La grande particularité de l’adaptation qu’a faite John Huston du roman de William Hammett n’est finalement pas tant son fatalisme, celui-là même qui lui a permis d’être considéré comme un film noir, mais bien le point de vue avec lequel est raconté ce cambriolage. En 1950, le code Hayes en vigueur ne permettait en effet pas aux réalisateurs américains de considérer des gangsters comme les héros de leurs films mais Quand la ville dort se révèle malgré cela une introduction extrêmement minutieuse dans le monde du grand-banditisme, s’attardant intelligemment sur la psychologie et les ambitions de chaque personnage, ainsi qu’une intrigue bien construite sur les tenants et aboutissants d’un hold-up. Malgré ses quelques baisses de rythme, le scénario est cela précurseur d’un sous-genre qui devra par la suite particulièrement populaire, mais le film ne serait pas un tel chef d’œuvre sans la qualité formelle apportée par le travail sur l’image du directeur de la photographie Harold Rosson qui inonde le récit d’une atmosphère à la noirceur oppressante. Le casting est lui-aussi à la hauteur des enjeux puisque Sterling Hayden et Sam Jaffe, pour ne citer qu’eux, incarnent des personnages mémorables, qui eux-aussi deviendront, au fil des années, des clichés incontournables du genre.
Apprécier ces grandes œuvres classiques auxquelles "Quand la ville dort" appartient est chose de plus en plus difficile, tant nos valeurs de jugement sont impactées par le rythme des films contemporains. Cette histoire de casse qui tourne à l'aigre a souvent été reprise depuis pour donner des films bien plus dynamiques, et on s'attend à voir l'œuvre qui aurait posé les fondements de ce cinéma, ce qu'il n'est pas. Huston s'attarde sur la psychologie de ses personnages, et en les humanisant au maximum il nous montre que finalement leurs motivations sont très ordinaires. Et cette approche quasi chirurgicale donne un film lent dans lequel il est finalement assez difficile d'entrer.
(VIDEO) Ni chaud, ni froid. Un joli noir et blanc, malgré tout. De jolis plans. Mais trop de mauvais acteurs - dont une certaine blonde qu'on ne voit heureusement pas beaucoup. Rien qui existe vraiment. Un film très démodé à mon avis.
A partir d'un pitch qui sera maintes fois copié (un casse minutieusement préparé mais qui tourne mal en raison d'un impondérable) Huston nous dresse un galerie de personnages : que des voyous mais aucun manichéisme, que des personnages extrêmement complexes et même parfois attachants. Quel contraste avec le personnage antipathique, suffisant et doctrinaire du commissaire dont on se demande si les trois minutes de propagande finale en faveur de la police sont vraiment à prendre au premier degré. Le scénario est très habile et contient sa bonne dose de suspense. La réalisation, la photographie et la direction d'acteurs sont excellentes, la palme revenant à Sterling Hayden, mais Jean Hagen est très bien et la classe de Louis Calhern est remarquable, quant à Marilyn Monroe, elle assume fort bien son mini rôle. La musique (Miklos Rosja) est efficace, Un chef d'œuvre !
Maintes fois pompé, rarement égalé. Il faut voir ou revoir ce film pour Sterling Hayden, pour la poésie intacte de son final, pour la belle séquence d'introduction, pour le soin méticuleux qu'apporte John Huston à la psychologie de ses personnages observés sous leurs moindres coutures en privé comme à la ville, même quand elle dort.
Un bon polar, au scénario bien ficelé, qui maintient en haleine jusqu'à la fin. Cette dernière se révèle un peu décevante... ou tout simplement... datée ! Mis à part ce petit reproche, on ne peut que se délecter devant cette histoire de cambrioleurs habilement mise en scène, et dotée d'un casting efficace, Sterling Hayden en tête. A noter la présence (irradiante) de Marilyn Monroe dans un petit rôle.
Véritable labyrinthe d'intrigues qui se croisent et s'entre-croisent, Huston inverse la procédure du film de casse, celui-ci commencant au début et les conséquences qui s'ensuivent arrivent au devant de la scène. Le rythme joue avec la lenteur et les tensions internes. Le film de Huston est un exemple du thriller américain
Le scénario est malin, astucieux, et les acteurs sont très convaincants. Marilyn est radieuse dans son petit rôle. The Asphalt Jungle est bien évidemment un classique du film noir.
Film noir de John Huston extrêmement bien ficelé où l'on peut suivre l'avant, le pendant et l'après braquage d'un coffre contenant une pléiade de bijoux. La mise en scène et le montage sont assez originaux. En effet, nous pouvons faire connaissance avec chacun des personnages au début de film chacun à tour de rôle pour ensuite les voir tous en action ensemble pendant la phase principale du film (magnifiquement tournée d'ailleurs). Ensuite, nous pouvons assister à la descente aux enfers de chacun des protagonistes, à tour de rôle aussi, comme pour faire référence à la 1ère partie du film.
Saluons ici la 1ère véritable apparition de l'icône de toute une génération : Marilyn Monroe (déjà somptueuse !). Elle réapparaitra d'ailleurs 11 ans plus tard dans "Les désaxés" de ce même réalisateur, ce qui correspondra d'ailleurs, ironie de l'histoire, à sa dernière apparition cinématographique. La boucle est bouclée ! Pour le reste du casting, Sterling Hayden est formidable dans son rôle de petite brute et Louis Calhern n'est pas en reste non plus en tant qu'avocat complètement fauché.
Film à rapprocher de "L'ultime Razzia" de Kubrick pour le montage extrêmement minutieux du casse, mais qui malheureusement pour les malfaiteurs laissera présager une suite bien moins glorieuse.
La matrice du film de braquage par le grand J. Huston. Il offre ici au spectateur une peinture crépusculaire et réaliste d'un monde sans pitié qui n'épargne personne et dans lequel nul n'est innocent. Casting magistral, construction narrative prodigieuse, maîtrise du N&B étourdissante, le maître s'offre même la collaboration du grand M. Rosza à la musique mais n'utilise en tout qu'à peine 6 minutes de partition (au début et à la fin) mais cette dernière reste exceptionnelle et vous attrape d'entrée avant de vous laisser les yeux humides. Dense, admirable, profond et violent, cette chronique du coup parfait qui foire est une mécanique de précision qui demande beaucoup au spectateur mais ce dernier ne le regrettera nullement. D'autres critiques sur
En voilà un bon film, j'aime les bons films, ça fait du bien. C'est relaxant, apaisant de se dire qu'on a vu un bon truc qui ne nous a pas fait perdre du temps. Je pensais que j'avais vu plus de Huston que ça, mais c'est seulement mon 4°. C'est un réalisateur qui commence à me devenir de plus en plus sympathique. Alors je vais dire toute de suite que ce n'est pas pour moi le meilleur film de braquage, tout simplement parce que je préfère le cercle rouge bien même mélodie en sous-sol. En fait dans ce Quand la ville dort, le braquage n'est qu'une infime partie du film, du coup je ressors un tout petit peu sur ma faim, j'aurai aimé les voir préparer leur coup avec minutie, parce que j'ai l'impression que là c'est un peu expédié et c'est dommage. Du coup je n'y ai pas forcément cru à ce plan génial que le Herr Doktor avait préparé depuis tellement de temps, ça me semble être un braquage assez basique. Il n'a pas la classe des 20 minutes silencieuse du cercle rouge qui donnait une tension à couper le souffle à ce film. Néanmoins, la mise en scène et l'écriture des personnages du film de Huston sont vraiment de haut niveau. Il y a beaucoup de personnages, mais ils sont tous intéressants, scénaristiquement c'est bien foutu aussi, ce n'est ni trop alambiqué ni trop simple, juste assez pour qu'on puisse se demander ce qui va se passer. Après j'ai trouvé que le film manquait peut-être un peu de suspens, mais rien de bien grave. En fait je dirai qu'on est en présence d'un bon film, pas d'un excellent, mais d'un bon film, quelque chose de bien fait, avec des bons acteurs et qui fait un bien fout, mais qui ne va pas me marquer.
« Quand la ville dort » est un polar social. Un état des lieux complètement bouché aux espérances les plus élémentaires.
Sous des tenues correctes se cachent des gangsters abritant eux-mêmes des hommes en bout de courses désirant se poser définitivement sur des rêves d’adolescents ou des échéances alimentaires que l’on peut enfin assouvir dans la continuité.
Le dérapage d’un processus d’exécution malhonnête est presque inconvenant tant cette petite communauté mérite si le sang n’est pas versé de s’en sortir et d’égrener enfin des jours heureux loin d’une panoplie endossée pour survivre.
Curieusement ce microcosme de mauvais garçons mécanisés par la machinerie de leur système domine un territoire absent d’honnêtes gens. La ville et ses clairs obscurs offre la nuit tombée de derniers engrenages à des personnages usés par le son monocorde de comportements axés sur les braquages, les trahisons et la peur.
A l’intérieur d’un traitement sans surprises se détache un film humain, désespérant sur une condition d’existence forcée ne reflétant pas le véritable visage d’une espérance de vie oisive calme et détachée que l’honnêteté ne peut offrir.
Dix Handley couvé par Doll Conovan rêve de ferme et de chevaux. Une récompense finale entrevue en son entier sans être pénétrée dans une ultime scène pathétique laissant victorieux une justice sans âme.
Lauriers spéciaux pour Jean Hagen et surtout Sterling Hayden dont les traits usés par le désespoir et la crainte sont presque à anoblir.
Un film magnifique sur la décomposition inévitable des rèves qu'un outil de travail tragique et hyper dangereux ne fait qu'entretenir.
Une belle déception ce film. Après quelques premières minutes passionantes, on se noie dans des longueurs interminables sur les personnages, et là mes yeux ne suivaient plus. Peu de rebondissements et des dialogues plats ralentissent ce film qui était plutôt prometteur. Celà dit, l'image est belle, les acteurs jouent bien, et certains moments d'actions sont forts intéréssants. Bilan mitigé pour un dit "classique du film noir".
Quand la ville dort est un film magistralement écrit et réalisé par John Huston . Il faut le dire , Quand la ville représente un peu ce qu'on appelle le film noir par excellence avec sa mise en scène formidable , une image travaillée et maîtrisée ( le noir et blanc est réellement superbe ) . Ensuite , c'est effectivement un film à l'action passionnante où l'on peut suivre avec intérêt l'histoire d'hommes préparant le braquage d'une bijouterie . Le film tient aussi par la très bonne écriture des dialogues et bien entendu par une interprétation formidable avec Sterling Hayden , Jean Hagen , Louis Calhern et la très plaisante apparition de Marilyn Monroe . Quand la ville dort est aussi un film avec du souffle et où l'on peut noter la présence de scènes contenant une forte tension dramatique spoiler: notamment la scène finale de la mort du protagoniste sur les terres de son enfance au milieu des chevaux . Un chef-d'oeuvre .