Peut-on vraiment parler de western? L'Homme qui tua Liberty Valance, est sans doute plus que ça. C'est en effet tout un pan de l'histoire américaine qui y est traité. Un film culte donc, qui a plutôt bien vieilli.
Un homme attaqué par le bandit local "Liberty Valence" veut imposer la loi à la violence et la justice des hommes. Un western "politique" qui oppose Stewart, avocat, à John Wayne, cow-boy qui ne jure que par le pistolet. On sait dès le titre qui va tuer Liberty Valence et l'on assiste à la fin du film à un long plaidoyer sur la droiture de celui qui va représenter le peuple. Un western assez dense et au message fort. Différent des westerns classiques et au final surprenant..... Superbe
La moralité, le courage, la légende d’un héros, les sociétés de non droit dans le « far west » sont les thèmes qui caractérisent le western, un genre qui a marqué l’histoire du cinéma. Tous ceux qui aiment cette catégorie de films connaissent John Ford et ce film constitue son chef d’œuvre bien connu mais à notre avis méconnu. La possibilité de faire respecter la loi dans un pays qui ignorait ce principe est le thème qui se développe à travers un récit qui contient deux « flash-backs » une originalité de cette œuvre inspirée par une nouvelle homonyme de Dorothy M. Johnson. Il s’agit aussi d’une histoire qui contient certains aspects des chants irlandais, tout en sachant que Ford est originaire de ce pays. Cependant le style et la tonalité et la thématique de cette création sont américains. Ce film a une autre caractéristique qui est rare dans le cinéma. C’est le monologue intérieur : Lorsque le journaliste parle tout seul dans l’imprimerie il ne s’adresse à aucun personnage. Son destinataire est sans aucun doute le spectateur. Le niveau des discours est bien élevé et l’argumentation est progressive et très bien développée et appuyée aussi bien sur les tirades, les dialogues, les soliloques elle est complétée par l’action et les nombreuses images suggestives. La discrétion le caractère humain et les qualités humaines apparaissent dans cette société primitive ce qui constitue la promesse d’un meilleur avenir ce qui devint réalité grâce au personnage central qui croit à la valeur de l’État de droit. Ford, comme dans d’autres films met en évidence le droits des faibles ou des gens qui ne sont ni influent ni puissants. Cette thématique est universelle et nous rappelle même aujourd’hui les principes que l’on doit avoir en vue dans un monde qui est en pleine évolution et que les intérêts des puissants priment parfois les droits. Autres éléments: La prise de vue qui annonce et développe la scène avec un décor parfois sombre. Il s’agit d’un chef d’œuvre que l’on doit voir à la première occasion.
Ce film est largement surestimé : comme souvent on confond la vision du film avec le souvenir de sa vision, or ce dont on se souvient et ce qui a fait sa réputation ce sont ses bonnes intentions, et son fond illustré par le duel fatal, puis par le twist final. Bien joué l'artiste, mais si on regardait le reste. Lee Marvin qui surjoue comme ce ne devrait pas être permis, certaines scènes sont gavantes et frisent parfois le ridicule (Stewart en prof, le monologue du journaliste, la réunion électorale finale). Quand certains nous parle de mise en scène maîtrisé, j'avoue ne pas bien comprendre. Quant au duel final, s'il est parfaitement réalisé, son twist reste peu crédible : qu'on m'explique pourquoi Wayne n'a pas revendiqué la mort de Valence, vous me direz, comme tout le film repose là-dessus, il n'y aurait pas eu de film… évidemment !
Un film extraordinaire, magnifiquement mis en scène et interprété. John Ford n'a plus rien à prouver, il est le maître absolu du western, a mis en scène la fondation de son pays en long en large et en travers ; il décide donc de prendre le contre-pied et fait mouche une fois de plus.Avec une histoire touchante et terriblement bien écrite, il revisite le mythe du western et réécrit la légende des héros américains avec finesse et légèreté. Souvent léger et très drôle, le film sait se faire également très émouvant et s'autorise enfin des envolées lyriques dont le cinéaste a le secret. Le propos est fin et le scénario est servi par une mise en scène géniale : le tout est tourné en studio, comme pour faire échos à l'histoire en carton pâte de son héros et cela donne un charme fou au film si délicatement filmé. Les personnages sont excellents et très bien servis par une brochette incroyable.Voir James Stewart faire face à Lee Marvin et Lee Van Cleef, aidé de John Wayne avec qui il se dispute Vera Miles... what else....
Un Western classique de John Ford sur l'arrivée d'un magistrat dans une ville encore régie par les anciennes lois de l'Ouest. L'occasion de réunir les célèbres James Stewart et autres John Wayne dans un triangle intéressant, avec de bons passages dès que Liberty Valance pointe le bout de son canon pour martyriser la petit bourgade. La mise en scène a un peu vieilli, mais dans sa globalité, le film reste tout à fait plaisant, avec une morale intéressante sur le final.
L'homme qui tua Liberty Valance est le dernier film en noir et blanc de John Ford, et il a choisi de faire ça bien. Dans ce film, à la fois moralisateur, émouvant et bien mis en scène, Ford nous montre, à travers une histoire de vengeance, le passage de l'ouest sauvage, représenté par Doniphan ( le personnage de John Wayne ), qui règle ses problèmes à coups de revolver, à un ouest plus civilisé, où la loi règne, qui lui est représenté par Stoddard ( le personnage de James Stewart ). Le duo d'acteur est au top et bien sûr, comme tout film en noir et blanc qui se respecte, le jeu de lumière, très utilisé, est sublime. Les rares défauts de se film sont sa lenteur et sa quasi absence de fusillades. Toutefois l'homme qui tua Liberty Valance est un western très poétique dans le fond, c'est l'un des meilleurs films de John Ford, et pilier de son genre.
L'exemple type de ce que le western classique peut offrir de meilleur. Ce récit d'un homme se révoltant contre une bande de hors-la-loi régnant sur une ville (sujet rappelant ceux d'autres classiques comme Le Train sifflera trois fois ou Rio Bravo) est passionnant de bout en bout et John Ford nous prouve sa totale maitrise de la technique et du récit cinématographique (le film est quasi-intégralement un flash-back) et offre une réflexion sur la validité des récits historiques spoiler: (la phrase "Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende" est devenu une des plus célèbres de l'histoire du cinéma) et du traitement cinématographique de la réalité spoiler: (le hors-champ, pouvant être redoutable pour des images documentaires ou d'actualités, montre aussi quelle est sa force) . A tout cela s'ajoute une distribution particulièrement réussie réunissant certaines des plus grandes stars de l'époque avec John Wayne (symbole du western américain moins présent qu'on pourrait s'y attendre), James Stewart (le véritable héros du film), Lee Marvin, Vera Miles, Lee Van Cleef et de solides acteurs tels que Edmond O'Brien, John Carradine ou Woody Strode. John Ford nous montre, deux ans avant la révolution apportée au genre par Pour une poignée de dollars de Sergio Leone, que le western américain, certes en perte de vitesse, était encore capable de produire de véritables pépites et nous offre un chef-d'œuvre à classer dans ses meilleurs films aux côtés de La Prisonnière du désert ou de La Poursuite infernale.
Pour que le règne de la loi advienne dans l'ouest où règne la loi du plus fort, la loi incarnée par James Stewart a besoin du coup de pouce décisif de la force de John Wayne. La carrière politique de James Stewart est donc fondée sur une imposture. Mais pour les médias la légende est plus importante que la réalité historique.
J. Ford, le maître du film de Western, est un réalisateur dont je n'avais encore jamais vu d'oeuvre. Mais quel choc. Dans ce film, il possède une totale maîtrise du genre. Et tout son film est un pur chef d'oeuvre. Le casting de choix, J. Wayne et J. Stewart en tête, sans oublier L. Marvin, parfait dans leur rôle, la mise en scène millimétrée, les plans remarquablement construits, le rythme géré à la perfection, le scénario solide et contrôlé d'une main de maître. Tout est présent dans le film. Une vraie leçon de cinéma admirable qui laisse un peu sur le carreau face à une telle perfection. Ce fut un vrai plaisir de visionner ce film, au cinéma, lors duquel j'ai pu apprécier le travail d'un pionnier du genre. Comme si il avait tout fait mieux que tout le monde, avant tout le monde même si pour ce film, le Western avait déjà écrit ses lettres de noblesses. En fait, il n'y a rien à redire après une telle claque. Un pur chef d'oeuvre du genre, qui mérite largement d'être vu.
Un très bon western avec un John Wayne toujours aussi excellent et un James Stewart maladroit, ça le change! J'aime beaucoup le scénario, et l'ambiance créée par la petite ville et l'humour du film. Néanmoins spoiler: je m'attendais à ce que Tom tue Liberty Valance , je ne sais pas si cela le n'a fait qu'à moi.
Je pense que ce film est pour moi mon favoris de John Ford. Son dernier grand film sera pour moi son meilleur. Une très bonne réalisation et une belle photographie en noir et blanc, le film ma surtout marqué par le jeu des acteur mais surtout Lee Marvin qui fait pour moi une des meilleurs interprétation qui m'ai été donné de voir. Un des derniers piliers du western classique avant la montée fulgurante de Sergio Leone qui révolutionnera le genre avec son style "spaghetti" avec la trilogie du dollars. 4,5/5.
Stewart, Wayne, Ford, comment ça peut être mauvais ?
Ben ça ne peut pas. Je m'en veux de ne pas m'être intéressé au western auparavant et ça me gène d'en parler, parce que je n'y connais rien, et difficile d'être juste sur quelque chose qu'on ne connaît pas.
Néanmoins, difficile aussi de ne pas être pris aux tripes devant chaque apparition de Wayne, monstre de charisme, face à un James Stewart (que j'adore) légèrement plus juvénile et "pied-tendre" qu'à l'accoutumé. Si j'avais trouvé l'autre Ford que j'ai vu sympathique, le côté très américain de l'histoire et des valeurs m'avaient un peu perturbé, plus que dans celui-ci, où je trouve très intéressant le personnage de Stewart qui veut amener la civilisation, l'éducation, la justice etc et qui se heurte à la violence qui finit par l'emporter. Un peu comme si les valeurs américaines n'était plus louées comme avant mais vues comme un beau rêve. On voit la différence avec un film de Ford réalisé 10 ans plus tôt, le ver est déjà dans la pomme en quelque sorte.
J'ai été pris dans le film du début à la fin, jusqu'à ce duel au sommet assez jouissif, et toute la fin est aussi très intéressante, voir les politiciens s'engueuler, ça prouve aussi qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans ce système. Et je dois dire que voir Stewart vieilli au début du film, ça fait quelque chose quelque part, un homme fatigué par la vie et qui, ironie finale présente dans le dialogue de fin, a été condamné à la célébrité pour de mauvaises raisons.
C'est avec ce film que je me rends compte du talent de Ford, qui avec une mise en scène plutôt classique, arrive à créer une histoire des personnages et des images fortes.
Particulier me direz-vous, de découvrir John Ford avec ce que d'aucuns voient comme son film testament, en tout cas la quintessence de son style, d'un minimalisme plein de confiance et de respect pour son sujet et ses personnages, dont il y a peu a discuter. Mais je me suis quand même permis ce manque de cohérence, faisant de The Man Who Shot Liberty Valance mon premier film du grand réalisateur. Tout ceci pour suivre le sillage de The Wild Bunch, film de Sam Peckinpah (postérieur de 6 ans) qui signait lui-aussi la fin de la conquête de l'Ouest et de ses légendes, dans un style nettement plus violent mais à mes yeux moins fin et moins riche. Cette richesse est ici thématique, découlant autant du regard contrit que Ford jette sur l'édification (par la presse, et l'empreinte qu'elle marqua de ces hommes) des légendes américaines que John Wayne personnifie dans leur décadence finale face à un monde nouveau, qui ne leur fera pourtant à aucun moment perdre leur droiture morale et leur sens particulier de l'honneur. Une époque révolue qui laisse place avec grâce à l'Amérique des villes et de l'économie reine, sans que la seconde n'oublie ce qu'elle doive à la première. Le ton est donc à la fois respectueux et mélancolique, concourant sans forcer à la gravité des situations et de leur symbolique. The Man who shot Liberty Valance est aussi une belle esquisse des Pensées de Pascal concernant la justice et la force, et la nécessaire intervention de celle-là pour assurer celle-ci. La naissance d'un état sur des bases imparfaites mais nécessairement légitimes, génératrices d'une forme de fierté que finit par trouver James Stewart (très bon en avocat apportant le changement à un far west qu'il finira par adopter) aux côtés d'un John Wayne toujours charismatique et dépassé comme il faut (en vieux manieur de colt redoutable, droit et inébranlable dans ses convictions) face à un Lee Marvin mémorable (en crapule cynique et brutale, un poil caricaturale au demeurant). L'édifice fonctionne comme il faut, même 56 ans plus tard, quelques enchaînements mis à part. Et sa force tranquille demeure marquante, confirmant de façon troublante à quel point la trajectoire de la conquête de l'Ouest et du genre cinématographique qui l'a mis en images, le western, ont été similaires à pratiquement un siècle de décalage. Voilà qui donne au genre une aura supérieure et absolument stupéfiante, faisant du cinéma une vraie réminiscence de ce qui fut, et à travers la conscience collective, continuera à être à jamais. Beau, et marquant, malgré un vieillissement compréhensible et surtout, l'obstacle personnel de ne pas assez connaître son réalisateur, The Man who shot Liberty Valance demeure un film plein d'humanité et de dignité, pierre angulaire d'un genre dont on ne peut se rendre compte qu'il est bel et bien mort qu'en en ressentant l'apogée.