Ran
Note moyenne
4,0
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127 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 février 2016
Ce qui frappe en premier lors de la vision de Ran c’est sa magnificence visuelle. Le résultat découle directement du travail préparatoire fait par Kurosawa sur tous les plans. En effet, chaque cadre du film est pensé comme un tableau où l’élément souhaité est mis en valeur. Pour cela, le réalisateur s’appuie notamment sur l’utilisation de télé-objectifs (très longues focales) comme à son habitude. Ce qui permet d’écraser les perspectives et d’intégrer les personnages au décor. L’un n’allant pas sans l’autre, Kurosawa filme les interactions entre eux, l’influence de la nature sur l’homme et l’utilisation qu’en fait ce dernier. De plus, talent de peintre oblige, la couleur est mise en avant de manière hallucinante, chaque armée ayant son propre code et chaque décor ou costume étant soigneusement placé pour la composition des plans. Grand réalisateur, on oublie trop souvent sa véritable qualité d’artiste, comme le montrait 15 ans auparavant Dodes’Kaden et son utilisation magique de la couleur. Le tout est ici accentué à travers le sang qui coule à flot lors des batailles, rouge vif, et la fumée des arquebuses qui vire au rose. Ce sont de véritables chorégraphies colorées que dessine Kurosawa à l’aide de sa caméra.

Pourtant loin du réalisateur nippon l’idée de fabriquer une image dénuée de sens. La première séquence sur les montagnes est là pour nous rappeler son génie de metteur en scène. Kurosawa joue sur deux échelles. Il nous présente d’abord le seigneur de guerre, ses fils et ses anciens adversaires au sommet d’une montagne, loin de toute activité humaine, chassant et évoquant la succession. Ils sont ramenés à des figures mystiques, dans un décor abstrait quasi-divin, isolés du monde, pratiquant une activité noble et ancestrale. Alors exposés en plein soleil, au zénith, métaphore de leurs vies, les querelles qui éclatent annoncent les rancœurs et guerres à venir. Se prenant pour plus qu’ils ne sont, ce sont avant tout des hommes, et Kurosawa n’hésite pas à nous le rappeler à travers ses plans larges magnifiques, où ces humains paraissent si petits, pensant diriger un monde qui est finalement trop grand, trop complexe et trop vaste pour eux. C’est ce dernier qui annoncera leur fin et non l’inverse.

Suite de la critique à l'adresse suivante :
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 2 février 2016
Une fresque sensationnelle de la part de Kurosawa. La réalisation est très propre, les costumes magnifiques, et l'histoire introduit des questions touchant directement à la nature de l'homme et à ses valeurs : loyauté, respect des ancêtres ( verticalité ) et fidélité pour la fratrie ( horizontalité ), ou encore préjugés et convoitises. Kurosawa rappelle également que si les femmes ne possèdent pas les capacités de décision dans un système patriarcal, celles-ci sont capables d'influer au plus profond des décisions prises par les grands hommes. Enfin, mention spéciale pour Nakadai qui se grime aussi bien en chef charismatique qu'en vieillard mystique et fou
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 décembre 2015
C'est au cœur du Japon du XVIème siècle que nous immerge Akira Kurosawa, s'inspirant du Roi Lear de Shakespeare pour conter cette histoire où un seigneur tout-puissant va préparer et gérer sa succession avec ses trois fils qui devront se partager ses terres et pouvoirs.

Akira Kurosawa va mettre du temps pour préparer et mettre en scène Ran, l'une de ses dernières œuvres plus de 40 ans après ses débuts. Comme avec Le Château de l'Araignée, il adapte le dramaturge anglais et on retrouve à nouveau les thèmes de la folie destructrice humaine, de la soif du pouvoir, des complots et divisions pour y accéder et dans l'ensemble la noirceur et l'idiotie de la nature humaine, prêt à détruire tout un héritage. Peu à peu il met en avant la façon dont cette dynastie familiale va tomber dans la violence, le chaos ou encore la guerre et faire ressortir toute la dramaturgie de son récit.

La qualité et justesse d'écriture se ressentent à tous les niveaux, tant dans les thématiques, dont il arrive à en faire ressortir la pertinence et l'intelligence, que dans les personnages et l'avancement de l'histoire. La déchéance prend de plus en plus d'ampleur, le tout sur un passionnant contexte historique. Comme dans sa précédente oeuvre Kagemusha, l'ombre du guerrier, Ran brille par sa mise en scène grandiose et Kurosawa associe des réflexions sur l'homme et sa condition avec une gigantesque fresque guerrière où son inventivité, notamment visuelle, se ressent à chaque seconde, imprégné par une atmosphère désespérée, presque apocalyptique mais terriblement fascinante et majestueuse.

L'autre force du film vient de son esthétisme et la beauté des tableaux, souvent marquants, qu'il dépeint, bien sublimée par une magnifique photographie et une reconstitution magistrale (décors, costumes etc). Les chorégraphies sont superbes, notamment les mouvements des soldats et il les orchestre avec grand talent, sachant bien alterner entre les différents tons. Il joue aussi avec divers effets (les couleurs, la fumée etc), sachant ne pas trop en faire et toujours rester dans le ton et l'ambiance du film. Devant la caméra, les acteurs sont impeccables, sachant se fondre dans l'atmosphère du film et participer à l'immersion, totale, du spectateur.

Une oeuvre majestueuse, tant sur le fond que la forme où Akira Kurosawa démontre, à nouveau, tous ses talents, ici pour capter la dramaturgie et la noirceur de son propos mais aussi la beauté du contexte et les particularités des combats.
Art_Cinéma
Art_Cinéma

9 abonnés 49 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 novembre 2015
Kurosawa s'impose en maître du Japon à travers Ran. Une fresque majestueuse où les échos dramatiques et amoureux ne cessent de s'échanger aux rythmes des coups de sabres.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 avril 2019
1 an, 20 films. C'est donc avec Ran que j'achève cette rétrospective de la filmographie incroyable du cinéaste Japonnais, Akira Kurosawa. Beaucoup d'émotions se bousculent avant même de me lancer, il y'a beaucoup à dire ... Pour autant je préfère me recentrer sur Ran qui par bien des usages synthétise très bien le cinéma de ce réalisateur. La beauté visuelle en tout premier lieu, Ran atteint le paroxysme de son oeuvre, couleurs, costumes, cadrages, direction d'acteurs ... Tout y est. La première heure est selon moi la plus belle des trois, la suite s'étiole et brusque un poil trop ... Car oui une fois de plus je me suis encore paumé avec l'histoire ! Il va me falloir un peu digéré et pourquoi pas un jour le revoir pour saisir et jauger de manière plus distincte l'étendu de cette oeuvre tout à la fois charnière et complexe. Un sacré moment en tout cas, un pan du cinéma mondial, un précurseur et un humaniste reconnu.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 avril 2017
L'univers d'Akira Kurosawa est tellement riche que je ne pourrais certainement jamais me faire toute sa filmographie si je veux continuer à m'ouvrir au reste. Les trois films que j'ai sélectionné sont Ran, Kagemusha et Les 7 samouraîs - Ran étant le premier que je regarde, je dois dire que la réalisation est déconcertante tellement tout cela semble facile entre les mains du maître japonais, même les effets sonores relèvent du génie. Je met un bémol car je suis sûr que celui-ci n'est pas son meilleur film mais je le recommande à tout ceux qui veulent aller plus loin dans la découverte ou la culture du cinéma japonais.
Real C
Real C

123 abonnés 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mai 2014
J'ai du mal à mettre la note maximale de par son statue culte. L'histoire est bien, le film bien réalisé (normal pour du Kurosawa !), et il y a quelques passages humoristiques. Mais je n'arrive pas à accrocher totalement. Surtout réservé aux amateurs de films épiques à l'ancienne.
fandecaoch

1 151 abonnés 2 232 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mai 2014
Ran : Directement inspirée d’une œuvre de Shakespeare (Roi Lear) est cela ce sent même si ils ont fait ça a la sauce japonaise. Mais on y voit les différents thèmes chers à Shakespeare : l’amour, la trahison, la guerre entre des familles et surtout la fin qui est très tragique comme d’habitude chez Shakespeare. Donc, cela donne une fresque assez bien foutu avec une drôle dose d’humour grâce a certains situations et personnages, surtout le vieux père. Car, c’est un veille homme qui va bientôt mourir et qui doit donner son empire a l’un de ses trois fils : qu’il est le plus méritant. Donc, on va avoir le droit à une dispute de pouvoir. Mais malgré ce bon scénario, le film est assez mal rythmé avec pas mal de longueur. Normalement, le film de plus de 2H30 devrait être irréprochable et prenant mais pas la, dommage que on s’ennuie un peu. Sinon, la réalisation est assez majestueuse. C'est-à-dire, les décors naturelles et l’ambiance japonaise est vraiment unique. Donc voila, un Akira Kurosawa long mais cela vaut le coup d’œil.
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2014
Un film magistral à la beauté fascinante. Le grand maître Kurosawa délivre encore une fois un film de samouraï absolument renversant. Épique, dense et romanesque, le récit est d'une grande profondeur et les personnages, d'une grande complexité sont fascinant à suivre. L'histoire est belle et dramatique, mais le cinéaste n'en oublie pas de prendre de la hauteur sur son récit avec humour grâce notamment à un délicieux personnage de bouffon et à une ironie permanente. La réalisation est une vraie splendeur, et les immenses moyens dont dispose le réalisateur sont utilisés avec bonheur et finesse.
ghyom
ghyom

110 abonnés 150 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2014
Ran de Kurosawa reprend la trame du Roi Lear de Shakespeare. C’est une adaptation très libre mais qui garde intact l’articulation de l’histoire et les thèmes de la corruption par le pouvoir, de la vengeance, de la folie.
Ici c’est donc un seigneur japonais : Hidetora qui divise le pouvoir entre ses 3 fils. Son benjamin prédisant les malheurs d’une telle division se verra répudié pour son honnêteté et la remise en cause des choix de son père. L’aîné, devenu chef du clan, ne tarde pas à vouloir affermir son statut. Ce père, toujours en vie, est une gêne. Bien aidé par une épouse manipulatrice, il finira par bannir son père. Cherchant refuge chez son 2è fils, le seigneur Hidetora se verra à nouveau rejeté et errera en compagnie de son fou et d’un guerrier resté fidèle.

Esthétiquement Ran est tout simplement magnifique. Les vastes paysages s’animent des couleurs des différents clans. Les scènes de batailles sont extrêmement prenantes et j’ai particulièrement apprécié celle du château sur fond musical sans aucun son diégétique et ces plans d’un Hidetora catatonique alors que des flèches enflammées traversent l’écran.

Néanmoins, sur le fond, Ran manque un peu de sentiment. Le sur-jeu des acteurs, fortement influencé par la tradition théâtrale japonaise, en est peut-être la cause. Je n’ai pas eu ce problème dans Rashomon mais c’est une fable philosophique, l’attachement au personnage n’est pas essentiel, ni dans Les 7 Samouraïs grâce à l’humour de Toshiro Mifune ou encore dans Dersou Ouzala car le jeu est plus « classique », mais ici ce sur-jeu m’a parfois dérangé.

Ran reste malgré tout un bon film esthétiquement bluffant.
oldsport
oldsport

16 abonnés 96 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 novembre 2022
Après Kagemusha ,AK nous refait le coup de la vaste fresque au temps du japon féodal: quasiment 3h de palabres sur une question : à qui vais je léguer mon royaume?
ça débute bien pourtant : ce plan où 4 samouraïs scrutent le paysage alentour chacun dans une position différente & où l'on retrouve le thème du point de vue cher à AK (Rashomon)
mais ça se complique très rapidement avec 45 min de discut histoire de planter le décor & un chef sénile qui n'en finit plus de mourir puis de ressuciter: à la fin on ne souhaite qu'une chose :mais qu'il crève bon dieu !vu le bazar qu'il a mis dans son clan.
Enfin bref la projection a fait office de purge absolue:3h de théâtre avec le même dispositif: 3 personnages & un plan fixe...Je m'attendais à un film épique surtout en voyant les différentes images sur google ,or ce n'est pas du tout un "braveheart nippon" mais plutôt un théâtre intime avec très très peu de scènes d'action...bon courage
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2014
Un film sur la fracture entre un père et ses fils, sur le pouvoir et la veangance. Situé dans le Japon du XVIème siècle, cette histoire se distingue d'abord par sa grande modernité, comme souvent chez Kurosawa. Mais cette merveille du septième art ne s'arrête pas à l'évocation de thèmes aussi passionnants que traités avec une profondeur inouïe. La grandeur du film réside aussi dans sa beauté formelle, avec des images semblables à des tableaux, et un travail remarquable sur la sang qui a rarement été aussi rouge, et sur le cadrage des champs qui participe à l'effet de réel. Et si le réalisme tient une place importante, que dire alors de la dimension mystique! Celle-ci s'incarne dans la folie de Hidetora Ichimonji, et se révèle aussi inquiétante que fascinante. L'esprit de Ichimonji semble se partager entre la Terre et un au-delà indéfini, et propose alors une abstraction nouvelle dans le cinéma de Kurosawa. Une oeuvre d'une immense richesse, tant d'un point de vue formel que thématique, et par conséquent, importantissime pour le cinéma.
Matthieu F.
Matthieu F.

24 abonnés 153 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 décembre 2013
C'est un chef d'oeuvre de réalisation que nous offre Akira Kurosawa ! "Ran" raconte l'histoire d'un patriarche japonais (Hidetora Ichimonji) du XVIe siècle qui décide, du fait de son âge avancé, de partager son territoire pour ses trois fils. Le père, magnifiquement interprété par Tatsuya Nakadai, subira dès lors les affres du comportement de ses fils et vassaux, par orgueil, machination et jalousie. Les conséquences de ces actes passés rejailliront également, à la manière d'un jugement dernier.
Le scénario, les scènes de combat épiques et terribles, le jeu d'acteur, les scènes théâtrales et dramatiques font de "Ran" un chef d'oeuvre du cinéma japonais: je citerais particulièrement une scène où Hidetora Ichimonji, rejeté du château qu'il a offert à son deuxième fils, lui assène un terrible "Adieu, je ne te reverrais jamais" en tournant le dos aux portes magistrales de l'enceinte du château. Les images exceptionnelles ne font que rajouter du cachet à ce film épique.
Petite mention supplémentaire au jeu de couleur utilisé pour les différents protagonistes, qui est très bien réalisée. Bleu, rouge, jaune, noir... chaque personnage et chaque armée possèdent leur couleur, ce qui facilite très fortement la compréhension de l'histoire et des scènes (notamment de combat).
Film à ne pas rater.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 décembre 2013
Grand film japonais magnifiquement interprété !
Tatsuya Nakadai (Hidetora Ichimonji) se démarque des autres grâce à sa prestation époustouflante, il est vraiment très talentueux, je jugerais ce rôle comme un dès meilleurs interprétés de toute l'histoire du cinéma japonais.
J'aime beaucoup l'ambiance qui règne, même lors des moments de tensions, c'est très apaisant. Niveau technique, on est plutôt bien servi. Les costumes sont de vrais chefs d'oeuvres (le film a d'ailleurs été récompensé pour cela), le tournage est très professionnel, le casting est excellent... Bref, rien ne fait défaut à "Ran" signé Akira Kurosawa.
Acidus

872 abonnés 3 939 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 février 2018
"Ran", c'est avant tout une photographie sublime ainsi qu' une mise en scène de pur génie, soutenu par une superbe et de gros moyens pour les batailles et costumes. Un magnifique tableau que ternit légèrement quelques longueurs (la faute à des dialogues redondants) et une histoire Shakespearienne sentant le déjà-vu. Du grand cinéma tout de même...
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