Le Juge et l'Assassin
Note moyenne
4,0
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149 critiques spectateurs

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Bucarestboy
Bucarestboy

1 abonné 39 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 avril 2018
tres beau jeu d'acteur et textes superbes...
NOIRET BRIALY et GALABRU sont excellents dans leur rôle...
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2018
Un grand film qui 40 ans après sa sortie est toujours d'actualité même si le contexte a changé. L'interprétation est magistrale, on avait l'habitude de voir Noiret brillant, mais voir Galabru jouer comme ça, quel choc ! Isabelle Hupert est discrète mais belle et Brialy toujours aussi classe. Bonne mise en scène, mais c'est parfois un peu longuet, certains points restent obscurs (le spoiler: suicide de Brialy, la relation Huppert-Noiret
) et puis on aurait aimé moins de manichéisme surtout quand il devient lourdeur. Pas parfait mais très bon et indispensable
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mars 2018
En revoyant "Le juge et l'assassin", on se dit que Bertrand Tavernier est sans aucun doute le réalisateur français contemporain ayant le plus de goût et d'aptitudes pour le film en costumes. En effet, pas moins de dix films d'époque jalonnent la foisonnante filmographie du réalisateur-cinéphile (on pourrait dire le cinéphile-réalisateur). A contre-courant des enseignements souvent tyranniques de la Nouvelle Vague, Bertrand Tavernier fait encore une fois appel au duo Aurenche et Bost. C'est en effet Pierre Bost qui sur le tournage de "L'horloger de Saint-Paul" montre au jeune réalisateur un début de scénario consacré à l'histoire de Joseph Vacher, militaire réformé qui après avoir voulu tuer une jeune femme sur laquelle il avait jeté son dévolu et raté une tentative de suicide s'était lancé de 1894 à 1897 dans une randonnée mortifère (au moins 20 meurtres et viols) sur les chemins de la France du Sud-est. Avec Vacher, la France tenait sans aucun doute un de ses premiers tueurs en série, près de vingt ans avant Henri Désiré Landru dit le "Barbe-bleu de Gambais" qui fut le premier à "imprimer" l'inconscient collectif national. Après le succès critique de "Que la fête commence" (premier réalisateur couronné par l'Académie des Césars en 1976), Tavernier qui ne perd pas de temps en chemin ressort l'ébauche en question et y travaille avec Jean Aurenche, Pierre Bost étant décédé dans l'intervalle. Décidant très vite de proposer le rôle du juge à Philippe Noiret, Tavernier est en territoire connu, sachant ce qu'il peut exiger du comédien. Avec Pierre-William Glenn à la photographie, Philippe Sarde à la composition musicale et Jacqueline Moreau aux costumes, c'est une équipe très professionnelle, sans doute une des plus efficaces des années 1970 qui se met en place autour d'un réalisateur en pleine réussite. Mais l'idée géniale qui parait évidente à postériori a été de faire appel à Michel Galabru qui sera particulièrement troublant dans le rôle de Joseph Bouvier, un peu à la manière de la reconversion réussie par Tony Curtis dans "L'étrangleur de Boston" de Richard Fleischer en 1968. Le comédien qui décrochera un César bien mérité et sans doute trop modeste, attribue tout le mérite de sa performance à Bertrand Tavernier. Il convient tout de même de rappeler que sociétaire de la Comédie Française dans les années 1950, Galabru s'était frotté à tout le répertoire classique même s'il est vrai que sa carrière filmographique faite de nanars alimentaires ne plaidait pas pour lui. Dans le contexte d'une France encore très rurale exposée d'emblée par le plan large du générique montrant Bouvier arpentant avec son bâton les vallons de la campagne ardéchoise, Tavernier à travers le face-à-face entre le juge et l'assassin, prends le pouls d'une France que la Révolution française n'a pas encore réussi à réellement transformer, la bourgeoisie supplantant la noblesse comme classe dominante. Un peu comme l'avait fait Luis Buñuel en adaptant "Le Journal d'une femme de chambre" d'Octave Mirbeau (1964), Tavernier souligne le fossé incommensurable qui demeure entre les classes sociales à travers les rapports entre le juge Rousseau et Bouvier mais aussi par moult petits détails qui montrent bien le mépris avec lequel sont considérées les classes laborieuses (dans les milieux informés actuels ont les nomment "ceux qui ne sont rien"). Le plus bel exemple en est fourni par Rose (Isabelle Huppert), la maitresse de Rousseau soigneusement reléguée dans l'ombre pour ne pas gêner les projets d'ascension du juge de province ambitieux. Idem pour le procureur joué par un Jean-Claude Brialy qui rappelle ici quel grand acteur il était, sorte de mauvaise conscience du juge qui sent bien que l'ordre établi ne sortira pas indemne d'une Révolution Industrielle qui renie déjà les promesses qu'elle avait fait naître. L'ensemble est parfaitement équilibré, montrant le souci du réalisateur d'éveiller les consciences tout en ne rejetant pas la fonction de distraire qui incombe au cinéma dans le sens plus noble du terme. Une seule fausse note est à noter à la toute fin du film quand Tavernier se laissera aller à une conclusion politique orientée sans aucun doute sincère mais un peu mal amenée notamment avec la présence d'un panneau final qui insinue que les victimes de Bouvier ne pèsent pas grand chose au regard des milliers de victimes causées par les activités industrielles. On aurait tout de même envie de lui demander pourquoi dans ce cas il nous a fait passer près de deux heures devant ce fait divers. Le réalisateur lui-même s'il ne remet pas en cause la pertinence de sa conclusion convient qu'il aimerait en revoir la forme si l'occasion de remonter le temps lui était donnée.
marmottefurieuse
marmottefurieuse

12 abonnés 523 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 février 2018
Hormis la comparaison choquante entre les victimes du capitalisme et les crimes commis par Joseph Vacher (pour relativiser les crimes de Vacher ou même presque les excuser) ce film est marqué par "l'affrontement" entre deux personnages, une lutte des classes entre le juge bourgeois, quelque peu suffisant, incarné par un très efficace Philippe Noiret qui représente la France conservatrice, colonialiste et antisémite (antidreyfusard), et l'assassin, Joseph Bouvier, issu de la paysannerie, qui se revendique comme étant anarchiste incarné par un remarquable Michel Galabru (peut être son meilleur rôle).
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 septembre 2017
Inspiré d'un fait divers réel qui défraya la chronique dans la France de la fin du XIXème siècle – l'affaire Joseph Vacher, du nom d'un vagabond isérois qui assassina et viola des dizaines de bergers et bergères – Le juge et l'assassin est remarquable de tension dramatique. Mis en scène de manière magistrale par Bertrand Tavernier, il est porté par un Michel Galabru extraordinaire dans un rôle terrible mais qui nous fait souvent rire jaune – pour lequel il reçut le César du meilleur acteur – et par un Philippe Noiret éblouissant dans la peau d'un juge mû par une ambition sans borne. Leur face-à-face psychologique donne lieu à des séquences dont on ne se lasse pas. Loin de toute forme de manichéisme, le film est aussi un portrait sans concession de la France de cette période, au cours de laquelle l'antisémitisme et le nationalisme exacerbé se matérialisait sous la forme d'appel à la mort de Dreyfus, où il était de bon ton de citer Charles Maurras au cours des soirées mondaines, et où les notables se gargarisaient des vertus du colonialisme. Le parti-pris d'inclure le juge dans cette société revancharde et ultra-conservatrice est clairement une des idées fortes du long-métrage. Un excellent moment de cinéma.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 avril 2017
Le Juge et l'Assassin est un film plutôt intéressant de Bertrand Tavernier porté par deux excellents acteurs.
L'histoire est plutôt originale. Les personnages sont intéressants. Après le film m'a un peu perturbé parce que je ne savais pas trop quoi éprouver vis-à-vis des deux personnages principaux tant ils sont ambigus, notamment celui de l'assassin (pour lequel on arrive à éprouver du dégoût et de l'attachement).
Michel Galabru est excellent dans un rôle complètement à contre-courant des personnages sympathiques et risibles qu'on lui connaît, même s'il apporte une touche d'humour a son personnage de tueur en série. Philippe Noiret est brillant de sobriété dans son rôle de juge froid. À noter également une bonne prestation dans un rôle plus secondaire d'Isabelle Huppert ainsi que de beaux décors.
Un bon classique de Bertrand Tavernier, même si ce n'est pas le meilleur film que j'ai vu dans le même registre.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 19 janvier 2017
Un rôle très inhabituel pour le trublion Galabru qui incarne avec un brio saisissant un assassin psychopathe particulièrement illuminé ; le brillant Noiret en haut-de-forme est là pour lui donner une réplique de haute volée en sa qualité de juge... pas toujours très net. Le problème, l'immense problème insurmontable, insoluble de ce film réside dans un seul nom : Tavernier. Ce radoteur est passé maître dans l'art de l'ennui et du vide depuis bien longtemps.

Donnez-lui une bonne histoire, donnez-lui des acteurs confirmés et renommés : il en fera une chienlit interminable, une mise en scène de limace, un remplissage de tous les instants, un supplice de Tantale audio-visuel. Il est clair qu'il ne souffre aucun rival en la matière et pourtant dans le petit monde du cinéma français, les prétendants à la couronne sont, furent et seront légion. Mais lui, il est au sommet et l'invité d'honneur, c'est bien lui...

Une étoile pour les acteurs qui ont bien du mérite... même si en vérité, cette nullité filmographique ne mérite... que le zéro absolu.
ChauvelCinema
ChauvelCinema

22 abonnés 595 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 janvier 2017
Voilà un "classique" du cinéma français, face à face charismatique et de talent entre Philippe Noiret (le juge) et Michel Galabru (l'assassin, son meilleur rôle ?), plongé dans la France rurale de la fin du 19e siècle (superbement représentée, tant dans les paysages naturels que les décors). L'histoire est finalement très moderne, avec ce violeur et meurtrier violent qui ne veut pas reconnaître ses actes et cherche à se mettre en scène. Mention également aux seconds rôles de classe tels qu'Isabelle Huppert et Jean-Claude Brialy. Bon film quoique sans doute beaucoup plus focalisé sur les dialogues, donc possibilité de léger ennui.
overlook2
overlook2

32 abonnés 163 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 septembre 2016
Tavernier orchestre ici la confrontation de deux monstres : le tueur en série mystique et le juge machiavélique. Deux monstres d’acteurs aussi – Noiret confirme la richesse inouïe de sa palette et Galabru surprend par la puissance de son jeu. Evidemment, le cinéaste n’a pas choisi par hasard cette histoire contemporaine à l’affaire Dreyfus car il s’agit aussi de faire le portrait d’une société réactionnaire, gangrénée par le racisme et la violence des rapports de classe. Toute ressemblance avec la société giscardienne de l’époque n’est pas complètement un hasard. On peut ainsi voir notre assassin comme une victime de l’incurie des services sociaux et des institutions hospitalières, mais aussi comme une victime de cette société qui assène chacun à sa place et reproduit l’injustice de classe. Le combat du juge, lui, est révélateur du pas pris par la bourgeoisie sur l’aristocratie (Jean-Claude Brialy, bien conscient de sa vacuité, qui finit par se suicider) et Tavernier, en faisant de ce juge un personnage frustré et revanchard écorche évidemment son caractère bien pensant – voir ses rapports plus qu’ambigus avec une « fille du peuple » (Huppert, resplendissante). Le film fait aussi écho au débat sur la peine de mort qui secoue la société française en ce milieu des années 1970, faisant preuve d’une belle virulence, tout en évitant la complaisance (Tavernier ne minimise pas l’horreur des crimes de Bouvier)… Tout cet arrière-plan politique pourrait devenir indigeste, mais Tavernier joue avec subtilités de ces allégories, parvenant à conserver une vraie ambivalence à son récit et surtout à ses personnages (l’Assassin n’est pas idéalisé et s’avère presque aussi retors que le Juge – leurs rapports donnent au film une belle complexité, tandis que ce même Juge, en plus de son combat personnel et égoïste, mène aussi un combat pour la vérité). Dommage que dans son épilogue, le cinéaste se sente obliger de souligner lourdement (et très maladroitement) cette dimension politique que le film avait jusqu’alors habilement embrassé. On notera enfin la grande tenue de la mise en scène, qui se fait élégiaque quand elle accompagne les crimes alpins de Bouvier et d’une précision diabolique quant elle suit l’affrontement des deux hommes dans le huis-clos de la prison.
Sonia K.
Sonia K.

22 abonnés 157 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 août 2016
Film brillamment interprété même si Galabru force un peu son jeu, comme à son habitude. Le film met en lumière le caractère politique de la justice: Joseph Bouvier n' a aucune chance de s' en sortir puisqu' il est pauvre (dixit Villedieu, interprété par Brially). Excellent tableau d' une bourgeoisie imbue d' elle même, arriviste, vulgaire, inculte, opportuniste et criminelle.
Shephard69

405 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juillet 2016
Un magnifique face-à-face entre un Philippe Noiret à la hauteur de sa réputation et un Michel Galabru qui signe indubitablement là l'une de ses prestations les plus marquantes où il apparaît totalement hanté, dérangeant, presque effrayant. Une première partie qui montre le périple sanglant de Joseph Bouvier puis une seconde moitié, plus axée sur l'enquête et la recherche d'aveux du juge Rousseau, qui montre grâce à une excellente mise en scène la difficulté d'une telle instruction, surtout à l'époque, ou comment reconnaître d'un point de vue judiciaire si un tueur en série est fou ou responsable de ses actes. Un film grandiose, magnétique qui a le mérite d'ouvrir une réflexion poussée.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 avril 2016
Un film d'une intelligence rare inspiré d'une histoire vraie. Galabru est brillant dans le rôle de ce vagabond torturé, très justement récompensé par le César du meilleur acteur.
fandecaoch

1 151 abonnés 2 232 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 avril 2016
Le Juge et l'Assassin : J’attendais avec impatience de voir ce film et quel claque, quel monument. Ça c’est du cinéma, ça c’est une œuvre de grande qualité. Avec une histoire travaillé et réfléchit, des dialogues impeccables, une réalisation maitrisée, un casting énorme avec des acteurs monstrueux et talentueux. Non vraiment, pour ce film, il y a que des compliments qui me vient et c’est même devenu un de mes films préférés, ce n’est pas rien. Il y tellement de qualité et de consistance. Déjà, l’histoire très complète, très humaine et psychologique qui révèle et parle ou critique de beaucoup de sujet et point de la société et de l’être humain : deux classes social s’affronte, la folie d’un homme, la folie de la société, la justice… Et on nous présente aussi tout une époque, avec cette société très révolutionnaire qui sépare le peuple entre les religieux pur et dur et ceux pour la loi, la justice… Comme je disais, beaucoup de sujet traité avec justesse et authenticité. De plus que l’histoire est basé sur des faits réels, car l’histoire, c’est un homme qui après une rupture amoureuse va devenir fou après avoir tenté d’assassiné celle qui l’aimé, et il va est relâché dans la nature et il va devenir un véritable tueur en série, tueur et violeur de jeune femme. Et ce n’est pas fini, car il y a aussi une vraie affaire de justice et une enquête et même la, on doute sur sa folie, sur ses raisons… C’est très bien mené, les dialogues sont parfait : rien a rajouté no a enlevé car c’est des dialogues de qualités. Mise en scène pareil, c’est bien mis en valeur, des paysages de nature sublime, des zooms maitrisés, un souci du cadrage, avec voila, c’est du cinéma et c’est du Bertrand Tavernier. Et pour finir, que dire des acteurs, des monstres du cinéma, une confrontation : Michel Galabru qui tient sont rôle le plus dramatique, il est incroyable, bouleversant et authentique comme d’habitude, il mérite amplement son césar, et il est face a Philippe Noiret : juste, avec du charisme et de la prestance. Donc voila, un film qui prend aux trips, a la fois touchant car on a pitié des personnages mais très grave et dramatique.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 780 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 février 2016
Hommage à Galabru impose à voir le seul bon film de sa carrière. Lui, modeste, ne comprit pas pourquoi il obtint le César de meilleur acteur et considéra que tout le mérite revenait à Tavernier.
Exploitation d’un fait divers de la fin du XIXème siècle, cette histoire de serial killer français à demi dément est l’occasion pour Tavernier de brocarder la bourgeoisie de l’époque campée sur un espoir d’immobilisme de classe qui l’arrange bien en pleine crise Dreyfusarde. La CGT venait aussi de naître, les ouvriers commençaient à s’unir pour refuser l’establishment ; une nouvelle donne faisait jour.
Tavernier, metteur en scène de talent, maitrise parfaitement les films en costume et la plongée dans une époque. Là, il met en face à face un déséquilibré et un juge symbole de l’ordre social. Le souhait de maintenir cet ordre dépasse, pour le juge, les nouveaux droits des accusés quant à leur assistance d’un avocat et les expertises psychiatriques. La mission que le juge se délègue est donc tout autant juridique que politique. Le pouvoir ne doit montrer aucune faiblesse. Eliminer les ennemis de classe, les révolutionnaires et les dreyfusards passe par la peine de mort, la répression ouvrière, et le colonialisme. La bourgeoisie a tous les pouvoirs et compte bien les conserver longtemps. Ce juge incarne cette bourgeoisie arrogante. Désireuse de statut quo, elle en est insensible.
Tavernier livre donc un film profondément humaniste légitimant les combats contre les ordres établis. Son film est donc à ce titre intemporel. Bouvier, l’assassin, est filmé dans les montagnes ardéchoises en plan large ; Tavernier montre son incapacité à s’intégrer dans ce monde qui lui est hostile. Tandis que le début du film nous révèle un Bouvier antipathique, monstrueux même, qui n’inspire guère l’indulgence ; et un juge d’instruction intègre, compétent et impartial ; une inversion s’opère à la fin ou, tout au moins, le juge Rousseau dévoile ses propres failles et errements professionnels (dans sa quête d'une médiatisation et d'une décoration à tout prix) et personnels (ses relations de quasi couple avec sa mère et de domination avec sa maîtresse Rose / Isabelle Huppert). Il apparait alors comme le représentant d’une société violente et injuste. Bouvier réclame d’être soigné et non jugé ; il invoque l’irresponsabilité pénale pour cause de démence, mais elle ne lui sera pas accordée. Dans le débat qui anime la France à l’époque autour de la peine de mort, ce film a posé sa petite pierre militante.
En effet ce film pose un nombre important de questions : la responsabilité pénale des personnes atteintes d’un trouble mental (peut-on condamner un fou ?) ; le sort judiciaire réservé aux pédophiles (bien que le mot ne soit jamais employé dans le film) ; les conditions de détention des criminels ; le rôle de la presse et le secret (non préservé) de l’instruction ; les crimes sexuels commis par les prêtres de l’Eglise catholique (l’accusé prétendant avoir été victime - à l’âge de seize ans - d’un viol commis par un prêtre mariste) … Au-delà de ces points particuliers, ce film pose des questions fondamentales concernant la repentance, la légitimité de l’acte de juger, le juste châtiment …
Et puis le casting avec un Noiret égale à lui-même et un Galabru capable de se défigurer ; de passer d’une gouaille enfantine avec ses yeux rusés à des éclats de colère soudain, noirs et inquiétants assure un numéro de duettiste de haute volée.
Et puis le film se clos sur un panneau hyper militant de Tavernier qui fit grincer quelques dents ; rappelant que les victimes de Bouvier ne doivent pas occulter celles, infiniment plus nombreuses, que la société a engendrée. Juste que dans les deux cas, ce sont des enfants de classe très défavorisés qui étaient concernés. C’était alors peut être une maladresse.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 19 janvier 2016
Le très bon film français Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier sorti en 1976, avec comme acteurs Michel Galabru (Joseph Bouvier, l'assassin), Philippe Noiret (le juge Rousseau), Jean Claude Brialy (le procureur Villedieu) s'inspire du tueur en série français Joseph Vacher, surnommé le « tueur de bergers » ou le « Jack l'Éventreur du Sud-Est », qui commit de nombreux crimes atroces dans l'hexagone à la fin du XIXème siècle.
Dans ce long métrage Joseph Vacher, interprété par Michel Galabru, est rebaptisé Joseph Bouvier, et le juge Fourquet, interprété par Philippe Noiret, est rebaptisé Rousseau.
A noter que Joseph Vacher commet tous ses crimes avant trente ans alors que l'acteur Michel Galabru a plus de cinquante ans à l'époque du film.
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