Les Grands espaces
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ManoCornuta

359 abonnés 3 070 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juin 2023
Juste avant l'énorme spectacle de Ben-Hur, William Wyler mettait en scène cet impressionnant western, impressionnant pour ses paysages admirablement filmés et aussi pour ses acteurs, Peck et Heston en tête, dans une histoire en forme de critique du virilisme à l'américaine, où l'on préfère régler ses comptes à coup de poing ou de fusil que de chercher à discuter. A la fois classique et moderniste (en tout cas d'une approche bien différente des films à la John Wayne par exemple), le film joue entre traits d'humour et réflexions humanistes pour illustrer une opposition de caractères et de conception du monde, avec quelques longueurs mais une belle maîtrise globale.
velocio

1 539 abonnés 3 502 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juin 2023
Je ne connaissais pas ce western et ce qu'en disait Télérama n'était guère engageant. Eh bien, une fois de plus, il s'avère qu'il est déconseillé de faire confiance aux critiques de cet hebdomadaire, ce film étant un des plus beaux westerns que j'ai jamais vu. Un western humaniste dans lequel il n'y a pas d'indiens, pas de "guerre" entre un groupe de "gentils" et un groupe de "méchants", pas de bagarre dans un saloon, pas de localité sous la coupe de hors la loi. Non, il y a une lutte entre 2 vieux propriétaires obtus et un homme qui arrive, un homme qui va chercher à débloquer pacifiquement la situation. Les paysages sont magnifiques et la distribution somptueuse. Contrairement à ce qu'affirme Télérama, on ne s'ennuie jamais.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juin 2023
Passé le début cucul-la-praline hollywoodien, un scénario plutôt original et une bonne utilisation de Gregory Peck, dans un beau rôle pour un bel acteur, avec des relations psychologiques entre personnages plus fouillées qu’à l’habitude. Des grands espaces, des scènes fortes ou originales (la bagarre entre les deux rivaux) et un final d’une grande beauté. Une invraisemblance notable à signaler quand la jeune fille, séquestrée et menacée… s’endort !
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 013 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juin 2023
Excellent western, dénonciation de la violence sur fond de rivalité entre deux hommes qui possèdent des troupeaux de bovins. Ce thème en soi n'est pas nouveau sauf qu'ici, le traitement est plus original avec Gregory Peck qui vient épouser la fille d'un des deux hommes et n'accepte pas cette mentalité brutale. De beaux paysages arides, en particulier ceux du « Blanc Canyon », des chevauchées, des duels, tous les éléments classiques des westerns sont présents sauf les indiens. Si le film se distingue, c'est surtout par son esprit critique, par la qualité du casting et par l'analyse des codes relationnels entre tous ces hommes.
marc sillard
marc sillard

10 abonnés 199 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juin 2023
Grand spectacle et psychologie mêlés. Un bon western. Les rapports humains sont bien analysés. La fiancée promise est en fait possessive. Plus que de Gregory Peck lui-même, elle est amoureuse de l'idée qu'elle s'en fait. Le Gregory en question comprend que Jean Simmons, institutrice et propriétaire terrienne avec point d'eau pour les troupeaux, est quelqu'un de plus simple et de plus tourné vers l'être aimé, et c'est Gregory lui-même. D'ailleurs, et c'est là un point de vue personnel, Jean Simmons a beaucoup plus de vivacité et de charme que son amie, confidente et concurrente, et un regard bleu confondant. Le thème général du film est celui de la lutte entre deux clans, semblable à l'inimitié entre les O'Higgins et les O'Hara dans Lucky Luke. Ici, un des clans est propre sur lui et organise des bals de belle allure, pendant que l'autre vit dans la crasse et les mauvaises manières. Le chef des crasseux méprise cordialement le seul fils qui lui reste, le rudoie en permanence, et finit par lui loger une balle dans le corps, avant de pleurer sa mort. Les deux vieux patriarches, le cradoque et l'élégant, se détestent depuis toujours et se liquident mutuellement à la winchester dans un duel final un peu grotesque. Les grands espaces sont particulièrement pelés et on plaint ces pauvres bovidés qui n'ont rien à bouffer mais ont soif. Les chevaux sont très bien soignés par un petit mexicain grimaçant, habitué des westerns, et qui est le confident de tout le monde, surtout de Peck. La vendetta finale se déroule dans un canyon blanc entouré de magnifiques colonnes rocheuses dignes de certains temples mésopotamiens. Wyler a eu du flair de dégotter ce bel endroit. La progression de la bande équestre de Charlton Heston dans un couloir taillé dans la roche a probablement servi de modèle aux Professionnels, film avec Claudia Cardinale et Burt Lancaster. Tous les acteurs sont mémorables : Peck et Simmons bien entendu, tous les seconds rôles, et, parmi eux, Charlton Heston, bras droit du vilain major, jaloux de Peck, méchant qui s'adoucit progressivement, à contre emploi des rôles de héros positifs qu'il jouera par la suite comme dans Ben Hur et la Planète des Singes.
Thierry Massuleau
Thierry Massuleau

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 mai 2023
Bons acteurs, mais ça me fait dormir. 2h45, c'est très long. Il ne se passe pas grand chose. Pour les insomniaque.
White Fingers
White Fingers

29 abonnés 1 237 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 janvier 2023
Tout semble grand dans ce film. En tout premier lieu, les espaces, un film tourné en Californie (Red Canyon State Park et Sierra Nevada), une distribution ambitieuse (Gregory Peck, Jean Simmons, Carroll Baker, Charlton Heston) et un grand réalisateur à la baguette, William Wyler. Une énième variation sur le thème de la rivalité entre propriétaires terriens ambitieux et prêts à tout pour satisfaire cette ambition, avec comme épicentre un héros non violent et de bon sens incarné par Gregory Peck. La rencontre entre James MacKay et Julie Maragon est un joli moment (d’espoir) dans une oasis californienne. Le rythme du film est un peu lent, avec quelques longueurs, mais une fin un peu plus enlevée booste l’histoire. L’habit ne faisant pas le moine, on s’aperçoit vite que les plus éduqués ne sont pas forcément les plus subtils. Un beau film qui rate de peu la marche menant au chef-d’œuvre.
Retrouvez mon amour du Far West dans le roman WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU - Eds VERONE - TOME 1.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 427 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 septembre 2022
William Wyler naquit à Mulhouse ( l'Alsace était à cette époque allemande) de parents suisse. Grace à un cousin de sa mère qui occupait des fonctions de direction dans un grand studio, il fut embauché et gravit tous les échelons avant de passer à la réalisation.

Le point de vue de la cinéphilie à l'endroit de sa filmographie varie d'une rive de l'Atlantique à l'autre.

Si en France, son œuvre n'a pas été beaucoup défendue par la critique professionnelle, il est placé au sommet de la cinéphilie Nord-américaine. Woody Allen en fait son réalisateur hollywoodien préféré et c'est le cinéaste le plus nominé de l'histoire des Oscars.

Quand on se penche sur la notice que lui accorde Jean Tulard dans son dictionnaire des cinéastes, la tendresse qu'il manifeste à l'égard de Wyler se cherche au microscope et il exécute " les grands espaces" en quelques lignes.

On ne peut que s'étonner de cette animosité à l'égard d'un film exceptionnel qui frise avec le chef-d'oeuvre. A part les dernières vingt minutes, sans doute les moins réussies et altèrent la perfection atteinte jusque-là par " les grands espaces", on a affaire à un très très grand western psychologique.

Un ancien marin qui est tombé amoureux de la jeune fille d'un grand propriétaire terrien du grand ouest, se trouve confronté à un conflit entre sa belle-famille et un voisin.

Gregory Peck domine une distribution impeccable ou l'on trouve Charlton Heston, Carol Baker ( vue chez Kazan ) et Jean Simons ( actrice anglaise- épouse de Stewart Granger puis de Richard Brooks) qui fit carrière à Hollywood et tourna dans moult chefs-d'oeuvre.

Réflexion sur la confrontation entre deux cultures ( celle de l'est et celle de l'ouest des usa), sur la nature humaine ( part de la jalousie, du ressentiment dans l'Histoire de l'humanité, de la bêtise- " maintenant qu'on s'est battu qu'a t on prouvé ?" dit le personnage interprété par Peck), c'est un opus de Wyler justement considéré par ses amateurs comme un de ses sommets.

Les paysages sont splendides et les scènes étirées ( marque de fabrique du realisateur) sont formidables.

La bibliographie française consacrée au réalisateur est toujours injustement très maigre et souligne qu'encore aujourd'hui Wyler est un réalisateur négligé dans l'Hexagone de façon malheureusement beaucoup trop abusive.
Captain Hub'
Captain Hub'

3 abonnés 56 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 juillet 2022
Le cinémascope n'a jamais aussi bien servi le propos de William Wyler que dans Les Grands espaces (The Big Country, 1958), dans lequel la démesure géographique de l'Ouest sauvage et son immobilité écrasante renvoient et réduisent constamment les querelles humaines au rang de l'insignifiance, de la vacuité. Deux hommes ont accepté de se battre à poings nus. L'enjeu porte sur une femme, mais surtout sur deux conceptions radicalement opposées de la dignité et de l'honneur personnel. D'un côté, Jim McKay (Gregory Peck), un ancien capitaine de marine du Maine venu dans l'Ouest pour épouser la fille du major Henry Terrill (Charles Bickford), un riche propriétaire terrien régnant sur un immense empire foncier, de l'autre, Steve Leech (Charlton Heston), le contremaître du ranch Terrill, fils de substitution du major et secrètement amoureux de la même femme. Le premier, gentleman et pacifiste, n'a rien à prouver sauf à lui-même, et refuse d'agir selon les normes de comportement attendues dans cet Ouest où tout doit se régler par la violence. Le deuxième, fougueux et ombrageux, questionne continuellement la virilité de Jim en cherchant à provoquer une confrontation, seul moyen légitime selon lui pour survivre dans ces contrées sauvages.

Voir la suite de ma chronique à partir d'un photogramme du film:
https://etoilesdetoiles.blogspot.com/2022/04/la-nature-et-lhonneur-chez-william-wyler.html
Hotinhere

791 abonnés 5 472 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 décembre 2021
Un western pacifiste à la mise en scène somptueuse sublimée par le Technicolor, porté par une belle distribution.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2017
(...) Et bien déjà, le film ne prend pas le genre de haut. Certes, Wyler et Peck ont un ton qui dénote un peu avec d'autres westerns de l'époque, et ils ne cherchent pas à être subtil. Mais ça reste aussi un western de classe, avec des acteurs crédibles, une reconstitution soigneuse, un vrai amour pour ses personnages et un grand soin apporté à la photographie. (...) Il n'y a pas vraiment de méchant entre Terrill et Hannassey, chacun représentant respectivement les USA et l'URSS. Ces deux propriétaire terriens s'affrontent, se défient, cherchent à exterminer l'autre mais aucun n'est fondamentalement mauvais ou détestable (cela se joue plus sur les interprètes, et le physique de Charles Bickford est un peu moins bonhomme). Ce côté moins manichéen n'est pas pour me déplaire, le point de vue du personnage de Peck s'en trouvant bien sûr renforcé. Mais il apparaît comme incontestable et largement plus rationnel. Pour autant, McKay n'est pas un personnage imbu de lui-même et donneur de leçons. Il s'agit encore moins d'un ado tête à claques, bien pensant et méprisant. Juste un homme avec un certain vécu (son passé de marin est peu évoqué mais il lui a permit de voir d'autres choses et de beaucoup apprendre), une philosophie différente de ces hommes qui vivent différemment, qu'il respecte néanmoins dans une certaine mesure, qui sait ce qu'il veut, qui a une ligne de conduite et qui ne se reconnaît pas dans ce monde traditionaliste et démonstratif. Lui, c'est un type posé et réfléchi, qui fait ce qu'il lui semble juste quand il se sent prêt, qui vit sa vie sans trop se soucier de l'avis des autres et qui compte bien faire valoir ses vues. Un western volontiers pacifiste donc (les coups de feu sont rares) mais pour autant, pas ennuyeux et loin d'être pompeux dans son discours. Plastiquement, le film est aussi splendide, avec des plans sur les paysages proprement bluffants. Il faut voir ces plans larges avec ces silhouettes noires qui se découpent au milieu de paysages grandioses. Il y a aussi ce combat à poing nu, filmé dans des plans très larges, durant une aube naissante, des plans d'une beauté formelle ahurissante. Les scènes en intérieur sont également magnifiques, avec une belle richesse chromatique et des éclairages qui mettent en valeur les couleurs et le glamour des actrices. Et que dire de la qualité du découpage et des cadrages de Wyler, c'est une véritable leçon de placement de la caméra et de gestion du rythme d'une épopée. Surtout, ça a beau être un film ostentatoire dans son idéologie, sans doute un peu trop long (sans être pour autant barbant ou longuet), je ne le trouve pas puant ou simplement moralisateur. Le fait de regarder ce film sans en connaître le sous-texte n'en atténue pas la portée. C'est un film humaniste, qui prône le dialogue mais qui, pour autant, ne sacrifie pas ses personnages. Alors certes, celui de Carroll Baker disparaît un peu trop abruptement dans le dernier acte sans que son sort apparaisse comme résolu, mais pour les autres, il y a quelques nuances qui font du bien. Celui de Heston connaîtra une vraie progression, une vraie prise de conscience, tandis que le destin de celui de Jean Simmons ne sera pas aussi prévisible qu'on pourrait le croire. Cet état de fait me permet de dresser un parallèle avec un film que j'ai vu dans la foulée, qui partait des mêmes intentions progressistes et bien pensante, mais qui se ramasse plus violemment, à savoir le surestimé "Premier contact" de Denis Villeneuve. Film de SF bien-pensant, consensuel et moralisateur, le film échoue à développer des points de vue contradictoires (tout est vue à travers le prisme de son héroïne), aucun personnage secondaire n'évolue et se réduit à une simple fonction, le propos est bien plus manichéen et surtout, il s'avère bien plus conservateur qu'il n'en a l'air. Un film qui dicte ses dogmes avec la virulence d'un dictateur tout en prônant la tolérance envers son prochain. Tout le contraire de ce grand western donc, qui a aussi pour lui une musique grandiose qui rehausse certaines séquences, des acteurs au top, une mise en scène magistrale et un propos intelligent. Alors certes, il n'est pas le premier du genre, et encore moins le dernier, son importance dans le genre n'est pas aussi définitive qu'il l'aurait souhaité et on peut toujours contester le fait que l'homme qui nous dicte notre bonne conduite ne soit pas aussi irréprochable que ça (son comportement sur le plateau avec Carroll Baker notamment) mais il reste un grand film, intègre dans sa démarche et foncièrement sympathique, réussi et éblouissant. Une bonne surprise pour ma part. Quant à son influence sur la bonne marche du Monde, il faut savoir que le président Eiseinhower l'a vu quatre soirs de suite, sans pour autant engager de réconciliation forte et durable avec l'URSS. La critique complète sur thisismymovies.over-blog.com
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 octobre 2017
Un peu oublié aujourd'hui, William Wyler a été en son temps un des réalisateurs les plus importants d'Hollywood sur laquelle au sein de la MGM, il régna en maitre du milieu des années 30 jusqu'à son dernier triomphe en 1960 avec "Ben Hur". Il détient d'ailleurs encore aujourd'hui le record de nominations à l'Oscar du meilleur réalisateur (12), décrochant trois fois la précieuse statuette ("Madame Miniver" en 1943, "les plus belles années de notre vie" en 1946 et "Ben Hur" en 1960). Quoique assez éclectique, William Wyler ne se sera guère consacré au western, "les grands espaces" étant sa deuxième et dernière incursion dans le genre qui est en cette fin des années 50 en fort déclin. Gregory Peck alors au zénith de sa carrière et qui connait bien Wyler pour avoir travaillé avec lui sur "Vacances romaines" en 1953, aujourd'hui le film le plus connu et le plus estimé du réalisateur, s'est transformé en producteur aux côtés de Wyler. Sur un scénario de James R.Webb inspiré d'un roman de Donald Hamilton, "The big country", il s'investit dans l'exposition d'un violent conflit familial qui oppose deux clans au sujet de l'extension des terres de leurs ranchs respectifs. C'est dans ce contexte chahuté de crise larvée que débarque James McKay (Gregory Peck), un marin fortuné de la côte Est (Baltimore exactement) pour épouser la fille (Carroll Baker) d'un riche propriétaire terrien. Les bonnes manières de McKay et surtout son refus d'entrer dans le jeu de la surenchère machiste qui sert d'étalonnage à la popularité et au pouvoir de chacun va très rapidement dénoter et heurter sa nouvelle belle famille. Du patriarche Henry Tills (Charles Bickford) au contremaître du ranch (Charlton Heston) en passant par sa fille, tout le clan s'interroge sur la capacité du fiancé à s'intégrer dans cette vaste contrée aux mœurs plutôt rustres. De l'autre côté se trouve le clan Hannassey avec Rufus (Burl Ives) à sa tête qui a bien du mal à contenir ses trois fils qui font régner la terreur sur la petite bourgade située entre les deux ranchs. Si on ajoute Julie Maragon (Jean Simmons) une institutrice héritière des seules terres possédant un cours d'eau convoité par chacune des deux parties, on a le décor parfait pour un foisonnement d'intrigues où se mêlent amour, bravoure, convoitise et rivalité d'égos. William Wyler use avec une très grande dextérité de toutes ces possibilités selon un parfait dosage, évitant le piège de la surenchère mélodramatique. On constate très vite que ce "Big country" comme n'arrêtent pas de le répéter les locaux à James McKay n'est pas en réalité à la dimension de l'appétit toujours plus vorace de ces grands propriétaires terriens qui après avoir chassé les indiens de leur terre d'origine se déchirent entre eux pour asseoir leur domination. Par son flegme et son sens de la mesure, le personnage de McKay sera un excellent révélateur des raisons souterraines qui régissent ces conflits territoriaux. Quand on connait les convictions humanistes qui animaient Gregory Peck, on comprend mieux son engagement de producteur sur le film. Si les rapports humains sont la préoccupation essentielle de Wyler, l'aspect visuel n'est pas pour autant négligé grâce à une mise en lumière parfaite délivrée par le chef opérateur confirmé Franz F. Planer des magnifiques paysages de Red Rock Canyon State Park. Mais la force de ce film long de trois heures parfaitement digestes réside dans le jeu de ses acteurs subtilement dirigés qui donnent une véritable crédibilité au propos. Cregory Peck est bien sûr parfait ne surjouant à aucun moment sa composition de fils de bonne famille plongé dans un monde de brutes. Carroll Baker et la sublime Jean Simmons sont elles aussi plus que convaincantes notamment dans leurs quelques scènes en commun. Charles Bickford et Burles Ives expriment très bien la différence de tempérament mais aussi de convictions profondes des deux ranchmen. Quant à Chuck Connors, il rejoint sans peine la cohorte des méchants décérébrés qui hantent le western depuis ses débuts. Enfin Charlton Heston s'acquitte fort bien du rôle un peu effacé qui lui est attribué. Pour être tout à fait complet, il faut aussi saluer la performance d'Alfonso Bedoya en homme à tout faire mexicain, recueillant les confidences des uns et des autres. L'intrigue tenant de la tragédie grecque s'est vue taxée par la critique française de grandiloquence. Si le finale est certes un peu trop cérémonial, il ne gâche en rien un des excellents westerns de cette fin de cycle à Hollywood.
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 247 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 septembre 2017
Grégory Peck et Jean Simmons dominent cette histoire d’affrontement entre deux patriarches d’éleveurs. Même si le scénario tourne parfois au ralenti, « les Grands Espaces » est un western tout à fait honorable qui porte judicieusement son titre et qui se suit avec plaisir. William Wyler s’offre son deuxième et dernière essai dans le genre et s’est entourné pour cela d’une belle brochette d’acteurs.
willycopresto
willycopresto

150 abonnés 1 384 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2017
"Les grands espaces- The big Country" (1958) Arte le 20.02.2013

Malgré les apparences, ce n'est pas un western ! Mais un mélange d'aventures, d'études de moeurs, de sacrifices au titre de l'amour, de rivalités entre deux clans, de militantisme pour la non-violence (...) : quelle variété ! Quel talent aussi que ce William Wyler qui allait bientôt réaliser Ben-Hur (pas Marcel) avec Charlton Heston en vedette pour le consoler d'un rôle moins en exergue ici ! Wyler, c'est le record de nominations aux Oscar (12) comme réalisateur et il en a été le lauréat 3 fois ! Il n'a pas lésiné sur les moyens, le chou-chou d'Hollywood : six scénaristes pour nous offrir 260 mn de spectacle (non pollués dans la version que j'ai vue à la télé par la pub TV - merci Arte !) une image écran large, et un son très travaillé pour faire justement la nique à la télé ! Prises de vues, animation, chevauchées, cascades, tout est fait pour nous séduire et c'est réussi. Quant au casting, que de bons choix ! Avec Grégory Peck en adepte de la non-violence dont il faut rappeler qu'il s'est marié en secondes noces avec une française et qui est resté avec elle jusqu'à sa mort ! L'acteur est considéré comme le 12° acteur de légende et a tourné son dernier film en 1999 avant de décéder en 2003... Une mention spéciale aussi pour Jean Simmons qui joue le rôle d'institutrice impartiale : fréquemment recrutée pour sa beauté et ses talents de séductrice, ça se comprend ! Je n'en dirai pas autant de Caroll Baker qui surjoue et n'est pas naturelle. Ce film a dû porter bonheur à la longévité de ses participants ! Peck est décédé 87 ans, Simmons à 80, Baker elle, a 85 ans (en 2017) et vit toujours, Wiler à 79, Le jackpot : en France : ce film a séduit 2,2 millions de spectateurs en salles. Succès mérité : on ne s'ennuie pas même si le rythme de l'intrigue est irrégulier !
Une réussite que je vous engage à voir ou à revoir !
willycopresto
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 189 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juin 2023
Un ancien western de bonne facture. L''intrigue raconte l'histoire d'un homme, un marin, qui refuse d'adopter les codes habituels de cowboys ( monter à cheval, savoir se battre, répondre aux insultes) et s'interpose entre deux fermiers orgueilleux et rivaux. Le prix à payer est celui du mépris de sa fiancée qui sera troqué par l'amour de l'institutrice. Les images sont excellentes, sur fond de grandes plaines desséchées du middle-west, de canyons propices aux embuscades. De grands acteurs mythiques dans les principaux rôles comme Gregory Peck et Charlton Heston. Un bon moment de cinéma
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