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Manderlay
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Manderlay" et de son tournage !

Deuxième volet d'une trilogie

Manderlay est le deuxième volet de la saga que consacre le Danois Lars von Trier à l'Amérique, et baptisée U.S.A. Land of opportunity. A la fin du premier volet, Dogville (sorti en 2003), l'héroïne Grace et son père quittaient Dogville pour retourner chez eux à Denver. Au début de Manderlay, on retrouve ces deux personnages, en route vers le sud, et décidant de faire une halte en Alabama. Ce deuxième volet se situe donc dans la continuité du premier, aussi bien du point de vue du récit que du dispositif (l'action se déroule sur une scène, un sol peint, avec un décor minimal). Une différence de taille est à noter : Grace n'a plus les traits de Nicole Kidman, comme dans Dogville, mais ceux de Bryce Dallas Howard. Lors de la conférence de presse de Dogvilleà Cannes en 2003, le cinéaste avait fait promettre à Kidman de participer au deuxième volet, mais la comédienne y a finalement renoncé, officiellement pour des problèmes d'agenda. En mai 2005, la production annonçait que dans le troisième volet de la trilogie, Wasington, dont le tournage est prévu en 2007, Nicole Kidman et Bryce Dallas Howard se partageraient le personnage de Grace.

Présenté à Cannes

Ce film a été présenté au Festival de Cannes 2005 en Sélection officielle, en compétition.

Le racisme vu du Danemark

Lars von Trier précise ses intentions : "(...) ce qui m'a paru drôle -ou étrange- avec Manderlay, c'est que le film implique d'autres races. Au Danemark, on s'imagine qu'on n'a jamais eu de problèmes de racisme, mais il n'y avait aucun Noir au Danemark quand j'étais enfant. En gros, ils étaient quasi-inexistants, mis à part quelques musiciens de jazz. Depuis, le racisme a fait son apparition, donc d'une certaine manière, Manderlay parle aussi de la situation au Danemark."

Il était une fois en Amérique

Lors de la conférence de presse cannoise donnée après la projection de Manderlay, Lars von Trier expliquait pourquoi il avait souhaité consacrer une trilogie à l'Amérique : "L'Amérique est un sujet qui m'intéresse, car les Etats-Unis occupent une très grande place dans ma vie, comme dans celle de chacun d'entre nous. Je considère que l'Amérique occupe environ 60% de mon esprit. Je suis de fait concerné par tout ce qui touche ce pays, et pourtant je ne peux pas voter là-bas si je veux changer les choses. C'est pour cette raison que je fais des films sur l'Amérique."

O, point d'origine

Si Dogville pouvait évoquer, par certains aspects, L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht, l'intrigue de Manderlay a été en partie inspirée, de l'aveu même du cinéaste, par la préface, signée Jean Paulhan, de la célèbre Histoire d'O de Pauline Réage (alias Dominique Aury alias Anne Desclos). Paulhan y relate la révolte de Noirs, sur l'île de la Barbade, en 1838, demandant à retrouver leur statut d'esclave alors que celui-ci vient d'être aboli.

Retour de Grace

A propos du passage de témoin entre Nicole Kidman et Bryce Dallas Howard, le réalisateur note : "Naturellement, Grace est influencée par la personne qui l'interprète. Comme vous savez, le scénario était écrit pour Nicole. A partir du moment où ce n'était plus elle, il fallait évidemment transformer le personnage en fonction de l'actrice. Par exemple, je trouve amusant qu'elle soit si jeune, parce que ça rend plus plausible l'entêtement du personnage. C'est pareil pour son approche naïve des choses ; bien que toutes mes héroïnes aient cette naïveté..." Il ajoute cependant : "(...) c'est la même Grace. Seule sa forme change. C'est la même Grace sous une autre forme (...) mais je vois une évolution entre le personnage de du premier film et celui-ci. L'idée était de faireune trilogie initiatique centrée sur le personnage de Grace. A la fin de Dogville, elle commence à avoir un certain pouvoir et dit qu'elle s'en serivra pour rendre le monde meilleur."

Disgrace

Souvent taxé de misogynie, Lars von Trier ne se montre pas très tendre avec le personnage principal de son film : "Grace devrait être l'héroïne, mais elle gâche tout par stupidité et un trop grand idéalisme", se désole-t-il. "Elle manque de pragmatisme politique, elle est juste stupide et idéaliste. Et beaucoup trop émotive. Il ne faut pas être comme ça en politique, sinon ça ne vous mène nulle part."

Bryce fan de Lars

Fille du cinéaste Ron Howard, découverte dans Le Village de M. Night Shyamalan, Bryce Dallas Howard était une grande admiratrice de Lars von Trier avant de le rencontrer : "Lars est l'un de mes trois réalisateurs préférés au monde et quand on m'a appelée pour l'audition, j'étais abasourdie. En fait, j'étais terrorisée parce qu'après avoir vu Breaking the waves, je m'étais secrètement dit que je devais le suivre pour essayer d'être un jour dans un de ses films. La première fois que j'ai vu Breaking the waves, c'était en vidéo. Ce film m'a littéralement obsédée, je crois que je l'ai vu 18 ou 20 fois." A propos de la réputation de tyran que traîne le réalisateur, l'actrice confie / "(...) j'étais nerveuse à cause des rumeurs qui courent sur Lars, sur sa façon de travailler et tout ça... Vous savez, j'en ai tellement assez des gens gentils qui font de mauvais films que je me suis dit que je serais capable d'accepter n'importe quoi qui me permette d'améliorer la qualité de mon travail. Ensuite, venir ici [le studio en Suède] et être prise en charge avec autant de gentillesse, c'était presque étrange."

Le casting

Si Nicole Kidman a laissé sa place à Bryce Dallas Howard, on retrouve dans plusieurs comédiens de Dogville : Lauren Bacall, Jean-Marc Barr, Jeremy Davies, John Hurt, Udo Kier et Chloë Sevigny.

John C. Reilly lâche Lars Von Trier

John C. Reilly a abandonné le tournage de Manderlay, car il n'a pas accepté qu'un âne, condamné à mourir, soit abattu dans une scène du film. Il a été remplacé par l'acteur slovène Zeljko Ivanek.

Les réserves de Glover, l'enthousiasme de Bankolé

Deux des acteurs noirs du casting, Isaach de Bankolé et Danny Glover, ont eu des réactions très différentes à la lecture du scénario. Le premier se souvient : "A vrai dire (...) ça m'a un peu terrassé. Pas l'histoire en elle-même, mais le fait que cette histoire et ce rôle me soient proposés par un réalisateur blanc. Etrangement, je ne me serais pas attendu à ce qu'un Blanc aborde ce sujet de cette façon et le traite ainsi. En fait, c'est très sérieux, mais y a aussi de l'humour et on a le sentiment qu'il a été écrit par quelqu'un qui sait de quoi il parle." En revanche, le second confie avoir "immédiatement eu des réserves", et, dans un premier temps, refusé de jouer dans le film. Il s'explique : "Quand je lis un script, j'essaie de m'imaginer dans le rôle du personnage et j'essaie aussi d'évaluer la réaction des spectateurs, particulièrement dans une histoire qui aborde avec une telle force la question de l'esclavage et de ses conséquences, avec des personnages très stéréotypés (...) Mon problème, c'est que [le scénario] était raconté exclusivement du point de vue d'un blanc et que les images étaient très fortes vues sous cet angle. Mais je n'arrêtais pas de penser à l'histoire, elle ne me lâchait pas ; alors, au bout d'un moment, j'ai accepté le rôle."

Contre le politiquement correct

A propos des ravages du politiquement correct, le cinéaste juge : "(...) c'est dommage que les acteurs noirs ne puissent jouer que des rôles de héros. Qu'on ne leur permette pas d'être aussi humains. Voilà contre quoi ils doivent lutter dans l'industrie cinématographique. Ils en parlent tous : les rôles de blancs. Tant qu'ils n'auront pas gagné le droit : les rôles de blancs. Tant qu'ils n'auront pas gagné le droit de jouer des rôles de blancs, ils ne dépasseront pas le stade où on ne les définit que comme des héros ou des présidents. Mais le héros noir est toujours ou des présidents. Mais le héros noir est toujours très populaire dans les films américains (...) ça doit être monotone pour un acteur noir de ne jouer que des héros, simplement parce qu'il est afro-américain. Et de ce point de vue, je trouve qu'on fait un pas en avant avec Manderlay".

Les chaînes de Jacob

Parmi les sources d'inspiration de Lars von Trier figure son compatriote Jacob Holdt, écrivain et photographe, dont on pouvait déjà voir défiler quelques clichés pendant le générique de fin de Dogville. L'artiste a voyagé à travers les Etats-Unis au début des années 70, pour rendre compte de la réalité de la société américaine, et notamment de la condition des Noirs et du racisme dont ils sont victimes. Ses photographies sont rassemblées dans un ouvrage intitulé American pictures.
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