Dodes'ka-den
Note moyenne
4,2
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max6m
max6m

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5,0
Publiée le 12 mars 2007
Pour son premier film en couleur, Kurosawa réalise une oeuvre très picturale. La peinture est en effet au coeur même de Dode's Kaden. Tout d'abord par l'aspect formel du film, avec cette utilisation très particulière de la couleur: Kurosawa peint littéralement les décors du film ainsi que les visages de ses acteurs, rappelant parfois l'expressionisme allemand. La couleur n'est pas utilisée ici pour "reproduire" la réalité. Nous sommes plongés dans un monde hors du monde, où rien n'est vraiment vrai et dans lequel Kurosawa peut donc se permettre toute sorte d'extravagance visuelle afin de mieux faire ressortir les émotions. Cette distance que Kurosawa prend par rapport à la réalité permet de rentrer complètement dans l'univers des protagonistes, d'être à leur place et de vivre ainsi les évènements de l'intérieur, de voir à travers le prisme de leur folie. Et ce sont du coup les personnages "normaux", extérieurs à ce monde des bidonvilles qui sont exclus du cadre et qui ne peuvent pas y trouver leur place (comme l'illustre magnifiquement cette scène où un peintre, représentant Kurosawa lui-même faisant son film, est chassé par l'enfant-tramway car il est assis sur les rails du tramway imaginaire). Kurosawa propose alors une réflexion sur son propre travail: il nous montre que devant une telle misère humaine, l'artiste (le peintre), ne peut que s'éclipser, tout comme ces dessins à la craie que la mère s'empresse d'effacer. Il ne pourra pas rendre compte de la réelle profondeur de ces drames humains et opte donc pour un autre point de vue, celui de la folie, ne trouvant plus d'utilité à son art. Avec Dode's Kaden, Kurosawa abandonne totalement le réalisme social et sa volonté de transmettre un message humaniste et semble succomber à un profond pessimisme. Il n'empêche que son film est absolument sublime et laisse une trace indélébile au plus profond de notre âme.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Boudé par les spectateurs a sa sortie "dode's kaden" est effectivement différent de ce que l'on avait l'habitude de voir de ce maître absolu du cinéma nippon. En même temps, ce n'est pas nouveau, l'orsque les réalisateurs sortent de leurs habitudes cinématiques,tout le monde fait la tête et ce n'est que bien plus tard que l'on se rend compte que l'on a eu tort. C'est également arrivé a Scosese avec "king of comedy",bide chez nos amis américains et pourtant c'est surement un de ses meilleurs films. Ici, c'est la même chose,Kurosawa laisse de coté les sabres et nous conte avec une beauté et une poësie qu'on lui connait la vie de ce bidonville japonais remplit d'être plus atypiques les uns que les autres et nous offre une réelle réflexion sur la vie, la folie, l'ivresse, le bonheur (les plus heureux ne sont pas toujours ceux qu'on croit)...tout cela enrobé d'un humour pour le moins innatendu de sa part. "Dode's kaden" est donc surement avec "vivre" son oeuvre la plus personnelle servie par des images toujours aussi sublimes.Un film qui n'est pas sans rappeler "amarcord" de Fellini et m'est avis qu'Emir Kusturica a du le voir pas mal de fois avant de faire "chat noir chat blanc", mais ce n'est que mon avis.
Jean-François S
Jean-François S

59 abonnés 671 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 septembre 2006
"Dodes'kaden" marque le début de la dernière période du cinéaste Akira Kurosawa. Désormais les scènes d'actions sont quasi absentes, le scénario laisse place à la contemplation, les films n'ont plus pour but d'être distrayant mais beaux. Dans cette optique "Dodes'kaden" est le plus extrème de ses films et cette soudaine rupture de ton dans sa filmographie aboutira à l'échec sans appel du film boudé du public qui ne le suit pas dans sa vision du cinéma. Désormais Kurosawa n'est plus le génie nippon qu'il était et sera bani du système de production japonais. Il faut dire que l'absence d'intrigue durant les 3/4 du film a de quoi rebuter les plus hardis des spectateurs et la "beauté" des images ne suffit pas à contrebalancer le deséquilibre que cela provoque, d'autant plus que l'esthétique sur lequel repose le film à particulièrement mal vieillie et rend donc le film totalement ininteressant. Il reste une curiosité, un essai expérimental.
VodkaMartini
VodkaMartini

63 abonnés 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
"Dodeskaden" fut, à sa sortie, un échec retentissant. Kurosawa, qui considérait ce film comme étant son film le plus personnel, en conçut une telle amertume qu'il commit une tentative de suicide. Revu aujourd'hui ce film frappe par l'utilisation des couleurs, le coté choral, l'humanisme à fleur de peau et la tendresse infinie qui s'en exprime. A réevaluer donc surtout que ce film marque sans doute l'ultime exemple de l'humanisme "kurosawaien" (sic!) dans ce qu'il avait de candeur assumée. Plus tard, "Kagemusha" et "Ran" nous montreront un maître plus désenchanté.
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