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Un petit chef d'oeuvre. Un film impressionnant de par sa manière à retranscrire la vie, le temps qui passe et l'inévitable transformation de l'être humain au cours de son existence. La construction du film est ingénieuse dans le sens où elle est un écho parfait aux bouleversements qui touchent nos vies. La déconstruction chronologique montre que rien n'est jamais acquis, et un point de vue d'un personnage dans le passé sera immédiatement contredit par un point de vue différent du même personnage dans un autre temps donné. Cela concerne surtout la relation entre le couple principal évidemment, et il y a quelque chose d'extrêmement triste dans le fait de les voir fous amoureux l'un de l'autre dans une scène, puis beaucoup moins passionnés - pour ne pas dire étrangers l'un à l'autre - dans la scène qui suit. Le film propose un discours pessimiste sur le couple, même si cette lucidité cache quelque chose de plus profond. Certes la passion des débuts fait place à une vie plus monotone vers la fin, mais l'amour est encore là ; il a juste un peu changé. Voyage à deux est incroyablement humaniste parce qu'il laisse ses personnages évoluer pendant le film, qu'il ne les enferme jamais dans une même psychologie. Et pour cause, ça n'est pas le cas dans la vie réelle. Les gens changent, les relations aussi. C'est très triste d'être confronté à ce que chacun de nous vivra un jour. Il y a ici une lucidité qui renferme un masochisme évident. Mais c'est la vie... Les deux comédiens sont remarquables, en particulier Audrey Hepburn qui irradie l'écran de sa pure beauté. Le film, malgré la tristesse qui le hante, vous colle un immense sourire aux lèvres pendant une longue partie. La mise en scène peut paraître simple, mais Donen a quand même réussi une chose difficile : capter des émotions, des expressions, des paysages, et faire un film aussi lumineux qu'Audrey Hepburn. Ce voyage-là est tellement beau, il serait dommage de s'en priver.
Ajoutée le 28 mars 2012 à 23h58 Signaler un abus
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