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Un chien, deux chiens, trois chiens, si l'on n'y prenait garde on croirait un documentaire animalier. Il y a aussi les plans flous sur l'interlocuteur en faisant la mise au point derrière sur un ouvrier octogénaire dans une des plus grosses exploitations viticoles mondiale. Vous l'aurez compris, ce film joue l'absence d'académisme, mais pas de professionnalisme. L'image est assez mauvaise (toujours cette satanée dvd des années 2000) les jeux de zooms sont fatigants et les dé-cadrages sauvages lassent. Sans parler de la perche son dans le champ ou du cadrage anecdotique. Bref nous sommes en présence d'une équipe trentenaire gauchiste et cynique qui va jusqu'au bout de son concept anarchiste. Mais c'est cette absence de concessions bourgeoises qui imposent le respect, malgré l'énervement. C'est aussi le budget (beaucoup de déplacements internationaux) et la connaissance du milieu viticole qui impressionne. Sans parler de la gentillesse particulière de l'équipe. Beaucoup d'interviews contradictoires mais une ligne de conduite et un scénario qui sait où il va. Il y a un peu de rêve, pas mal de truculence, beaucoup d'humour (au premier comme au second degré) et c'est passionnant comme un polar. C'est long, ce qui permet une immersion en profondeur. Rarement un documentaire aura été aussi instructif sans discerner une réelle méchanceté chez leurs auteurs, c'est comme s'il s'agissait d'un jeu, et la conclusion catastrophique, très pessimiste, passe d'autant mieux, d'aucuns diront qu'elle est plus digeste. On découvre un monde de gros sous et de grande noblesse Jet Setisée à sa manière, on s'amuse avec quelques caractères très trempés, et tous (malgré tout) très sympathiques (une réelle soif d'image ou de publicité ?), même quand ils affichent un racisme colonial de manière incroyablement naturelle. De la même manière que la gestion des vignobles juifs après-guerre est montrée sans détours. On imagine l'intelligence et la manipulation feutrée de l'équipe pour en arriver à de telles confidences devant la caméra. En tout cas, si vous voulez combattre l'américanisation du goût des v-ignobles bordelais, à vos bouteilles de Bourgogne ! Mais oui je sais que des consommateurs ont fait un test à l'aveugle des vins cités dans le film, et leur conclusions ne démontrent-elles pas que leur goût est justement déjà perverti par la facilité du goût "universel" ? Un "mauvais" vin de caractère, n'est ce pas finalement la preuve de la moyenne consensuelle sans surprise et triste du produit industriel presque parfait ? Je plaisante...
Ajoutée le 01 févr. à 23h19 Signaler un abus
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