Rebecca
Note moyenne
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Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 mai 2017
Lorsqu'une innocence jeune femme, destinée à n'être qu'une demoiselle de compagnie, rencontre à Monte-Carlo Maxim, un riche veuf, puis se marie avec lui, elle ne se doute pas alors que l'ombre de l'ex-femme de celui-ci se fera de plus en plus présente, notamment dans son château de Manderley...

Premier film américain d'Alfred Hichcock, Rebecca est, aussi surprenant que ça puisse paraître, son unique oeuvre à décrocher la statuette de l'oscar du meilleur film. En adaptant le roman de Daphné du Maurier, le maître du suspense m'a aussi offert l'une de mes plus belles, premières et mémorables claques en matière de cinéma, et c'est avec un panel d'émotion intact que je la redécouvre aujourd'hui. Le scénario adapté est un bijou d'écriture, permettant à Hitchcock de dresser des portraits aussi riches qu'ambigus, avec comme arrière-plan ce château froid, obsédant et maléfique qui en devient un personnage à part entière.

Dès les premières secondes puis la rencontre au bord de cette falaise, il met en place une atmosphère envoûtante qui va peu à peu devenir obsédante et sombre. Il étudie les deux protagonistes puis les relations qu'ils auront entre eux, sans oublier une terrifiante femme de chambre qui reste avant tout dévouée à l'ancienne femme de Maxim. Peu à peu, il place son héroïne, déjà réservée à la base, dans la peur, le doute ou encore la paranoïa, ce que les éléments extérieurs vont peu à peu accentuer (les réactions de son mari lorsqu'on évoque son ex-femme, le château, diverses rencontres etc), tout comme la hantise de Rebecca dont l'ombre plane tout le long sur le récit. Hitchcock se sert de tous ses éléments pour accentuer son ambiance pesante et noire, tout en y laissant flotter un parfum envoûtant et mystérieux.

Bien qu'il soit majoritairement dans le drame, Rebecca bascule parfois dans le thriller, permettant à Hitchcock d'aborder des thèmes qui lui sont chères tels que les soupçons, le crime et ses tentations mais aussi les psychoses et obsessions, et il orchestre son récit avec brio et génie. Il met en place une tension constante et s'accentuant au fur et à mesure que son récit avance, rendant ses tableaux obsédants et pertinents. Tout semble parfait et totalement maîtrisé par le maître, tant son récit, le rythme ou la justesse des dialogues. L'oeuvre offre quelques rebondissements parfois inattendus mais ça reste tout le long mis en images avec finesse et sans lourdeur, Hitchcock est alors au sommet de son art, c'est aussi passionnant que propice à nous faire passer par tout un lot d'émotion.

Il a aussi le sens du détail, retranscrivant à merveille toute la particularité du château, que ce soit son intérieur et l'ambiance qui s'en dégage. Les décors sont somptueux, tout comme la belle photographie en noir et blanc et plusieurs séquences sont marquantes et mémorables. Il ne laisse rien au hasard et sa maîtrise technique est parfaite, sachant bien retranscrire toute la richesse de l'œuvre de Daphné du Maurier. Devant la caméra, Joan Fontaine est inoubliable et d'une justesse incroyable lorsque son innocent personnage est poussée à la folie, tout comme le grand Lawrence Olivier, d'une présence immense ainsi que l'inquiétante Judith Anderson.

Une œuvre époustouflante et brillante, Hitchcock pose pied sur le sol américain d'une manière aussi marquante que remarquable, sachant bien retranscrire toute la noirceur et fascination de son récit, dressant des tableaux ambigus et dégageant tout un panel d'émotion.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2014
Premier film américain d'Hitchcock, "Rebecca" est également le seul film de son réalisateur à avoir gagné un Oscar. Et pourtant, même si on y retrouve certains thèmes qui reviendront plus tard dans la filmographie de son auteur, ce film n'est pas vraiment "hitchcockien". Ce qui ne l'empêche pas pour autant d'être excellent : en effet, sur une histoire qui ressemble à un conte de fées un peu morbide dans lequel les morts ont encore du poids sur les vivants, "Rebecca" bénéficie de la maîtrise de son réalisateur alliée à la superbe photographie en noir et blanc de George Barnes qui remporta un Oscar amplement mérité. Face à un Laurence Olivier impérial, Joan Fontaine est excellente en jeune femme fragile et naïve qui se retrouve vite confrontée au passé et à l'hostilité d'une gouvernante un peu trop obsessionnelle pour être honnête. Dans le rôle de cette gouvernante, Judith Anderson est inquiétante à souhait et l'espèce de figure maternelle qu'elle incarne n'est pas sans faire penser à la mère de Norman Bates dans "Psychose". Complétant le casting en charmeur malhonnête, George Sanders est également très bon et il ne faut pas oublier le décor du château de Manderley qui contribue énormément à l'ambiance pesante qui plane durant tout le film.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 22 décembre 2013
Sublime ! Primé de deux Oscars, "Rebecca", est un subtil mélange de romanesque et de gothique. Hitchcock a encore frappé : un scénario éblouissant, une intrigue mêlant romance et enquête policière, une atmosphère pesante avec des personnages perturbants, une tension palpable et le tout sublimé par un duo exceptionnel : Joan Fontaine-Laurence Olivier.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 novembre 2013
Hitchcock, par petite touche, instaure une atmosphère pesante dans laquelle se débat la fraîchement mariée Mme de Winter.
Le film monte habilement comment une personne disparue, par son souvenir dans les mémoires de son entourage, par ses derniers actes et leurs conséquences, continue à exister, jusqu'à détruire la vie de son ex mari et de sa nouvelle épouse. Surtout, on observe avec plaisir l'écart entre les apparences de la vie en société, d'une femme éblouissante formant un couple heureux, de la réalité bien plus médiocre.
Le acteurs sont bons, les seconds rôle intéressants, et les plans proposés par Hichcock soutiennent habilement l'histoire.
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 janvier 2015
Un début qui joue trop dans la simplicité et qui s'avère long et très ennuyant. Après la dernière partie du film connait un bon rebondissement qui dynamise un peu tout, et un peu de psychologie qui est plutôt intéressant. Vraiment limite.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 novembre 2013
Seul film d'Hitchcock à recevoir la récompense suprême des Oscars, Rebecca fait pourtant figure d'anomalie dans sa filmographie. Initialement, il repose sur une intrigue sans suspense, lorgnant plus sur le sentimentalisme que sur le thriller. Malgré tout, on retrouve la patte inimitable du réalisateur qui parvient à distiller quelques scènes d'anxiété grâce à sa mise en scène très subtile et son soin accordé à la psychologie des personnages.
lost 4/8/15/16/23/42
lost 4/8/15/16/23/42

20 abonnés 338 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 octobre 2013
un trés grand film comme la plupart des films Alfred Hitchcock
caro18
caro18

209 abonnés 2 213 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 octobre 2013
Film moyen sans suspens et un peu trop long. Dommage.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 059 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 octobre 2013
Sur le plan formel, le film est parfait, les comédiens impeccables. On trouve déjà dans Rebecca les thèmes chers à Hitchcock, du mystérieux tableau à la lingerie féminine et aux femmes dragons. Pourtant, je n'ai pas été pleinement captivé par Rebecca, en dépit de certains morceaux d'anthologie. Peut-être parce que le film est très long et surtout très daté, très connoté à un univers désuet d'aristocrates et de parasites mondains pour qui on ne peut guère éprouver d'empathie. Le personnage féminin manque aussi de caractère.
Si l'atmosphère du château est superbement rendue, l'intrigue criminelle est en revanche peu crédible. Dans la catégorie des films gothiques, il me semble que Corman et Mankiewicz ont fait nettement mieux.
ER  9395
ER 9395

112 abonnés 1 337 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 octobre 2013
Ce n'est surement pas le meilleur Hitchcock car la première partie est très quelconque mais dès
que le couple vedette arrive dans le château de Manderley on retrouve toute la maestria du maître pour installé le spectateur dans une ambiance des plus angoissante et cette demeure est la vraie vedette
du film.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 octobre 2013
Une jeune femme simple, dame de compagnie d’un millionnaire, va tomber sous le charme du richissime et veuf Maxim De Winter dans un palace de Monte Carlo. Vite mariés, ils vont prendre leurs quartiers dans le manoir familial anglais de Manderley. Le lieu est encore très imprégné de la précédente Mme De Winter, Rebecca, décédée en mer dans un accident de bateau. La présence de Rebecca, encore palpable dans la maison, est relayée par une gouvernante sombre et n’ayant pas fait le deuil de sa « maîtresse ». Ce dernier mot est fort de sens. A l’époque le code Hays sévissait aux EU et la sexualité devait être inexistante des films, certains réalisateurs jouaient donc habilement et intelligemment à le détourner. La fameuse gouvernante, Mme Danvers, est un prototype d’ambigüité sexuelle. Une homosexualité sous jacente mais jamais énoncée effleure du personnage ; Hitchcock, qui n’est pas manche, nous renvoie aussi un doute sur une possible bisexualité de le nouvelle Mme De Winter. Ce n’est pas le sujet du film, mais une curiosité qui fait bien parler les cinéphiles : ah la scène de la « fourrure ».
Hitchcock réalise ici son premier film américain mais ne délaisse pas totalement son pays d’origine, ce dernier est très présent via le manoir de Manderley. Ce dernier est même un personnage à part entière du film. Il adapte ici le roman éponyme qui lui vaudra l’Oscar du meilleur film en 1940 et prend la direction d’un genre de film qui fera son identité et son succès ; le suspense psychologique. Il fait ses premières armes avec ce film, même s’il ne s’agit pas à mon goût de son meilleur, on sent le potentiel.
Son film débute comme un conte de fées, l’ambiance changera radicalement dès l’arrivée à Manderley. Dans la demeure de la famille De Winter plane encore l’ombre de la défunte, ex épouse du Lord. Dès lors, Hitch prend un malin plaisir à distiller une atmosphère trouble, à la lisière du fantastique et de l’histoire de fantôme. La nouvelle Mme De Winter est campée par la belle Joan Fontaine, oscarisée aussi à l’occasion. Toute en vulnérabilité et loin des codes sociaux de l’aristocratie anglaise, la douceur et son visage angélique tranche avec la réelle maîtresse des lieux ; la gouvernante Mme Danvers. La jeune épouse est totalement effrayée et impressionnée par Mme Danvers ressemblant à Nosferatu. La splendide Joan Fontaine (nouvelle Mme De Winter) n’est jamais appelé par son prénom, tandis que la morte est omniprésente par la répétition incessante de son prénom : Rebecca. Cela participe à la négation même de l’identité de la nouvelle épouse, tandis que cela donne une présence palpable à un personnage que nous ne verrons pourtant jamais. La personnification de Rebecca s’effectue aussi au travers des murs, des objets, des vêtements. Le spectateur dans ce climat est fragilisé et s’identifie très vite à la nouvelle venue dans ce monde hostile aux codes bien étranges loin de son milieu. David Lynch dans « Twin Peaks » usera du même stratagème avec Laura Palmer au centre d’une histoire au sein de laquelle elle n’apparaîtra jamais. Hitchcock est allé plus loin puisqu’il ne nous offre aucune photo à nous mettre sous la dent.
Et puis ce film passe aussi au scalpel toute l’hypocrisie des rapports sociaux de ce microcosme. Tous portent un masque social, lorsque la vérité tombe comme dans le cas de Maxim De Winter, la nouvelle Mme De Winter paraît être la seule à ne jouer aucun jeu.
Parce que c’est l’amorce du cinéma qui rendra célèbre Hitchcock, parce que Joan Fontaine est splendide en petit oiseau sous la patte du gros chat noir, parce que Rebecca existe sans exister, parce qu’au travers du jeu avec la lumière et les ombres se dessinent des rapports humains malsains… Il faut absolument voir ou revoir ce très vieux bourré de talent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 octobre 2013
Rebecca est le premier film américain d'Hitchcock directement inspiré de la littérature britannique gothique (Hauts de Hurlevent, Dracula...)
Ce film, inspiré de classiques (on ne peut pas ne pas penser à Barbe Bleue) aura une profonde influence sur d'autres films, dont les ressemblances sont assez frappantes : Cendrillon (la marâtre a la même silhouette que la servante) et aussi certainement sur plusieurs huis clos comme Citizen Kane ou encore les films de la période mexicaine de Buñuel.

C'est l'un des rares film Hitchcock que je n'avais toujours pas vu et c'est pour moi l'un de ses meilleurs.
Je me suis surpris à m'identifier rapidement au personnage principal (Mme. de Winter), isolée dans un manoir hostile. On partage ses craintes qui vont grandissantes alors que le suspens monte. Le manoir comme dans d'autres classiques de l'épouvante (je pense à La Maison du diable) peut être considéré comme un vrai personnage à part entière. Les portes, les murs contribuent à créer une atmosphère des plus oppressante qui va crescendo tout au long du film. De plus, nul ne sait où se trouver le château, il est volontairement inscrit hors de l’espace et du temps. Il n'y a donc aucun échappatoire possible ni pour l’héroïne ni pour le spectateur. Les plans du château et les diverses pièces sont magnifiques, la photographie du maître et superbe mais peut sembler trop académique. Le jeu des acteurs assez appuyé peut lui aussi sembler vieillot.
Le personnage de la servante est l'un des meilleurs personnages d'Hitchcock, (f)rigide, glaciale, elle devient de plus en plus inquiétante jusqu'à ce que ses apparitions deviennent synonyme de danger de mort. C'est également un personnage ambigu, dont la relation trouble avec Mme. de Winter cache peut être une homosexualité latente (entretenue peut être auparavant avec Rebecca).
Le scénario (inspiré du roman éponyme de Daphne du Maurier) est solide et conduit à de multiples rebondissement inattendus et qui nous tiennent en haleine jusqu'à la fin du film.

Le coup de maître d'Hitchcock est de faire graviter le film autour d'un personnage clé que l'on ne verra jamais : Rebecca. Pourtant, c'est peut être le personnage dont on connaîtra le mieux l'histoire à la fin. Hitchcock laisse le soin à chaque spectateur d'imaginer son visage. spoiler: Rebecca est omniprésente dans le film et semble habiter le personnage de Danny. Le comportement de la servante, ses pulsions de mort donnent l'impression qu'elle est possédée par ce qui serait l'esprit de Rebecca. L'ordre divin est alors rétabli à la fin grâce à la purification par le feu : Danny brûle comme un sorcière avec le château qui devient son bûcher (scène finale).


Rebecca est un film à voir pour la façon toute hitchcockienne d'introduire l'inquiétude, la peur et l'épouvante chez le spectateur. C'est un film à l'atmosphère lugubre où le poids des secrets et l'importance du vécu bouleverse le présent et l'avenir de tous les personnages. "Le syndrome Rebecca", aujourd'hui utilisé dans la vie courante pour désigner la propension des Hommes veufs ou divorcés à rechercher "le fantôme" de leur précédente épouse dans leur nouvelle femme est parfaitement illustré dans ce film.
Rebecca est un grand moment de cinéma qui donne des sueurs froides.
Timothé Poulain
Timothé Poulain

68 abonnés 507 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2013
Rares sont les films à s'attaquer à des mythes de la psychothérapie. Plus rares encore sont ceux qui réussissent à les rendre fidèlement à l'écran. Mais c'est pourtant bien cela que parvient à réaliser Hitchcock dans ce film historique où les thèses freudiennes se démontrent à l'écran avec une fluidité et une clarté jamais atteinte. Attention, chef d'oeuvre !
Ryce753
Ryce753

32 abonnés 431 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 octobre 2013
« Rebecca » est un film intelligent, très bien réalisé mais quand même un peu longuet. L’ambiance est pas mal mais étonnamment, je n’ai pas vraiment reconnu la patte ou du moins le suspense cher à Hitchcock. L’ensemble est trop plat, peu percutant et certaines séquences sont un peu fastidieuses à cause des trop longs dialogues entre les différents protagonistes. Les cohérences ne sont pas franchement au rendez-vous et l’histoire est assez confuse et ne tient pas debout (l'enquête de fin est rocambolesque, je n'y crois pas). Bref, il manque quelque chose pour en faire un vrai incontournable du cinéma. Reste une bonne interprétation des acteurs et un scénario correct mais on est quand même loin, très loin d’un « Vertigo » ou d’un « Psychose »
Xavi_de_Paris

364 abonnés 2 856 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 octobre 2013
Un bon Hitchcock, à l'esthétique bien soignée et au suspense savamment orchestré. Pas le plus mémorable toutefois, car il y a parfois trop de dialogues, principal problème des films de l'époque. Les acteurs sont crédibles, habitant à merveille leur rôle.
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