Nick La Main Chaude !
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3.5 - Bien
Parangon du film noir, " Les tueurs " installait définitivement tous les codes d’un genre alors en construction. Une intrigue policière tordue avec rebondissement final, une femme belle en diable, manipulatrice qui tire les cordes, une ambiance nocturne prégnante et une vision assez misanthrope de l’homme, perdu entre désespoir, cupidité et désirs sensuels. A ce jeu, Siodmak, fort d’une expérience multigenres et internationale sur plusieurs décennies, se surpasse et établit une patte stylistique marquée par des éclairages et un sens du cadrage ouvertement expressionnistes.
Le cinéaste est aidé dans sa réussite par la force dramatique du matériau de base, une nouvelle d’Ernest Hemingway publiée à la fin des années 20, composée essentiellement de dialogues et de détails gracieusement transposables, et par un script audacieux développé par Anthony Veiller ( "La nuit de l’iguane ") et dans le plus grand secret par Richard Brooks et John Huston, alors non crédités car étant tous deux sous contrat chez un autre studio. Un sacré mélange de talents!
Si la nouvelle décrivait la renonciation d’un homme brisé qui accepte son destin en refusant de fuir les deux tueurs venus l’éliminer, le scénario brode tout un contexte à ce récit dramatique suicidaire qui se refuse à la moindre explication. Film enquête à la " Citizen Kane ", qui fait ici figure de référent narratif évident par rapport à sa structure rétrospective, The killers suit le travail d’investigation d’un inspecteur sur l’assassinat de Burt Lancaster et privilégie donc les flashbacks. Un procédé passionnant et complexe qui nous mène à son rythme, en empruntant des détours alambiqués, à une révélation finale forte, transcendée par le jeu aiguisé d’Ava Gardner qui démontrait alors toute l’ampleur de son talent. Bref, un film référence qui n’usurpe pas son illustre réputation.
Ajoutée le 11 mars 2012 à 11h59
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