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Ran
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note moyenne
4,0 1107 notes dont 103 critiques
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this is my movies

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4,5Excellent • Publiée le 29/05/2016

D'aucuns considère ce film comme le beau de tous les temps. C'est pas faux. D'autres ne voit en "Ran" qu'un film ennuyeux, avec des scènes de dialogues interminables. Ce n'est pas inexact non plus tant Kurosawa use et abuse de ce genre de scènes aux propos parfois redondants. Mais il ne faut pas s'arrêter à ça. "Ran" est, d'un point de vue pictural, un pur chef d'oeuvre. Le réalisateur n'utilise la lumière que depuis 15 ans (et 3 films seulement) et pourtant, il en offre la quintessence. Sa maîtrise visuelle est toujours aussi bluffante, avec des cadres et un découpage qui confine au génie. Plus accompli que jamais, plus sûr de son art, Kurosawa nous vrille littéralement la rétine ) plusieurs occasions et c'est vraiment une tuerie à ce point de vue. Ensuite, son scénario s'attache à décrire le mieux possible les mécanismes de la folie et du drame en cours. Il en résulte un film puissant, brassant de multiples thèmes et montrant avec une froideur clinique les tourments de l'âme humaine. L'héritage de ce seigneur, bâtit sur le sang et la cruauté, va s'effondrer sous ses yeux et il n'y pourra rien. Les scènes d'action sont rares mais c'est une des plus belles réussites du film avec des plans marquants et un travail sur le son et l'image proprement bluffant. Il faut aussi faire attention aux petits froissements d'étoffe de la terrible Kaede, qui annoncent à chaque fois une scène féroce. Les personnages sont bien campés, c'est parfois un peu too much dans l'évocation de la folie mais c'est un film beau, intéressant, subtil, dur à appréhender mais qui comme tout joyau, se mérite et se regarde avec déférence. Un film somme d'un auteur majeur. D'autres critiques sur http://thisismymovies.over-blog.com/

tuco-ramirez

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2,5Moyen • Publiée le 16/05/2016

Japon 16ème siècle, un seigneur vieillissant décide d’organiser sa succession. Il choisit parmi ses 3 fils celui qui prendra la suite. Mais les 3 fils vont se déchirer autour de cette décision. Considéré comme un chef d’œuvre du cinéma mondial et le grand film de Kurosawa, l’indifférence est le sentiment qui prime chez moi après plus de 2h30 longuette, parfois pesante… mais heureusement éclairées par des fulgurances esthétiques et scénaristiques. Kurosawa, très Shakespearien ici, adapte dans l’univers des samouraïs le fameux « Roi Lear ». Et il parvient très bien à traduire en tragédie sa fresque médiévale pour en faire un vrai opéra du chaos (« Ran » en japonais). Peut-être ai-je été totalement hermétique à tous les codes de l’opéra ? Longs dialogues lyriques épuisants, sur jeu des acteurs dont en tête le vieux Hidetora et la femme vampire Kaede, scénographie très composée voire ampoulée, ouverture et fermeture de portes comme un rideau symbolisant les actes d’une pièce,… Ensuite, le scénario avait pourtant tout pour être passionnant. Pour moi, ce film tient ses promesses uniquement pour son esthétisme : les batailles filmées comme des ballets très colorés et hyper chorégraphiés, photographie, décors (les châteaux incendiés ont été construits au pied du Mont Fuji pour l’occasion), les costumes (même si le costume immaculé du vieux Hidetora reste blanc comme neige malgré ses errances en pleine nature sauvage !!!). Un projet démesuré plus beau que bon. http://tout-un-cinema.blogspot.fr/

Bertie Quincampoix

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3,5Bien • Publiée le 10/05/2016

S'inspirant du Roi Lear de Shakespeare en le transposant dans le Japon féodal du XVIème siècle, Akira Kurosawa réalisa cette fresque guerrière aux images impressionnantes, longue (2h40) et au scénario complexe. En résulte un film ambitieux et violent sur les intrigues du pouvoir, la famille, la vieillesse, la solitude, le pardon et le remord.

JimBo Lebowski

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3,5Bien • Publiée le 26/04/2016

Esthétiquement parfait, rien à redire à ce niveau, on peut screenshoter 90% les plans et les afficher sur les murs à la maison, la mise en scène est une nouvelle fois à la hauteur de l’ambition de la réadaptation de l’oeuvre de Shakespeare, tout comme la reconstitution qui se jumelle admirablement aux décors, franchement on y est, il n’y a aucun doute. Ce qui m’a principalement intéressé c’est le personnage du seigneur Hidetora (interprété par le très expressif et non moins excellent Tatsuya Nakadai), de voir cet homme trahis et destitué par la rapacité de sa propre descendance, tout ce qui tourne autour de lui jusqu’à la fin est génial, la scène de l’assaut où il ressort du temple en feu est extraordinaire. Le passage que j’ai vraiment adoré et qui me restera principalement en mémoire c’est lorsqu’il trouve refuge dans cette hutte miteuse et que l’aveugle lui joue un air de flute, et là on perçoit dans son regard que c’est la fin, qu’il est au fond du trou et voit sa vie défiler devant ses yeux, au point de limite en faire un AVC ensuite, c’est tellement beau et fort. J’ai aussi beaucoup aimé les batailles en dur, les cadres élargis, l’aspect grandiose des déploiements de forces, Kurosawa ne triche pas avec sa mise en scène et tout est coordonné au millimètre. Ce qui m’a par contre moins séduit ce sont les enjeux militaires et cette conspiration du personnage féminin que je trouve sans réel machiavélisme, ça se joue en sourdine, on est un peu loin du "Château de l’Araignée" à ce niveau là, de même pour ce souffle de magie qui manque cruellement, l’ambiance est moyenne, où paradoxalement la picturalité est folle et la bande son souvent très bonne, c’est presque frustrant, il y a cependant des petits moments de grâce, mais qui viennent toujours du personnage de Hidetora, toujours. PS : Un des thèmes musicaux me rappelle beaucoup un de ceux de John Williams sur "Jurassic Park".

thiolg

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2,0Pas terrible • Publiée le 23/04/2016

Hé bien il ne se passe pas grand-chose de palpitant. Le suspense ne prend pas, et surtout pas dans les batailles. Les trahisons se succèdent mais le drame se déroule sans rebondissements. Trois heures de belles images qui sont toujours les mêmes, c'est long.

Loïck G.

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4,5Excellent • Publiée le 16/04/2016

Je ne sais trop ce qu’il faut retenir de cet embrasement cinématographique qui 30 ans plus tard flotte à nouveau comme l’étendard d’un cinéma renaissant. L’émotion qui s’empare de scènes flamboyantes, même dans l’intime et la pénombre, la maestria des séquences belliqueuses (sans bruit, c’est remarquable) et cette peinture féminine que Kurosawa morcèle avec une acuité inédite. Nos historiens du cinéma ne se sont pas encore penchés sur ce volet très particulier au réalisateur japonais. Il faut apprécier la manière dont il conduit sa lady Macbeth dans « Le château de l’araignée » à Dame Kaede qui pour «Ran » va mûrir tranquillement sa vengeance à l’égard du clan Ichimonji. Shakespeare l’a bien aidé, mais sa perception du mal et de la cruauté prend une tournure encore plus maléfique sous l’influence de sa caméra. Le regard à l’image de l’œuvre est sombre, pessimiste, mais Kurosawa y grave une beauté secrète et elle aussi très profonde. Comme indestructible, contrairement au monde qu’il vient de nous présenter. Avis bonus Certains chapitres figurent dans d’autres versions des films de Kurosawa, mais la somme est gigantesque et la plupart des éclairages fort intéressants. En prime un long et passionnant documentaire sur le réalisateur de la part de Chris Marker. Pour en savoir plus http://www.lheuredelasortie.com/ran-dakira-kurosawa-critique-blu-ray/

Grouchy

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4,5Excellent • Publiée le 05/03/2016

Mieux abouti que Kagemusha qui s'est révélé être plus un film d'auteur que de guerre, Ran est encore une fois une démonstration de la sagesse de Kurosawa qui s'est éloigné de sa fougue dans ses plus célèbres films. L'aspect artistique est plus mis en avant, une histoire centrée uniquement sur les familles nobles et non plus sur de pauvres paysans comme ce que faisait le cinéaste autrefois, des séquences fortement inspirées du théâtre, beaucoup d'éléments ont changé depuis. Le spectateur retrouve les vieilles habitudes de mise en scène de Kurosawa, comme l'usage fréquent de la longue focale, les plans typiques de cavalerie à la charge, le grotesque de certains personnages présent mais au minimum. La séquence de siège du château totalement muette, avec de la musique surplombant les images de guerre et de souffrance, est sans doute l'idée la plus remarquable dans ce film. Les plans mettent également en valeur la place du personnage dans le paysage, ainsi que les espaces intérieurs qui sont aussi travaillés. Même si ce n'est plus la veine des Sept Samouraïs ou de la Forteresse Cachée, Ran est un exemple du changement de style d'un grand cinéaste.

Annick T.

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4,0Très bien • Publiée le 01/03/2016

si vous aimez l art japonais, alors n hésitez pas venez voir ce super film , qui est très long mais sans aucune lassitude !! les tenues sont magnifiques, les décors aussi, j ai moins aimé la couleur comme le rouge qui faisait l effet peinture..... a voir !!!

MemoryCard64

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4,5Excellent • Publiée le 16/02/2016

J'ai le souvenir d'avoir dit que chaque plan de Kagemusha pouvait être érigé en peinture. Mais je constate que ce fil n'était en quelque sorte que le prototype de ce qu'allait être Ran. Je ne m'attendais pas à ce que les ambitions artistiques de Kurosawa soient aussi élevées, et ce qu'il a fait relève du prodige. La composition picturale est vraiment belle à s'en crever les yeux. La beauté de la photographie n'a d'égal que la laideur du conflit raconté. L'historie part d'une simple affaire de passation de pouvoir : un seigneur, commençant à sentir le poids des années, décide de partager son fief entre ses trois fils, mais la répartition suscite rapidement colère et jalousie et poussera le clan dans le chaos. Les personnages prenant part au conflit sont amers, étranges, parfois difficiles à cerner. C'est par exemple le cas du bouffon, dont les motivations sont assez floues. Après que la guerre ait éclaté, il reste proche du seigneur, à tel point que le rapport de force s'inverse. Il développe envers son supérieur une attitude paternaliste, à la fois tragi-comique et nauséeuse. Chaque personnage intervenant directement dans le conflit est motivé soit par un désir de vengeance, soit par pur égoïsme. De ce fait, les intrigues politiques sont passionnantes à suivre, d'autant plus que le réalisateur insuffle aux enjeux un côté pesant très shakespearien (j'apprendrai plus tard qu'il s'agit d'une adaptation du Roi Lear). L'aspect fataliste du récit se ressent beaucoup dans l’œuvre, grâce aux images à connotation religieuse. Présents en grand nombre, les plans sur les nuages et le soleil suggèrent que toute l'affaire n'est qu'un jeu macabre orchestré par les dieux. Ces plans sont bien évidemment marquants du fait de la symbolique qu'elles véhiculent, mais aussi des moyens mis en place pour créer l'effet voulu. Parce que faire en sorte qu'un rayon de lumière accompagne un messager qui traverse un champ de bataille quand on tourne en décors naturels, c'est fort, très fort. Décidément, Akira n'a pas fini de me surprendre. Il mêle habilement de superbes peintures à une histoire sombre et tragique pour faire de Ran l'une des plus belles fresques couchées sur pellicule.

BrainDead7

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 13/02/2016

Ce qui frappe en premier lors de la vision de Ran c’est sa magnificence visuelle. Le résultat découle directement du travail préparatoire fait par Kurosawa sur tous les plans. En effet, chaque cadre du film est pensé comme un tableau où l’élément souhaité est mis en valeur. Pour cela, le réalisateur s’appuie notamment sur l’utilisation de télé-objectifs (très longues focales) comme à son habitude. Ce qui permet d’écraser les perspectives et d’intégrer les personnages au décor. L’un n’allant pas sans l’autre, Kurosawa filme les interactions entre eux, l’influence de la nature sur l’homme et l’utilisation qu’en fait ce dernier. De plus, talent de peintre oblige, la couleur est mise en avant de manière hallucinante, chaque armée ayant son propre code et chaque décor ou costume étant soigneusement placé pour la composition des plans. Grand réalisateur, on oublie trop souvent sa véritable qualité d’artiste, comme le montrait 15 ans auparavant Dodes’Kaden et son utilisation magique de la couleur. Le tout est ici accentué à travers le sang qui coule à flot lors des batailles, rouge vif, et la fumée des arquebuses qui vire au rose. Ce sont de véritables chorégraphies colorées que dessine Kurosawa à l’aide de sa caméra. Pourtant loin du réalisateur nippon l’idée de fabriquer une image dénuée de sens. La première séquence sur les montagnes est là pour nous rappeler son génie de metteur en scène. Kurosawa joue sur deux échelles. Il nous présente d’abord le seigneur de guerre, ses fils et ses anciens adversaires au sommet d’une montagne, loin de toute activité humaine, chassant et évoquant la succession. Ils sont ramenés à des figures mystiques, dans un décor abstrait quasi-divin, isolés du monde, pratiquant une activité noble et ancestrale. Alors exposés en plein soleil, au zénith, métaphore de leurs vies, les querelles qui éclatent annoncent les rancœurs et guerres à venir. Se prenant pour plus qu’ils ne sont, ce sont avant tout des hommes, et Kurosawa n’hésite pas à nous le rappeler à travers ses plans larges magnifiques, où ces humains paraissent si petits, pensant diriger un monde qui est finalement trop grand, trop complexe et trop vaste pour eux. C’est ce dernier qui annoncera leur fin et non l’inverse. Suite de la critique à l'adresse suivante : https://cinegenre.wordpress.com/2016/02/13/ran-dakira-kurosawa-1985-ou-une-experience-japonaise-du-chaos/

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