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Un visiteur
3,0
Publiée le 8 août 2011
Un exercice de style pour Todd Haynes le réalisateur, un défi de recréer: La famille unie, la banlieue paisible, l'entente cordiale avec les domestiques noirs, les moeurs aussi limpides que le technicolor est rayonnant... Une Julianne Moore en sirupeuse dame gâteau, de plus magnifique. Haynes veut contourner les codes établis. Le but est ici de reproduire l'imagerie d'une époque et les thèmes qui y étaient rattachés pour aller voir ce qui se passe de l'autre côté du décor, là où le mélo 50's s'arrête, là où les considérations sur l'homosexualité, le racisme, la (non)-place de la femme ne sont que des sous-entendus dans une société encore un peu trop serrée de la ceinture pour accepter ce qui en déborde.
La base du scénario de plus, le thème, sont très bien traités délicatement avec tous les ingrédients de l'époque, rejet de la différence, racisme, commérage, situation sociale, jugements, à priori ... mais si l'interprétation, dans son ensemble est correcte, la mise en scène avec tous les clichés de l'époque (script), photographie et attitudes poussées à l’extrême en devient, vite, pénible. 2.5/5 juste la moyenne pour ce gros défaut !!!
Des images superbes,des acteurs formidables,une reconstitution d'époque minutieuse et le propos louable,tout était réuni pour passer un bon moment mais...que c'était lent.C'est dommage car la force du propos (le racisme et l'intolérance) patit de ce manque de rythme.Le temps s'egrenne lentement,trop lentement pour susciter l'enthousiasme.Vraiment dommage!!!
Un film dur mais nécessaire. Le thème de départ (voir les coulisses de la famille américaine type) m'a fait penser à "American Beauty" (la période mise à part). Cependant, pour ce qui est du traitement même, les deux films n'ont pas grand chose à voir. "Loin du paradis" nous introduit dans une Amérique des 50's à grands coups de clichés : femme au foyer parfaite en tous points (soumission comprise), mari travailleur et dominateur, enfants obéissants et souriants.. Je vous passe les détails. Tout cela pour mieux rendre insupportable le craquellement de ce vernis, la destruction de ce noyau familial factice. Julianne Moore est excellente en tant qu'elle parvient à rendre son personnage pathétique et attachant à la fois. Dennis Quaid et Dennis Haysbert sont bons, eux-aussi. Une dénonciation du racisme, de l'homophobie, du sexisme et plus généralement des préjugés magnifiquement mise en scène (la reconstitution est luxuriante et va jusque dans les moindres détails). Je recommande.
Empruntant à la réalisation typique des années 50, en mélangeant couleurs d'automne et teintes bleutées, ce film aborde le thème du racisme sous plusieurs formes, de manière bouleversante et émouvante. A l'épreuve du temps, un film d'actualité où ses trois acteurs principaux sont touchés par la grâce. Merveilleux, ce film est magnifique au niveau de la réalisation et du message transmis par le réalisateur.
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3,5
Publiée le 25 janvier 2011
Le film se passe dans les annèes 50 et raconte l'histoire d'une femme au foyer bien sous tout rapports, qui voit sa vie bouleversèe quand elle constate les infidèlitès de son mari et qu'elle se rapproche du jardinier noir...Todd Haynes a voulu rendre hommage aux mèlos hollywoodiens d'antan! Avec ce beau film aux belles couleurs automnales et à l'interprètation parfaite, ce sont les films mythiques de Sirk et de Minnelli qui nous reviennent ici en mèmoire! Mais le cinèaste ne se contente pas d'un habile "à la manière de"! S'il se glisse si bien dans le moule esthètique des mèlos d'alors, c'est pour en dètourner tous les codes et dresser un portrait au vitriol d'une sociètè rigoriste! Julianne Moore et Dennis Quaid sont magnifiques...
Sur le papier, ca semblait formidable, regarder les guindés années cinquantes par le prisme libertaire des années 2000. Hélas, sur l'écran, malgré les bons acteurs, tout ne cela ne procure qu'ennui, les dialogues sont faibles, l'ensemble caricatural, le trouble ne passe pas, ca reste un pur exercice de style. L'émotion ne passe que rarement. Un coup d'épée dans l'eau.
Je sais enfin de qui Marc Cherry s'est inspiré pour créer le personnage de Bree dans "Desperate Housewives" ! Cette Cathy est tellement "parfaite" qu'elle en est pathétique. Ce qui l'est encore plus c'est de constater que 60 plus tard, homophobie et racisme tiennent encore le haut du pavé...
Film ultra émouvant mais, chose rare, n'accumulantpas le pathos. Alors, c'est sûr que le script enfourche toutes les situations invraisemblables pour l'époque (la quesdtion homosexuelle et la question de la ségrégation raciale) mais pour la beauté de l'image, du travail sociologique de la bourgeoisie américaine de ces années là et pour quelques belles scènes de cinéma (le bar dans le quartier black), Loin du Paradis vaut d'être vu !
j'ai franchement cru qu'il s'agissait d'un film des années 50, mème si je me suis interrogé sur la perfection des images. Recréer l'ambiance de cette époque était un pari audacieux très réussi, mème si on retrouve par moment certains clichés , ou comment parler de racisme et d'homosexualité quand on bénéficie d'un recul de 50 ans sur les mentalités. Le jeu des acteurs en est certainement facilité. le film tarde à dévoiler son sujet mais on se laisse prendre par le charme désuet de Julianne Moore. le coté impeccable de cette revisitation lui enlève un peu de sa crédibilité mais la nostalgie est là.
Quelques belles images de l'automne en Nouvelle Angleterre ne peuvent sauver un film qui s'apparente à un spectacle de marionnettes. Etait-ce donc cela, l'amérique des années 50 ou bien n'est-ce pas simplement l'imaginaire de Todd Haynes qui la recrée de façon aussi caricaturale ? En outre, le doublage en français n'arrange rien, Julianne Moore étant totalement ridicule, ce qui est n'est pas son habitude.
Largement inspiré par les grands mélos flamboyants de Douglas Sirk des années 50,Todd Haynes mimétise le maître,que ce soit dans les textures,les couleurs ou plus simplement les thèmes traités.On pénètre l'Amérique bourgeoise provinciale très conservatrice de l'époque.C'est un vrai théâtre de marionnettes.Tous le monde s'épie.Les femmes passent leur temps à jaser tout en se promenant dans des toilettes extrêmement onéreuses.Les tabous sont très prégnants.Haynes en cite particulièrement deux:le racisme primaire et l'homosexualité vue comme une maladie.Le rejet par l'ignorance.Quant à cette maîtresse de maison au sourire incessant et aux manières irréprochables,elle est d'une infinie tristesse,mais ne peut absolument pas le montrer,question d'honneur,de prestige,mais surtout de pudeur et de dignité.Julianne Moore est méconnaissable,très impliquée et émotionnelle dans ce beau rôle de femme.Il y a peu à redire au niveau des qualités esthétiques de "Loin du paradis".Son principal problème,c'est justement qu'il ne s'affranchit jamais des mélos qu'il pastiche.Et du coup,l'hommage devient dérisoire,désuet alors que le maniérisme permanent finit par fatiguer.Tout cela manque malheureusement de naturel.
Un film d'une rare intensité. Du Douglas Sirk tout craché (je n'ai vu que "Ecrit sur du vent") !, comme le dit si bien Todd Haynes. Racisme, sexisme, homophobie, intégrité... tant de thèmes abordés pour des valeurs morales, telle la liberté, bien exploitées. Sur fond des "fifteens", Todd Haynes ("I'm not there") s'empare de Julianne Moore ("The hours", "Le monde perdu", "Le fugitif"), la recoiffe en rousse, et la prend de haut, et sa performance exceptionnelle tient du sans faute dans ses méandres dramatiques. Dennis Haysbert ("Heat") apporte lui aussi des sentiments : son interprétation recèle du sans faute. Quant à Dennis Quaid ("L'étoffe des héros"), il fait bien pâle figure face à Julianne et Dennis malgré une présence remarquée. On se console par une musique envoûtante qui nous met en transe : merci Elmer (il a fait "Les sept mercenaires" et "Les nerfs à vif" de Scorsese notamment) !! De plus, la photographie, méticuleusement travaillée, mérite tous mes chapeaux. On en oublie le point faible (Dennis Quaid) et l'on passe un merveilleux moment en compagnie de Todd. Un très beau mélo qui s'apprécie à sa juste valeur et vous fait frissoner de tant à autres. Ceci n'est pas un message pour la discrimination, c'est une ode à la différence. On est bien "Loin du paradis"...
Une belle variation autour de l'imagerie et des obsessions sirkéennes. On songe très fortement à"Tout ce que le ciel permet". Outre ces évidentes références, c'est dans une sorte d'harmonie qui allie la douceur des ambiances et une cruauté latente que le film démontre sa force. Todd Haynes s'affirme comme un auteur très doué et les acteurs sont au diapason. Un exercice intéressant et assez gonflé !
Un trés beau film hommage au ancien film, l'image est magnifique et Julian Moore est superbe dans ce rôle d'une femme qui apprend que se mari est homosexuel et qui va se réconforter dans les bras d'un homme noir, et comme l'hstoire sur déroule dans les années 50 ceci est un scandale.Beaucoup de chose son exagéré et le film tombe beaucoup dans le mélo sauf que contrairement à d'autre film cela est voulu, un excellent drame.