Belle de Jour
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benoit_lb
benoit_lb

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4,0
Publiée le 21 novembre 2020
Mariée à un modeste médecin d’hôpital, Séverine s’ennuie le jour dans son appartement d’un quartier cossu de Paris et est en proie, la nuit, à des fantasmes sadomasochistes qui révèlent une insatisfaction sexuelle permanente. Pour tuer l’ennui et combler ses désirs, elle pousse la porte d’une maison de rendez-vous et demande à y être embauchée. Séverine devient Belle de Jour. Cette expérience très particulière va lui permettre d’apprendre à distinguer amour et plaisir.
Difficile de ne pas établir un parallèle avec le célèbre roman de Flaubert et de voir en Séverine une Madame Bovary du XXe siècle. Les points de ressemblance sont nombreux : même milieu bourgeois, même besoin de rompre l’ennui, même quête de l’épanouissement sexuel, même mariage à un médecin modeste qui l’aime mais ne la satisfait pas…
Outre ce parallèle avec Madame Bovary, Bunuel multiplie les clins d’œil à la littérature et au cinéma au travers de plusieurs scènes. Un des rêves de Séverine mettant en scène un duel pour l’honneur entre Pierre et son ami Husson évoque ainsi la fin tragique d’Alexandre Pouchkine. Le figurant vendant le « New-York Herald Tribune » sur les Champs Elysées et le personnage de Marcel tué d’une balle au beau milieu d’une petite rue parisienne débouchant sur une artère plus large rappellent naturellement « A bout de souffle » de Godard.
Bunuel retranscrit parfaitement l’univers bourgeois parisien des Trente Glorieuses pour pouvoir mieux y porter ensuite son regard acerbe. Le vaste appartement parisien de Pierre et Séverine et ses meubles orientaux, leur lieu de villégiature préféré à la montagne, leur club de tennis ou le château et son immense parc qui reviennent en boucle dans les différents rêves de Séverine sans oublier la maison de rendez-vous de Madame Anais qui ne reçoit que des clients fortunés sont autant d’éléments d’un monde hypocrite qui semble fonctionner en vase clos avec ses codes, ses interdits et ses non-dits.
La construction du film est un autre de ses points forts. Bunuel oscille entre la réalité et les rêves de Séverine, à tel point que le spectateur s’en trouve parfois perdu. Le film s’ouvre d’ailleurs par un des rêves sadomasochistes de Séverine et se referme sur le même rêve, le retour de la voiture à cheval vide symbolisant probablement la satisfaction par Séverine de ses désirs sexuels avec, enfin, l’homme qu’elle aime. Les quelques flash-backs introduits par Bunuel, très courts mais très judicieux, permettent de mieux saisir la complexité du personnage de Séverine et de mettre en avant l’hypocrisie qui a caractérisé son éducation entre adhésion forcée à la religion catholique et abus sexuels.
Le film est habité par la performance de Catherine Deneuve, omniprésente du début à la fin et dont la beauté froide colle parfaitement au personnage de Séverine. Les seconds rôles sont également très riches, que ce soient Jean Sorel en mari candide, Michel Piccoli en séducteur pervers et maléfique, Geneviève Page en tenancière de bordel de luxe très maternelle, Francisco Rabal en truand vieillissant ou Pierre Clementi en petite frappe incontrôlable.
« Belle de jour » n’a pas pris une ride en plus d’un demi-siècle : les rapports au sein du couple, la distinction entre l’amour sentimental et l’amour charnel, le désir féminin et ce qui le fait naitre sont des thématiques intemporelles maintes fois explorées au cinéma. En les abordant à une époque où la révolution des mœurs n’était encore que balbutiante, « Belle de jour » fait ainsi figure de précurseur, une œuvre majeure qui se doit d’être vue par tout cinéphile qui se respecte.
ffred

1 989 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 septembre 2020
Jamais vu non plus. Une Deneuve merveilleuse pour un film qui a du dérangé à l'époque. Mis au gout du jour il pourrait tout autant faire scandale aujourd'hui. Au final, l'ensemble est fascinant, tout autant que drôle ou attachant. Avec même un beau suspens. Et un superbe casting dont beaucoup d'interprètes au début de leur carrière. De Buñuel, n'ayant vu que Los Olvidados (dont j'ai peu de souvenirs), je ne peux donc comparer avec le reste de sa filmographie. Une belle découverte en tout cas qui donne envie d'en voir plus.
Michel S.
Michel S.

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 juin 2020
Je n'avais plus visionné "Belle de jour" depuis des années. Ce film me séduit toujours tout autant. La seule critique négative est le jeu surdoué de Pierre Clémenti.
J'ai une question pour les lecteurs de ''Allociné.fr".
Suis-je le seul à avoir remarqué l'erreur dans les plans avec Francis Blanche ?
Catherine Deneuve avec et sans combinaison.
Michel "SybaritedAzur"
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 17 décembre 2018
Quand au sujet d’un film on entend des choses comme « monument » ou encore « chef d’œuvre », on peut difficilement passer à côté. Ceux sont des oeuvres qui font assurément le bonheur des plus cinéphiles des cinéphiles. Pour les autres, l’intérêt principal, s’il n’est pas seul, réside dans le poids qu’il a eu lors de sa présentation par rapport à son époque. Pour ma part, je retse avec un avis mitigé après le clap final.
En effet, je ne peux décemment pas douter qu’a sa sortie dans les années soixante, le film est eu un succès certain, mais nous sommes en 2018 presque 2019 maintenant et le film a assurément mal vieilli. Certes, les images sont belles et Deneuve n’est pas désagréable à regarder mais ça ne fait pas tout. Le scénario étant parfois entrecoupé de séquences irréelles il devient parfois compliquer de savoir ou nous en sommes, sans compter qu’il n’est que très peu propice au rebondissement qui pourraient nous tenir en haleine. Les jeux des acteurs sont à peine correcte, entre Deneuve qui ne semble pas se forcer le moins du monde et un duo de gangster caricatural et ridicule, on reste sur sa faim.
Au final, on regarde mais on se contente gentillement d’attendre la fin.
Roub E.

1 308 abonnés 5 375 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 août 2018
Un portrait onirique d’une femme bourgeoise qui s’ennuie et qui rêve d’autre chose. Si bien qu’elle va se prostituer pour tenter de vivre ses fantasmes. La mise en scène de Bunuel joue justement à fond la carte du fantasme et du rêve tant et si bien que part moment on ne sait plus si on est dans un rêve ou dans la réalité. Catherine Deneuve alors très jeune trouve déjà un de ses rôles les plus marquant. Dommage que l’on sente par moment une forme d’autocensure dans le film par rapport à l’époque où il a été réalisé et au vu de son sujet.
Romaric44
Romaric44

28 abonnés 325 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juillet 2018
Un film très provocant pour l'époque et une Catherine Deneuve plus belle que jamais habillée par Yves Saint Laurent!
En revisionnant ce film il y a peu de temps, je pense que François Ozon s'est inspiré de ce film pour Jeune et Jolie.
On réalise que Bunuel a vraiment un univers propre à lui et qu'il est sacrément tordu!
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2018
Belle de Jour est un film très perturbant et ce n'est pas très surprenant qu'il ait choqué à sa sortie.
Certes, aujourd'hui de nombreux films (et parfois même sans limitation d'âge) se permettent d'aller plus dans le registre sexuel, que ce soit suggéré voire même filmé ; mais à la sortie du film, c'était loin d'être le cas. D'ailleurs, pas sûr que le discours du film fasse davantage consensus aujourd'hui.
Autant Buñuel ne m'a pas du tout séduit avec Un chien andalou et Cet obscur objet du désir, autant ce film-ci est plus marquant. En revanche, c'est clairement un film clivant. Si certains vont apprécier l'audace du film, d'autres vont détester le propos.
Catherine Deneuve est excellente dans le rôle principale et trouve sans doute son plus grand rôle.
Film très intéressant à voir.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 732 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 mars 2018
J’adore sa façon de jouer l’ingénue. Elle a un côté timide qui joue en sa faveur et elle découvre différentes manières d’appréhender l’amour.
Malgré tout, le film se déroule avec un certain ennui. Peut-être cette froideur et cette élégance un peu trop marquée.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 février 2018
septiemeartetdemi.com - Cette fois-ci, Buñuel ne se trahit pas trop dans l'audace qu'il a de faire non seulement l'adaptation d'un livre mais avec en plus un traitement littéraire original insufflé par l'auteur. Et sans avoir lu le livre pour autant, il me semble que cette injection livresque est couronnée de succès pour autant que le réalisateur est concerné.

Il y a des liens rappelant une lecture, par exemple les flous dans les détails d'une histoire pourtant claire globalement, ou la fin qui reboucle avec différents autres moments de la narration tout en rappelant que les liens entretenus par le personnage de Catherine Deneuve entre les vices et la vertu transfigurent la séparation qu'elle fait de l'amour charnel et spirituel.

Si vous doutez de pouvoir ressentir tout ce que je viens de dire sans que l'interprétation entre en jeu, vous n'avez pas tort, puisque Buñuel lui-même ne comprend pas la fin du film... Mais c'est justement ce qui l'ouvre à l'interprétation.

De manière générale, voici une création sans fausse note là où il en faisait facilement, explorant la mode tenace de la prostitution parisienne au siècle dernier avec un casting épatant (Geneviève Page au sommet). Les reproches qu'on peut lui faire sont d'utiliser les protagonistes de manière intense et trop fugace avec du favoritisme envers les rôles principaux, tout comme certains objets psychologiques avec lesquels le scénario joue de manière partiale.
velocio

1 540 abonnés 3 503 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 février 2018
L'âge de ce film : 50 ans, et, franchement, ça se voit, ce film ayant terriblement vieilli, tant au niveau du thème que de la réalisation. En plus, le jeu des comédien.ne.s ne joue pas en faveur du film, le seul à tirer son épingle du jeu étant Michel Piccoli.
DarioFulci
DarioFulci

130 abonnés 1 412 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2017
Une bourgeoise à la sexualité réfrénée assume ses fantasmes pour devenir prostituée dans une maison close.
La charge contre la bourgeoisie bien pensante est virulente. Cette beauté glaciale se révèle être une nymphomane adepte de la soumission. Un sujet scandaleux pour l'époque qui garde un côté très à charge des riches moralisateurs qui n'en pensent pas moins.
Catherine Deneuve est parfaite. Il fallait le faire à l'époque. L'émancipation par le sexe déviant, la liberté de penser, les fantasmes cachés... des thèmes très fin 60s qui illustrent bien son époque. C'est moins féroce mais toujours aussi étonnant.
Walter Mouse
Walter Mouse

547 abonnés 425 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 août 2017
Adapté du roman de Joseph Kessel, Belle de Jour traite d'une étude complexe sur une bourgeoise poussée par la curiosité et un plaisir sadomasochiste d'offrir son corps dans une maison close où mises en scène absurdes des clients et complicité des femmes ne font qu'un. Propos que Luis Buñuel filme avec une certaine pudeur et une ambivalence en ne montrant jamais à l'écran le déroulement des séances de prostitution et en mélangeant les illusions de Séverine et la réalité en effaçant au fur à mesure du récit la frontière entre les deux. Le personnage est la plus grande réussite du film, son désir de se prostituer n'étant jamais clair, Buñuel sème le doute sur ses intentions, veut-elle se punir de ne pas avoir apporté à son mari un plus grand amour, son premier fantasme venant avant qu'elle entende parler du bordel? Sa passion maladive la rétrograde au niveau d'une catin mais elle (ré)apprend à aimer et en tire une expérience. Satisfaction et malaise se complètent dans cet essai et sont savamment capturés par la froide et envoûtante Catherine Deneuve, mystérieuse dans ses agissements et fascinante. On ne pouvait mieux manier un fond aussi compliqué.
Mathias Le Quiliec
Mathias Le Quiliec

80 abonnés 378 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 décembre 2018
Est-ce que Madame la Marquise est satisfaite de mon travail ? - "Non vous avez oubliez ceci cela ..."
Oh toutes mes excuses mais madame la Marquise est tellement bonne et tellement belle ! - " ça suffit vous êtes d'une insolence !" - Oh madame la marquise vous êtes tellement belle je vous aimes" - "a genoux, allongez vous par terre" - "Oh oui piétinez moi madame la marquise allez-y". Rien que pour cette scène il faut avoir vu ce film mdr !
Non ce serait dur de le résumer à ça, tous les acteurs tiennent la route, le scénario aussi et on passe un bon moment. Catherine Deneuve fringué par Yves saint Laurent illumine le film de sa seule présence
Sylvain P

387 abonnés 1 431 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 août 2017
Il y a des films qui ne peuvent plus qu'intéresser des cinéphiles avertis, prêts à aller voir une œuvre uniquement pour ce qu'elle représente. Belle de jour est de ceux-ci. Non seulement la subversion de l'oeuvre paraît bien désuette de nos jours, mais c'est sutout dans l'interprétation très littéraire que le spectateur contemporain ne peut plus se retrouver. Aucune once de réalisme dans les fausses colères, fausses réticences, faux étonnements des personnages, tout glisse sur eux comme sur des poupées de cire. Un objet historique à regarder par passion de cinéma, mais devant lequel on ne peut plus rien ressentir.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 19 novembre 2017
Catherine deneuve, excellente dans le rôle de la froide bourgeoise aux fantasmes inavouables masochistes, interprète Severine qui "malgré elle" provoquera la "mort" de deux hommes (celui rencontré en maison close qui jaloux, rend le mardi de Severine tétraplégique et se fait tué juste après). A travers ce film, on aperçoit une vision de l'amour sous deux angles : un amour vrai, grand et sincère envers son mari mais où le sexe est absent, et un autre amour sous la forme d'envies/fantasmes addictif
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