Skipper Mike
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5 - Chef d'oeuvre
L'opus final de la trilogie la plus spectaculaire de ce début de millénaire est sans conteste le meilleur épisode, avec ses accents tragiques, sa virtuosité magistrale et son sens du détail unique. Sur plus de trois heures s'étendent les aventures du reste de la Communauté sans que jamais l'ennui n'intervienne, là où il se terrait de temps en temps dans le volet précédent. Dès les premières images, retraçant le parcours de Gollum, on sent la tournure que vont prendre les événements : un film sombre et spectaculaire mais aussi centré sur la psychologie des personnages. Les scènes de batailles sont ainsi gargantuesques, étendues mais précises, et toujours ponctuées de pauses rafraîchissantes, même si celles-ci mettent en scène les fourberies de Sméagol au pays des Ombres. La poésie est d'ailleurs bien présente, toujours en compagnie de l'émotion (voir le magnifique dialogue entre Gandalf et Pippin sur le monde de l'au-delà, alors qu'ils sont en pleine bataille à Minas Tirith), et la musique est au diapason de ce parti pris.
Techniquement, les effets spéciaux sont divinement réalisés, avec par exemple les terribles Oliphants ou les assauts des Nazgûls. Les travellings récurrents apportent aussi une vision virtuose de Minas Tirith, belle cité dans la tourmente de ses derniers instants. Peter Jackson écrit ainsi une définition claire de la notion de "spectacle total". Grand ou petit, tout personnage a droit à son acte d'héroïsme, érigeant ainsi un mur de gloire qui connaît son apothéose dans le fastueux final aux portes du Mordor. Un Mordor qui regorge par ailleurs de visions dantesques renforçant encore plus la tragédie qui se noue. La cauchemardesque tour de Cirith Ungol ainsi que la traversé des terres noires par Frodon et Sam en sont les exemples, les plus emblématiques, marquant de la même façon la descente aux enfers de Frodon, dont l'âme n'est plus que le reflet du paysage dans lequel il évolue. "Le Retour du Roi" est ainsi l'épisode le plus lacrymal, avec ce final eucatastrophique qui n'en finit pas mais qu'on laisse s'étirer à l'envi avec volupté.
Même si l'on peut déplorer l'éviction de certaines intrigues du roman original (en particulier la révolte des Hobbits à la Comté ou la longue et douloureuse marche en Mordor, ici raccourcie), que les quarante minutes supplémentaires de la version longue rattrapent un peu sans ajouter d'ennui, l'adaptation du plus bel ouvrage de J.R.R. Tolkien est un coup de maître grandiose et mémorable, un défi insurmontable pourtant accompli avec brio.
Ajoutée le 02 mars 2013 à 20h53
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