Deux hommes dans la ville
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Michael78420
Michael78420

63 abonnés 1 906 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2024
Pour bien l'apprécier, il faut remettre ce film dans son contexte. Sorti en 1973, soit huit ans avant l'abolition de la peine de mort en France, il argumente contre cette peine en montrant comment les circonstances d'un crime et le jeu des égos des juges et des jurés, sèment le doute. Notons que le taux de criminalité à l'époque était nettement moins fort qu'en 2024. Les avis étaient forcément différents d'aujourd'hui, ce qui donne tout son intérêt à ce film, même plus de cinquante ans après sa sortie. Il serait intéressant de voir si la thèse soutenue par les protagonistes à l'époque serait la même de nos jours. Le rôle d'éducateur des prisonniers, incarné ici par Jean Gabin, serait d'ailleurs nettement moins reposant avec les condamnés actuels qu'avec un Alain Delon qui porte un costume et fait des liaisons. En revanche les reproches de Germain Cazeneuve à l'appareil judiciaire restent d'actualité : "Les écrits restent" dit le juge, "Et les fonctionnaires passent" répond Gabin. Laquelle justice, s'apparente à un véritable théâtre. Enfin pour l'anecdote, on notera les petits rôles de Gérard Depardieu et Bernard Giraudeau. Il faut bien commencer un jour ! À (re)voir pour réfléchir.
labadens
labadens

27 abonnés 253 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 mars 2024
Plaidoyer pour la réinsertion des délinquants et plaidoyer contre la peine de mort, " Deux hommes dans la ville " peine à convaincre car bien trop manichéen et caricatural. Le gentil gangster repenti face à l’acharnement du méchant flic ; tel est le pitch du film qui ne nous épargne aucun cliché comme aucune invraisemblance manifeste. Le discours en devient rapidement indigeste, bien que Delon, dans un rôle à contre-emploi, tient bien son personnage face à un Gabin inspiré mais peu crédible en pourfendeur de la justice.
Mais tout s’explique puisque le réalisateur, un ancien repris de justice et ancien collabo, fut lui-même condamné à mort et gracié. Du point de vue cinématographique " Deux hommes dans la ville " a mal vieilli . ( évidemment, c ' était il y a plus de 50 ans . )
A l' époque, il fallait sûrement multiplier ces plaidoyers afin d’abolir la peine de mort. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agissait d une bien malhabile manière pour vendre cette idée.
La dernière scène est , quant à elle , intéressante, mais comporte elle aussi son lot d’excès… Mais ne boudons pas finalement la meilleure partie du film. Ma critique peut sembler rude ; mais peut-on comparer José Giovanni à Julien Duvivier ?
A éviter !
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

93 abonnés 4 267 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 février 2024
Empêché de se réinserer à cause d'un policier psycho-rigide et harceleur (Michel Bouquet, dans un second rôle mémorable) l'ex-truand Gino Strabliggi devenu honnête travailleur, tel que nous le présente José Giovanni, est poussé à bout spoiler: jusqu'à commettre l'irréparable
. On la connait par coeur cette histoire tragique où le cinéaste prend fait et cause pour un voyou sur le chemin du rachat -l'éducateur joué par Jean Gabin y veille - contre l'institution policière et judiciaire implacable. La musique de Philippe Sarde, le regard désespéré d'Alain Delon spoiler: au moment de se présenter à l'échafaud
sont gravés dans nos mémoires. Moment d'émotion intense.
José Giovanni, comme le réalisateur André Cayatte avant lui ("Nous sommes tous des assassins"), fustige la société répressive et plus loin la peine capitale. On connait la bienveillance de Giovanni à l'égard des voyous. Aussi, si la dénonciation est fondée, la dramaturgie et l'intrigue sont moins satisfaisantes au sens où leur partialité et leur caractère trop démonstratif introduisent un manichéisme si peu convaincant qu'il finit par desservir le propos du cinéaste. Ce manque de finesse est symbolisé par la composition monolithique de Jean Gabin, le porte-parole de Giovanni dans le film.
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 avril 2024
Revoir aujourd’hui « Deux hommes dans la ville » de José Giovanni sorti sur les écrans en 1973, il y a exactement 50 ans peut déclencher des sentiments ambivalents ou contradictoires. On peut bien sûr apprécier de voir Jean Gabin dans son antépénultième rôle être produit par Alain Delon qui lui portait tout autant un immense respect qu’une amitié sincère. Les deux hommes avaient déjà partagé la même affiche dans « Mélodie en sous-sol » (1963) et « Le Clan des Siciliens » (1969) tous deux réalisés par Henri Verneuil.
Gabin visiblement très fatigué par un long parcours de vie durant lequel il ne s’est pas ménagé est particulièrement touchant dans ce rôle d’éducateur complètement investi (sans doute trop pour être totalement impartial et efficace) dans sa mission qu’il vit quasiment comme un sacerdoce après une carrière de flic. Alain Delon de son côté, au sommet de son art et de sa beauté, démontre avec ce chef de gang en quête de reconversion après dix ans de prison, qu’il est capable d’insuffler émotion et nuance à son jeu parfois jugé par une critique tatillonne un peu mécanique et dénué d’affect. Les regards échangés entre les deux hommes toujours signifiants sont chargés d’émotion, peut-être conscients qu’il s’agit de leur dernière rencontre sur l’écran. Les efforts communs de l’ancien détenu et de l’éducateur en attente de sa retraite pour trouver le chemin qui mènera à l’inversion d’une trajectoire jusqu’alors marquée du sceau de la violence se teintent d’un rapport père/fils particulièrement convaincant.
Toute cette thématique sans doute un peu utopique développée par José Giovanni fait mouche. Le flic obsessionnel aux penchants sadiques incarné par un formidable Michel Bouquet e spoiler: n Javert des temps modernes, renforce encore par contraste la sympathie qui émane de Gino Strabliggi (Alain Delon). C’est en grande partie sous cet angle humaniste que l’on pouvait voir « Les deux hommes dans la ville » jusque dans les années 1990, sorte de version simplifiée des « Misérables » proposée par José Giovanni avec Delon dans le rôle de Jean Valjean
. Mais depuis le contexte ambiant a profondément changé qui amène à voir le film comme un très pesant portrait à charge sans nuance aucune des institutions judiciaires et policières.
À l’époque, le film sorti cinq ans après 1968, s’inscrivait dans une volonté rousseauiste de bannir toute forme de répression dans un pays qui pratiquait encore, certes de manière très exceptionnelle, la peine de mort et qui en l’absence de preuves laissait toujours s’exercer le jugement sur la base d’une intime conviction hasardeuse. Le militantisme de réalisateurs et d’intellectuels tels André Cayatte, José Giovanni, Costa-Gavras, Yves Boisset, Robert Badinter et beaucoup d’autres a heureusement contribué à la disparition de ces deux dispositions sans aucun doute incompatibles avec un régime démocratique accompli. Mais comme souvent avec les mutations sociales, les choses continuant d’avancer parfois mues par un jusqu’au boutisme non tempéré, peuvent conduire à des conséquences négatives contraires à l’effet initial recherché en toute bonne foi.
Ainsi de fil en aiguille l’individualisation de la peine et la prise en compte du parcours du prévenu érigées en dogme séduisant et valorisant ont conduit à une réduction drastique des peines d’incarcération dont Germain Cazeneuve (Jean Gabin) explique dans le film qu’elles sont la plus sûre fabrique à récidive. spoiler: Giovanni tendu vers son objectif ira même jusqu’à laisser penser que c’est le plus souvent la police, ici par le biais de l’un de ses hauts représentants, qui ramène les anciens détenus à leur condition. Pire, l’inspecteur principal ira jusqu’à la fabrique de faux et le soudoiement de témoin pour faire replonger Strabliggi dans le cercle infernal de la violence
. Lino Ventura, fidèle compagnon d’armes de Giovanni (déjà sept films en commun) avait refusé le rôle de l’éducateur, arguant du fait que celui du policier joué par Michel Bouquet trop caricatural desservait la force du propos. Inflexible, Giovanni fera appel à Yves Montand puis enfin à Gabin.
Avec le recul on peut tout de même se dire que le constat fait par Giovanni dans son film ne peut être totalement détaché de son passé criminel qui à la relecture fait froid dans le dos avec au menu collaboration avec les nazis, antisémitisme, torture et participation à un assassinat. Un très lourd passif qui ne peut s’expliquer comme Giovanni tente de le faire par une enfance défavorisée, le réalisateur issu d’un milieu très bourgeois étant lui-même le contre-exemple de sa démonstration. Il faut toutefois comme on le fait trop souvent de nos jours ne pas oublier de détacher l’œuvre et l’artiste de l’homme en constatant que Giovanni savait raconter une histoire mais aussi diriger les acteurs, permettant aux deux monstres sacrés qu’étaient Gabin et Delon de livrer une performance à la hauteur de leur réputation qui n’était à l’époque plus à faire. C’est donc en revoyant « Deux hommes dans la ville » quarante ans plus tard que l’on peut mesurer le temps qui a passé. On remarquera enfin la courte apparition de Gérard Depardieu débutant, lui aussi futur monstre sacré, descendu depuis de son piédestal.
P.  de Melun
P. de Melun

79 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 décembre 2023
« Deux hommes dans la ville » est une analyse peu flatteuse du système judiciaire français, une réflexion convenue sur la difficulté de la réinsertion et un plaidoyer contre la peine de mort. Le tout est assez caricatural et le scénario peu développé. Les interprétations sont cependant excellentes : Gabin et Delon campent assez bien leur personnage respectif, mais aussi Michel Bouquet, incroyablement vicieux dans le rôle de policier soupçonneux et cynique. Les intentions sont tout à fait louables mais elles sont plombées par les bons sentiments. L’approche est naïve, peut être est-elle le reflet de cette époque ? Ne boudons pas notre plaisir, ce film a le mérite de nous permettre de revoir deux monstres sacrés du cinéma, même si Gabin semble un tantinet fatigué.
fred c
fred c

6 abonnés 461 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 septembre 2023
Je ne l'ai pas trouvé génial mais en meme temps je ne suis pas bon public pour ce type de film...a chacun de le voir et de se faire son propre avis
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 janvier 2023
Film excellent spoiler: se terminant de la manière la plus brutale qui puisse exister et permettait de faire réfléchir sur la peine de mort.
Gabin dans un de ses derniers rôles, et dans son dernier immense rôle, et Delon déjà une méga star dont le nom s'encadrait souvent dans le générique de ses films, mais qui, ici, n'en fait pas des tonnes. Michel Bouquet campe un flic tenace et antipathique, il avait le chic pour jouer des personnages antipathiques, d'ailleurs. Mimsy Farmer est excellente comme souvent.
On peut vraiment parler de classique pour ce film sur la rédemption.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 novembre 2022
Grand film humaniste, bien que sans doute un poil manichéiste et proche de la fable (mais pourquoi pas ?) La mise en scène est peu imaginative mais ne démérite absolument pas, et puis il y a un travail remarquable sur la dernière scène glaçante comme la mort (c'est le cas de le dire). La direction d'acteurs est remarquable. Gabin a beau être vieillissant il est excellent (ce n'est pas toujours le cas de tous ses derniers films) Delon prouve à qui en douterait encore qu'il fut un grand professionnel, et puis, même si son rôle est facile j'aime bien Mimsy Farmer. Mais le clou de la distribution reste Michel Bouquet dont le rôle est tellement détestable qu'on a envie d'entrer dans l'écran pour le baffer. Un grand film !
Yaaannick
Yaaannick

3 abonnés 12 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 octobre 2022
Propagande anti peine de mort, mais malhonnête.

spoiler: Oui l'acteur ne mérite pas la mort il est peint comme un criminel "bon" pendant 1h30... donc forcément l'orchestration de sa mort rend la scène dur à voir
Le 4ème homme
Le 4ème homme

42 abonnés 48 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2022
Gabin, Delon : magistraux. Acteurs mythiques que l'on ne se lassent de revoir. Le film a un peu vieilli, mais reste très fort de par sa thématique et la fin ne peut laisser indifférent.
Olivier Gallais
Olivier Gallais

11 abonnés 44 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 septembre 2022
Quel mauvais film, le duo mythique ne fonctionne pas cette fois ci. Les dialogues ne sont pas bons, Gabin n'est que l'ombre de lui même et la mise en scène est plate.
Xavier D
Xavier D

82 abonnés 1 146 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juillet 2022
Un drame effroyable, bien interprété par un brelan d'as, Alain Delon, Jean Gabin et Michel Bouquet. Avec la participation de Bernard Giraudeau, Victor Lanoux et Gérard Depardieu. La réalisation assez sommaire de josé Giovanni ne gache pas le déroulement ce film où le sadisme de la justice française est montré du doigt, où la guillotine sévissait toujours, pour un ex détenu qui voulait reprendre sa vie, mais un flic tenace va tous faire foirer. La longue fin où le suspense est à son comble, la vérité évidente tombe. C'est vraiment pas de chance !
mickael l.
mickael l.

50 abonnés 137 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 mars 2024
Un film qui m'a beaucoup marqué. On est le méchant ou est le gentil. Et pourtant. José Giovanni nous plonge dans un film très dure entre un homme qui a décidé de se ranger, un flic sans scrupules quo veut le faire tomber qui que ce soit et un éducateur vieillit qui croit en ce premier et il avait bien raison. Mais le destin en fera autrement. Triste dénouement
Isaac L
Isaac L

12 abonnés 121 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 avril 2022
J'ai beaucoup aimé ce film de José Giovanni, qui nous montre pour la dernière fois Alain Delon et Jean Gabin ensemble.
Le duo d'acteur est genialissime et leur relation est extrêmement touchante, on ressent leur sincère amitié et le respect qu'ils se portent l'un à l'autre. Michel Bouquet est également très bon dans son rôle de flic revanchard, cruelle allégorie d'une justice abusive et tortionnaires qui n'hésite pas à pousser à bout un innocent, au point d'en faire un véritable tueur. J'ai beaucoup aimé le personnage de Gino, voir que malgré tout ses malheurs, il essaie de se racheter et de mener une nouvelle vie : il y a quelque chose de très louable. Mais ce pourquoi on retient vraiment le film c'est son message anti peine de mort qui a sûrement dû faire mouche à l'époque de sa sortie.Le final est extrêmement touchant et mémorable. Seul petit regret : le discours de Gabin à la fin, qui est bien trop court.
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 247 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 février 2022
Hanté par sa condamnation à la peine capitale à laquelle il a échappé, José Giovanni profite du débat suscité alors en France sur son abolition pour signer en 1973 cet excellent polar, solidement interprété par Alain Delon et Jean Gabin. « Deux Hommes dans la Ville » prend véritablement sa force dans sa troisième partie et nous emmène vers son irréversible et marquant final. On peut reprocher la pugnacité immodérée du commissaire principal joué par Michel Bouquet et se réjouir des premiers pas de Bernard Giraudeau et de la minute de confrontation de Gérard Depardieu avec la "star" Delon.
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