films de ouf
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4 - Très bien
Tueurs nés est un film clef dans le cinéma sur la violence. Il a bien mieux vieilli que Orange Mécanique, il est bien plus divertissant que Cannibal Holocaust.
Dès le début, on nous présente Mickey et Mallory, un couple sympa qui se balade en Amérique et flingue tout ce qui bouge. Un petit flashbacks sur leurs parents (évidemment) violents (en sitcom avec rires enregistrés, la poilade), puis vient leur virée dans l'Amérique parsemé de cadavres tous plus innocents les uns que les autres. Pendant ce temps-là, les journalistes avides et sans scrupules se pourlèchent les babines : ils vont pouvoir iconiser leurs tueurs dans les médias. La scène de massacre dans la prison où vont atterrir notre couple est ubuesque, surtout grâce au flic Tommy Lee Jones qui fait ce qu'il fait dans tous ses films, mais en encore plus taré. Le journaliste est aussi hilarant en se joignant au couple de tueurs et en jouant au flingue comme dans un jeu vidéo. ... Tout dans ce film est une satire très bien menée des films hollywoodiens violents des années 80 et de la société américaine en générale. Tout est exagéré, mais très bien dosé et jouissif, à la croisée de Pulp Fiction et Las Vegas Parano. Tout... sauf les deux tueurs.
Les deux tueurs ne collent pas dans la satire. Ils sont les seules personnes du film qui ont confiance en elles, raisonnables, équilibrées, cool, punk, sexy du film. Woody Harrelson et Juliette Lewis sont un duo d'acteurs puissants, taillés pour leur rôle, et qui laissent des traces dans les esprits. Mais à partir de là, on ne sait plus trop où Oliver Stone (réal) et Quentin Tarantino (scénar) veulent en venir. Pour une satire de l'Amérique, il aurait fallu aussi se moquer de ses deux tueurs en série, ces "stars de l'Amérique" au lieu de retomber dans un premier degré malsain. Dans un ultime hommage au dieu des tueurs en série, la scène de fin, montrant le couple de tueurs sympatoches dans un camping-car en jeunes parents, est paroxystique. Parce que la violence qui est montrée ici est, malgré tout, aseptisée et cinématographique. C'est plus près d'un flinguage à la schwarzy que des scènes atroces et réalistes de Baise-moi. Donc quand on présente ses tueurs comme des modèles à suivre, on peut très bien réussir... Comme disent les jeunes interviewés par le journaliste dans le film : "Ouais, les tueurs en série, c'est mal et tout, mais bon, si j'étais un tueur, je serais Mickey et Mallory". La morale du film se mord la queue et le film ne se justifie pas. Il n'apporte pas vraiment de questionnement, comme dans A History of Violence, par exemple, mais est juste un autre divertissement de masse qui adoucit la violence qu'il banalise, mais il n'en reste pas moins un excellent divertissement.
Ajoutée le 27 déc. 2011 à 20h23
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