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Schwann
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2,0
Publiée le 23 janvier 2013
S'il y a une excellente chose dans le film de Cronenberg, c'est la prestation de Jeremy Irons, qui joue les deux Mantle (mental) Twins. Il parvient à incarner ces deux personnages en restituant une grande complexité de caractères. Les tours de passe-passe entre les jumeaux amusent au début, puis cela sombre très rapidement dans un complexe d'égos et de personnalités entremêlés, face à l'incapacité de se détacher de sa chair et de son sang - le tout baignant dans un univers hanté par la médication dans son sens le plus large, ce qui n'est pas particulièrement ma tasse de thé, même si j'ai suivi sans trop de détachement. On en vient à se demander si ce n'est pas un manifeste anti-médocs, plutôt que le chef-d'œuvre annoncé de Cronenberg.
Remportant le Grand Prix du festival d’Avoriaz en 1989, "Faux Semblants" est une œuvre qui aura provoquer une certaine fascination chez un large public. En ce qui me concerne, je ne peux pas dire que j’ai été totalement fasciné par ce film de David Cronenberg, mais je reconnais néanmoins qu’il s’agit d’une œuvre bien étrange et assez réussi. Jeremy Irons est excellent dans le rôle des deux jumeaux, Geneviève Bujold donne satisfaction à travers son personnage d’actrice célèbre et profondément torturée, les trucages sont assez saisissants et la mise en scène très ambigu est bien dans le style du célèbre réalisateur canadien.
Cronenberg fait à nouveau un film dérangeant et très psychologique. Cette histoire de frères siamois vivant en totale symbiose dérapent le jour où l'un d'eux est amoureux d'une femme qu'il ne veut rien que pour lui. Cet élément perturbateur changera radicalement la relation entre les deux frères. J'ai trouvé la porté du film trop faiblarde, je n'ai pas réussi à m'intéresser jusqu'au bout. Surtout qu'il est difficile de tout comprendre, très peu de dialogues, il faut un peu deviner ce qu'il se passe. Ce n'est pas mon Cronenberg préféré, loin de là.
Peut-être le chef-d’œuvre de Cronenberg : le cinéaste canadien atteint ici une intensité dramatique proche de la tragédie grecque. Il aborde d'ailleurs la gémellité sous l'angle du mythe, comme une métaphore du couple en général, qu'il soit amoureux, familial ou même amical. Il est ici question de l'impossible fusion de deux individualités, de la volonté (très cronenbergienne) de dépasser la chair. Le couple est à la fois une formidable transcendance, une exaltation, mais aussi une oppression (dû à cette impossibilité de fusionner). C'est cette tragédie de l'incomplétude que relate le film, à travers le cas particulier de deux jumeaux qui se retrouvent en "dissonance". Cela est évidemment dû à l'irruption d'un corps étranger (une femme), qui vient révéler à Berverly et Elliot leurs différences. Et les entraîner dans une chute irrémédiable. Au-delà de la puissance du propos, le film atteint des sommets de puissance cinétique : rarement l'impression de tragédie, implacable et métaphysique, n'aura habité un récit. Mise en scène au cordeau, interprétation de haut vol, vertige de l'interprétation Jeremy Irons qui parvient véritablement à donner vie aux deux frères, score parfait de Howard Shore, lumière ciselée : tout est poussé à l'incandescence. Cronenberg signe ici l'épure d'une tragédie qui fascine autant qu'elle ne provoque l'effroi. Cela ne l'empêche pas de continuer son éternelle et passionnante réflexion sur les liens troubles du corps et de l'esprit. Une œuvre totale et puissante qui assoit définitivement son auteur parmi les plus grands.
C'était bien vu de la part de Cronenberg de montrer les liens mystérieux qui unissent les vrais jumeaux dans ce drame psychologique, phénomène que personnellement je n'avais jamais vu auparavant au cinéma. En droite lignée de sa série explorant la métamorphose, il a judicieusement ajouter la gynécologie comme fond à son histoire afin d'y introduire les quelques éléments fantastiques qu'on aime tant chez lui. Cependant on est loin des films d'horreur et de SF auxquels il nous avait habitués et hormis l'extraordinaire double performance de Jeremy Irons qui reste la meilleure selon moi, cette oeuvre n'est pas si spectaculaire et souffre de nombreuses longueurs...
Malgré le synopsis alléchant et l'incontestable atmosphère d'irréalité signée Cronenberg, Faux Semblants peine à nous ancrer pleinement dans cette descente aux enfers. La faute sans doute aux longueurs et à la sobriété de la mise en scène.
Chaque nouveau long-métrage de Cronenberg que je vois n'est que la confirmation de son immense talent. Faux-Semblants est une oeuvre démesurément torturée - comme la plupart des longs-métrages du réalisateur canadien - où nombreuses sont les qualités. Commençons clairement et simplement par le commencement, Jeremy Irons est tout à fait fabuleux, dans deux rôles distincts que l'on croirait interprétés par deux acteurs distincts, tant les effets spéciaux sont réussis. Des personnages complexes que l'on ne peut comprendre entièrement. Ensuite, le scénario est suffisamment réfléchi pour susciter l'utilisation du cerveau à chaque seconde qui passe (après tout, c'est du Cronenberg) ; et incroyablement inventif. S'il semble difficile d'analyser tous les détails lors du final, on n'en sort pas moins époustouflé par ce qui vient de se passer. En tous les cas, tout l'univers du réalisateur est là. Une fascination pour la chair, les rapports humains, l'esprit... Un drame psychologique profondément inspiré, sous l'excellente musique du grand collaborateur Howard Shore.
Film très troublant et même dérangeant. Le spectateur est tenu en haleine pour savoir jusqu'où les jumeaux vont aller. Cependant, le film est intéressant à voir, ne serait-ce que pour la formidable interprétation de Jeremy Irons, qui parvient à jouer simultanément deux personnages complètement différents !
Faux-Semblants s'inscrit dans la lignée des films fantaisistes de Cronenberg (par opposition à ses 3 derniers films surtout). L'ambiance y est hyper malsaine, hyper ambiguë et hyper dérangeante. Le pitch (deux frères qui maintiennent l’ambiguïté et partagent tout, jusqu'à leurs conquêtes, et se retrouvent pour la première fois dans une situation où entrent en jeu jalousie et possessivité) est plutôt passionnant et original. La réalisation se met au service de l'histoire, elle est froide, glaciale, tout comme le sont les instruments créés par les frères Mantle. Les couleurs, le jeu bipolaire de Jeremy Irons (extrêmement convaincant en ce qu'il arrive à faire vivre, et ce très distinctement, deux personnages au sein d'un seul et même film), sont autant d'éléments qui rendent le film très perturbant. La scène de la danse à 3 (qui est très bien filmée d'ailleurs) représente bien l'ambiance glauquissime du film. La thématique de la séparation nécessaire mais impossible, à laquelle sont confrontés les jumeaux lorsque l'un se met à vouloir sa "chose" à lui et à lui seul (Claire), est traitée comme une ligne directrice qui traverse tout le film. Il y a toujours l'idée de la dualité et de l'union qui ne cessent de se répondre, avec une intensité qui monte toujours un peu plus en grade. Faux-semblants est un film singulier et prenant, mais son petit côté un peu "too much" (qui me rappelle La Mouche pour les quelques effets spéciaux dégueus), s'il est j'en suis sûre vanté par certains, m'a souvent rebutée.
A couper le souffle! Pour ma part , il s'agissait de mon premier film de Cronenberg.Comment peut on arriver à cette realisation proche de la perfection, celle qui vous transporte , qui vous plonge dans l'histoire au point de ne pas voir passer les 2h du film.Immersion garantie, histoire dingue et si probable...Un must.
Cronenberg, toujours aussi torturé et dérangeant, toujours fasciné par la chair, la mutation, la duplicité. "Faux semblants" est un pur produit de l'art de son réalisateur, dans le sens où l'on y retrouve beaucoup de ce qui caractérise ses œuvres. Il y a déjà cette espèce de fantasme organique écœurant, récurrent dans ses films, et qui est assez malaisant. Mais il y a aussi derrière une mise en scène pleine de maestro, des personnages que leur dualité rend très crédibles, et surtout une dimension émotionnelle puissante, qui se manifeste hélas beaucoup plus dans la première partie que dans la seconde (un peu plus foutraque et cérébrale), mais qui relève vraiment le tout, et qui ne fait jamais tomber le film dans la froideur ou l'austérité (ce qui était le cas de "Videodrome"). Un film efficace et déroutant.