6 abonnés | Lire ses 184 critiques |
Le film de guerre est certainement l'un des genres les plus surexploités que ce soit dans la série B, ou dans la série A. Appréciant ce genre de film notamment lorsque l'histoire est originale et captivante (je cite "Full Metal Jacket" de maître Kubrick, "Apocalypse Now" de F.F Coppola, "The Deer Hunter" de Michael Cimino ou encore "The Thin Red Line" de Terrence Malick, tous étant des films relatant l'enfer de la barbarie humaine avec une qualité exceptionnelle), je dois tout de même pousser un coup de gueule conçernant certaines productions qui s'ancrent dans le cliché patriotique et tombent dans une rengaine lassante. A l'aveugle, sans attendre quelque chose d'exceptionnel, je me suis lancé dans cette "Tranchée". N'ayant lu le synopsis ni le casting, quel fut ma surprise de découvrir que le réalisateur n'était autre que Michael J. Bassett, auteur du surpenant "Solomon Kane" et futur réalisateur de "Silent Hill: Revelation", second volet basé sur la célèbre saga vidéoludique. Autre surprise que de voir présent au casting Jamie Bell et Andy Serkis, respectivement Tintin et Haddock dans l'adaptation "spielbergienne" des aventures du célèbre reporter. Puis, troisième surprise lorsque l'on découvre que ce film est un mélange entre guerre, thriller, fantastique et horreur. "La Tranchée" se veut original et c'est saluer la volonté de Michael J. Bassett de mélanger plusieurs genres à la fois. Encore faut-il rester cohérent. Le long-métrage se révèle être à la fois novateur mais aussi maladroit, dû à un scénario qui tourne en rond dès le premier quart d'heure et à certaines scènes peu inspirée (l'histoire d'un régiment durant la première guerre mondiale qui se retrouve pris au piège dans une tranchée occupée par des forces surnaturelles, tout un programme!). L'horreur aurait pu être beaucoup plus opressante sans foncièrement en montrer plus que ce qu'elle propose. Le manque d'inspiration et la crainte de prendre des risques se fait ressentir et c'est d'autant plus désolant que de savoir que si le thème avait été exploité magistralement, cette "Tranchée" aurait pu être un véritable chef d'oeuvre du cinéma fantastique. Or, il reste un film sympathique, surprenant lorsque des évènements surnaturels agissent contre le régiment mais aussi ennuyeux lors de ces longues phases de dialogues peu inspirés surlignant le côté fraternel propre au genre. La photographie est brouillonne lors de la première scène de bataille mais une fois la compagnie "piégée" dans le labyrinthe de boue, elle se stabilise et offre un résultat convenable. Donnant plus de spéculations que d'affirmations dans les origines diaboliques de cette tranchée, Michael J. Bassett plonge le dénouement de son récit dans le pur genre film d'horreur catalan comme "L'Orphelinat" ou "Le Labyrinthe de Pan" qui ont aussi usés de cette mise en abyme avec plus de lucidité et de compréhension notamment vis à vis du spectateur. Voulant révolutionner les règles du genre, "La Tranchée" ne parvient pas au bout de ses ambitions, le sort des soldats tournant rapidement en rond, comme ces derniers à travers les passages bouseux du camp allemand, avant de repartir sur les chapeaux de roue grâce à l'aspect fantastico-horrifique plutôt réussi en dépit d'une fin décevante.
Ajoutée le 15 avr. 2012 à 12h03 Signaler un abus
En cours...

