"Le vin cest un rapport intime, presque religieux de lhomme à la terre, à la nature" déclare un viticulteur italien, amoureux de sa vigne. Le film Mondovino, présenté lors au dernier Festival de Cannes, expose les ddégats de la mondialisation appliqués au vin. Ou comment du terroir on passe à une logique marketing et une uniformisation du goût. Un documentaire passionnant et limpide, qui au delà du monde du vin, témoigne de la logique de rouleau compresseur de la mondialisation libérale, quelque soit le secteur où elle sapplique.
Tout d'abord, commençons par les limites de ce documentaire. Comme ceux de Michael Moore, il s'agît ici d'un véritable pamphlet anti-mondialisation qui s'applique systématiquement à rendre sympathique des vignerons "du cru" et à montrer les "industriels" du vin comme d'ignobles personnages. Ce point de vue très partial fera que le documentaire ne convaincra que ceux qui sont déjà convaincus. Faisant partie de cette catégorie, le film est un petit régal car il s'applique à démonter tous les rouages de l'industrie viticole. Il montre bien la tendance à l'uniformisation du goût du vin, qui ne correspond plus au terroir, mais au goût des "experts" oenologues (et par ailleurs plus amateurs d'argent que de vin). Le cinéaste redonne parole aux anciens que l'on oublie de consulter dans notre société avide de nouveauté, de modernité. Finalement, c'est bien de l'évolution marchande de notre monde dont il est ici question, et encore une fois, cela fait froid dans le dos (notamment les propos des grandes familles italiennes qui déclarent que Mussolini a apporté beaucoup à l'Italie ! Merci pour tous ceux qui sont morts sous ce régime). Chronique d'une nouvelle forme de totalitarisme : le fascisme économique et la pensée unique.
Excellent documentaire sur la diversité dans l'exploitation viticole à travers le monde, de l'artisanat d'un amérindien d'Argentine à la multinationale américaine "Mondavi", qui s'implante et impose son goût standardisé dans le monde entier... avec pour principal terrain d'exploration la France, l'Italie et les USA. Egalement au programme : une rencontre avec Robert Parker, qui fait et défait les réputations des vins, et avec son disciple français méconnu et ahurissant, Michel Rolland, "consultant" en oenologie, au pouvoir incroyable.
C'est bien un film de cinéma auquel on a affaire, comme en atteste la mise en scène soignée et friande du moindre détail révélateur sur les individus et les lieux rencontrés, à la fois impitoyable, révélatrice et cocasse (on pense parfois à "Strip-tease" ou aux Deschiens).
Mais ce film, s'il est à la fois instructif et divertissant (donc captivant), est surtout prétexte à dénoncer l'uniformisation des goûts par la mondialisation : au-delà du cas particulier du vin, c'est de la culture et la consommation en général dont il est question ! Le metteur en scène, Jonathan Nossiter, est un Américain atypique qui parle couramment français et italien, multiculturel, sommelier de formation (!) et soucieux du moindre détail !
la cause est noble Monsieur Nossiter de défendre l'authenticité des vins et de par la-même, l'intêret du consommateur.Mais on ne peut s'attaquer à une telle situation avec si peu de travail et une désinvolture évidente.L'usage de la caméra numérique est extrêmement fatiguant pour le spectateur,les sous-titres en français et en allemand sont très souvent illisibles (blanc sur clair), et je me pose la question de l'utilité de tous ces plans consacrés aux chiens(manque d'affection du réalisateur?),enfin quant à la musique, elle me semble en total décalage avec le monde du Vin que vous semblez connaître.Je pense sincèrement que le noble Vin, et le danger croissant de standardisation qui s'y rattache méritaient mieux.Plus d'explications et de chiffres sur l'ampleur de la crise et des investigations dépassant le simple interview polissé par exemple.Belle robe,mais vert et court en bouche.