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    Soy Cuba
    note moyenne
    4,2
    224 notes dont 36 critiques
    répartition des 36 critiques par note
    18 critiques
    12 critiques
    1 critique
    2 critiques
    3 critiques
    0 critique
    Votre avis sur Soy Cuba ?

    36 critiques spectateurs

    Jean-François S
    Jean-François S

    Suivre son activité 20 abonnés Lire ses 627 critiques

    5,0
    Publiée le 9 septembre 2009
    Le temps de l'ouverture Khroutchev, Mikhail Kalatozov eut le temps de réaliser 3 films qui marqueront l'histoire du cinéma. Si "Quand passent les cigognes" marque le début de l'ouverture du bloc soviétique sous Kroutchchev avec un palmarès mondiale impressionnant qui sera la vitrine du savoir faire cinématographique russe. "Soy Cuba" va marquer la fin de ce petit vent de liberté. Tourné de 1960 à 1964, le film faisait partie d'une commande de 3 films soviétiques pour valorisé la révolution castriste à Cuba. Si on a oublié les 2 autres films réalisés avec l'esprit de propagande staliniste, "Soy Cuba" va être une nouvelle révolution visuelle. A tel point qui le cinéaste en oubli presque son sujet et va parfois à l'encontre des intentions initiales de la commande. Ainsi le premier tableau du film où l'univers festif des clubs de La Havane est loin d'être aussi sordide que le scénario l'aurait voulut. Trop en avance sur son temps, le film ne fut presque jamais projeté et termina rapidement sur une étagère derrière le rideau de fer. Il faudra attendre 1992 pour que le film soit redécouvert durant le festival de Telluride à l'occasion d'une rétrospective du cinéaste. On y découvre alors un film magistral, filmé au grand angle avec des plans séquences a couper le souffle. Et beaucoup diront que si le film avait eu sa carrière initiale, l'histoire du cinéma n'aurait pas été la même. A noter pour l'anecdote la présence de Jean Bouise dans le film dans un de ses premiers rôle alors qu'il était en vacances à Cuba.
    ermler
    ermler

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    5,0
    Publiée le 30 août 2010
    une oeuvre d'une inspiration et d'une puissance telle que - si le film n'avait été rélegué auxoubliettes pendant plus de trente ans - il aurait pu renouveler de fond en comble l'art cinématographique lui-même ! Un film d'une hallucinante liberté, d'une folle audace technique. Une oeuvre magique qui tutoie les sommets. Ceux ou trônent l'Aurore, Potemkne, le Dictateur, la Nuit du Chasseur...le grand chef-d'oeuvre méconnu de l'histoire du cinéma.
    JimBo Lebowski
    JimBo Lebowski

    Suivre son activité 266 abonnés Lire ses 1 080 critiques

    5,0
    Publiée le 13 mars 2015
    "Soy Cuba", c’est par ces mots que cette voix off nous accueille dans ses paysages majestueux avec de doux accords de guitare, nous invitant au voyage pour découvrir cette terre riche de beauté authentique et naturelle mais aussi profondément marquée par les stigmates du joug de la dictature de Batista, le film expose et confronte ces divers aspects et on le constate très vite. La fracture intervient avec ce premier raccord où nous sommes brusquement délogé de notre embarcation fluviale apaisante dans la jungle cubaine pour atterrir en haut d’un toit des quartiers bourgeois où se déroule une fête extravagante. Le décor thématique est planté. Le film se divise clairement en quatre parties, une première nous plongeant donc dans ces coins précieux de la haute société, de l’opulence narcissique de ce peuple privilégié, de ces jeunes filles cubaines servant d’objets sexuels pour les yankees de passage arborant leur argent à tout va, une exubérance perverse qui tranche tellement avec la détresse dans laquelle vivent les villageois des bidonvilles environnants. La seconde démontre la cruauté de l’exploitation du capital sur le marché agricole où les paysans tentent de survivre grâce à des plaisirs simples malgré leur condition précaire. La troisième s’intéresse davantage au début du mouvement révolutionnaire pro-castriste dont l’objectif est d’éliminer un assassin rattaché au régime impitoyable de Batista, il se rendent rapidement compte que leur combat ne sera pas sans sacrifices, l’issue sera d’ailleurs tragique. La dernière partie nous immerge aux premières lueurs de la rébellion dirigée par Fidel Castro et de l’engagement d’un villageois meurtri et revanchard, la lutte armée est engagée laissant émerger un profond sentiment d’espoir retrouvé. Tout d’abord je n’ai pas forcément envie d’insister sur le fait que le film est très certainement propagandiste, ça saute aux yeux, c’est tout de même très contestataire envers l’oppression du régime de Batista sur le peuple cubain, il est clairement ancré dans son époque du début des années 60, quelques années après la destitution du dictateur et par la même occasion pour mettre en valeur les idéaux communistes face à des tensions palpables avec les États-Unis. De plus le réalisateur russe Mikhaïl Kalatozov semble honnêtement prendre parti pour ce mouvement en signant un long métrage qui sera d’ailleurs longtemps sujet à la censure, les spectateurs ne le découvriront qu’après la chute de l’Union Soviétique trois décennies plus tard (en 1993 plus précisément où il fut réhabilité par Coppola et Scorsese). Cependant le propos est également dépeint avec beaucoup de sensibilité et de poésie en imbriquant le tout dans une construction narrative intelligente, rapportant de réels contrastes socio-démographiques ainsi que des enjeux politiques et humains. Rien n’est vraiment gratuit comme on pourrait le croire, c’est pour cela que le terme de 'propagande' n’est jamais grossier, sauf peut être à la fin mais la globalité de l’oeuvre est tellement réussie qu’on peut très largement laisser de côté ce petit excès démonstratif d'héroïsme symbolique (dont aujourd’hui on se moque un peu il faut le dire). Après il ne faut pas se mentir le véritable tour de force de "Soy Cuba" c’est sa technique, on prend un pied monstrueux de bout en bout, ce film transpire le cinéma par tous ses pores, si on est amateur de plans séquences dantesques on ne peut qu'être gracieusement servi, et ça démarre très fort avec ce travelling absolument démentiel partant du toit d’un immeuble pour redescendre dans une piscine en passant entre deux en revue l’aristocratie cubaine sous fond de musique jazz, en à peine quelques minutes le long métrage est déjà mémorable. L’utilisation de la caméra est incroyable, l’objectif semble flotter dans les airs, empruntant des trajectoires improbables, parfois complètement folles pour l’époque, Kalatozov se place en total virtuose tout en ne se reposant pas uniquement sur cet acquis car la gestion du cadre, de la focale et de la photographie est également bluffante, ce qui rend son oeuvre encore plus somptueuse picturalement parlant, des plans me reviennent et me resteront en mémoire, d’une beauté intemporelle. Je ne pense pas me tromper en supposant que ce film fut fondateur en terme de processus créatif pour bon nombre de réalisateurs à partir des années 90, par exemple le plan séquence de la piscine m’a rappelé celui de "Boogie Nights" de Paul Thomas Anderson ou les mouvements planants et virevoltants de la caméra ceux de "Irréversible" de Gaspar Noé. À mes yeux "Soy Cuba" s’inscrit très nettement au panthéon de mes références cinématographiques majeures, j’aime tellement ce style et cette science de l'image, qui en plus ne se contente certainement pas de rester au stade de coquille vide, le film est autant riche de forme que de fond, Kalatozov propose une oeuvre poétique, tragique, sublime et intelligente, obstinément teintée d'espoir et de pure émotion pour une cause qu'il défend avec humanité et sincérité, et même si on ne partage pas les idées défendues ça n'est en rien gênant puisqu'il y a prescription. Bref une véritable claque jouissive qui m'a offert deux heures vingt de cinéma inoubliables.
     Kurosawa
    Kurosawa

    Suivre son activité 294 abonnés Lire ses 1 406 critiques

    4,5
    Publiée le 29 septembre 2016
    Film de propagande en faveur du régime communiste de Fidel Castro, "Soy Cuba" est, en même temps qu'un film sur la révolution, un film formellement révolutionnaire. Construit selon une logique aussi élémentaire qu'imparable, avec une division en quatre segments, eux-mêmes inclus dans deux grandes parties (1. Comment Cuba est au service des Etats-Unis, avec un premier exemple en ville et un second à la campagne; 2. Comment la révolution va se mettre en place, d'abord en ville puis dans les montagnes), "Soy Cuba" fait du politique un sujet de violence inouïe (les tentatives de viols des américains sur les jeunes cubaines; le paysan qui brûle son champ et sa maison quand il apprend qu'ils ne lui appartiennent plus, les coups de feu sans mesure des autorités face aux jeunes révolutionnaires dans la rue, les bombardements en forêt) mais pris en charge par une mise en scène poétique et envoûtante, faite de plans-séquences vertigineux et littéralement incroyables qui sont comme aimantés par les mouvements des corps et qui, surtout, s’assimilent à la matière de chaque segment. D'abord très voyante, la forme imposée par Kalatozov se fond progressivement dans le décor et au milieu des personnages; elle peut tout aussi bien plonger dans un champ de canne à sucre comme elle s'enfonce dans une rêverie et suivre, à la manière d'un dispositif de suspense, le jeune homme qui s'apprête à tuer le dictateur Batista depuis le toit d'un immeuble. Partir de cas isolés pour aller vers le général est la méthode de dénonciation employée par Kalatozov, qui contrebalance la violence des images grâce à une caméra qui serpente langoureusement dans Cuba, de façon parfois improbable, et à la douceur de la voix-off qui se pose en allégorie du pays en scandant, à chaque fin de segment, ses souffrances et son espoir d'un avenir meilleur. Mais de cela, on peut en douter et ne pas être obligé de suivre la ligne politique du cinéaste, à moins de pouvoir affirmer que le régime castriste ait été plus juste que celui de Batista. Quoi qu'il en soit, à ceux qui pensent que la réalisation d'un grand film politique passe par une mise en scène forte et novatrice, il est indéniable que "Soy Cuba" soit une oeuvre importante du septième art.
    Backpacker
    Backpacker

    Suivre son activité 30 abonnés Lire ses 780 critiques

    5,0
    Publiée le 6 novembre 2006
    D'abord, il ne faut pas s'effrayer de la durée (2h20) de ce film mémorable puisqu'on se laisse très rapidement séduire par ces images d'une sensualité extrême. Ensuite et s'il n'y avait qu'un seul film à regarder sur l'avènement de la révolution castriste, ce serait bel et bien "Soy Cuba". La désuétude des images et le son défaillant restituent un charme tout particulier à ce long-métrage s'apparentant à un documentaire tant il est didactique et précis... Un chef d'oeuvre que l'on ne se lasse aucunement de voir et revoir...
    velocio
    velocio

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    1,0
    Publiée le 29 septembre 2006
    Ah que voilà un film magnifique, des images magnifiques, des plans séquence magnifiques, une technique magnifique! Je dirais même surprenante à certains égarts. Mais tout cela pour un film presque totalement ennuyeux. Comme Yukinada, je ne suis sorti de la torpeur générée par ce film que lors de la séquence sur les étudiants.
    scorsesejunior54
    scorsesejunior54

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    1,0
    Publiée le 7 janvier 2008
    Les régimes Communistes ont toujours manifesté un grand talent pour la diffusion de films de propagandes. C'est ainsi qu'en 1964, Mikhaïl Kalatozov, fidèle à la bureaucratie Moscovite est venu jusqu'à Cuba vanter les mérites de la révolution Castriste. Les différents ministères sont derrière (cf le générique) et les gigantesques moyens déployés s'en ressentent... "Soy Cuba" a le mérite de ne pas sombrer tout de suite dans la passion exacerbée et s'en tient, durant les deux tiers du film à une description de la situation économique et sociale de l'île lorsqu'elle était aux ordres du colonel Batista. Là, curieusement, le fond de l'oeuvre trouve tout son sens : la réalité historique est respectée (il ne s'agit pas d'une vision manichéenne, seulement d'un portrait critique d'un système fascisant et corrompu. Pour m'être suffisamment documenté sur les faits, je pense pouvoir objectivement affirmer que la vérité occupe ici une place importante) malgré quelques dérives romanesques et héroïques pas toujours bienvenues. Les personnages sont finement brossés, le rythme est parfaitement maîtrisé, on se sent régulièrement planer... Et puis, tout s'envole ! La caméra de Kalatozov, à force de persister constamment dans le même type de plans, devient très vite répétitive, agaçante... Ces angles décadrés et cette mobilité hystérique fatiguent... De plus, certain de nous avoir convaincu lors de sa première partie (vrai), le cinéaste croit pouvoir, un peu bêtement, nous embarquer aveuglement du côté de ses opinions politiques. Etant donné que l'on parle cinéma, on ne peut alors que regretter la lourdeur d'éléphant dont il fait preuve, la bravoure quasi-surréaliste qu'il rapporte à ses militants... Les acteurs en rajoutent trois couches, la mise en scène donne la nausée et le propos nous emmène progressivement vers l'ennui. A noter que l'on peut remarquer à cette époque l'alignement de Castro sur le Komintern, de par le nom du réalisateur et les références à Lénine, le père fondateur.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    4,5
    Publiée le 10 octobre 2010
    Alors j'aurai pu être plus généreux encore tant le film possède une mise en scène d'une qualité exceptionnelle, tant le film parle, vit, mais par moment mon intérêt pour le film a baissé (avant de repartir, le problème n'est pas là). Un des soucis du film serait peut-être que les meilleurs scènes sont celles avec la voix off narrant les "je suis cuba" c'est véritablement magnifique, le tout avec ces longs plans séquences d'une beauté incomparable.
    chrischambers86
    chrischambers86

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    4,0
    Publiée le 5 mai 2013
    Appartenant à la gènèration des pionniers du cinèma soviètique, Mikhail Kalatozov signa en 1957 son chef d'oeuvre "Quand passent les cigognes" et y rèvèla une grande comèdienne, Tatiana Samoilova! Point de cigognes ici, "Yo soy Cuba" est une symphonie visuelle à couper le souffle, un film splendide aux images soignèes qui a longtemps fait les dèlices des cinè-clubs! Chaque plan est une merveille et continue à faire rêver le spectateur après presque un demi-siècle! Ecrit par le cèlèbre poète Evtouchenko, la virtuositè de la mise en scène (certains plans sèquences camèra à l’èpaule sont très impressionnants), la beautè des images, des èclairages, des dècors sont poussèes avec un souci de la perfection à l'extrême qui force l'admiration! Avec son noir et blanc ètudiè qui ensorcelle avec fascination la chaleur et la luminositè d'un Cuba fantasmè, "Yo soy Cuba" peut-être considèrè à juste titre comme un essentiel du 7ème art avec une camèra qui fait preuve ici d'une libertè èpoustouflante qui en laissera plus d’un abasourdi...
    this is my movies
    this is my movies

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    4,0
    Publiée le 22 novembre 2016
    Réalisé à la base comme une commande du gouvernement russe et celui de Cuba, ce film s'affirme plus, parfois, comme un film film militant pro-révolutionnaire que pro-castriste. Au-delà de sa perfection technique, avec quelques plans d'une beauté inégalée ou encore des mouvements de caméra invraisemblables pour l'époque (même si on voit quelques artifices), Soy Cuba est une errance dans ce pays en proie aux changements, exploitée par des américains et des riches cubains sans scrupules ou encore par des révolutionnaires bercés par les douces illusions scandées par leur chef charismatique. Parfois patriotique, parfois critique, le film est peu objectif sur le gouvernement cubain pré-révolutionnaire et parfois, glorifie l'acte héroïque un peu trop ostensiblement. Texte magnifique, image à son firmament, acteur pas toujours convaincants mais une vraie leçon de cinéma, beau et tragique, enflammé et fiévreux. Indispensable à tout cinéphile digne de ce nom. D'autres critiques sur
    Julien D
    Julien D

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    4,0
    Publiée le 8 août 2013
    Quelle plus belle preuve de la pertinence d’un film prônant la révolution communiste que de se voir interdit de diffusion sur le sol américain pendant plus de trente ans ? Aisément qualifiable de Cuirassé Potemkine cubain, Soy Cuba n’est pas entré dans la légende du 7ème cinéma que grâce à son engagement idéologique (que ses détracteurs ne sauraient s’empêcher de propagandiste) mais aussi et surtout par son incroyable qualité formelle car Mikhail Kalatozov a réussi à lui donner un aspect lyrique enivrant grâce à ses prodigieux mouvements de caméra vertigineux qui semblent, pendant d’inoubliables plans séquences, flotter en l’air et inspirent de le fait ce sentiment de liberté que recherchent les insurgés du système capitaliste mis en place par le président Batista. Sa maitrise de la photographie noire et blanche est telle que les contrastes entre ombres et lumières en viennent à faire des contours des personnages qu’il filme un autre appui de la puissance évocatrice de ce pamphlet politique onirique. Le scénario constitué de quatre histoires est bien écrit car propice à une reconstitution historique assez foisonnant mais l’absence de fil narratif entre ces récits amoindrit l’émotion que l’on peut ressentir pour leurs héros auxquels on a à peine le temps de s’attacher.
    Paul M.
    Paul M.

    Suivre son activité 117 abonnés Lire ses 540 critiques

    4,5
    Publiée le 19 janvier 2013
    Un film assez extraordinaire et très surprenant ! J'ai vu récemment Quand passent les cigognes du même Kalatozov et il m'avais énormément plus, le film avec sa très classique mais très belle histoire alignait de magnifiques scènes doublée d'exploits techniques assez incroyables pour l'époque. Pour Soy Cuba le réalisateur toujours accompagné de son chef opérateur Ouroussevski va encore plus loin au niveau de son style en composant le long métrage exclusivement de longs plans séquences virtuoses pour donner un résultat d'une grande modernité et un style visuel souvent déroutant mais très impressionnant. Alors certes si cette fois ces plans ne sont pas forcément toujours au service d'une réelle avancée du récit ils ne sont en aucun cas superflus et donnent des choses magnifiques comme les 4-5 premières minutes du film par exemple. Après, un film découpé en quatre histoire et censé faire l'éloge de la révolution et du communisme ne m'attirait pas vraiment et j'avais peur de voir un lourd film de propagande au contenu sans grand intérêt ( même si il est vrai que le cinéma russe de propagande à livré certains des plus grands chef-d'oeuvres du cinéma avec les films d'Eisenstein ou encore la terre de Dovjenko). Mais c'est bien tout l'inverse, chaque histoire posséde sa propre identité et dégage une réelle émotion; ma préférence va au deuxième segment sur le rachat des terres cubaines par les entreprises américaines qui est juste bouleversant. Au final Soy cuba est techniquement une prouesse unique dans l'histoire du cinéma, doublé d'un film profondément humain.
    Tayop
    Tayop

    Suivre son activité 38 abonnés Lire ses 1 780 critiques

    3,5
    Publiée le 1 février 2017
    Longtemps reconnu et admiré de ses paires pour ces nombreux plans séquences, dont le plus mémorables effectue une descente de deux étages pour finir dans une piscine pendant un gala de mannequins en maillot, Soy Cuba s'imposa logiquement comme le projet le plus audacieux de son époque. Troisième et dernier long métrage de Mikheïl Kalatozichvili, qui fustige la présence étrangère sur les terres de Cuba, mais également la prostitution, l'économie et la révoltution. Les plans séquences opèrent dans les changements encore indicibles mais biens réels du pays et bien que faits de petites imperfections bien souvent dans la mise en place des figurants, on peut noter l'exigence de leur construction. Jean Bouise aura ainsi affaire à l'hostilité de tout un village, où les figurants hésiteront entre sourires et regards gênés face caméra. Une caméra qui s'impose et bouscule, pour faire de Soy Cuba une curiosité démonstrative qui aura marquée son temps, voir plus largement le cinéma. Le film en lui même tient ses promesses avec une structure en quatre tableaux originale bien que tirant sur la longueur et en dehors des effets il a, c'est certain, une sonorité et une lumière inestimables.
    JR Les Iffs
    JR Les Iffs

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    5,0
    Publiée le 28 octobre 2017
    Très grande réalisation de Kalatozov. Une perle pour tout cinéphile qui se respecte. Mettre de côté l'idéologie pro-castriste du film, se contenter et c'est déjà beaucoup de l'esthétisme du film qui nous offre une fresque flamboyante, une mise en scène comme rarement on peut en admirer, une qualité de la photographie rarement atteinte, des angles et des mouvements de caméra vraiment extraordinaires. Tout est dans le style, toujours recherché, toujours justifié par le propos, même si on peut déplorer ici et là quelques longueurs et une insistance trop marquée dans certaines séquences. Il n'en reste pas moins que nous avons là un chef d'oeuvre cinématographique sans conteste. Belle découverte.
    Plume231
    Plume231

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    4,0
    Publiée le 17 octobre 2011
    Avec "Soy Cuba", le réalisateur de "Quand passent les cigognes" avait fait en quelque sorte son "Que Viva Mexico" sauf que si la puissance du film d'Eisenstein venait en grande partie de son montage, là elle vient des mouvements de caméra longs et souples jouant systématiquement sur l'objectif grand angle. Composé de quatre histoires, les trois premières sont des dénonciations cinglantes du régime dictatorial de Batista, régime léchant les bottes de l'impérialisme américain, aspect véridique largement montré dans ce film, à travers les thèmes de la prostitution, de la pauvreté et de la répression. La quatrième et dernière histoire tourne autour de l'espoir castriste, socialisme oblige bien qu'en 1964 on savait déjà pertinemment que la Révolution a été juste une "putain" qui a permis à Castro d'imposer sa propre tyrannie. L'ensemble est loin de manquer de poésie surtout quand une voix-off représentant Cuba se fait entendre et certaines images sont de véritables coups de poing pour le spectateur. Une oeuvre forte et visuellement splendide.
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