"Golden Door" est un film subtil sur le départ, sur l'abandon d'une terre, d'habitudes.
Comment et pourquoi décide-t-on de laisser derrière soi ses coutumes, ses voisins, l'odeur de la terre, et une couleur de ciel que l'on sait ne jamais revoir?
C'est ce dont le film traite dans sa première partie: la famille Mancuso, charmée par les photos truquées de pièces d'or qui tombent des arbres, décide de tout quitter pour la Terre Promise.
La vision rêvée des Etats-Unis d'Amérique est passionante.
Une autre vie est possible, une vie dans laquelle les ventres ne gargouilleront pas et les mains seront propres.
Puis on passe à la traversée, à la réalité concrète du voyage, aux lits entassés, aux classes sociales bien hermétiquement séparées... Déjà, le rêve est moins présent...
Puis, le voyage touche à sa fin. Les passagers vont débarquer sur cette terre rêvée.
Ah, mais non, il faut d'abord passer les tests, la batterie de tests qui révolterait la frange la plus à droite de notre (belle) France. Car on ne les a pas prévenu, mais s'ils ne sont pas en bonne santé, ou si les critères d'intelligence (arbitrairement choisis par ces CRS d'un temps passé) ne sont pas respectés, ils ne rentreront pas.
Ils auront le privilège de voir quelques immeubles (poétiquement appelés "des maisons dans le ciel") au loin, mais ils ne foulleront pas la terre de leurs propres pieds.
Ce film est sublime, poétique, beau.
Il est aussi révoltant, révoltant de modernité.
Mention spéciale à Vincenzo Amato qui irradie l'écran par son humilité, et sa vérité.
Bien sûr, à voir absolument.