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Persona
note moyenne
4,1
917 notes dont 110 critiques
45% (49 critiques)
35% (38 critiques)
10% (11 critiques)
4% (4 critiques)
4% (4 critiques)
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Votre avis sur Persona ?

110 critiques spectateurs

Julien D
Julien D

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3,0
Publiée le 26/04/2011
Comment noter un film qui ennuie autant qu'il éblouie? Alors qu’il imagina le scénario et la mise en scène de Persona pendant une hospitalisation en urgences, Ingmar Bergmar franchissait les limites de son art tant sur le plan thématique que visuel. La façon qu’il a eu de démarrer sur une ouverture rendant hommage aux œuvres surréalistes de Bunuel pour revenir ensuite au style très austère, aux interrogations psychologiques et à l’imagerie de l’île de Faro auxquels il est associé parvient au final à rester cohérent. Avec ses deux actrices fétiches (et épouses) dans le rôle de deux femmes dont les personnalités tourmentées sont opposées, ces longues scènes d’échanges verbales allant tourner à une sorte de symbiose identitaire sont tournées de manière décousue et terriblement lente au milieu de décors totalement vides. Ce film expérimental peu captivant au premier abord est pourtant, grâce à l'ingéniosité révolutionnaire des effets visuels qui s'y multiplient, une approche surprenante de la façon dont le cinéma peut traiter les méandres de l’esprit humain qui aura su inspirer des cinéastes comme David Lynch.
Maitre Kurosawa
Maitre Kurosawa

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5,0
Publiée le 29/07/2016
Persona : une théorie de Jung qui consiste à sonder l'inconscient; le masque porté par les acteurs dans le théâtre antique. Ces deux définitions - et par conséquent le titre - annoncent parfaitement ce qu'est le film : un parcours psychanalytique complexe qui réfléchit sur les questions de la faute et du mensonge, de l'être et du paraître, des questionnements sérieux qui nécessitent une attention scrupuleuse de la part du spectateur, afin de tenter de percer quelques-uns des mystères de "Persona". Car si le film est très bavard et délivre les secrets refoulés des deux femmes (le récit de la plage pour l'infirmière; le fils rejeté pour l'actrice), il est aussi fait de zones obscures fascinantes et complexes, plaquées sur le problème de la dualité et de l'identité : si Alma et Elizabeth sont d'abord bien distinctes, comment expliquer leur rapprochement soudain et ce plan qui unit une face de leurs deux visages en un seul ? Vampirisme de l'actrice perverse sur une infirmière qui s'est trop dévoilée, perdition mentale de deux femmes qui ne savent plus qui elles sont ou bien encore mise en scène onirique du cinéaste qui brouille les pistes dans des séquences à la véracité remise en cause ? Les interprétations sont multiples, appuyées de nouveau par la densité sémantique du titre car "Persona", c'est aussi la fausse identité, autrement dit le personnage qui s'annule, qui devient "personne" : Gilles Deleuze avait d'ailleurs dit que le fort usage du gros plan - très souvent employé dans le film - "participe d'une dissolution du personnage" car, en ne voyant plus que le visage, le personnage s'efface à l'instar de toute forme de singularité. Ces questions qui tournent autour du contrôle et de l'acceptation de soi sont universelles, elles nous hantent chaque jour et c'est pour cela que le film est obsédant, parce que le jeu de miroir entre Alma et Elizabeth est aussi le nôtre avec la société, avec ceux qui nous entourent au quotidien. Aussi fort que puisse être le contenu du film, il n'aurait sans doute pas eu la même portée sans une mise en scène aussi radicale et moderne, comme ce prologue kaléidoscopique, apparemment tiré d'un cauchemar de Bergman, qui annonce de façon très abstraite la voie que suivra le film et qui assume une révolution cinématographique, avec notamment ce plan d'un projecteur en route (symbole d'un nouveau cinéma ?) et l'image d'un enfant qui touche le visage d'une femme projeté sur l'écran, représentation d'un cinéaste dont le désir de mettre en forme ses obsessions est criant et sur le point d'inventer un nouveau langage pour le septième Art, fragmentant l'image et rejouant la même scène afin de mieux servir son propos, tortueux mais passionnant. "Persona" est un film hautement réflexif qui réclame une grande patience et qui, si on accepte la force de sa proposition, nous entraîne vers des sommets insoupçonnés, aux côtés des magnifiques et sensuelles Bibi Andersson et Liv Ullmann, un couple éternel pour un film magistral, l'un des plus beaux que j'ai pu voir à ce jour.
chrischambers86
chrischambers86

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4,0
Publiée le 20/05/2012
L'une des oeuvres maîtresses d'Ingmar Bergman qui utilise de façon inquiètante les ressources de l'èquivoque pour exposer un cas de dèdoublement ou d'annulation de la personnalitè! Dans "Persona", il y a une scène èrotique purement verbale: en termes crus et directs, une jeune femme raconte le rècit d'une expèrience sexuelle collective à laquelle elle a participè sur une plage avec des inconnus! En France, pays où l'on n'a jamais ètè très tendre pour Bergman, la sèquence fut jugèe extrêmement choquante, même si les sous-titres français de la version originale attènuaient considèrablement l'aspect provocateur du rècit, celui de rapports complexes entre une malade mentale qui a perdu la parole et son infirmière chargèe de la soigner! Avec deux actrices fabuleuses: Liv Ullmann et Bibi Andersson! Mais à mesure que le rèalisateur confirmait la place de la femme au centre de son oeuvre, au point parfois d'èliminer la prèsence dramatique et même physique de l'homme comme ici, il devenait èvident que si l'homme ne gagnait rien en courage, en maturitè, en dignitè, la femme elle-même ne pouvait guère prètendre à un modèle d'èquilibre! Au silence, à l'absence de l'homme, enregistrès une bonne fois pour toutes, et qui semblaient donner le beau rôle à sa compagne Liv Ullmann, a succèdè le dèsarroi d'une femme prise, comme l'homme, dans la tourmente du monde d'aujourd'hui. "Persona", ce sont des images qui mettent à nu les aspects secrets du psychisme humain, ce film ètant un parfait exemple de l'efficacitè des moyens d'expression choisis par le maître Bergman...
platineangel
platineangel

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5,0
Publiée le 29/08/2013
Film d'1h20 entre deux femmes qui synthétise tout un monde d'image et de cinéma, à peine commencé. L'auteur, fantasme sans doute en se plaçant comme jeune enfant dans le prologue du film, au cœur de la contemplation d'un objet qui se fait devant lui, d'un visage qui apparaît. La persona. La personne. Qui est vraiment cette infirmière, et cette actrice de théâtre qui est devenue muette ? Bergman joue avec les lumières, le splendide noir et blanc, les émotions et finit par fondre les images de ces actrices dans la peau d'une même unité hybride, les inverse, les ré-échange, leurs corps, leurs histoires, brouille les pistes du rêve, s'amuse de perdre le spectateur et de tourmenter ses personnages. Jamais le reste de l’œuvre de Bergman ne trouve toute une essence créatrice et destructrice aussi poussée comme dans ce film qui raconte simplement la naissance et la mort de l'image, d'une femme doublée. Finalement, Bergman termine son film en éloignant deux morceaux qui avaient fait les premières étincelles et crée la pellicule. Le cinéma s'en trouve réduit à la simple évocation d'une courte vie de douleur, de drame, et de moments troublants entre imaginaire et réalité.
Caine78
Caine78

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5,0
Publiée le 22/01/2009
Bergman au sommet de son art, et c'est peu dire tant le résultat est éblouissant. Pourtant, il y avait craindre quelque peu l'ennui, tant le fait de tenir 90 minutes avec deux actrices paraissait compliqué, qui plus est pour un réalisateur aussi "verbal" que Bergman. Pourtant, c'est au final une gageure tant il y a de quoi être subjugué par ce qui se déroule devant nous. Au-delà d'une technique toujours aussi éblouissante, que ce soit par la lumière et la photographie, on est troublés de bout en bout par ce face à face qui n'en est pas vraiment un, psychologiquement intense et qui sait pourtant se faire d'une incroyable subtilité. Chaque mot semble ainsi pensé, réfléchi, dosé, rendant le "duel" particulièrement troublant, abyssal même dans certaines scènes, rien n'étant d'ailleurs jamais souligné, Bergman préférant au contraire laisser à chacun une certaine liberté dans son interprétation. Tout n'est ainsi jamais tout blanc ou tout noir, simplement poignant, impénétrable, dense... Et que dire de cette éblouissante scène ou Bergman filme le même dialogue deux fois afin de capter au mieux les différentes émotions de ses deux personnages? Mais en parler plus serait trop vous en dévoiler : n'hésitez donc pas à tenter cette inoubliable expérience qu'est "Persona". Un très grand film.
hpjvswzm5
hpjvswzm5

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4,0
Publiée le 12/03/2014
Ça commence par un générique très expérimental, une sorte de pèle-mêle de toutes les peurs et misères humaines, on a la guerre, une crucifixion, une araignée en gros plan (sympathiques bébêtes), et surtout un pénis en image subliminale. Ça commençait bien. Enfin que je dis ça commençait, le reste n'est pas mal non plus. Je pense qu'il n'y a pas grand chose à reprocher au film d'un point de vue plastique, c'est magnifique tout simplement, que ce soit au niveau de la photo ou de la mise en scène. Même si on adhère pas, on peut au moins lui reconnaître ça, le film n'a pas rien pour lui. Ce qui est bien c'est de voir à quel point Bergman fait ce qu'il veut, refuse les conventions et nous propose un film très épuré, avec quasiment deux personnages uniques (dont l'un mutique), très bien interprétés (on est pas dans la performance quoi), en réussissant à nous intéresser et à dire des trucs. Le thème du film c'est l'identité, les personnages se perdent au fur et à mesure, la dominante devient dominée, les identités se troublent au détour d'un gros plan très bien pensé. Et si le film m'a plu, c'est parce que le centre du film c'est la relation entre les deux femmes, et qu'elle est bien écrite, avec des scènes longues qui durent, un truc que j'aime toujours voir au cinéma. J'ai particulièrement retenu la scène où Alma confie à sa patiente ses ébats érotiques. C'est presque plus excitant que de le voir. Et je suis toujours fasciné par les femmes au cinéma (quand elles sont bien filmées (ba oui, j'ai pas changé depuis quelques jours)) alors un film avec deux femmes qui ont une relation très... je ne sais pas comment la qualifier, tordue ? Ambiguë ? Pas claire ? Mouais, un peu de tout ça. C'est un film vraiment intéressant, très bien fichu, je me suis pas ennuyé une seconde (en plus).
S M.
S M.

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5,0
Publiée le 07/09/2013
"Persona" est une expérience artistique unique, très riche et inoubliable. Une vraie leçon de cinéma: Les plans, les lumières, les émotions, les images fortes et j'en passe. Bergman s'amuse et nous montre toute l'étendue de son talent. Je pense que c'est mon film préféré de l'auteur: Mystérieux, envoûtant, tordu, fascinant... J'avais lu que David Lynch était fan de Bergman et de ce "Persona" notamment, je comprends mieux maintenant. Génial.
Sionsono2
Sionsono2

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3,0
Publiée le 09/06/2013
Un petit chef-d'oeuvre que nous livre le réalisateur suédois. A mi-chemin entre un "Chien Andalou" et tout autre film métaphysique ("Cloud Atlas" étant le plus récent). La vie, la mort, la solitude ou l'âme, tous ces thèmes sont abordés pendant ces (courts) 1h20, où c'est à travers des différentes aventures de l'infirmière qu'ils seront traité. C'est intéressant mais un peu creux au milieu avant de remonter. C'est dur à comprendre et je crois que je n'ai compris même pas la moitié. Mais bon j'ai bien aimé et c'est le principal.
Anaxagore
Anaxagore

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5,0
Publiée le 06/01/2006
Persona est peut-être l'un des quatre ou cinq plus grands films de l'histoire du cinéma, en d'autres termes un chef-d'oeuvre absolu, un modèle, une leçon... Bergman nous y délivre ce qui constitue en quelque manière son art poétique, en nous y démontrant par l'image, et non didactiquement par le discours, que le cinéma est selon lui pure poésie (du grec poieïn qui signifie faire, fabriquer, produire!). Persona est donc bien davantage qu'un banal film psychologique ou psychanalytique, même si l'allusion à Jung peut paraître évidente. Le prologue et l'épilogue, ainsi que la brutale interruption centrale, sont là pour nous avertir que l'enjeu est ailleurs. Le réalisateur suédois cherche moins la signification claire d'un contenu univoque que la parfaite adéquation de la forme cinématographique et du contenu auquel celle-ci renvoie. Et la réussite est totale. Pas une image de trop, pas une parole inutile et une musique parfaitement en situation. On ressent intuitivement la participation nécessaire de chaque élément à la cohérence de l'ensemble. On peut ensuite se perdre en conjectures interminables sur la signification exacte de l'histoire d'Elisabeth et d'Alma. Ne s'agit-il pas d'une métaphore visuelle de la quête personnelle d'identité à laquelle chaque personne humaine est confrontée? Elisabeth et Alma ne sont elles pas en définitive un seul et même personnage, la première constituant le masque (persona en latin) de la seconde, comme le suggère la scène formidable où les deux visages sont fondus en un seul? Qu'importe en définitive! L'enjeu pour Bergman (il l'a explicitement avoué!) était de «faire», de créer, autrement dit, de produire de la beauté. Et le pari est tenu. Persona est, en tant qu'objet cinématographique, une merveille, terrible sans doute quant à son contenu, voire excessivement pessimiste, mais intrinsèquement rayonnante. Tout cinéphile se doit un jour de la contempler!
Truman.
Truman.

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3,0
Publiée le 07/09/2013
Persona est une leçon de cinéma pour sa réalisation que ce soit au niveau de sa photographie somptueuse qui traversera les ages ( le film a 47 ans (1966) et ça se ressent absolument pas ) ou encore pour ses cadrages minutieux et ingénieux donnant lieu a des plans magnifique . Ça commence de façon étrange comme un trip expérimental, un pénis en érection qui s'affiche durant une demie seconde, des types déguisé en squelettes et même un clou qui s'enfonce dans une main, c'est un gros délire étrange qui ne semble pas avoir sa place mais ça n'a surtout aucun sens . Sous forme d'un huis clos au bord de la mer une infirmière va se confier a sa patiente qui se renferme dans le silence, va alors s'en suivre un climat plus ou moins malsain sur fond de folie . Avec cette histoire le film va aborder différents thèmes comme celui de la solitude, de la vie ou de la mort avec des interprétations assez bonne mais le soucis c'est que le film ne semble pas mener a grand chose dans le fond . Mais le véritable soucis du film c'est qu'il est ennuyeux, en seulement 1h20 l'ennui arrive a s'installer rapidement, des longueurs qui s'enchainent et des scènes moelle ou il semble ne rien se passer . Un film qui manque cruellement d’intérêt en dehors de son montage, de sa photographie et de ses quelques plans excellent . Bergman semble avoir réaliser un film contemplatif qui lui est trop personnel et laisse un peu le spectateur de coté .
Akamaru
Akamaru

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1,0
Publiée le 03/03/2010
Le film le plus mémorable d'Ingmar Bergman,tout simplement car il y réinvente l'art de la mise en scène,tout en provoquant un trouble déroutant sur la quête d'identité."Persona" n'a rien d'attirant a priori.Une infirmière envahissante,Alma et une actrice mutique,Elizabeth,seules dans une maison sur le littoral.La conversation incessante de l'une trouve le regard compatissant de l'autre.Les 2 femmes s'observent,s'épient,jusqu'à ce qu'Alma commençe à se sentir devenir Elizabeth.Quand la perte de son soi intérieur provoque la schizophrénie.Leur traumatisme concerne leur incapacité au comportement maternel.Bergman brouille encore plus les pistes,bien sûr avec l'obsédant prologue de 6 minutes,assemblage d'images horrifiques et dérangeantes.La pellicule s'embrase,est rembobinée,démontrant le caractère éphémère de l'image.Le ressenti supérieur à la vision.Bibi Andersson,de plus en plus perturbée,et Liv Ullmann,au masque qui se craquèle,sont les 2 faces d'une même pièce.Qu'y a t-il de pire que de ne plus savoir qui on est? Cette oeuvre, inspiratrice des travaux ultérieurs de Lynch,se positionne habilement sur la réversibilité des apparences.Un duel métaphysique entre 2 femmes fragiles.Très psychanalytique,dur à perçer,et franchement glacial,mais le perçer revient à toucher du doigt un héritage incomparable.
Plume231
Plume231

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5,0
Publiée le 13/02/2009
Un chef d'oeuvre ! On se laisse totalement happer par ses 90 minutes dans ce qui paraît être le subconscient de ces deux femmes remarquablement interprétées par Liv Ullmann et Bibi Andersson. La photographie en noir et blanc est en outre inoubliable et Bergman s'en sert admirablement pour servir l'histoire son film. Le point culminant du film étant le plan où l'on voit le visage de l'infirmière et celui de la patiente se fondre en un seul. De plus, Ingmar Bergman laisse un champ d'interprétation immense au spectateur ce qui la marque d'un très grand metteur en scène.
stebbins
stebbins

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5,0
Publiée le 25/01/2007
On croirait vivre un rêve éveillé...Persona est à ce jour mon Bergman préféré, et ce pour deux raisons. La première raison de cette préférence est la forme du film, esthétiquement très beau, emprunt de poésie et de mystère ( j'ai d'ailleurs l'étrange impression de retrouver l'univers de David Lynch, notamment Mulholland Drive. Au reste, le cinéaste américain reprendra dans ce film le plan des deux visages féminins se superposant ). La deuxième raison est la suivante: Persona est novateur dans sa construction, et il reste à ce jour l'un des films les plus déroutants jamais réalisé ( je pense à la bouleversante césure qui intervient au milieu du film de Bergman, ou encore à cette extraordinaire scène où Alma parle de l'avortement d'Elisabeth, scène qui se trouve exposée d'abord du point de vue d'Elisabeth, puis du point de vue d'Alma ). Persona est un film si riche que les qualificatifs me manquent pour le décrire: rare, d'une violence sourde et insinueuse, envoûtant, dérangeant, incomparable...Et les deux actrices principales dont les personnages sont antagonistes sont magnifiques ( Excellente Bibi Andersson, intense Liv Ullmann...). Un chef d'oeuvre marquant sur l'introspection et l'incommunicabilité. Bergman au sommet de son Art!
soniadidierkmurgia
soniadidierkmurgia

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5,0
Publiée le 22/10/2016
Œuvre charnière dans la carrière d'Ingmar Bergman dont le cinéaste lui-même dira quelle lui a sauvé la vie, atténuant quelque peu son propos par la suite, "Persona" est assurément une œuvre importante qui demeure difficile d'accès notamment par son ouverture autant déroutante qu'incommodante. Il faut tout d'abord resituer le film dans le contexte personnel de son auteur. Au sommet de sa gloire depuis la très forte reconnaissance critique du "Septième sceau" (1957), Bergman s'apprête à tourner un film à gros budget pour la Svensk Filmindustri intitulé "Les cannibales" quand il tombe brusquement malade, terrassé par une double pneumonie. Son séjour à l'hôpital dans un état de faiblesse extrême déclenche une grave crise existentielle qui débouche sur une remise en cause fondamentale de sa manière d'aborder son art. Sans doute inspiré par les différents courants, notamment français, bousculant le mode narratif aussi bien dans le domaine du roman que dans celui du cinéma, il se décide pour un projet minimaliste avec seulement deux actrices présentes à l'écran. Il rappelle Liv Ullman et Bibi Andersson parties se reposer en Tchécoslovaquie . Elles rejoignent la petite équipe qui embarque pour l'île de Farö où il possède une résidence. "Persona" dans le théâtre antique désigne le masque que revêtaient les acteurs. Jung nomme ainsi la "personnalité sociale" de l'individu lui permettant d'organiser son rapport aux autres en opposition à l'alma (subconscient en suédois) où se trouve enfouie sa réelle personnalité. Une persona plus ou moins envahissante notamment chez les acteurs qui ont la possibilité de par leur art de se réfugier derrière leurs rôles. La confrontation à son subconscient pour trouver son moi réel et profond peut-être une expérience douloureuse. Selon Jung, le "je" est même quatre : l'ego, la persona, le soi et l'ombre. Les théories du psychiatre controversé sont revenues à la mode au début des années 60. Elles fascinent Bergman qui en fera le thème central de son film (Alma sera même le prénom de l'infirmière interprétée par Bibi Andersson). Débarrassant son récit de toute scorie narrative, le réalisateur confronte deux femmes dans un lieu clos où patiente (Liv Ullman) et infirmière (Bibi Andersson), elles vont explorer toutes les facettes de leurs personnalités respectives par un jeu de miroir, curieux mélange de sincérité et de persversité, qui les amènera aux limites de la folie. Pour cette expérience autant psychologique que sensorielle, Bergman a choisi la force de contraste du noir et blanc qui lui permet, épaulé par son fidèle chef opérateur Sven Nykvist, d'utiliser un subtil jeu d'ombres et lumières pour tout à la fois magnifier la beauté de ses deux actrices et traduire les tourments intérieurs qui les submergent. Les films de Bergman se ressentent plus qu'ils ne s'expliquent et "Persona" encore plus que les autres qui fit l'effet d'une bombe à sa sortie dans le milieu de la critique intellectuelle. Sans pouvoir être relié à aucun genre cinématographique, "Persona" par la sourde inquiétude qu'il diffuse revêt quelquefois les habits du film fantastique via la vampirisation l'une de l'autre à laquelle se livrent les deux jeunes femmes. Chaque nouvelle vision du film fascinera tout autant qu'elle fournira des éclairages nouveaux sans jamais donner de clef. On dit par exemple que Bergman est tout sauf un cinéaste délivrant un message social. "Persona" analysé jusqu'à présent sous l'angle jungien peut aussi révéler une facette de la domination entre les classes sociales. A coup sûr on ne peut être indifférent à ce chef d'œuvre d'épure aux multiples facettes réalisé par le maitre suédois au mitan de sa longue et prolifique carrière.
Benjamin A
Benjamin A

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4,5
Publiée le 11/07/2014
Un écran blanc, un son de sonneries, un compte à rebours allant de 10 à 7, une femme, un squelette, la mort, le diable, une araignée, un mouton, un arbre ou encore un gamin posant sa main sur un écran où l’on voit le visage d’une femme… Et commence « Persona ». Sorti au milieu des années 1960, ce film de Bergman nous fait suivre une actrice de théâtre qui se retrouve brusquement muette et qui va être envoyé par sa clinique au bord de la mer en compagnie d’une jeune infirmière pour s’y reposer. Le réalisateur suédois nous livre un face à face entre ces deux femmes dur et éprouvant, marqué par deux personnages forts, ambigus et mystérieux, notamment cette infirmière qui va d’abord se confier énormément, s’attacher à ce personnage muet et se sentir libéré avant d’entrer dans une crise existentielle avec cette star qui ne parle pas mais qui l’écoute et écrit. Bergman sonde l’âme humaine et instaure une atmosphère de plus en plus trouble, intense voire malsaine par moment, il laisse le spectateur interpréter les images et les dialogues. L’écriture est excellente et surtout les dialogues. Chaque phrase sonne juste sans que ce ne soit jamais lourd (notamment lors de la scène où le dialogue est lu deux fois mais le suédois capte les différentes émotions des deux personnages). Bergman est toujours dans le vrai et capte au mieux les sentiments/émotions/expressions des personnages. Techniquement c’est superbe que ce soit au niveau de ses cadres, de ses plans, des jeux d’ombres et de lumières ou bien évidemment de la magnifique photo en noir et blanc. Ce face à face est magistralement interprété par deux actrices, Liv Ullmann dans le rôle de la star et la superbe Bibi Andersson dans celui de l’infirmière, qui donnent vies à leurs personnages et permettent de nous immerger dans l’histoire. Décidément, en sept films vus d’Ingmar Bergman, je n’ai jamais été déçu et celui-là se place parmi les meilleurs. Un drame intense, dur, captivant, marquant, superbement mis en scène et interprété.
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