Attention, ma critique va être très conséquente étant donné qu’il s’agit là de mon probable film préféré à l’heure ou j’écris, c’est sûrement la septième fois que je le vois, et à l’occasion de ses vingt ans il faut bien lui rendre hommage correctement. J’adore Star Wars et je trouve que cet épisode est le plus fascinant, les autres étant pourtant tellement géniaux également. Tout d’abord, il faut préciser que je l’ai vu pour la première fois à l’âge de 9 ans, que je n’avais vu que l’épisode 1 et 2 (oui j’avais commencé par la prélogie, honte à moi), et que donc je ne m’attendais pas du tout à une fin aussi chaotique,
ni au basculement d’Anakin, ni à la mort de quasiment tous les personnages
, ni à des scènes aussi traumatisantes
que celle de l’immolation, de l’ordre 66 ou de l’amochissement de Palpatine
. En bref, j’en étais resté tout choqué, et il m’a fallu plus tard revoir toute la saga dans le bon ordre pour en comprendre toute la logique.
Pour plus de contexte, on est sur un troisième épisode qui a reçu un accueil extrêmement positif tant il rattrape les quelques bourdes et lenteurs des deux films précédents, tant il offre un final de trilogie inoubliable !
Un épisode qui rentre plus que jamais dans le genre du space opera puisque entièrement orienté politique et les décors/costumes, évoquent ceux d’un opéra (encore plus donc dans la sombre scène de l’opéra), il en va de même pour les entrées et sorties de personnages, mais aussi les dialogues qui constituent une grande partie du film et qui sont interprétés de manière théâtrale. Toujours un enrichissement de l’univers avec par exemple de nouvelles planètes (Utapau, Mustafar, Coruscant, Kashyyyk). Malgré certains décors encore très cartons (utapau ou certains plans sur mustafar) le numérique est de mieux en mieux maîtrisé et les effets spéciaux offrent des duels dantesques, probablement les meilleurs de la saga si on oublie celui avec Dark Maul dans l’épisode 1, ou des plans extrêmement spectaculaires
(le duel au-dessus de la lave)
. Et dire que tout ça est filmé en intérieur !! On sent aussi une grande influence jeux vidéo sur les décors de certaines planètes ou l’animation de certains vaisseaux. Les vaisseaux offrent des designs magnifiques qui laissent présager ceux des futurs x-wings, mais qui d’un autre côté font aussi pour certains trop modernes par rapport à ce qui viendra après. Le plus réussi de ce côté là est le design du général grievous, cyborg devenu iconique en ayant pourtant une si maigre place dans la saga, extrêmement badass avec sa toux, ses répliques, ses gadgets et ses quatre bras.
George Lucas pour son dernier film à la réalisation réinstaure ses vieilles transitions comme il les aime (et qui ont du charme) et met en scène le basculement d’Anakin en Dark Vador, extrêmement efficace, à peine trop rapide : il s’interroge, il doute, il est manipulé de toute part, il a peur, il cède quand il est vraiment à bout et la scène dans laquelle il chute, située en plein centre du film, dont elle distingue les deux parties, est sublime,
on le voit en parallèle de Padmé réfléchir et pleurer, sous la déchirante voix de la musique “Padme’s ruminations�,
il y a comme une pause dans le film et c’est pourtant là que tout se joue. Ce parallèle entre les deux personnages se retrouve à la fin
lorsqu’ils sont tous les deux en train d’être soignés en même temps
, élément de mise en scène tout à fait pertinent puisque leur amour est l’enjeu principal de l’intrigue.
Autre point d’orgue du film : l’ordre 66. Mais quel retournement de situation ! Quelle scène déchirante ! Qu’est ce que c’est bien filmé ! Quelle musique ! La scène des jeunes apprentis, censurée à raison !
Avec cet épisode George Lucas fait preuve d’une cohérence extraordinaire, en reliant ses deux trilogies d’une manière si fluide et méticuleuse qu’on dirait qu’il est né avec l’histoire en tête (ce qui n’était apparemment pas le cas),
mais on retrouve entre autres les explications de l’armure de Vador, du mensonge d’Obi-wan, de la possibilité des Jedis morts de communiquer avec les vivants, de l’exil de Yoda et d’Obi-wan, de la naissance des jumeaux, le vaisseau du sénateur Organa.
Des oublis ?
A part le fait qu’on ne sait pas comment les clones sont devenus les stormtroopers ?
Je ne vois pas. Les clins d’oeil sont parfois poussés jusqu’au simple fan service par exemple avec Chewbacca, mais rien de trop envahissant.
On pourrait se demander pourquoi Dark Vador continue dans sa lancée une fois que Palpatine lui avoue que son seul intérêt de basculer, à savoir sauver Padmé, est déçu. Mais d’une certaine manière ça se comprend : il a détruit tout ce qu’il avait, il a souffert pour tout le monde, il n’a plus d’autre protecteur que Sidious, il est totalement corrompu (enfin “Il y a du bon en lui�, et ça se vérifiera trois épisodes plus loin).
De plus, George Lucas conclut sa trilogie en parfaite antithèse avec la trilogie originale
: Anakin a sombré par amour pour Padmé et rejaillira par amour pour son fils.
L’épisode laisse plus que jamais place aux réflexions philosophiques (la place de l’amour dans les relations humaines, l’amour d’une seule personne qui compromet celui porté aux autres
-la mort par volonté de Padmé !
, l’importance de la patience, la confiance et la franchise) à la fois marquées et nuancées. La frontière entre le bien et le mal est de plus en plus floue,
que celle de l’immolation, de l’ordre 66 ou de l’amochissement de Palpatine
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que celle de l’immolation, de l’ordre 66 ou de l’amochissement de Palpatine
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que celle de l’immolation, de l’ordre 66 ou de l’amochissement de Palpatine
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Parlons justement de cette terrible VF, qui certes comporte les incroyables voix de Roger Carel et Bruno Choel mais qui propose les traductions de répliques les plus plates possibles (“Bonjour à tous !� pour le fameux même “Hello there !�, “Non c’est lui le traître !� “Vous ne nous échapperez pas !�). Je ne dis pas que certains dialogues n’étaient pas déjà niais en VO mais certaines répliques avaient tellement de gueule (“I have the highground�, “I am the senate�, “This is where the fun begins�). Évidemment je généralise, certaines répliques sont géniales en français comme “Soyez certains qu’il s’occupera de vous� qui fout les frissons quand on la comprend, ou “Ainsi s’éteint la liberté, sous les applaudissements�, réplique valable dans leur lointaine galaxie comme dans la nôtre.
En outre, politiquement c’est vachement intéressant, entre les influences des différentes institutions (conseil des jedis et sénat) les unes sur les autres, la lâcheté de certains peuples pour se révolter, les jeux de manipulation intenses ou encore les réflexions sur la démocratie et la diplomatie dont personne ne fait preuve dans le film à part le personnage féminin impuissant qui passe le film à pleurer seule devant sa fenêtre.
Et je n’allais certainement pas oublier de parler du casting parce qu’il est terrifiant ! Hayden Christensen a énormément gagné en justesse depuis l’épisode 2 et incarne à merveille un Anakin torturé, ses expressions faciales sur Mustafar restent dans la mémoire. Natalie Portman est toujours magnifique en Padmé, Ewan Mcgregor tellement charismatique en Obi-Wan, Christopher Lee méchant classe et Ian McDiarmid tellement bon manipulateur (détestable quand il sourit). Samuel L. Jackson, également un de mes acteurs préférés, joue un maître Windu toujours impliqué dans son rôle.
Malgré toutes les énormes qualités que j’ai déjà cité, Star Wars ne serait plus grand chose sans la musique de John Williams. Le maître compose une de ses meilleures BO en mixant leitmotifs épiques (celui du général Grievous par exemple, le retour de la marche impériale, du “Across the stars� ou du thème de la force), fanfares d’arrivées (“Enter lord vader�), thèmes militaires (“Revenge of the sith�, la réutilisation de “The arena�) envolées tragiques (écoutez les fins de “Anakin’s dream� “Enter lord vader� ou “Grevious speaks to lord sidious�, on entend le destin musicalifié), coeurs déchirants (“Battle of the heroes� notamment mais surtout “Anakin’s betrayal� qui me brise le coeur), funébres (“The immolation scene� “Padme’s destiny�). Une bande son sombre en parfaite adéquation avec les images (motifs maîtrisés à la perfection) et qui se termine par la reprise des thèmes de “Un nouvel espoir� pour célébrer la naissance des jumeaux et faire le lien avec l’épisode suivant (dommage qu’ils aient supprimé la reprise de “Throne room� au montage). En résumé un travail musical hors du commun par un génie de la composition qui ne cesse de se surpasser et se renouveler.
Bon sang j’adore l’ambiance de ce film, sa cohérence et son efficacité extrême, son divertissement à la fois sombre et dramatique sans délaisser l’humour (“je me sens totalement inutile� “le pilotage c’est bon pour les droïdes�, “quel manque d’éducation !�, la haine d’Obi-wan pour les droïdes) et la classe des personnages (Obi-wan surtout) !! Le plus fou, c’est que même en sachant comment ça va se finir le film nous remet un coup à chaque visionnage !