Sa critique :
Stop, chef duvre ! Un des plus grands westerns jamais réalisés. Pas seulement un western, dailleurs, mais un film de réflexion inoubliable sur lAmérique, aussi limpide que profond. Où comment un pays de pistoleros est devenu un pays davocats, comment le droit sy est substitué à la loi du plus fort. Mais aussi comment les deux y sont toujours inextricablement mêlés, comment lun doit finalement beaucoup à lautre. Ce film bénéficie peut-être du scénario le plus génial dont on ait jamais doté un western. Tout y a sa raison dêtre, tout sagence impeccablement, jusquà lultime plan. Les scènes danthologie se succèdent : la première arrivée de Valance dans le saloon, lélection des délégués de Shinbone, le cours dhistoire des Etats-Unis, les scènes dans limprimerie du journal, le duel, lélection finale... Cest étourdissant, cest renversant ! John Ford, dont cest lun des derniers films, et qui na pas fait que des chefs duvre dans sa vie, montre cette fois quil appartenait bien à la race des grands. Et son plateau de comédiens est simplement exceptionnel. John Wayne, on connaît. Il est égal à lui-même, et même supérieur, peut-être parce que pour une fois il est dans un rôle de perdant. Mais, contrairement à ce qui se passe souvent, il nécrase pas ses partenaires : cest bien dire la grandeur de ceux-ci. James Stewart, timide, dégingandé, mais dune résolution farouche est lincarnation parfaite de cette loi qui saffirme au milieu de la jungle, qui sappuie sur les plus faibles contre les gros et finit par en triompher. Lee Marvin, dont ce film lança la carrière, terrible, dune morgue et dune bestialité ahurissantes. Même les personnages "secondaires" (on nose le dire) sont formidables : Hallie, le shérif Link, le couple daubergistes suédois, et surtout, surtout M. Peabody (Edmond OBrien), le patron du journal, absolument inoubliable. Lensemble sinscrit définitivement parmi les plus grands films de lhistoire du cinéma.