente la personne la moins atteinte par la guerre grâce à ses relations et par conséquent la personne la plus proche du spectateur, Alfred Lynch pour qui notre pitié est immense, Ossie Davie qui délivre une prestation anthologique en Jacko King, et les autres sont également tous à la hauteur. Ils donnent une telle crédibilité à leur personnage, et interprètent avec une telle perfection leurs dialogues brillamment écrits, qu’ils font vivre le film. Au niveau de la forme, Lumet met en scène avec un panache militaire collant parfaitement au cadre d’une caserne. Les plans sont fixes ou en travellings, toujours centrés rigoureusement au poil près (avec une précision militaire, dirais-je). Entre le repos et la marche. Tout comme la musique qui accompagne par sa présence ou son absence cette intelligente corrélation de la mise en scène et du fond. Cet ensemble se juxtapose avec le fait que ce film est un huis clos (la cellule) dans un huis clos plus impressionnant (la caserne). Quant au rythme du film, il fait l’objet d’un soin d’orfèvre, chaque journée qui se déroule se ressent dans toute son infinie longueur routinière éprouvante. Mais la puissance inouïe de The Hill est avant tout due à ses comédiens. Les émotions qui nous animent avec violence surgissent de leurs échanges orageux, tout le revers de la guerre nous est asséné, nous réduisant à nous indigner en se sentant toujours plus impliqué. Nos réactions suivent en parallèle celle des 5 soldats, et au bout du compte on y tient plus, on est tant submergé par le sentiment d’injustice devant cette machinerie horrible qui a en plus la cruauté d’exposer tout ses rouages à ses victimes, qu’on est réduit à des impulsions animales à l’égard de ces commandants, on ne sait plus exprimer tout ceci par des mots (à l’instar de King), perso j’ avais envie de les massacrer. Et la fin nous pose un miroir cynique, « final touch » qui achève de rendre The Hill inoubliable, marquant dans notre existence, et de l’élever au stade de chef d’œuvre du cinéma.
Film de guerre en dehors des combats exemplaire et digne d'être reconnu, avec des personnages hors normes admirablement interprétés. "The hill" est loin de l'action mais devient malgré tout l'un des plus gros pamphlet antimilitariste connu de l'art cinématographique. Une savante remise en question de l'ultra disciplinaire bête et méchant.
Il y a des films de guerre qui opposent banalement deux camps, et puis des films de guerre qui proposent des oppositions au sein d'un seul camp. "La colline des hommes perdus" fait partie de ceux-là : on y suit des soldats en lutte contre leur supérieurs sadiques, en lutte contre l'autorité de leur propre camp. Nous suivrons donc 5 soldats plongés dans un camp militaire qui ressemble surtout à une prison. L'atmosphère est celle d'un huis-clos terriblement oppressant : Lumet utilise tout le potentiel de l'espace pour créer cette ambiance d'enfermement. Il parvient aussi à symboliser les rapports entre les personnages avec sa caméra. On a rarement eu autant l'impression de souffrir avec les personnages, de les suivre dans leur torture. La superbe photographie en noir et blanc contribue aussi à cette impression. Le symbole le plus marquant de cet enfer est évidemment la colline, que les soldats, tels des Sisyphe modernes, doivent escalader sans fin. On s'attache beaucoup aux personnages des prisonniers, qui sont très biens écrits, et interprétés. Sean Connery excelle en soldat rebelle dont on comprend petit à petit les blessures. Je voudrais aussi distinguer celui qui joue le personnage de King, qui m'a fasciné par sa transformation, partant de la victime (le nègre de service) pour devenir quelqu'un dont on ne sait pas s'il est complètement dingue ou juste totalement libéré. Les personnages "méchants", par contre, sont un peu plus caricaturaux : je pense surtout au sergent-major qui fatigue plus qu'autre chose en répétant sans cesse "c'est moi qui commande!". Le scénario a l'intelligence de ne pas montrer que des chefs méchants : le personnage de Harris est très intéressant. "La colline des hommes perdus" est un puissant témoignage antimilitariste, dans la lignée des "Sentiers de la gloire", de Kubrick. C'est aussi, et surtout, une plongée dans une atmosphère infernale dont le spectateur ne ressortira pas indemne.
Le réalisateur engagé Sidney Lumet signe là une oeuvre intemporelle et même si le film a vieilli, l'intensité est toujours présente et le thème de l'abus de pouvoir toujours d'actualité. Le noir et blanc est superbe, tout comme les dialogues, notamment au début, et bien que la critique militaire soit moins violente que dans Les Sentiers De La Gloire par exemple, elle est bien présente et permet également de mettre en exergue la lâcheté humaine. Sean Connery est fidèle à lui même, excellent et le casting en général n'est pas en reste, seul soucis pour ma part, le rôle de King qui aujourd'hui apparaît plus comme une caricature qu'autre chose. Un très beau film qui tient en haleine sur la longueur, à voir pour tout cinéphile qui se respecte.
L’idée d’adapter La Colline des hommes perdus (1965) vient de Sean Connery qui venait de tourner 3 James Bond et souhaitait ne pas se trouver enfermer dans ce rôle, c’est pourquoi il a proposé l’idée à Sidney Lumet (ils tourneront ensemble 4 autre films) d’adapter le roman "The Hill" de Ray Rigby. Il en résulte au bout des 120 minutes une rare intensité, une œuvre profondément humaine et émouvante, d’une puissance dramatique saisissante (!) où l’on suit jour après jour l’évolution psychologique (ou la lente descente aux enfers) de cinq hommes (soldats accusés d’avoir volés ou désertés) qui durant la Seconde Guerre Mondiale, furent emprisonnés dans un camp militaire en Libye endurant une discipline très stricte, voir inhumaine. Officiers comme sous-officiers, tous sont des pourritures de premier ordre, sadiques et sans pitié, le film de Sidney Lumet est avant tout un pamphlet dénonçant les agissements et le mauvais traitement enduré aux prisonniers (qui étaient avant tout soldats pour la même patrie !). Un réquisitoire contre l’abus de pouvoir magistralement restitué par Sidney Lumet qui nous offre par la même occasion de très belles performances d’acteurs (qui nous font revivre intensément la douleur endurée, le sadisme des tortionnaires et cette rébellion contre leur hiérarchie militaire, au péril de leur vie).
Un très bon film de Sidney Lumet qui nous plonge ici dans un univers carcéral militaire. Le réalisateur dénonce ici les dérives possibles lorsque l'autorité est donné à des imbéciles et des brutes ainsi que le manque de contre pouvoir au sein de l'armée ici britannique mais à cette époque cela était vrai dans toutes les armées du monde. On reçoit en plein visage toutes les réprimandes, toutes les brimades physique et psychologique. Cela est du à la mise en scène de Sidney Lumet qui film au plus près de ces acteurs et de ces magnifiques plans et déplacements de caméra intelligemment utilisé par un réalisateur qui maîtrise toutes les techniques de son art. Les acteurs sont tous simplement géniaux et ils donnent une prestation des plus viscérale. Sean Connery qui à l'époque n'avait à son actif que quelques rôles secondaires et surtout connu pour son personnage de James Bond, est remarquable et donne une autres facettes de son talent. Sidney Lumet, le fera joué dans 4 autres de ces films. A voir!