"Spartacus" le film qui n'aurait jamais du exister.
Longtemps Kirk Douglas avait été pressenti pour le rôle de Ben-Hur dans le film de William WYLER, rôle dévolu finalement à Charlton HESTON. Fâché de ne pas avoir eu le rôle, Kirk Douglas se mis en tête de jouer dans son propre péplum.
Ainsi sans ce rôle lui échappant, n'aurions nous pas eu ce film, du moins pas dans cette forme.
Il fait alors appel au scénariste Dalton TRUMBO, qui à cette époque était sur la liste des personnalités ayant des sympathies affichées pour le communisme. Je rappelle qu'à cette époque nous sommes en plein Macartisme. Le film ne se gène pas d'ailleurs pour au travers de cette histoire très hollywoodienne d'esclave luttant pour sa liberté et celle de ses semblables, délivrer une plaidoirie en faveur du communisme sur le plan de ses valeurs morales.
Ainsi un contexte politique défavorable a priori, aurait pu nous priver de ce film, du moins dans cette forme.
Kirk Douglas tout à son désir de tout contrôler sur ce projet engage à la réalisation Anthony MANN, vraiment pas un débutant, à qui l'on doit par exemple "Quo Vadis". L'entente entre les deux hommes ne se fait pas et ayant acquis à sa cause les producteurs Kirk Douglas obtient son licenciement, au bout de deux semaines de tournage, ne conservant que les scènes dans la mine au début. Il le fait remplacer par Stanley KUBRICK, avec qui il avait travaillé sur "Les sentiers de la gloire".
Ainsi, une entente avec le premier réalisateur ou un refus du second, aurait du nous priver de film, du moins dans cette forme.
Kubrick se rendra vite compte, que Douglas contrôle absolument tout et qu'il n'aura pour ainsi dire pas son mot à dire, il décide de continuer le projet à la condition que les studios lui laissent un total contrôle sur ses prochains films. Kubrick reniera très vite ce film, le considérant comme le résultat d'une commande et le trouvant impersonnel.
Alors certes, c'est le moins kubrickien des kubrick, mais c'est un véritable chef d'œuvre dans le genre, rien que la bataille finale, avec son nombre impressionnant de figurants, et à l'époque pas d'images de synthèses, est un morceau d'anthologie du cinéma. Et l'on se dit que renier une telle œuvre, éclaire sur la vision, mégalomaniaque d'un homme qui grâce à ce péplum brisera ses chaînes pour aller filmer sa propre légende.