L'Echelle de Jacob
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Buddy_Noone
Buddy_Noone

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4,5
Publiée le 28 décembre 2020
Attention ce film contient un twist final mémorable. Je vais donc m'efforcer à travers cette critique de rester allusif et d'en dire le moins possible mais dans le doute et au cas où vous tenez à ne rien savoir avant de visionner ce film, je vous invite à vous abstenir de lire les lignes qui suivent.

Jacob Singer est un jeune employé des postes, vivant à New York. Vétéran du Vietnam, il reste hanté par son passé, son divorce et la mort accidentelle de son jeune fils dont il s'estime responsable. Ancien professeur, il vivote désormais dans un emploi qui lui importe peu et partage sa vie avec la séduisante Jezebel. Bientôt, il est victime de terrifiantes hallucinations au quotidien, qui le replonge à la fois dans le trauma de la guerre et dans sa culpabilité de père. Il apprend très vite que ses anciens frères d'armes sont tous victimes des mêmes symptômes et se convainc peu à peu de vivre les effets d'un produit toxique, le Benzoate, dispersé par l'état-major sur le delta du Mékong.

En 1990, Bruce Joel Rubin, scénariste talentueux de son état, s'ouvre les portes d'Hollywood avec le carton planétaire du film adapté de son scénario Ghost de Jerry Zucker. Très vite, les producteurs s'intéressent à son potentiel. Rubin déterre alors un de ces plus vieux scripts, oublié au fond d'un tiroir depuis une dizaine d'années. Il y laissait déjà transparaître ses obsessions sur le deuil et le bonheur perdu, bien avant l'écriture de Ghost.
Les producteurs s'intéressent alors au potentiel de ce script fantastique et en confie contre toute attente la réalisation à un cinéaste sans aucun précédent dans le cinéma de genre, Adrian Lyne. Mais celui-ci aura cartonné par trois fois durant les années 80 avec coup sur coup "Flashdance", "9 semaines 1/2" et "Liaison fatale". Rien à voir avec la filmographie d'un Carpenter donc et Lyne accepte sans aucun complexe la tâche de mettre en scène ce qui deviendra rétrospectivement à la fois son meilleur film (il ne reviendra curieusement jamais au fantastique) et une oeuvre majeure et séminale dans le genre dont elle transcende habilement les codes.

Pourtant à sa sortie, le film est un échec commercial. Son statut d'oeuvre culte viendra, comme bon nombre d'autres films, avec le temps. "L'échelle de Jacob" a la particularité d'être une oeuvre aux circonvolutions complexes dont le dénouement apporte une réponse "choc" à toute l'intrigue qui l'aura précédée, un coup de théâtre déstabilisant appelant un second visionnage pour mieux appréhender l'oeuvre, ce qu'on appelle désormais plus communément un twist.
Le procédé du twist n'est pourtant pas nouveau. Le premier film d'horreur de l'histoire "Le cabinet du docteur Caligari", exposait déjà un twist final étonnant. Le procédé sera utilisé par Alfred Hichcock notamment dans "Le grand alibi" et "Psychose". Sergio Leone, entre autres,s'en souviendra pour emmener son climax de "Il était une fois dans l'ouest" tout comme Franklin J. Schaffner dans "La planète des singes". Dans les années 80, Terry Gilliam estomaque ses spectateurs avec la conclusion de "Brazil", tandis qu'Alan Parker s'y essaie lui aussi avec succès pour "Angel Heart". Mais il faudra attendre la fin des années 90, pour que le procédé scénaristique prenne véritablement son essor au travers de la révélation finale de "Usual suspects" dans lequel Bryan Singer et son complice Christopher McQuarrie révèlent une duperie qui surprendra la totalité de leur public. Suivront quantité de films utilisant le twist final avec plus ou moins de succès ("L'armée des douze singes", "Fight club", "Memento", "Old boy", "Ace Ventura", "Les bronzés 3", etc...) Notons aussi que certains "retournements de situation" se font en milieu de métrage, comme une sorte de point de bascule, voir "The secret" ou "L.A. Confidential" (remember Rollo Tomasi).
Un bon twist final c'est donc une manière d'emmener le récit vers un dénouement que le spectateur ne peut prévoir et qui l'emmènera à réinterpréter le film tout entier en fonction de la révélation qui lui sera faite en bout de métrage.

Mais ce serait une erreur de croire que tout l'argument du long-métrage de Lyne se trouve dans son climax.
Impossible de nier aujourd'hui l'influence qu'aura eu "L'échelle de Jacob" sur d'autres oeuvres.
Des films bien sûr, lui reprennent un twist rétroactif quasi-similaire comme "Sixième sens" ou "Shutter island". Mais au-delà de ça, la série de jeux vidéos "Silent hill" et plus particulièrement le second opus, véritable joyau vidéoludique, "emprunte" un nombre considérable d'éléments au film de Lyne que l'on peut considérer comme son véritable pendant cinématographique. Ainsi dans "Silent hill 2", James Sunderland, le personnage que le joueur incarne, porte les mêmes fringues que Jacob Singer. Ils ont en outre les mêmes initiales, se retrouvent coincés dans une station de métro aux grilles cadenassées, sont rongés par la culpabilité et le deuil, et refusent la vérité pour lui préférer un quotidien cauchemardesque.

A l'origine, le scénario original de Rubin versait plus encore dans l'imagerie religieuse que le résultat à l'image. Plusieurs images d'Epinal telles les démons cornus seront gommées par Adrian Lyne qui lui préférera une atmosphère moins ouvertement fantastique mais plus proche du sensoriel propre à son cinéma.
Ainsi, après la traumatisante première scène en "flash-back" au Vietnam, Lyne brise déjà les repères du spectateur en enchaînant sur une scène se passant à New York. Jacob se trouve dans une rame de métro et se réveille subitement. La première scène était donc un cauchemar ou un souvenir de son passé. Le personnage semble dès le départ désorienté. Les premiers éléments de déphasage se font dès cette scène (la queue du démon, les affiches publicitaires aux slogans prophétiques). Puis c'est le personnage qui se perd et semble un temps dans l'incapacité de remonter à la surface.
Car le personnage entreprend bel et bien une ascension tout le long du métrage basée sur le modèle de "La divine comédie" de Dante, à savoir endurer l'enfer, connaître le purgatoire et atteindre le paradis.

Ainsi de manière formelle, pour mieux désorienter le spectateur, Lyne accentue le déphasage progressif du héros via une alternance entre des séquences cohérentes et d'autres abstraites. Il s'appuie en outre sur l'intrusion de créatures déshumanisées via des visions terrifiantes qui débordent sur le quotidien de Jacob. Des monstres à la morphologie humaine dérangeante, aux faciès sans visages, animés de réflexes saccadés et dont l'esthétique renvoie aux travaux de Bacon et influenceront le bestiaire des "Silent hill".
Plus audacieux encore, le réalisateur brouille subtilement les frontières spatio-temporelles du récit en égarant son protagoniste dans plusieurs époques et lieux de son existence sans continuité logique évidente au premier visionnage. Ainsi Jacob revivra-t-il le trauma du Vietnam, retrouvera sa famille dont son défunt fils avant de se réveiller à nouveau aux côtés de cette Jezebel dont il réalise qu'elle lui est totalement inconnue. Dès lors, le calvaire du héros, c'est de croire qu'il perd la raison dans un quotidien où il ne se reconnait pas et où tout lui devient hostile.
Face aux dérèglements cauchemardesques de la réalité qui l'entoure, Jacob apparaît comme contraint à subir et à rester témoin de ce que lui seul peut voir (il n'apparaît d'ailleurs jamais dans le même plan de ses visions, ce qui renforce l'identification du public avec le personnage). Son itinéraire convoque alors ce sentiment d'inquiétante étrangeté chère à Freud, où l'angoisse s'insinue sans raison évidente dans le quotidien jusqu'à en rendre sa banalité terrifiante. La paranoïa s'insinue insidieusement et le spectateur finit par s'interroger tout autant que le héros sur ces manifestations que Jacob s'évertue à essayer d'expliquer.
Ainsi, la théorie du complot n'est abordée que comme une tentative de réponse logique par Jacob à toute cette étrangeté. Pourtant, Lyne parsèment son métrage de plusieurs pistes et d'éléments aidant le spectateur à se préparer au coup de théâtre final : le passage de l'hôpital, le personnage bienveillant du chiropracteur, les photos de famille présentées comme celles d'une vie révolue.
On peut dresser un parallèle entre le final de "Jacob's ladder" et celui de "Brazil". Dans les deux cas, le pouvoir de l'onirisme et de la subjectivité est presque absolu, jusqu'à permettre à l'individu de s'affranchir de la réalité de sa condition. La différence étant que là où le héros de "Brazil" se servait de l'imaginaire comme d'une échappatoire à la terrible expérience physique et où il finissait par prendre une part active à son propre fantasme, Jacob lui subit son périple plus qu'il n'y participe. Sa passivité en font une victime tragique et désemparée tout le long du film et le rapproche d'un équivalent littéraire, Joseph K, le protagoniste du "Procès" de Kafka (Jacob en viendra même à engager un avocat qui refusera de le représenter contre l'état-major vu le caractère inextricable de l'affaire).

Si aujourd'hui le concept éculé du twist, de retournement de situation, ne surprend plus personne au point que les spectateurs les plus blasés s'évertueront sans cesse à vouloir trouver une conclusion à n'importe quel film (bon ou mauvais) avant même son dénouement plutôt que de se laisser porter par le spectacle, celui de "L'échelle de Jacob" ne surprendra évidemment pas tout le monde. Mais force est de constater qu'il est remarquablement amené et que l'ultime scène à la fois sobre et déchirante, d'une cohésion parfaite avec l'émotion de la séquence précédente, résonne comme une triste libération et apporte une réponse définitive à tout le cauchemar qui l'aura précédé.
"L'échelle de Jacob" est donc, à mon sens, une oeuvre indispensable à la culture de tout fantasticophile tant les oeuvres qui s'en sont inspirées sont aujourd'hui légion. Un classique du thriller paranoïaque et du film d'angoisse, un réquisitoire de plus contre la guerre et une réflexion sur le deuil, la solitude et l'aliénation de l'homme moderne en plus d'une dénonciation de la déshumanisation grandissante de la société dans laquelle il évolue. Bouleversant.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 octobre 2020
Un très bon film d'Adrien Lyne . Un bijou de cinéma. Un chef d'oeuvre. Une pépite bien maîtrisée et vachement réussie.
mx13
mx13

284 abonnés 1 963 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juillet 2020
Références mythologiques qui me rappellent celles dans Mother. Film haï par certains, surtout ceux qui ne l ont pas compris, mais penchez vous sur l aspect religieux et peut être que vous sauriez l apprécier. De belles images de temps à autres. Je le déconseille aux moins de 13 ans. 3/5
Ykarpathakis157

6 196 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2020
Un film vraiment hallucinant qui vous laissera remettre en question votre propre raison, L'Echelle de Jacob était sous-estimé à l'époque, mais c'est maintenant un classique culte dans le genre du thriller psychologique. C'est toujours génial de voir Tim Robbins à l'écran qui se jette dans le rôle d'un soldat américain au Vietnam dont la vie semble devenir hors de contrôle. Le film est sombre et et vous fait suivre chaque étape et déchiffrer chaque indice. Ce n'est pas un film à regarder avec désinvolture, c'est celui dans lequel vous jouez un rôle actif. C'est vraiment au spectateur de savoir quoi faire de la fin, mais la meilleure théorie que j'ai entendue est qu'il s'agit de l'âme et de son voyage à travers le purgatoire. C'est aussi l'impression que j'en ai eue du moins. Ce sera peut-être trop pour certains mais c'est un excellent exemple de film qui vous fait penser sans être trop autoritaire ou trop compliqué et inutilisations des flashbacks éclairent plutôt que ne distraient. Si les thrillers psychologiques sont votre truc, alors L'Echelle de Jacob est définitivement pour vous...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 5 janvier 2020
C’est lentement intéressant, on ne s’ennuie pas pour rien au monde, une mise en scène lumière sur des jouets d’ombre, pour nous faire peur de temps à autre, du moment dans cette histoire déformée en scénario de jeux vidéo, courbant la vérité jusqu’à un final songeur.
Ça fait comme un épisode d’au-delà du réel, la rivière du hibou n’acceptant la fatalité dans l’âme et d’en faire face au bout des convictions, c’est excellent de voir plein de cours théorique comploteur, on a crû à la schizophrénie, maladie mentale, en faite ce sera non.

C’était la guerre du Vietnam qui marque à jamais la conscience américaine, l’utilisation à des fins militaires de drogues dures hallucinogènes LSD hippie en vogue, pour soulager violemment des produits gaz chimiques toxiques néfaste pour l’homme guerrier, comme éternelle réponse négative message final.
Des crimes de guerre enfouis puis déterrée par cette réalisation, ce n’est pas la seule à pousser des cris protestataires anti-guerre, ailleurs révélant la part des choses nécessaires au cinéma levant le voile sur la politique interventionniste, pointée du doigt l’ingérence injustifiée.

Du déni de reconnaissance à l’égard des soldats vétérans affectés perturbés, taisant pour toujours la douleur, s’enfonçant en profondeur, baignant glaçant fiévreusement soutenu endormi, définitivement dans la folie par de flash-back familiale trouble, n’aurait survécu dans cet enfer puisque l’affaire est de l’irréel inconscient.
Des épuisés, fatigués GI matricules numéros, naviguent vers des parallèles où se croisent des créatures humanoïdes, lieux et destinations adresses inconnus, une courbature difformité étrange ignoble inimaginable, là où le rêve bizarre commence, le cauchemar glauque se termine paisiblement, amen.....
2985

316 abonnés 1 258 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 septembre 2019
Excellent film voir l'un des meilleur sur l'acceptation de la mort, sur le doute et le basculement vers la folie, avec l'antre de la folie sur ce dernier point. Pionnier des twists finales ce petit film d'horreur psychologique à bien vieillie et fonctionne toujours autant, Tim Robbins y es excellent, et les effets visuels réussies.
Fêtons le cinéma

851 abonnés 3 661 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mars 2019
Lorsque le personnage de Jacob flotte à l’intérieur de plans incisifs et froids, qu’il s’agisse d’une station de métro désaffectée ou d’une soirée épileptique, on peut dire qu’il se passe quelque chose : le traumatisme se mêle à la réalité pour en présenter le négatif cauchemardesque. Les figures elles-mêmes semblent errer dans les espaces, jamais vraiment chez elles, jamais vraiment à l’aise. Pourquoi alors avoir opté pour de telles boursouflures scénaristiques ? Les révélations s’enchaînent jusqu’à aboutir au petit texte en guise de clausule qui vient éclaircir le mystère mis en scène ; or tout l’intérêt résidait dans l’opacité de situations dérangeantes, à mi-chemin entre le réel et l’hallucination, qu’il ne fallait en aucun cas lever. Ce récit traumatique perd ainsi ses propriétés universelles pour tomber, bêtement, dans la revendication politique pas très fine. La suggestion, l’arabesque, l’ombre, tous ces procédés suffisaient à porter le cauchemar éveillé du protagoniste principal ; mieux, ils contribuaient à l’immersion d’un spectateur souvent maintenu à l’écart en raison du faible impact émotionnel des scènes. Si l’acteur principal ne dispose pas d’un charisme extraordinaire, c’est surtout dans ses relations avec autrui qu’il faute : les femmes ne pensent qu’au sexe et se baladent toujours un nichon à l’air – ce qui constitue, apparemment, la signature d’Adrian Lyne –, les avocats sont pourris, le personnel hospitalier diabolique. Pourquoi tant de clichés pour un sujet aussi novateur ? Il manque à L’Échelle de Jacob une véritable vision d’artiste qui aurait su transcender la simple accumulation d’images pour leur conférer une âme. Car c’est bien d’âme dont il est question ici, cette âme qui ne parvient pas à s’échapper d’un corps meurtri par la guerre. Le héros parcourt de vieux ouvrages consacrés au Purgatoire. De ce Purgatoire, nous demeurons à la surface, au lieu d’en sonder les profondeurs humaines.
Nicolas H
Nicolas H

10 abonnés 309 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 août 2018
Âme sensible s'abstenir. Car si vous osez pénétrer le subconscient de Jacob Singer...vous n'en sortirez pas indemne!!!
Cauchemardesque à souhait, A.Lyne entraine son "héro" (et nous avec) dans une spirale infernale ou de terrifiantes créatures prennent vies; alors rêve ou réalité, difficile de le savoir. Le scénario ingénieux brouille les pistes et plus le film avance, plus on se sent aspiré et plein de compassion pour ce personnage malheureux qui ne comprend pas ce qu'il lui arrive. Jusqu'au dénouement final, qui apporte la réponse...Et un tas de question!!!
Biertan64
Biertan64

66 abonnés 1 483 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 août 2018
Le premier visionnage est une plongée dans les délires psychédéliques et paranoïaques d'un ancien combattant du Vietnam (Tim Robbins). Le twist final apporte les réponses ( spoiler: le Vietnam c'est le présent et non le passé, New York c'est juste un rêve pendant qu'il agonise du fait de ses blessures de guerre
) mais malheureusement arrive trop tard, en conclusion d'un film dont la mise en scène pas assez rythmée (ou qui a un peu vieilli) a finalement échoué à maintenir notre attention.
Shawn777

807 abonnés 3 938 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 novembre 2023
Seconde fois que je vois ce film, seconde fois que je suis complètement perdu et surtout seconde fois que je me dit que je ne le regarderai plus jamais tant il est marquant psychologiquement. Curieusement réalisé par Adrian Lyne et sorti en 1990, c'est en effet un film qui, quoi que l'on n'en pense, ne laisse pas indifférent. Que ce soit par son ambiance crasse ou ses visuels body horror très déstabilisants (et qui peuvent par ailleurs être véritablement effrayants), on sort forcément de cette expérience marqués par le film ! Je reviens rapidement sur le "curieusement" car le réalisateur, dont j'affectionne d'ailleurs particulièrement le travail, nous a habitué à des films musicaux ou des thrillers érotiques, le seul faisant exception à la règle étant celui-ci, se situant réellement dans l'horreur psychologique la plus pure. On est effectivement ici dans quelque chose de très tortueux et de très travaillé qui va constamment chercher à perdre son spectateur mais surtout, vous l'aurez compris, à le mettre mal à l'aise. Ainsi, on ne reconnait pas très bien la patte du réalisateur (mis-à-part sa passion pour l'eau) qui en profite ici pour s'aventurer là il n'est jamais allé, là où il n'a finalement jamais pu aller. Le réalisateur créer ainsi une ambiance ultra-dérangeante même dans des moments les plus simples de la vie quotidienne du héros : dans ce New-York sale et morose, il y a toujours quelque-chose de dérangeant, on ne sait pas vraiment quoi mais on reste toujours sur nos gardes, à l'image du personnage principal. C'est tout à fait le genre de film où il faut être bien préparé avant de le voir car il nous demande beaucoup d'attention ; c'est aussi le genre de film qu'il faut, je pense, regarder plusieurs fois pour, d'une part, pouvoir le voir sous différents angles qui sont autant intéressants les uns que les autres mais aussi pour y repérer tous les petits détails qui orientent vers le fameux twist. Car, oui, encore une fois, rien n'est laissé au hasard, du titre aux prénoms des personnages, tout est pensé et travaillé. La trame ne nous laisse pas le temps de respirer car déjà c'est oppressant et même si le film joue parfois sur la lenteur, nous sommes tellement happé par ce qu'il nous présente que l'on veut absolument savoir la suite des choses, même en le revisionnant (mon esprit avait effacé une bonne partie du film, je l'avoue). Du côté des acteurs, nous avons Tim Robbins qui excelle dans on personnage mais également, entre autre, Elizabeth Peña, Ving Rhames, Danny Aiello, Macaulay Culkin etc. qui jouent très bien. "L'Échelle de Jacob" fait donc partie de ces films particulièrement marquants dont on n'est pas prêt d'en oublier l'expérience.
Ti Nou

625 abonnés 3 863 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 août 2018
Assailli par ses démons, un vétéran de la guerre du Vietnam va être amené à fouiller dans son passé et mettre à jour des secrets bien gardés. Malgré un twist un peu facile, les cauchemars de Jacob parviennent à nous hanter et on plonge dans sa folie et ses traumatismes.
tyrionFL
tyrionFL

25 abonnés 388 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 mai 2018
L'échelle de Jacob est la définition concrète du cauchemar :
incohérent, discontinu, trouble, vague mais puissant et marquant, marquant jusqu'au tréfonds de l'âme .
Le film est bien plus riche que ne le suggère le synopsis car le protagoniste, Jacob Singer est emporté dans un tourbillon de folie ou il est tiraillé par ce qu'il croit être la réalité alors qu'elle se révèle être toute autre.
Adrian Lyne (réal) jongle entre les ambiances à la perfection pour installer un sentiment de confort l'espace de quelques instants pour mieux replonger brusquement dans des scènes particulièrement troublantes mettant mal à l'aise
(inquiétante étrangeté si vous savez ce que c'est);
Bien trop complexe à se l'imaginer il faut voir ce film glaçant pour comprendre ce que je veux dire.
Une chose est sûre grâce aux qualités indéniables du film ( réalisation, effets spéciaux et performance de l'acteur principal Tim Robbins ) il est impossible de ressortir indemne de cette expérience " infernale".
Un film dont j'avais beaucoup entendu parler qui est à la hauteur de sa réputation
Roub E.

1 308 abonnés 5 375 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 août 2018
Un film dont j’avais beaucoup entendu parler et lu pas mal de choses avant de le voir. Sûrement trop d’ailleurs car je m’attendais à un monument et j’ai vu un film excellent. L’échelle de Jacob traite de manière onirique le massacre et le sacrifice de ses propres hommes par une nation à la guerre. Parfaitement interprété par Tim Robbins perdu dans ce cauchemar auquel il ne semble pas pouvoir échapper, le film bénéficie d’une réalisation soignée, de la mise en scène en passant par la photo. Je reprocherais juste au film une vraie chute de tension et de rythme sur la moitié du métrage avant de solidement se reprendre. Les scènes de guerre sont les plus cauchemardesques au final d’un film prenant au caractère assez unique ce qui en fait notamment son intérêt.
Greg A.
Greg A.

53 abonnés 456 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 septembre 2018
Un film a l'ambiance particulièrement sombre au scénario cauchemardesque ! le twist final est inattendue et très réussi 15/20
Mathieu B.
Mathieu B.

43 abonnés 832 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mars 2018
Le scénario est complexe et on attend tout le film pour découvrir la fin pour apprendre la vérité et ce que signifient tous ces trucs bizarres. Mais même si j’apprécie beaucoup ce type de films « psychologiques », je trouve que celui-ci souffre de longueurs qui auraient pu être évitées. Et puis la fin est quand même super prévisible, en tout cas mon épouse et moi l’avions devinée depuis la première moitié du film.
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