Grands espaces semi-désertiques, chevaux, chapeaux, violence, chevauchée a travers des paysages grandioses.... Il s'agit bien ici un western, contemporain, avec ce qu'il peut contenir de bravoure, de lâcheté, de rédemption. Au détour de l'histoire, apparaissent plusieurs thématiques: l'immigration mexicaine évidemment, l’Amérique des mobil-homes, l'amitié, le respect de la parole donnée.
Guillermo Arriaga, génial scénariste, signe là un superbe récit, dans lequel Pete (Thommy Lee Jones) tient sa promesse de ramener le corps de son ami, un immigré mexicain tué par un garde frontière (Barry Pepper), pour l'enterrer dans son village natal. Thommy Lee Jones, metteur en scène non moins génial, montre un sens de l'espace tout en finesse qui vire même vers le fantastique. Car le film se déroule en deux parties: la première est un suite de scènes montées dans le désordre et la seconde relate la chevauchée des deux protagonistes, presque mystique. Et c'est la que ce western révèle la vision du monde qu'en a le réalisateur: désenchanté.
Bref, avec des acteurs vraiment convainquant, un scénario de grande qualité, de magnifiques prises de vues, ce film tiens une place particulière dans mon coeur, il mérite d'avoir été primé à Cannes.