Quand la ville dort
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Roub E.

1 308 abonnés 5 375 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 août 2017
Du polar à l'ancienne, une histoire de braquage qui mise plus sur le côté humain que sur le spectaculaire (on est en 1950) et cela fonctionne encore parfaitement. Parfois brillant comme sur des jeux d'ombres, des acteurs convaincants, les débuts de Marylin Monroe. Quand la ville dort est un film pessimiste, très humain sur des personnages qui rêvent de fortune et vont se perdre totalement en tant qu'individus. C'est du grand cinéma qui traverse le temps.
TTNOUGAT

702 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 mai 2017
Malgré 3 minutes de trop (le cours de morale du commissaire Hardy lors du dénouement) et quelques facilités, ce film noir est une vraie réussite. Il est porté par un solide scénario, un acteur que l’on oublie pas (Sam Jaffe) entouré de fortes personnalités et une superbe mise en scène personnalisée qui s’exprime à de nombreuses occasions. L’histoire d’amour entre Dix et Doll est fort originale, elle s’exprime différemment entre l’un et l’autre mais avec tant de sincérité que, bien que rude, elle en devient émouvante. C’est étonnant cette bienveillance de Huston pour ses personnages malfaisants, il arrive à nous faire aimer Dix et même à s’apitoyer sur son sort. La ville, plus ou moins fictive, dans laquelle se déroule l’action porte bien son nom, elle est inhabituelle dans un film noir et la seule scène diurne bien que tragique sera bienvenue. Bien que l'on reste derrière un écran on respire alors mieux.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2017
À la fois film noir et film de gangsters, "The Asphalt Jungle" est à mi-chemin entre ces deux genres dans le sens où sa première partie présente les principaux personnages et décrit la préparation minutieuse d'un casse apparenté à un rite et génialement mis en scène, où la présence dérisoire de dialogues et l'importance accordée à la gestuelle aura inspiré Melville pour sa séquence mémorable du "Cercle rouge". Alors que l'opération doit, selon Doc' Riedenschneider, se dérouler sans accrocs car pensée des années à l’avance, elle connaît un premier dérapage au moment où les gangsters quittent la bijouterie avec la blessure de l’un d’entre eux. Mais ce rebondissement n’est que le premier d’un engrenage tragique, motif typique du film noir, qui dévoile la part plus intime des criminels dans une superbe seconde partie où tous sont renvoyés à leurs rêves, leurs vices et leurs regrets. Fort d’un remarquable scénario et d’une mise en scène qui parvient autant à faire ressentir le suspense de l'action par ses cadrages serrés qu'à représenter la psychologie trouble des personnages grâce à la beauté de son clair-obscur, "The Aspalt Jungle" aurait pourtant gagné à encore plus singulariser ses personnages, à les détacher davantage des stéréotypes du genre afin de les rendre plus émouvants. Le film n’en reste pas moins éblouissant de maîtrise et de personnalité.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 juin 2016
Film noir de 1950 réalisé par John Huston, l'action se déroule dans une ville des Etats-Unis où plusieurs personnes se trouvent impliquées dans un important cambriolage, et pour différentes raisons.
L'intérêt particulier de chacun des membres de cette organisation, improvisée, va aller à l'encontre de l'intérêt général.
Le livre était particulièrement bon, son adaptation, au cinéma, un an après sa parution est une réussite.
Les personnages sont en parfaite adéquation avec la narration. Le rythme est soutenu. La description précise des caractères laisse clairement voir le dénouement, et pourtant on reste attentif à cette succession d'évènements imprévus jusqu'au dénouement final.
Evidemment cela peut paraître trop lisible puisque ce film constitue l'une des références du film noir, et à ce titre, on a le sentiment d'avoir déjà vu certaines scènes, ou certains personnages.
John Huston reste assez fidèle au livre, même si le rôle de Dix est mis en valeur alors que dans le livre c'est celui du Docteur.
Les acteurs sont parfaits et leur physique contribue à la limpidité du scénario tout en matérialisant leur appartenance sociale.
Sterling Hayden imprime son aura sur cette sombre histoire, et on comprend pourquoi Stanley Kubrik le choisira 6 ans plus tard pour L'Ultime Razzia.
La musique reste en arrière plan, et s'efface au profit de beaux dialogues, apportant ainsi une coloration au décor où le noir et blanc domine dans des scènes d'intérieurs ou de milieu urbain, le plus souvent nocturnes.
Le message est clairement énoncé dès le début du film par Dix et le Dr : l'homme est un pêcheur qui doit lutter contre ses vices, sous peine de l'entraîner à sa perte.
On peut également y voir une critique de la cupidité de la société américaine, où l'appât du gain fait perdre la raison.
Ces références biblique présentes tout au long du film viennent illustrer cette description du mal, particulièrement réussie car profondément humaine (pas de fx ici, que du jeu d'acteurs !!).
Un classique du film de genre.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 janvier 2016
C'est un vieux film, mais le coup n'est pas mauvais et l'arrangement entre truands est montée intelligemment. C'est toujours un plaisir de voir des gentlemen en chapeau, costumes cravate et la cigarette ou cigare en main. On n'en fait plus des comme ça. Un manque d'action, mais une intrigue encore bonne et Marilyn Monroe est sublime malgré ses courtes scènes.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 2 mars 2016
Ça c'est du bon film noir : une intrigue prenante et bien fichue, une palette de personnages humains et pas manichéens, d'ailleurs tous très bien développés, des séquences marquantes (ici le braquage) et de bons acteurs (on notera ici la courte apparition de la magnifique Marylin Monroe). Le seul bémol de ce film est pour moi le fait qu'il manque un peu de tension.
Ça reste du très bon niveau de film policier.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 octobre 2015
La deuxième génération de film de gangster après "l'ennemi public" ou "le petit César". L'action est beaucoup plus diluée et la tension moins présente. Il y a un souci esthétique qui se rapproche d'un film d'Orson Welles, mais le scénario est quand même très simpliste. Le malfaiteur justifie son action par la "déformation du génie de l'homme" tandis que la police à la fin du film nous livre un petit réquisitoire contre la "bête humaine". C'est un peu manichéenn et un peu daté mais c'est un classique intéressant.
keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juin 2015
Le hold-up au cinéma a peut-être bien commencé ici ! J’ai bien senti l’influence de ce « Asphalt Jungle » sur des illustres suiveurs comme Kubrick (« L’ultime razzia »), Verneuil (« Mélodie en sous-sol ») ou, mon préféré, Melville et son « Cercle Rouge ». Pour ce qui est du braquage même, je trouve que John Huston s’en sort bien, mais l’expédie un peu vite ; on n’a pas assez de temps pour s’intéresser au plan ou aux détails de la marche à suivre. Je regrette aussi une certaine moralisation qui dénote sur la fin (sans doute imposée par les studios). Mais pour le reste, c’est le pied ! Je voudrais surtout mettre en valeur la richesse des personnages : ils ont beau être assez nombreux, ils possèdent tous une écriture profonde, au point qu’on souhaiterait voir un film entier pour chacun d’entre eux ! Des personnages qui s’inscrivent bien dans une tragédie noire (comme chez Melville, c’est assez flagrant pour moi) : des êtres humains enfermés dans cette grande ville inhumaine, qui tenteront d’atteindre un rêve en glissant du côté obscur, et qui seront rattrapés par une certaine fatalité. C’est là que le film est grand, après le braquage, dans sa dernière partie extrêmement poignante. Si j’aime tous ces personnages ayant tous l’illusion de pouvoir changer leur destinée, j’ai une petite tendresse supplémentaire pour Gus (l’amitié au-dessus du reste). Et puis, comment rester insensible à la découverte de Marilyn couchée sur le canapé ? En un mot, « Quand la ville dort » contient un bon braquage, mais surtout des magnifiques braqueurs !
Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mars 2015
Noir comme la nuit, désespéré, et pourtant empreint de halos de lumière. Qui ne se souvient de la marche inexorable de ces silhouettes quasi fantômatiques livrées au plus tragique des destins, sous les traits vieillissants de Louis Calhern et du trop rare James Whitmore. On ne peut également oublier la douce apparition de Marilyn et la séquence finale, éblouissante. La quintessence du film noir.
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juin 2014
Un chef d’œuvre du film noir dans une version collector de belle facture. Passons sur la photographie sublime d'Harold Rossom qui une fois de plus est magnifique pour insister sur le côté psychologique du film qui le distingue des canons du film noir. Huston s’intéresse davantage aux protagonistes qu’à leurs actions. D’ailleurs le casse en lui-même pourtant un modèle de précision occupe une part infime du métrage. Ce qui fascine Huston c’est la motivation des personnages. Chacun poursuit un rêve qui l’oblige à tremper dans des affaires louches. Ainsi le travail autour du casse est fait avec méthode mais sans passion comme le commun des mortels se rendant tous les jours à son travail. Il est d’ailleurs symptomatique que ce soit celui qui a le statut social le plus élevé (l’avocat campé par Louis Calhern) qui spoiler: finisse par trahir ses collaborateurs de circonstances estimant sans doute qu’il n’avait pas de gants à prendre avec le menu fretin
. Les acteurs sont tous très typés avec une mention pour Sam Jaffé parfait dans le rôle du « doctor », petit homme méticuleux capable de concevoir un casse au millimètre et spoiler: qui se fera prendre dans la scène finale pour avoir céder à son péché mignon en regardant une jeune fille danser dans un bar
. Sterling Hayden apporte toute sa virilité nordique à ce malfrat, fils de fermier égaré dans ce monde qui n’est pas pour lui et qui ne rêve que de pouvoir rentrer chez lui parmi ses chevaux (passion de Huston). spoiler: D’ailleurs il parviendra au bout de cette quête en finissant mortellement blessé dans sa ferme natale pour ce qui
sera la seule scène diurne du film voulue par Huston qui donne au final un accent Fordien à son film. Le bonus qui décortique le film est très intéressant faisant intervenant la fine fleur de la critique française (Michel Ciment, François Guérif, Patrick Brion) et un petit maître français du film noir : Alain Corneau.
Moon In June
Moon In June

1 abonné 20 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2014
Les deux premiers tiers (préparation du casse, puis le casse) sont excellents de noirceur, très bien écrits. Mais le dernier tiers (l'après-casse) est malheureusement trop long et prévisible rétrospectivement selon les canons du genre. Très bon film malgré tout !
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 juin 2014
Alors qu’il devait réaliser « Quo Vadis » avec Gregory Peck, John Huston se voit rediriger vers un autre projet, l’adaptation du roman de William Burnett « The Asphalt Jungle », après que Peck tomba malade. Il nous fait suivre un criminel tout juste sorti de prison, « Doc » Riedenschneider qui prépare le cambriolage d’une bijouterie et s’entoure d’une équipe comprenant quatre criminels ayant chacun une spécialité.

On navigue en plein film noir et c’est un régal, l’atmosphère mêle vapeurs d’alcool, imperméable, cigarettes, chapeau en feutre, braquage (c’est d’ailleurs le précurseur dans ce genre) ou encore personnages aux destins tragiques et à la psychologie sombre et Huston les rend fort intéressant. Il met en scène de très belle manière cette passionnante galerie de personnages où l’on trouve des accros aux jeux et/ou paris endetté, avocats véreux, magouilleurs, ou ex-prisonniers. Il approfondie leur psychologie, les rends humains dans un monde corrompus où il n’y a pas vraiment de bien et de mal. A l’image du déroulement du film, ils sont très bien écrit, toujours un minimum complexe et jamais manichéen. Ce serait d’ailleurs une erreur de penser que tout le film tourne autour du braquage, ce n’est pas le cas et c’est tant mieux tant Huston nous passionne pour ces personnages.

Il trouve toujours le ton juste, si c’est complexe, ce n’est jamais compliqué. Il instaure un climat sombre et angoissant de plus en plus fort, tout en maintenant le suspense et une tension de plus en plus présente. Sa réalisation est superbe, il maitrise sa caméra, toujours fluide et en usant de plusieurs gros plan sur les visages des personnages, captant à merveille leur sentiment, souvent le désespoir et la peur et il sublime cette ville plongée dans l’obscurité et le froid de la nuit.

Certaines scènes sont brillantes, à l’image de ce casse (dont on sent que Melville a regardé ce film plusieurs fois avant de faire « Le Cercle Rouge ») minutieux, sans dialogue et superbement réalisé, mais aussi des scènes plus simples et humaines ou encore cette superbe scène finale.

Les interprétations sont impeccable et notamment un excellent Sterling Hayden qui rentre à merveille dans son rôle, donne une humanité à son personnage et le rend touchant. Louis Calhern, Jean Hagen, Sam Jaffe ou encore la jeune Marilyn Monroe sont impeccables.

Dix années après "Le Faucon Maltais", John Huston nous livre à nouveau une perle du film noir, intelligent, sombre, passionnant et humain. Superbe.
Truman.
Truman.

274 abonnés 1 364 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2014
Quand la ville dort est un de ces polars noir dans la plus pur tradition Hollywoodienne, avec des gangsters qui fument clopes sur clopes, des flics, un casse et une ambiance froide .
On suit le déroulement minutieux d'un cambriolage, le tout avec des personnages pas forcément honnêtes, un brin de violence et quelques passages fort en intensité .
Un film qui à marqué le cinéma et qui a sut l'influencer avec par exemple l’Ultime Razzia où encore Reservoir Dogs .
septembergirl

665 abonnés 1 070 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 mars 2014
Un film du début des années 1950 à l’esthétique réussie et à la mise en scène respectable, parfois brillante. Cependant, l’intrigue devient assez rapidement lassante et pénible à suivre, la réalisation se perdant dans une analyse psychologique de ses personnages fort peu intéressante et délaissant l'action et les rebondissements. Les dialogues sont assez plats et il manque également du suspense et de la noirceur. Un film de John Huston quelque peu surestimé, du niveau de "Key Largo" mais inférieur au "Faucon Maltais" !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 octobre 2013
Parmi les films noirs des années quarante-cinquante, "The Asphalt Jungle" fait figure de référence. L'adaptation du roman de William R. Burnett par John Huston est une véritable réussite. La première partie peut sembler longue, voire ennuyeuse mais elle permet de situer les protagonistes et de présenter leur aspect psychologique. La seconde phase, très brève montre le cambriolage de la bijouterie, avec une certaine sobriété dans l'action. L'étape suivante confronte les auteurs du vol aux indélicats commanditaires. Il s'ensuit une situation dramatique et le déclenchement de la machine policière qui va broyer progressivement les parties prenantes. John Huston manie le suspense avec habileté et démontre une maîtrise dans le maniement de la caméra, notamment sur les gros plans. Si Sterling Hayden est désigné tête d'affiche, il n'y a pas vraiment d'acteur principal mais plutôt une équipe d'artistes talentueux qui tous contribuent au succès de ce long métrage. Cette adaptation est nettement supérieure à celle de Delmer Daves en 1958 et transposé à l'époque du Far West avec Alan Ladd et Ernest Borgnine, et surtout, elle est fidèle à l'œuvre de Burnett.
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