Derniers Avis : Le promeneur du champ de Mars - Page 5
Le promeneur du champ de Mars
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JamesDomb
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1,0
Publiée le 29 septembre 2006
Je ne suis pas vraiment fan de Bouquet...mais sa prestation est spectaculaire. Les dialogues sont assez ennuyeux et trop nombreux et je n'ai ressenti aucune émotion durant le film. Vraiment aucune. Le personnage de Jalil Lespert n'est pas attachant, est mievre, sans relief et n'apporte absolument rien. On se fout de son amourette à Vichy, de ce qu'il ressent, on se demande quel lien l'unit à Mitterrand...une succession de conversations niaises, le film n'est pas interessant. Paradoxalement, la prestation de Michel Bouquet finit par nuire au film. Son génie éclipse celui de Mitterrand, et le mystère de son insondable jeu d'acteur est si absorbant qu'il devient le principal intérêt du film. Juste une performance à étudier et le spectateur se moque royalement de "l'histoire de l'Histoire". Certaines scènes comme celle du diner emprunt du discours communiste sont vraiment risibles et d'autres ennuient littéralement. Le film se prend trop au sérieux, Jalil Lespert a l'air de se demander ce qu'il vient faire dans cette histoire, Michel Bouquet est exceptionnel...dommage...
Le promeneur des cimetières. Délaissant la fresque historique au profit d'un portrait intimiste du grand président, Guediguian réussit sur certains tableaux et échoue sur d'autres. Grâce au talent de Michel Bouquet, il réussit son portrait en creux de Mitterrand en montrant un homme affaibli, mais d'une culture redoutable, d'un charisme impressionnant, d'un cynisme total. Il parvient à nous faire partager l'intimité d'un homme qui reste un mystère, même pour ceux qui l'ont approché et cotoyé. En cela, le film est vraiment très bien fait. Mais sa principale limite est que, du coup, on n'apprend pas grand chose sur l'homme et encore moins sur sa vision politique. On sent que le cinéaste n'a pas voulu entrer dans de vaines polémiques, ce qui est à son honneur, mais du coup, son film paraît un peu trop lisse, sans réelle profondeur au niveau idéologique. On peut aussi lui reprocher les quelques scènes relatives à la vie privée du journaliste (scènes faibles dans l'ensemble). Le choix du metteur en scène a été de s'effacer derrière son sujet, mais on peut tout de même lui contester le choix d'une épure formelle tenant de l'indigence. Au total, on se retrouve devant un film intéressant si on apprécie le bonhomme, mais en aucun cas passionnant ou renversant. Juste un film appliqué à ne vexer personne.
Les mots me manquent pour dresser le panégyrique de Michel Bouquet. Ce comédien porte à lui tout seul le film et avec quel talent ! Avait-il vraiment besoin dun faire-valoir ? Des comédiens, voire simplement des acteurs véritables, ne lui font-ils pas défaut ? Hmm, disons que leffet de contraste, sil était recherché, est pleinement atteint. Que lon aime ou pas Robert Guédiguian, Que lon adhère ou pas à la politique de François Mitterrand, ce moment de cinéma est troublant. Merci Monsieur Bouquet !
Homme ambigu et calculateur, François Mitterrand était sans aucun doute un personnage de théâtre, mais ressemblait-il pour autant à la figure qui nous est offerte ici ? Volontairement éloigné de son image médiatique traditionnelle, ce qui se révèle une bonne chose, son portrait cinématographique pose toutefois problème. Trop lisse, trop lumineux, malgré les évocations du spectre de Vichy, lancien président ressemble plutôt à un vieux philosophe à la retraite, à un de ces grands sages incompris dont le cinéma raffole. Nous voyons évoluer un chef détat malade auquel le film tente vainement de donner un caractère de personnage historique. Si Mitterrand compte probablement comme lun des plus grands présidents de la cinquième république, et lun de ses chefs détat les plus marquants et les plus mystérieux, se hissait-il pour autant au rang des grands hommes du vingtième siècle ? Avait-il la profondeur dun Jaurès, dun Clemenceau, dun Blum ou dun De Gaulle ? Pourquoi prendre Mitterrand comme sujet plutôt que lun des quatre précités, sûrement plus dramatiques et surtout plus authentiques ?
Celui qui personnifia un moment les grands rêves de la gauche contemporaine méritait-il pour autant une telle complaisance ? Et le film de senfoncer dans des considérations pesantes et sans originalité sur la politique française, sur la vie et la mort, lavenir et la mondialisation. Mitterrand, politicien cultivé mais aux propos pompeux et presque entièrement dénués dintérêt ? Cest finalement, dans un panégyrique à ce quil représenta, plus quà ce quil fit, lui faire bien peu dhonneur
Restent alors quelques images émouvantes et nostalgiques dune fin de règne annoncée, au milieu dune histoire damour insipide et inutile, et surtout létonnante prestation de Michel Bouquet qui parvient parfois à donner à son personnage une certaine épaisseur, touchante à défaut dêtre authentique, malgré le traitement académique que le film lui fait subir.
Un film magnifique, porté par une réalisation sobre (et non inexistante comme certains s'obstinent à le dire) qui sied parfaitement au sujet. Avant d'être un film sur Mitterrand (qui n'est d'ailleurs jamais nommé, le générique lui-même le désigne subtilement par "le président"), c'est avant tout le combat poignant d'un homme face à la maladie, d'un homme charismatique qui vivait sa vie comme une mise en scène, d'un homme vampirisant aussi voire manipulateur comme le montre la fascination mélée de répulsion du journaliste qui enquête sur lui (très bon Jalil Lespert). Délibérément, le jeu de Michel Bouquet ne cherche pas à tout prix la ressemblance mimétique. Grace à cela, le film acquiert une universalité certaine. Le Promeneur du champ de Mars ne doit donc pas être appréhendé comme une oeuvre pamphlétaire, critique et pleine de révélations sur Mittérrand, mais comme un grand film humaniste.
On ne retiendra pas forcément de ce film laspect politique ou le legs à lhistoire mais la voix de Bouquet, une voix captivante, troublante et qui nous fait supporter 2h de parlotte comme une lettre à la Poste. On retiendra aussi la vieillesse dun homme et sa faiblesse. Les aspects historiques sur le Vichy de Mitterand ou sa mégalomanie sont secondaires, que lon approuve ou non le personnage.
Assurément un grand film. Sans doute le meilleur de Guédiguian avec le méconnu « La Ville est tranquille ». Et pourtant, Dieu sait que le sujet était difficile à aborder. Déjà car il nest pas aisé de sattaquer au genre « film historique » lorsque lhistoire est si proche ; le recul nécessaire faisant souvent défaut. Ensuite, Mitterrand est un véritable mythe de la société française. Adulé ou détesté, il ne laisse en tout cas personne de marbre, il est larchétype du Grand Homme. Malgré toutes ces contraintes, ces réticences, Guédiguian a réussi à éviter le traditionnel « biopic » à laméricaine, poussiéreux et conventionnel, pour réaliser un film brut, enchaînant des blocs de temps plutôt que des anecdotes croustillantes. Si le personnage dAntoine Moreau (interprété par Jalil Lespert et en lequel tout le monde aura reconnu Georges-Marc Benamou) sert évidemment de faire-valoir à un François Mitterrand admirablement vécu par un Michel Bouquet au sommet de son art, Guédiguian nest pas là non plus pour glorifier lancien président de la République. Il dresse plutôt, sans concession, le portrait dun homme au crépuscule de sa vie, avec tous ses doutes et ses contradictions. Choisissant disoler des moments et de les faire se coïncider, sentrechoquer, entrer en résonance, le cinéaste nous permet de vivre, quasi physiquement ces instants de fin de vie, de fin de règne. Le temps, et son écoulement, sont de manière évidente les paramètres cinématographiques primordiaux de cette belle uvre qui, en offrant un portait contrasté de François Mitterrand, permet de continuer à en entretenir le mystère et à lériger en véritable figure historique du vingtième siècle.
Bof... Sensible au formidable marketing qui accompagne ce film (1ere page de Libé ou Télérama notamment), j'ai été tenté par cette aventure somme toute fort décevante... Franchement, à moins d'être un afficionado de Mitterand, (ou de Bouquet), ce film présente peu d'intérêt... Il ne décolle jamais, la complexité du personnage de Mittérand n'est pas pas analysée et on le présente plutôt comme un viellard attendrissant... Ce serait sans doute à nuancer.. Le personnage du jeune militant socialiste, qui l'accompagne, et qui laissse de temps en temps libre court à ses ses utopies communistes et égalitaristes (alors qu'il est propriétaire d'un 120 m2 à Paris, excusez du peu..), quelque part cela me laisse pnatois...à moins que ce fut volontaire, qui sait... En résumé, ce n'est pas un mauvais film (d'où une étoile), mais il ne vit, à mon sens, que grâce à un effet de mode (et de marketing).
C'est un très BON FILM !!!! Par contre, il faut absolument s'oter de l'esprit qu'il est l'oeuvre de Robert Guédiguian !!! Inutile donc de faire des comparaisons avec des oeuvres aussi belles que Marius et Jeannette ou Marie-Jo et ses 2 amours !!! Oui ! Le film est excellent ! Michel Bouquet y est exceptionnel en relatant les nombreuses finesses d'esprit et autres reflexions de fin de vie de l'ancien président de la république !!! Il n'y a pas vraiment d'histoire ( de toutes manières, tout le monde connait la fin ! )mais on accroche quand même ! Grâce au film, Mitterrand nous apparait cultivé,pince sans rire et odieux ( formidable scène de fin ou il se retrouve allité en compagnie de son gourou de medecin ! ) Oui ! Je conseille vivement ce film....Quant à ceux qui auraient l'insulte facile à l'encontre de Mitterrand en faisant l'amalgame film / personnage politique, je leur dirais en imitant J. Lespert lors de la visite de son appartement pour le vendre que ce sont tous des petits....employés de la banque CCF !!! ;-)
Cest un film magnifique et bouleversant. Magnifique parce que lépure y est portée au paroxysme : réalisation, jeu des acteurs, dialogues, tout est ramené à lessentiel. Comme si la forme stylistique voulait se mettre au diapason du fond : lépure que Mitterrand essaie de dessiner avec sa vie avant que ce soit fini. Et bouleversant parce que cette réflexion, à lécran, sur la mort et sur le regard quon porte sur sa vie passée crée forcément un écho chez le spectateur. Puisque cest une figure familière qui porte cette réflexion, une figure qui a accompagné notre propre vie. La puissance du verbe mitterrandien est ici mise en parallèle avec la force de vie du personnage, comme une évidence.
La politique et moi çà fait deux... J'évite de participer à toute conversation en rapport avec la politique parce que je n'y connais rien et ne m'y intéresse pas... Je ne suis donc pas allé voir ce film pour des raisons politiques, mais par curiosité, la bande-annonce m'ayant intrigué. J'avais entendu beaucoup de bien à propos de l'interprétation de Michel Bouquet, et je n'ai pas été déçu. Magistral ! J'ai beaucoup aimé aussi la prestation de Jalil Lespert et de quelques seconds rôles. Il y a des longueurs, le sujet peut prêter à discussion, mais il faut reconnaître que c'est un bon moment de cinéma !
Pourquoi réaliser un tel film? On peut se poser la question... On peut se demander l'intérêt de voir pendant 2h le récit de la fin de vie de F Mittérand... Moi-même je me suis posé ces questions mais une fois devant l'écran on se trouve captivés par ce personnage (car il en est un!), filmé dans toutes ses contradictions et incarné par un Michel Bouquet au talent hors norme (à côté de qui Jalil Lespert paraît bien pâle...). Même si on n'assiste pas à un film didactique, le réalisateur souligne beaucoup d'ambiguités et soulève bon nombre d'interrogations qui vont au delà de la vie du président pour questionner la société française, son évolution, son histoire. Avec LA CHUTE et LE PROMENEUR, la mode semble être de retracer les derniers moments de la vie d'un personnage historique, mais si cette mode nous apporte des films d'une aussi bonne qualité je ne peux que la cautionner.
Je trouve ce film d'autant plus remarquable que je suis fasciné et passionné par le personnage de François Mitterrand. Guédiguian a évité bien des écueils dans cette oeuvre, qui ne sort que huit ans après le décès de l'homme d'état. Il faut saluer avant tout la performance de Michel Bouquet, le seul qui pouvait tenir un tel rôle : il est sublime de malice, de perversité et d'intelligence. Jalil Lespert, quant à lui, fait son travail s'acteur sans plus mais (et c'est le moins qu'on puisse dire) n'a guère de charisme. Ce film respecte le livre de Benamou (très intéressant lui aussi) et prend un recul intelligent avec les dernières années de la vie du président. La mise en scène est très fluide et évite une calamité : l'hagiographie (surtout quand on connaît les positions du réalisateur). Je ne sais si ce film fera beaucoup d'entrées (ce n'est pas Iznogoud !!!)mais, en tout cas, le but est atteint et faire un film plaisant et riche sur un tel sujet (encore brûlant) était une gageure, qui est tenue haut la main. Un excellent film.
Loin de ses précédentes oeuvres parfumées au climat marseillais, Guediguian signe un prétendu film historique morbide et pour tout dire inutile. On attend sans cesse le message politique, ou bien que le film décolle tout simplement ce qui n'arrive jamais. Les 2h00 (que c'est long) se résument à écouter Michel bouquet alias Mitterand raconter ces petits "soucis" à la fin de son règne alors qu'il est constamment sur le point de claquer d'ou le côté morbide. Même si bouquet est excellent ça ne sauve pas un film inutile et qui ne mêne à rien.